Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant de devenir visiteur de prison : mission bénévole, conditions d'accès, procédure d'agrément et obligations.
Ce qu'il faut savoir
- Le visiteur de prison est un bénévole de l'Association nationale des visiteurs de personnes sous main de justice (ANVP).
- Sa mission est de se rendre en prison pour écouter, accompagner et aider les détenus isolés dans leur démarche de réinsertion.
- Pour devenir visiteur de prison, il faut être majeur, avoir un casier judiciaire vierge et obtenir un agrément des services pénitentiaires.
- La demande d'agrément s'effectue en ligne sur le site de l'ANVP ou par courrier au directeur du SPIP.
- L'agrément est valable 2 ans et peut être renouvelé sur demande écrite.
- Le visiteur accompagne uniquement des personnes avec lesquelles il n'a aucun lien amical ou familial.
- Les visites ont lieu en maison d'arrêt une fois par semaine, en maison centrale ou centre de détention une à deux fois par mois.
Conditions essentielles
- Être majeur.
- Avoir un casier judiciaire vierge.
- Obtenir un agrément du directeur interrégional des services pénitentiaires.
- S'engager à respecter la charte d'engagement et le règlement intérieur de l'établissement.
- Ne pas avoir de lien amical ou familial avec la personne détenue accompagnée.
Les étapes
- Adhérer à l'ANVP en réglant une cotisation (conseillé avant toute demande).
- Effectuer la demande d'agrément en ligne sur le site de l'ANVP ou par courrier au directeur du SPIP.
- Rencontrer le correspondant ANVP puis le responsable du SPIP de l'établissement (entretiens séparés).
- Subir une enquête administrative sur la personnalité, l'équilibre psychologique et la disponibilité (plusieurs mois).
- Le directeur du SPIP rédige un rapport et sollicite l'avis du préfet du département de résidence.
- Le dossier est transmis au directeur interrégional, qui décide d'accorder ou de refuser l'agrément.
- En cas d'acceptation, recevoir la carte de visiteur de prison (2 exemplaires) et débuter les visites.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — obligations, moyens d'action, retrait de l'agrément — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres aux obligations du visiteur et au retrait de l'agrément, voir les sections « Quelles sont les obligations du visiteur ? » et « Retrait ou suspension de l'agrément ».
Qu'est-ce qu'un visiteur de prison ?
Le visiteur de prison est un bénévole qui se rend en prison pour accompagner les détenus.
Un visiteur de prison est un bénévole de l'Association nationale des visiteurs de personnes sous main de justice (ANVP). Sa mission est de se rendre en prison pour écouter, accompagner et aider des détenus isolés dans leur démarche de réinsertion.
Le visiteur de prison peut notamment aider la personne détenue dans ses démarches administratives (par exemple, les démarches pour bénéficier de l'aide juridictionnelle), échanger avec elle sans la présence d'un surveillant, et participer aux animations collectives organisées dans l'établissement pénitentiaire. Le visiteur de prison intervient toujours dans un établissement pénitentiaire. Il contribue bénévolement à l'amélioration des conditions de vie des détenus.
Règle
Le visiteur de prison accompagne uniquement des personnes avec lesquelles il n'a aucun lien amical ou familial. Il n'a pas connaissance des faits pour lesquels la personne est détenue.
La mission bénévole s'exerce dans le cadre de l'ANVP, qui assure la formation et le soutien des visiteurs, et en partenariat avec le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP).
Quels détenus peuvent être accompagnés ?
Toute personne détenue a le droit d'être accompagnée, quelle que soit l'infraction commise.
Toute personne détenue a le droit d'être accompagnée par un visiteur de prison, peu importe l'infraction qu'elle a commise. Le visiteur de prison n'a pas connaissance des faits pour lesquels la personne est détenue.
Le visiteur accompagne la personne détenue dans l'établissement pénitentiaire pour lequel il est agréé. Il peut suivre une personne condamnée ou placée en détention provisoire. De manière générale, il intervient auprès d'une seule personne ; toutefois, en fonction des besoins locaux et de sa disponibilité, il peut lui être proposé d'en suivre plusieurs.
Règle
Le visiteur de prison accompagne uniquement des personnes avec lesquelles il n'a aucun lien amical ou familial. Lorsqu'un détenu fait l'objet d'une interdiction de communiquer, le visiteur ne peut pas entrer en contact avec lui.
