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Qu'est-ce que le recel de vol ?

Le recel de vol est le fait de cacher, de garder, de transmettre ou de tirer profit d'une chose volée par quelqu'un d'autre, en sachant qu'elle provient d'un vol. L'auteur du recel — le receleur — encoure les mêmes peines que le voleur. La victime dispose de plusieurs voies pour déposer plainte et récupérer son bien.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir en cas de recel de vol : définition de l'infraction, peines, dépôt de plainte et restitution du bien volé.

Ce qu'il faut savoir

  • Le recel de vol est le fait de cacher, de garder, de transmettre ou de tirer profit d'une chose volée par quelqu'un d'autre, en sachant qu'elle provient d'un vol.
  • L'auteur du recel est appelé le receleur. Il intervient uniquement après la commission du vol : le recel est différent de la complicité de vol.
  • Le recel de vol est puni de 5 ans de prison et de 375 000 € d'amende.
  • Le recel de vol aggravé (commis de manière habituelle, en utilisant les facilités d'une profession ou en bande organisée) est puni de 10 ans de prison et de 750 000 € d'amende.
  • Le délai de prescription du recel de vol est de 6 ans, à compter du jour où le receleur ne détient plus l'objet volé.
  • La victime peut déposer plainte au commissariat, en gendarmerie, en ligne ou par courrier auprès du procureur de la République.
  • La restitution du bien volé dépend de la situation : l'auteur du recel, l'acheteur de bonne foi (délai de 3 ans, éventuel remboursement du prix) ou l'acheteur de mauvaise foi (restitution à tout moment).
  • La victime peut se constituer partie civile pour obtenir des dommages-intérêts et bénéficier de l'aide juridictionnelle si elle a de faibles ressources.

Conditions essentielles

  • Le bien doit provenir d'un vol (ou d'une infractions connexes visées par la réglementation du recel).
  • L'auteur du recel doit savoir que la chose provient d'un vol : la connaissance de l'origine illégale est un élément constitutif de l'infraction.
  • La victime dispose de 6 ans pour déposer plainte, à compter du dernier jour où l'infraction est commise.
  • Pour réclamer la restitution auprès d'un acheteur de bonne foi, la victime dispose de 3 ans à partir du jour du vol.
  • La restitution judiciaire peut être refusée par le tribunal si elle présente un danger pour les personnes ou les biens, ou si le bien saisi a servi à commettre l'infraction.

Les étapes

  • Constater le vol et constituer les éléments de preuve (description et estimation du préjudice, documents de preuve : certificats médicaux, factures, photographies, vidéos, constats).
  • Déposer plainte au commissariat de police ou à la gendarmerie (les services sont obligés d'enregistrer la plainte de victime d'infraction).
  • À défaut, déposer plainte en ligne si vous ne connaissez pas l'auteur des faits, ou adresser un courrier au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur.
  • Suivre l'enquête menée par la police ou la gendarmerie : le procureur de la République décide de la suite à donner (enquête, classement sans suite).
  • Demander la restitution du bien pendant l'enquête s'il a été retrouvé chez l'auteur du recel.
  • Pour un acheteur de bonne foi, réclamer l'objet dans un délai de 3 ans à partir du jour du vol (le prix payé devra être remboursé dans certains cas).
  • Pour un acheteur de mauvaise foi, demander la restitution à tout moment, au cours de l'enquête ou lors du procès.
  • Se constituer partie civile pour demander des dommages-intérêts et, le cas échéant, solliciter l'aide juridictionnelle.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les modalités de dépôt de plainte, les règles de restitution selon la bonne ou la mauvaise foi de l'acheteur et les voies de recours sont traitées dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les peines applicables au recel de vol et à ses formes aggravées, voir la section « Peines encourues ». Pour les démarches de restitution selon la situation de l'acheteur, voir les sections « Restitution auprès d'un acheteur de bonne foi » et « Restitution auprès d'un acheteur de mauvaise foi ».

Définition du recel de vol

Le recel de vol est une infraction distincte du vol lui-même, qui sanctionne ceux qui profitent d'un vol sans y avoir participé.

Le recel de vol est le fait de cacher, de détenir ou de transmettre un bien que l'on sait volé. C'est aussi le fait de donner ou de servir d'intermédiaire pour donner une chose volée, ou de tirer profit de cette chose.

Le recel de vol est le fait de cacher ou de garder une chose volée par quelqu'un d'autre. C'est aussi le fait de donner ou de servir d'intermédiaire pour donner une chose volée, ou de tirer profit de la chose volée. Par exemple, une personne achète un téléphone portable en sachant qu'il est issu d'un « vol à la tire », c'est-à-dire qu'il a été tiré de la poche de la victime. Le recel est aussi le fait de bénéficier de l'argent de la vente d'un objet volé.

Règle

La personne coupable de recel encoure les mêmes peines que le voleur. L'auteur du recel de vol doit savoir que la chose provient d'un vol : il est appelé le receleur.

Le recel ne concerne pas la personne de bonne foi qui achète un bien d'occasion en pensant qu'il appartient au revendeur. La bonne foi de l'acheteur sera examinée au cours de l'enquête ou du procès.

Les éléments constitutifs du recel

Trois éléments caractérisent le recel de vol : la connaissance de l'origine illégale, le comportement du receleur et le lien avec le vol.

Pour qu'il y ait recel de vol, trois conditions doivent être réunies : un objet provenant d'un vol, la connaissance de cette origine par l'auteur du recel, et un comportement de cachotterie, de détention, de transmission ou de profit tiré de l'objet.

