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Responsabilité des contenus publiés sur internet : quelles sont les règles ?

Lorsqu'un contenu illégal est publié sur internet, plusieurs personnes peuvent être reconnues responsables : l'auteur du contenu, le directeur de publication d'un service de communication en ligne, ou l'hébergeur d'un site ou d'une plateforme en ligne. Chacun est soumis à des obligations distinctes et encourt des sanctions pénales spécifiques en cas de manquement.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir sur la responsabilité des contenus publiés sur internet : qui peut être tenu responsable, quelles sont les obligations de chacun et comment agir en tant que victime.

Ce qu'il faut savoir

  • Toute personne qui publie un contenu illégal sur internet peut être reconnue responsable pénalement : auteur d'une page, d'un site, d'un blog, d'une vidéo, d'un commentaire ou d'un message privé.
  • Les juridictions françaises sont compétentes pour juger les responsables d'un contenu illicite dès lors qu'il figure sur un site accessible en France, même si le contenu a été conçu à l'étranger.
  • Vous pouvez signaler un contenu illégal aux forces de l'ordre via PHAROS (que vous soyez majeur ou mineur) ; le signalement n'est pas une plainte.
  • Si la publication vous porte atteinte, vous pouvez déposer plainte contre l'auteur ; le délai dépend de l'infraction (par exemple, 3 mois pour des propos incitant à la haine raciale ou une injure).
  • L'hébergeur doit conserver les données permettant d'identifier l'auteur (depuis le 21 octobre 2025, pendant 1 an) et proposer un mécanisme de signalement par voie électronique.
  • Si l'hébergeur ne retire pas un contenu illicite signalé, il risque 1 an de prison et 250 000 € d'amende (personne physique) ou une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d'affaires mondial (personne morale).
  • Le directeur de publication d'un service de communication en ligne peut être tenu responsable des commentaires illicites laissés par des internautes ; il doit les retirer immédiatement dès qu'il en a connaissance.
  • L'auteur d'un contenu illégal peut être banni de la plateforme (6 mois, 1 an en cas de récidive) et les fournisseurs d'accès doivent bloquer ses comptes.

Conditions essentielles

  • Le contenu doit être assimilable à une infraction pénale : apologie du terrorisme, pédopornographie, trafic de drogues, discrimination, incitation à un crime ou un délit, incitation à la haine ou à la violence, harcèlement sur internet, injure ou diffamation.
  • Pour agir contre un contenu, il faut pouvoir le localiser (description + adresse URL) et déclarer agir de bonne foi.
  • La plainte doit être déposée dans le délai de prescription applicable à l'infraction concernée (par exemple 3 mois pour les infractions de presse).
  • Le mineur peut signaler via PHAROS mais ne peut pas déposer plainte avec constitution de partie civile : ses parents doivent le faire en son nom.

Les étapes

  • Identifier le contenu illégal et le localiser (adresse URL, capture d'écran).
  • Signaler le contenu aux forces de l'ordre via PHAROS (signalement gratuit, majeur ou mineur).
  • Signaler le contenu à l'hébergeur ou au directeur de publication via leur mécanisme de signalement ou par lettre recommandée avec accusé de réception.
  • Déposer plainte au commissariat ou à la brigade de gendarmerie si la publication vous porte atteinte (dans le délai de prescription).
  • Solliciter l'assistance d'un avocat, éventuellement dès le dépôt de plainte.
  • Se constituer partie civile pour obtenir des dommages et intérêts (ou citation directe pour le directeur de publication).
  • Suivre l'enquête et le jugement éventuel devant le tribunal correctionnel.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — infractions concernées, procédures de signalement et de plainte, obligations et sanctions de l'hébergeur et du directeur de publication — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour la liste des infractions concernées, voir la section « Quels contenus sont considérés comme illégaux ? ». Pour les obligations de l'hébergeur et ses sanctions, voir les sections « Les obligations de l'hébergeur » et « Sanctions applicables à l'hébergeur ».

Quels contenus sont considérés comme illégaux ?

Un contenu est considéré comme illégal lorsqu'il est assimilable à l'une des infractions pénale listées par la loi.

Un contenu est considéré comme illégal lorsqu'il est assimilable à l'une des infractions suivantes : apologie du terrorisme, pédopornographie (violences sexuelles sur mineur), trafic de drogues, discrimination, incitation à un crime ou à un délit (par exemple, provocation à commettre un meurtre, un vol, une agression sexuelle), incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination, harcèlement sur internet (cyberharcèlement), injure et diffamation.