L'agrément est attaché à un établissement pénitentiaire donné : le visiteur ne peut intervenir que dans l'établissement pour lequel il a été agréé.
Comment devenir visiteur de prison ?
La candidature passe par une demande d'agrément, des entretiens, une enquête administrative et une décision finale du directeur interrégional.
Pour devenir visiteur de prison, il faut être majeur, avoir un casier judiciaire vierge et obtenir un agrément des services pénitentiaires. La demande d'agrément peut se faire en ligne ou par courrier postal. Avant toute demande, il est conseillé au candidat d'adhérer à l'ANVP en réglant une cotisation.
En ligne, la demande est effectuée sur le site de l'ANVP (il faut disposer d'une adresse mail). Le candidat peut régler directement sa cotisation ou un don en ligne. Par courrier postal, la demande est adressée au directeur du SPIP dont dépend la personne détenue ; le candidat doit y indiquer son nom, prénom, date et lieu de naissance, nationalité, situation de famille, profession, adresse personnelle, l'établissement pénitentiaire auprès duquel il souhaite intervenir et les raisons de sa candidature. Il doit joindre une photocopie de la carte vitale et 2 photos d'identité.
Règle
Après la demande, le candidat rencontre le correspondant ANVP puis le responsable du SPIP de l'établissement (ces entretiens n'ont pas lieu au même moment). Il fait ensuite l'objet d'une enquête administrative (personnalité, équilibre psychologique, disponibilité) pouvant durer plusieurs mois. Le directeur du SPIP rédige un rapport et sollicite l'avis du préfet du département de résidence. Le dossier est transmis au directeur interrégional des services pénitentiaires, qui prend la décision finale.
Si le directeur interrégional accepte la candidature, il informe le directeur du SPIP puis établit une carte de visiteur de prison en 2 exemplaires (un pour le visiteur, un pour l'établissement) ; les visites peuvent débuter. L'agrément est valable 2 ans, renouvelable sur demande écrite. En cas de refus, le directeur interrégional doit argumenter sa décision (absence de besoin dans l'établissement, avis défavorable du préfet). Il n'existe pas de recours contre le refus, mais le candidat peut avoir accès à son dossier. En l'absence de réponse dans un délai de 2 mois suivant réception du dossier complet, le candidat peut saisir le tribunal administratif.
Quelles sont les obligations du visiteur ?
Avant de débuter, le visiteur conclut une charte avec l'administration pénitentiaire et doit respecter le règlement intérieur de l'établissement.
Avant de débuter son activité bénévole, le visiteur de prison est informé des obligations auxquelles il devra se soumettre lors des visites. L'ensemble de ces obligations est fixé dans une charte qu'il conclut avec l'administration pénitentiaire. Il doit par ailleurs respecter le règlement intérieur de l'établissement, notamment en matière de discipline et de sécurité.
- Dédier du temps à l'activité bénévole, sans que cela n'empiète sur ses activités professionnelles et personnelles.
- Accompagner la personne détenue tout en respectant les missions du service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP).
- Rapporter au SPIP toute information utile au suivi de la personne détenue et au bon déroulement de l'accompagnement.
- Faire preuve de discrétion en s'abstenant de divulguer les confidences que la personne détenue a pu lui faire.
- Ne pas laisser un outil dangereux à la disposition de la personne détenue.
Règle
Le non-respect d'une obligation fixée dans la charte d'engagement peut entraîner la suspension ou le retrait de l'agrément.
La charte d'engagement formalise l'engagement du visiteur sur la durée de sa mission ; elle est conclue avec l'administration pénitentiaire avant toute visite.
Quels sont les moyens d'action du visiteur ?
Le visiteur rencontre le détenu au sein de l'établissement pénitentiaire, sans permis de visite, et communique avec lui sous pli ouvert.
Pour remplir ses missions, le visiteur peut rencontrer le détenu qu'il accompagne et communiquer avec lui. Les rencontres ont lieu au sein de l'établissement pénitentiaire : en maison d'arrêt, les visites ont lieu une fois par semaine ; en maison centrale ou centre de détention, elles se déroulent une à 2 fois par mois. Les heures et les jours de visite sont fixés par le chef de l'établissement en accord avec le visiteur.
Les temps d'échange sont organisés dans un local aménagé, à l'intérieur de la prison, et ont toujours lieu en dehors de la présence d'un surveillant. Le visiteur n'a pas besoin d'un permis de visite pour entrer dans l'établissement : son agrément l'y autorise. Le visiteur et le détenu peuvent échanger par écrit, sous pli ouvert et sans autorisation préalable ; le courrier peut être contrôlé et retenu par l'administration pénitentiaire.
