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Rançongiciel ou ransomware

Le rançongiciel (ou ransomware) est une forme d'extorsion : un logiciel malveillant chiffre tout ou partie d'un système informatique ou de vos fichiers et exige le paiement d'une rançon en échange d'une clé de déchiffrement. Il s'agit d'une infraction pénale qui peut être signalée via THESEE ou faire l'objet d'un dépôt de plainte.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir face à un rançongiciel : premiers réflexes, signalement, plainte et peines encourues.

Ce qu'il faut savoir

  • Le rançongiciel est une forme d'extorsion : un logiciel malveillant chiffre vos fichiers ou bloque votre appareil et exige une somme d'argent en échange d'une clé de déchiffrement.
  • Premier réflexe : déconnecter l'appareil d'internet pour éviter la propagation du virus à d'autres équipements.
  • Ne payez pas la rançon : le paiement n'assure pas le récupération de vos fichiers et une nouvelle somme peut vous être demandée.
  • Toute personne (majeure ou mineure) peut signaler un rançongiciel sur THESEE, même sans donner son identité (seule une adresse mail est requise).
  • Le signalement n'est pas une plainte : il informe les services d'enquête sans déclencher de poursuites automatiques.
  • La plainte peut être déposée sur THESEE (majeurs uniquement), en commissariat ou en gendarmerie, ou par courrier au procureur de la République.
  • Les plaintes sur THESEE sont recevables uniquement si une demande d'argent a été effectuée — il n'est pas nécessaire qu'un versement ait eu lieu.
  • La plainte doit être déposée dans un délai de 6 ans à compter de la commission des faits. L'auteur encourt 7 ans de prison et 100 000 € d'amende.

Conditions essentielles

  • Avoir été victime (ou témoin) d'un rançongiciel : appareil bloqué ou fichiers chiffrés avec demande de rançon.
  • Pour la plainte sur THESEE : une demande d'argent doit avoir été effectuée (versement non nécessaire).
  • Pour la notification Cnil : être responsable d'un traitement de données personnelles et existence d'un risque pour la vie privée.
  • Déposer plainte dans un délai de 6 ans à compter de la commission des faits.

Les étapes

  • Déconnecter immédiatement l'appareil infecté d'internet.
  • Rechercher une solution de déchiffrement sur la plateforme No More Ransom (nomoreransom.org).
  • Ne pas payer la rançon si aucune solution de déchiffrement n'est trouvée.
  • Collecter les preuves : message de piratage, demande de rançon, fichiers chiffrés.
  • Signaler l'infraction sur THESEE (téléservice du ministère de l'Intérieur).
  • Notifier la Cnil si vous êtes responsable d'un traitement de données personnelles (délai de 72 heures).
  • Déposer plainte sur THESEE, en commissariat/gendarmerie, ou par courrier au procureur de la République.
  • Se constituer partie civile si vous souhaitez obtenir des dommages et intérêts.

Les mineurs peuvent se rendre seuls au commissariat ou à la gendarmerie pour signaler les faits, mais ils ne peuvent ni porter plainte sur THESEE, ni se constituer partie civile : leurs parents doivent le faire en leur nom.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les démarches de signalement et de plainte, voir les sections « Le signalement sur THESEE », « Le dépôt de plainte » et « La plainte par courrier auprès du procureur ».

Qu'est-ce qu'un rançongiciel ?

Le rançongiciel (ou *ransomware*) est une forme d'extorsion : il s'agit, pour un individu, d'implanter un logiciel malveillant qui chiffre tout ou partie d'un système informatique (ordinateur, téléphone, tablette, serveur) ou de vos fichiers, et qui exige le paiement d'une somme d'argent en échange d'une clé de déchiffrement vous permettant d'y accéder de nouveau.

Le rançongiciel se manifeste généralement par l'apparition d'un message sur votre appareil électronique (ordinateur, tablette ou téléphone portable), vous informant que vos données sont chiffrées ou que l'appareil est bloqué, et vous demandant de verser une rançon pour récupérer l'accès. L'infraction est qualifiée d'extorsion au sens du code pénal : l'auteur menace ou contraint la victime à remettre des fonds, des valeurs ou un avantage quelconque. Le rançongiciel peut cibler aussi bien des particuliers que des entreprises ou des administrations.