L'auteur des faits peut être toute personne qui crée ou diffuse le contenu : créateur d'une page web, créateur d'un site internet, créateur d'un blog, réalisateur d'une vidéo, photographe, rédacteur d'un commentaire ou rédacteur d'un message privé. Vous pouvez dénoncer un contenu illégal publié sur internet quel que soit l'endroit où il a été conçu (en France ou à l'étranger).

Règle

Les juridictions françaises sont compétentes pour juger les responsables d'un contenu illicite dès lors qu'il figure sur un site internet accessible en France. Cette règle de compétence territoriale permet d'agir même lorsque le contenu a été élaboré depuis un autre pays.

  • Apologie du terrorisme : sanctions encourues — 7 ans de prison et 100 000 € d'amende.
  • Pédopornographie : violences sexuelles sur mineur, dénonciation via le point de contact national.
  • Trafic de drogues : dénonciation possible via drogues-info-service.fr.
  • Discrimination, incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination : infractions punies par la loi.
  • Incitation à un crime ou à un délit : provocation à commettre un meurtre, un vol, une agression sexuelle.
  • Harcèlement sur internet (cyberharcèlement), injure, diffamation : infractions de presse soumises à un délai de prescription de 3 mois.

Le signalement n'est pas une plainte : il consiste uniquement à informer les services d'enquête de l'infraction commise et à leur apporter des éléments pour qu'ils identifient l'auteur des faits. En tant que victime, vous pouvez en plus déposer plainte.

Responsabilité de l'auteur du contenu illégal

L'auteur d'un contenu illégal publié sur internet peut être poursuivi pénalement, signalé via PHAROS ou fait l'objet d'une plainte de la part de la victime.

Que vous soyez majeur ou mineur, vous pouvez faire un signalement aux forces de l'ordre par le biais de PHAROS (Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements). Si les équipes de PHAROS estiment que le contenu est illicite, le signalement est transmis aux autorités compétentes : service d'enquête de la Police nationale ou de la Gendarmerie nationale, ou DGCCRF. Par ailleurs, les policiers et gendarmes peuvent contacter l'hébergeur du site ou de la plateforme en cause et lui demander de supprimer le contenu illégal.

Si la publication d'un contenu illégal vous porte atteinte, vous pouvez déposer plainte contre l'auteur. Les hébergeurs doivent conserver les données permettant d'identifier l'auteur des faits : vous pouvez les contacter pour qu'ils coopèrent avec les services de police ou de gendarmerie. Si vous ne trouvez pas l'identité de l'auteur du contenu, vous pouvez porter plainte contre X. Le délai pour déposer plainte dépend de l'infraction commise : par exemple, si vous êtes victime d'un contenu incitant à la haine raciale, vous pouvez déposer plainte dans un délai de 3 mois à compter de sa publication.

Règle

Votre plainte peut être déposée auprès de n'importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie. Vous pouvez demander l'assistance d'un avocat, qui peut être présent dès le dépôt de plainte jusqu'à l'éventuel jugement de l'auteur par les juridictions pénales. Votre plainte entraîne une enquête de police qui peut aboutir au jugement et à la condamnation de l'auteur des faits par le tribunal correctionnel. Vous pouvez également vous constituer partie civile pour obtenir des dommages et intérêts.

Si vous êtes mineur, vous pouvez vous rendre sur PHAROS et signaler les faits. Cependant, vous n'avez pas le droit de déposer une plainte avec constitution de partie civile en vue d'obtenir des dommages et intérêts : vos parents doivent le faire en votre nom. L'auteur reconnu coupable d'un contenu illégal encourt en outre une peine complémentaire de bannissement de la plateforme à partir de laquelle il a commis l'infraction : les fournisseurs d'accès au service en ligne (Orange, SFR, etc.) doivent bloquer ses comptes et veiller à ce qu'il ne puisse pas en créer de nouveaux, pour une durée maximale de 6 mois, portée à 1 an en cas de récidive.

Les obligations de l'hébergeur

L'hébergeur d'un site internet ou d'une plateforme en ligne est soumis à des obligations de conservation des données et de mise en place d'un mécanisme de signalement.

L'hébergeur d'un site internet a plusieurs obligations. S'il ne les respecte pas, vous pouvez engager sa responsabilité pénale et obtenir sa condamnation.