Règle
Lorsqu'il existe des raisons de penser que le visiteur se prépare à commettre une infraction pouvant porter atteinte à la sécurité de l'établissement, les surveillants habilités peuvent contrôler son identité ; en cas d'opposition, ils peuvent user de la force pour le retenir en attendant l'arrivée d'un officier de la police nationale ou de la gendarmerie. Ils peuvent aussi procéder à la palpation de la personne, à l'inspection visuelle de ses affaires et, si elle y consent, à leur fouille.
Lorsqu'un détenu fait l'objet d'une interdiction de communiquer, le visiteur de prison ne peut pas entrer en contact avec lui.
Quelle est la durée de la mission ?
La durée de l'accompagnement est fixée selon les besoins de la personne détenue.
La durée de l'accompagnement est fixée selon les besoins de la personne détenue. Le visiteur de prison et la personne qu'il suit sont libres de mettre fin à l'accompagnement à tout moment.
L'accompagnement n'a pas de durée prédéfinie : il s'adapte à l'évolution de la situation de la personne détenue (fin de détention, libération conditionnelle, transfert, etc.). La relation bénévole repose sur la confiance et la régularité des visites.
Règle
La liberté de mise à fin est réciproque : tant le visiteur que la personne détenue peuvent interrompre l'accompagnement à tout moment, sans formalisme particulier.
L'agrément du visiteur, quant à lui, est valable 2 ans et renouvelable ; sa durée est indépendante de la durée de l'accompagnement de chaque personne détenue.
Retrait ou suspension de l'agrément
L'agrément peut être retiré ou suspendu, soit par l'administration pénitentiaire, soit par les autorités judiciaires.
L'agrément peut être retiré de deux manières : sur décision de l'administration pénitentiaire, ou sur décision des autorités judiciaires (juge de l'application des peines et procureur de la République). Dans ce dernier cas, le visiteur est informé du fait que le retrait a été demandé par les autorités judiciaires.
En dehors du cas où le retrait est ordonné par les autorités judiciaires, le visiteur est informé des raisons pour lesquelles l'administration pénitentiaire souhaite suspendre ou lui retirer son agrément. Par exemple, le non-respect d'une obligation fixée dans la charte d'engagement peut entraîner la suspension ou le retrait. Le visiteur est également informé des conditions pour contester cette décision : s'il en fait la demande, il peut présenter des observations écrites et se défendre oralement devant l'administration pénitentiaire, avec la possibilité d'être assisté d'un avocat.
Règle
En cas d'urgence et pour des motifs graves, l'agrément peut être suspendu par le directeur du SPIP qui suit la personne détenue ; le directeur interrégional est alors immédiatement informé de la situation.
La procédure de retrait garantit le droit de la défense du visiteur, sauf dans le cas où le retrait émane des autorités judiciaires.
Contacts et organismes
L'ANVP et le SPIP sont les deux interlocuteurs de la procédure d'agrément.
L'Association nationale des visiteurs de personnes sous main de justice (ANVP) reçoit les candidatures en ligne et accompagne les bénévoles. Le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) instruit les dossiers d'agrément au sein de l'administration pénitentiaire.
- ANVP : site officiel anvp.org — demande d'agrément en ligne et contact.
- SPIP : service pénitentiaire d'insertion et de probation de l'établissement concerné — réception des demandes par courrier.
- Tribunal administratif : compétent en l'absence de réponse du directeur interrégional dans un délai de 2 mois.
Règle
La demande d'agrément est adressée au directeur du SPIP dont dépend la personne détenue, ou effectuée en ligne sur le site de l'ANVP.
Pour toute question sur la mission de visiteur de prison ou sur le suivi d'une candidature, contacter l'ANVP ou le SPIP de l'établissement concerné.
Textes applicables
- Code pénitentiaire — articles R. 341-17 à D. 341-21Texte réglementaire
- Circulaire DAP du 2 août 2007 — procédure d'agrémentCirculaire
- Code pénitentiaire — articles L. 223-17 à L. 223-19Texte légal
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Visiteur de prison
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Les conditions d'agrément, les obligations du visiteur et les modalités de retrait sont fixés par le code pénitentiaire et la circulaire DAP du 2 août 2007. Vérifier les dernières évolutions auprès de l'ANVP ou du SPIP compétent.