Règle

L'extorsion est un délit prévu par les articles 312-1 à 312-9 du code pénal. Le rançongiciel constitue une modalité moderne de cette infraction, sanctionnée par les peines prévues pour l'extorsion commise par l'usage d'un programme informatique.

Le paiement de la rançon n'est pas seulement inefficace : il constitue également une infraction au profit des auteurs et alimente le modèle économique de la cybercriminalité. Les autorités déconseillent formellement de payer.

Les premiers réflexes à avoir

Si vous êtes victime d'un rançongiciel, le premier réflexe est de déconnecter l'appareil d'internet pour éviter que le virus ne se propage à d'autres équipements (par exemple, un téléphone relié à un ordinateur).

La déconnexion d'internet (câble réseau et Wi-Fi) empêche le logiciel malveillant de communiquer avec les serveurs de l'attaquant et de chiffrer d'autres appareils du réseau. Par la suite, vous pouvez rechercher si une solution de déchiffrement est disponible pour le type de rançongiciel que vous subissez, notamment via la plateforme internationale No More Ransom (nomoreransom.org), qui propose gratuitement des outils de déchiffrement pour de nombreuses familles de rançongiciels.

Règle

Si vous ne trouvez pas de solution de déchiffrement sur cette plateforme, ne payez pas la rançon. En effet, le paiement n'assure pas un nouvel accès à vos fichiers ou à l'appareil infecté. Au contraire, il est possible qu'une nouvelle somme d'argent vous soit demandée. Si l'appareil infecté appartient à l'entreprise ou à l'administration au sein de laquelle vous travaillez, il est conseillé de prévenir le service informatique afin qu'il intervienne au plus vite.

En cas de doute, les professionnels du site cybermalveillance.gouv.fr et le service d'assistance 17Cyber (17cyber.gouv.fr) accompagnent les victimes de cybermalveillance. Un informaticien peut également vous aider si vous ne parvenez pas à collecter des preuves vous-même.

La collecte des preuves

Si vous êtes victime d'un rançongiciel, vous devez collecter un maximum de preuves permettant d'établir cette infraction et d'en déterminer l'auteur.

Les preuves à recueillir peuvent être les suivantes : le message vous indiquant que vous avez été piraté (captures d'écran du message de rançon) ; la demande de rançon elle-même (montant demandé, modalités de paiement, délais) ; les fichiers chiffrés auxquels vous ne pouvez plus accéder (ne les supprimez pas, ils peuvent être analysés par les enquêteurs). Si vous ne parvenez pas à collecter de preuves vous-même, vous pouvez faire appel à un informaticien ou demander de l'aide aux professionnels de cybermalveillance.gouv.fr.

Règle

Ces preuves seront utiles pour le signalement sur THESEE et pour le dépôt de plainte. Les enquêteurs s'appuient sur ces éléments pour identifier l'auteur des faits et orienter l'enquête. Conservez également les captures d'écran des échanges avec les extortionnistes et toute correspondance (courriels, messages) relative à la demande de rançon.

Ne tentez pas de déchiffrer vous-même les fichiers avec des outils non officiels : vous risquez de les rendre définitivement inaccessibles. Privilégiez les solutions proposées par No More Ransom ou l'assistance de professionnels.

Le signalement sur THESEE

Toute personne (majeure ou mineure) peut signaler un rançongiciel par le biais de THESEE (traitement harmonisé des enquêtes et signalements pour les e-escroqueries), téléservice du ministère chargé de l'Intérieur.

Le signalement par le biais de ce téléservice peut être utilisé par tout particulier (majeur ou mineur), quelle que soit sa nationalité. Vous n'êtes pas obligé de donner votre identité : vous devez uniquement indiquer une adresse mail. Le signalement n'est pas une plainte : il consiste uniquement à informer les services d'enquête de l'infraction commise et à leur apporter des éléments pour qu'ils identifient l'auteur des faits. Si vous signalez un rançongiciel, vous ne serez pas tenu informé des suites données à votre signalement.