Depuis le 21 octobre 2025, les opérateurs de communication en ligne et les hébergeurs doivent conserver certaines données concernant les utilisateurs de réseaux sociaux et de services de communication en ligne pendant 1 an. Parmi ces informations figurent notamment : le nom, prénom, date et lieu de naissance de l'utilisateur (ou du gérant agissant au nom d'une personne morale), son adresse postale et adresse électronique, son numéro de téléphone, l'identifiant et/ou pseudonyme utilisés, ainsi que la date et heure de début et de fin de connexion. Cette conservation permet notamment d'identifier plus rapidement l'auteur d'une infraction en ligne.

Règle

Les hébergeurs doivent proposer aux internautes des mécanismes de signalement leur permettant de signaler un contenu publié sur un site ou une plateforme en ligne lorsqu'ils le considèrent comme illicite. Ces mécanismes doivent être facilement accessibles à toute personne et permettre d'émettre un signalement par voie électronique. Les grands réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok, etc.) disposent de systèmes de signalement élaborés qui permettent d'expliquer la situation et de dénoncer le contenu illicite de manière précise. Pour les sites indépendants (par exemple le site d'une entreprise), la personne qui souhaite faire un signalement doit rechercher les coordonnées de l'hébergeur : elles se trouvent généralement dans les mentions légales du site.

Le contenu du signalement adressé à l'hébergeur doit contenir : la description du contenu illicite, sa localisation (adresse URL), les coordonnées du signalant (nom, prénom, adresse électronique) et une déclaration de bonne foi. Si une personne signale un contenu comme étant illicite en étant conscient qu'il ne l'est pas, elle risque une peine d'1 an de prison et de 15 000 € d'amende.

Sanctions applicables à l'hébergeur

L'hébergeur qui ne retire pas un contenu illicite signalé ou qui n'informe pas les autorités compétentes risque des sanctions pénales distinctes selon qu'il s'agit d'une personne physique ou d'une personne morale.

Si vous avez signalé un contenu illicite à l'hébergeur et qu'il ne l'a pas immédiatement retiré ou n'en a pas bloqué l'accès, vous pouvez déposer plainte contre lui. S'il avait conscience que le contenu était illicite, vous pouvez également lui demander des dommages et intérêts.

Le délai pour déposer plainte dépend de l'infraction commise : par exemple, s'il s'agit d'un contenu injurieux, vous disposez d'un délai de 3 mois pour déposer plainte. Votre plainte peut être déposée dans n'importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie, avec l'assistance d'un avocat si vous le souhaitez. S'il est reconnu coupable d'absence de retrait, l'hébergeur personne physique encourt une peine de 1 an de prison et de 250 000 € d'amende ; l'hébergeur personne morale encourt une peine d'amende qui ne peut pas dépasser 6 % de son chiffre d'affaires mondial annuel au cours de l'année précédente.

Règle

Si vous avez signalé un contenu illicite à l'hébergeur et qu'il n'a pas prévenu les autorités compétentes (par exemple l'Ofac — Office anti-cybercriminalité), sa responsabilité pénale peut être engagée à l'initiative du ministère public. Dans ce cas, l'hébergeur peut être jugé et condamné par le tribunal correctionnel : la personne physique encourt 1 an de prison et 250 000 € d'amende ; la personne morale encourt une peine d'amende égale à 1 250 000 € et une peine complémentaire consistant en l'interdiction d'exercer l'activité professionnelle au cours de laquelle l'infraction a été commise.

  • Absence de retrait d'un contenu illicite signalé

    Personne physique
    1 an de prison et 250 000 € d'amende
    Personne morale
    Amende maximale égale à 6 % du chiffre d'affaires mondial annuel
  • Absence d'information des autorités compétentes (Ofac)

    Personne physique
    1 an de prison et 250 000 € d'amende
    Personne morale
    Amende égale à 1 250 000 € et interdiction d'exercer l'activité professionnelle

Les coordonnées de l'hébergeur se trouvent généralement dans les mentions légales du site internet. En cas d'absence de retrait d'un contenu illégal qui vous porte atteinte, vous pouvez déposer plainte ; si l'hébergeur n'a pas prévenu les autorités compétentes, le ministère public peut engager des poursuites de sa propre initiative.

Responsabilité du directeur de publication

Le directeur de publication d'un service de communication en ligne peut être tenu pénalement responsable des commentaires illicites laissés par des internautes.