Règle

Si vous avez déjà déposé plainte dans un commissariat de police, une brigade de gendarmerie ou auprès du procureur de la République, vous pouvez également signaler le rançongiciel sur THESEE : le signalement est complémentaire à la plainte et permet d'alimenter la base des enquêteurs.

Le signalement sur THESEE est ouvert aux mineurs, contrairement au dépôt de plainte sur le même téléservice. C'est donc la voie recommandée pour les mineurs victimes d'un rançongiciel, en complément éventuel d'une plainte déposée par leurs parents.

La notification à la Cnil (responsables de données)

Si le rançongiciel porte sur un traitement de données personnelles et qu'il existe un risque pour la vie privée d'une ou plusieurs personnes, le responsable du traitement doit le notifier à la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés).

Par exemple, un logiciel malveillant attaque les fichiers d'une entreprise et l'un d'entre eux concerne la gestion des ressources humaines : dans ce cas, il est nécessaire d'alerter la Cnil, car il existe un risque au regard de la vie privée des salariés figurant dans ce fichier. La notification doit être effectuée depuis le site de la Cnil dans un délai de 72 heures à compter de la violation du traitement. Par la suite, vous pouvez apporter des informations supplémentaires en effectuant une notification complémentaire.

Règle

En tant que responsable d'un traitement de données personnelles, vous pouvez également faire un signalement sur THESEE en plus de la notification à la Cnil : les deux démarches sont complémentaires et indépendantes.

L'obligation de notification à la Cnil découle du règlement général sur la protection des données (RGPD). Elle s'applique aux entreprises, associations et administrations qui traitent des données personnelles, et pas seulement aux grands établissements.

Le dépôt de plainte

Si vous êtes victime d'un rançongiciel, vous pouvez déposer plainte contre l'auteur du logiciel malveillant ou du virus. Si vous ne connaissez pas son identité, vous pouvez porter plainte contre X.

Sur THESEE : en tant que victime d'un rançongiciel, vous pouvez porter plainte depuis ce téléservice. Les enquêteurs de THESEE vous donneront des renseignements sur les suites données à votre plainte, les aides dont vous pouvez bénéficier (exemple : assistance d'un avocat) et les moyens d'obtenir une indemnisation. Attention : les mineurs ne peuvent pas porter plainte sur THESEE. Sur place : pour déposer plainte, vous devez vous rendre au commissariat de police ou à la gendarmerie de votre choix. Les services de police ou de gendarmerie sont obligés d'enregistrer votre plainte si vous êtes victime d'une infraction. La plainte est ensuite transmise au procureur de la République pour qu'il décide de la suite (enquête, classement sans suite, etc.).

Règle

Les plaintes sur THESEE sont recevables uniquement si une demande d'argent a été effectuée. Il n'est pas nécessaire qu'un versement et/ou qu'un encaissement ait eu lieu. Dans tous les cas, la plainte doit être déposée dans un délai de 6 ans à compter de la commission des faits. L'enquête de police peut aboutir à la condamnation de l'auteur par le tribunal correctionnel. Si vous vous constituez partie civile, vous pouvez obtenir des dommages et intérêts.

Si vous êtes mineur, vous pouvez vous rendre seul au commissariat ou à la gendarmerie et signaler les faits. Cependant, vous n'avez pas le droit de vous constituer partie civile en vue d'obtenir des dommages et intérêts : vos parents doivent le faire en votre nom. Si vous ne pouvez pas accéder à THESEE, vous pouvez porter plainte en vous déplaçant au commissariat ou à la gendarmerie, ou en écrivant au procureur de la République.

La plainte par courrier auprès du procureur

Vous pouvez écrire directement au procureur de la République siégeant au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.