Dans certains cas, la responsabilité pénale du directeur de publication d'un service de communication en ligne peut être engagée. Il en est ainsi si un internaute laisse un commentaire provocant à un crime ou à un délit, incitant à la haine, à la violence ou à la discrimination, injurieux ou diffamatoire.

Le directeur de publication peut s'apercevoir seul du caractère illégal du commentaire. Vous pouvez également signaler ce type de contenu et en demander le retrait : la demande doit être adressée au directeur de publication par lettre recommandée avec accusé de réception. Elle doit mentionner le contenu que vous dénoncez (par exemple un copier-coller du texte concerné) et l'adresse internet (URL) du service de communication en ligne sur lequel la publication a été faite.

Règle

Dès qu'il a connaissance du caractère illicite du commentaire, le directeur de publication doit immédiatement le faire retirer. S'il ne le fait pas, il risque des sanctions pénales. Par exemple, un commentaire diffamatoire laissé sous une vidéo publiée sur un réseau social doit être supprimé dans les jours, voire les heures qui suivent. Pour engager sa responsabilité pénale, vous pouvez déposer plainte ou faire une citation directe : vous disposez d'un délai de 3 mois à compter du jour où le contenu a été publié.

Lors du dépôt de plainte, vous pouvez vous constituer partie civile (en étant accompagné de vos parents si vous êtes mineur). Si vous faites une citation directe, vous avez automatiquement le statut de partie civile : la citation directe permet de saisir directement la juridiction compétente. Si le directeur de publication est reconnu coupable, il peut être condamné à des sanctions pénales dépendant de l'infraction commise : par exemple, un contenu injurieux publié sur un site expose le directeur de publication à une peine d'amende de 12 000 € et à la publication de sa condamnation. Dans le cas où le directeur de publication est poursuivi, l'auteur du contenu est considéré comme son complice.

Aide aux victimes et contacts utiles

Des services d'accompagnement sont disponibles pour les victimes de contenus illégaux publiés sur internet.

Si vous êtes victime d'un contenu illégal publié sur internet, vous pouvez contacter le service d'aide aux victimes joignable tous les jours de l'année, de 9h à 20h.

En France métropolitaine, le service est joignable au 116 006 (appel gratuit). Hors métropole ou depuis l'étranger, le numéro est le +33 (0)1 80 52 33 76 (appel gratuit, heure de Paris). Une adresse électronique est également disponible : victimes@116006.fr.

Règle

Pour signaler un contenu illicite, vous pouvez utiliser PHAROS (plateforme officielle des forces de l'ordre) si vous êtes majeur ou mineur. Pour signaler un contenu à un hébergeur, utilisez son mécanisme de signalement en ligne ou adressez-lui une demande par lettre recommandée avec accusé de réception. Pour déposer plainte, rendez-vous dans n'importe quel commissariat de police ou brigade de gendarmerie.

  • Aide aux victimes : 116 006 (France métropolitaine) ; +33 (0)1 80 52 33 76 (hors métropole ou depuis l'étranger) — appel gratuit, tous les jours de 9h à 20h ; courriel : victimes@116006.fr.
  • Signalement des forces de l'ordre : PHAROS, accessible en ligne, pour majeurs et mineurs.
  • Commissariat de police ou brigade de gendarmerie : dépôt de plainte, sans lieu particulier de rattachement.
  • Avocat : Conseil national des barreaux (CNB) pour trouver un professionnel du droit.
  • Ofac (Office anti-cybercriminalité) : autorité compétente informée par l'hébergeur en cas de contenu illicite.

N'oubliez pas que le signalement et la plainte sont deux démarches distinctes : le signalement informe les services d'enquête, la plainte est l'acte officiel de la victime qui déclenche une enquête. Vous pouvez effectuer les deux. Assistance d'un avocat recommandée, notamment pour les constitutions de partie civile et les citations directes.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Responsabilité des contenus publiés sur internet : quelles sont les règles ?

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les règles de responsabilité des contenus publiés sur internet résultent de la loi du 29 juillet 1881, de la loi n° 82-652, du code pénal et du règlement (UE) 2022/2065 (DSA). La conservation des données par les hébergeurs depuis le 21 octobre 2025 est prévue par la loi n° 2024-449 et le décret n° 2025-980. Vérifier les dernières évolutions auprès du ministère de la Justice ou d'un avocat.

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