La lettre de plainte doit préciser les informations suivantes : votre état civil complet (nom, prénoms, date de naissance, etc.) et vos coordonnées complètes (adresse et numéro de téléphone) ; le récit détaillé des faits, la date et le lieu de l'infraction ; le nom de l'auteur supposé si vous le connaissez (sinon, il convient de déposer plainte contre X) ; les noms et adresses des éventuels témoins de cette infraction ; la description et l'estimation provisoire ou définitive du préjudice ; les documents de preuve.

Règle

Votre plainte peut être transmise par lettre recommandée avec accusé de réception, par lettre simple ou par lettre suivie. Dans tous les cas, un récépissé vous est remis dès que les services du procureur de la République ont enregistré votre plainte. Par la suite, une enquête est menée et peut aboutir à la condamnation de l'auteur des faits par le tribunal correctionnel. Si vous vous constituez partie civile, vous pouvez obtenir des dommages et intérêts.

Un modèle de courrier de plainte auprès du procureur est disponible sur service-public.gouv.fr. Ce mode de dépôt est particulièrement utile lorsque vous ne pouvez pas vous déplacer en commissariat ou en gendarmerie, ou lorsque THESEE n'est pas accessible.

Les peines encourues par l'auteur

L'auteur d'un rançongiciel encourt une peine de 7 ans de prison et de 100 000 € d'amende.

Ces peines découlent de la qualification d'extorsion prévue par le code pénal (articles 312-1 à 312-9). L'extorsion commise à l'aide d'un programme informatique (rançongiciel) est une circonstance aggravante du délit d'extorsion. L'enquête de police, déclenchée par la plainte ou le signalement, peut aboutir à la comparution de l'auteur devant le tribunal correctionnel, juridiction pénale compétente pour juger les délits.

Règle

Si vous vous constituez partie civile dans le cadre de la procédure pénale, vous pouvez obtenir la condamnation de l'auteur à verser des dommages et intérêts en réparation du préjudice subi (perte de données, frais de remise en état, préjudice moral, etc.).

Les peines encourues sont celles prévues par le code pénal pour l'extorsion. La juridiction apprécie souverainement la peine en fonction des circonstances de l'espèce (gravité des faits, préjudice de la victime, antécédents de l'auteur).

Ressources et aides pour les victimes

Plusieurs services publics accompagnent les victimes de rançongiciels : la plateforme No More Ransom, le site cybermalveillance.gouv.fr, le service d'assistance 17Cyber et le téléservice THESEE.

No More Ransom (nomoreransom.org) propose gratuitement des solutions de déchiffrement pour de nombreuses familles de rançongiciels. Cybermalveillance.gouv.fr est le site officiel d'assistance aux victimes de cybermalveillance, opéré par l'État. 17Cyber (17cyber.gouv.fr) est un service d'assistance pour les victimes. THESEE (demarches.service-public.gouv.fr) permet de signaler et de porter plainte pour un rançongiciel en ligne. La Cnil (notifications.cnil.fr) reçoit les notifications de violation de données personnelles.

Règle

En cas de plainte, les enquêteurs de THESEE vous donnent des renseignements sur les suites données, les aides dont vous pouvez bénéficier (exemple : assistance d'un avocat) et les moyens d'obtenir une indemnisation.

  • No More Ransom : solutions de déchiffrement gratuites (nomoreransom.org).
  • Cybermalveillance.gouv.fr : assistance officielle aux victimes de cybermalveillance.
  • 17Cyber : service d'assistance pour les victimes (17cyber.gouv.fr).
  • THESEE : signalement et plainte en ligne pour les rançongiciels.
  • Cnil : notification de violation de données personnelles (notifications.cnil.fr).

En cas de doute sur vos droits ou sur la marche à suivre, vous pouvez contacter une maison de justice et du droit ou un avocat spécialisé en droit pénal et en cybercriminalité.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Rançongiciel ou ransomware

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les qualifications et peines applicables aux rançongiciels sont fixées par le code pénal (extorsion, articles 312-1 à 312-9). Les procédures de signalement et de plainte évoluent avec les téléservices de l'État (THESEE, 17Cyber). Vérifier les dernières évolutions auprès des services de police, de gendarmerie ou d'un avocat.

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