L'élément central est la connaissance de l'origine illégale du bien : l'auteur du recel doit savoir que la chose provient d'un vol. Sans cette connaissance, il n'y a pas de recel — l'acheteur de bonne foi n'est pas coupable de recel. Le comportement du receleur peut prendre plusieurs formes : cacher l'objet, le garder chez soi, le transmettre à un tiers, servir d'intermédiaire pour le donner, ou tirer profit de sa vente.

Règle

Le recel est différent de la complicité de vol. Le receleur intervient uniquement après la commission du vol. Par exemple, une personne qui garde le butin d'un cambriolage sans y avoir participé est coupable de recel, et non de complicité de vol.

  • Cacher ou garder une chose volée par quelqu'un d'autre.
  • Donner ou servir d'intermédiaire pour donner une chose volée.
  • Tirer profit de la chose volée, y compris en bénéficiant de l'argent de la vente d'un objet volé.
  • Savoir que la chose provient d'un vol : la connaissance de l'origine illégale est un élément constitutif de l'infraction.

La bonne foi de l'acheteur est examinée au cours de l'enquête ou du procès. Une personne ayant acheté un objet volé peut être considérée de bonne foi si elle prouve qu'elle ignorait l'origine illégale du bien — par exemple, si le produit était emballé et que le vendeur a présenté des factures.

Recel ou complicité de vol ?

La distinction entre recel et complicité de vol repose sur le moment où l'auteur intervient par rapport au vol.

Le recel se distingue de la complicité de vol par le moment de l'intervention : le receleur intervient après la commission du vol, tandis que le complice participe au vol (avant ou pendant).

Le recel est le fait de cacher, de détenir ou de transmettre un bien que l'on sait volé. La personne coupable de recel encoure les mêmes peines que le voleur. Le recel concerne la personne qui, sans avoir participé au vol, en profite ensuite en gardant ou en vendant l'objet volé.

Règle

Par exemple, une personne qui garde le butin d'un cambriolage sans y avoir participé est coupable de recel, et non de complicité de vol.

Si le voleur n'a pas été identifié ou trouvé, le receleur peut tout de même être condamné pour recel. La condamnation du receleur ne dépend pas de l'identification du voleur.

Peines encourues

Le recel de vol est puni de 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende ; le recel aggravé de 10 ans et 750 000 €.

Le recel de vol est puni de 5 ans de prison et de 375 000 € d'amende. Le recel de vol aggravé est puni plus sévèrement : 10 ans de prison et 750 000 € d'amende.

Le recel vol aggravé s'applique lorsque le recel est commis de manière habituelle, en utilisant les facilités données par une profession, ou en bande organisée. Ces circonstances aggravantes entraînent un doublement de la peine d'emprisonnement et de l'amende.

Règle

Le receleur peut être puni d'une amende supérieure à 375 000 € et qui peut aller jusqu'à la moitié de la valeur des objets recelés. C'est le cas lorsque ces objets ont une valeur supérieure à l'amende maximale encourue. Des peines complémentaires peuvent être prononcées, comme par exemple la confiscation de l'objet volé, l'interdiction d'exercer une fonction publique, une activité professionnelle, d'avoir une arme.

Dans tous les cas, le receleur peut être condamné à réparer le préjudice subi par la victime, tout comme le voleur. Si le voleur n'a pas été identifié ou trouvé, le receleur peut tout de même être condamné pour recel.

Délai de prescription

La victime dispose de 6 ans pour agir contre le receleur, à compter du jour où le receleur cesse de détenir l'objet.

Le délai de prescription du recel de vol est de 6 ans. Ce délai commence à courir à partir du jour où le receleur ne détient plus l'objet volé.

La prescription est le délai au-delà duquel l'action publique (poursuites pénales) ne peut plus être exercée. Pour le recel de vol, ce délai est de 6 ans. Le point de départ du délai n'est pas le jour du vol lui-même, mais le dernier jour où l'infraction est commise, c'est-à-dire le jour où le receleur s'est séparé de l'objet du vol.

Règle

Vous disposez d'un délai de 6 ans pour déposer plainte. Ce délai de prescription commence le dernier jour où l'infraction est commise (c'est-à-dire le jour où le receleur s'est séparé de l'objet du vol).

Pour la restitution auprès d'un acheteur de bonne foi, un délai spécifique de 3 ans à partir du jour du vol est applicable (voir la section « Restitution auprès d'un acheteur de bonne foi »).

Dépôt de plainte

La victime peut déposer plainte au commissariat, en gendarmerie, en ligne ou par courrier auprès du procureur de la République.

Si vous êtes victime de recel de vol, vous pouvez déposer plainte contre l'auteur des faits. Si vous ne connaissez pas son identité, vous pouvez porter plainte contre X. Le dépôt de plainte peut se faire même si l'auteur des faits se trouve à l'étranger.

Quatre modalités de dépôt de plainte sont prévues. Sur place, vous devez vous rendre au commissariat de police ou à la gendarmerie de votre choix : les services de police ou de gendarmerie sont obligés d'enregistrer votre plainte si vous êtes victime d'une infraction. En ligne, si vous ne connaissez pas l'auteur des faits, vous pouvez remplir une plainte en ligne : votre déclaration est traitée par un agent qui détermine si elle remplit les conditions pour faire l'objet d'un procès-verbal de plainte ; si votre déclaration est acceptée, une copie numérique du procès-verbal de plainte est mise en ligne, sinon vous recevez un mail indiquant le motif du rejet. Par courrier, vous pouvez adresser votre plainte au procureur de la République auprès du tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction.

Règle

Votre courrier au procureur doit préciser : votre état civil et vos coordonnées complètes (adresse et numéro de téléphone), le récit détaillé des faits avec la date et le lieu de l'infraction, le nom de l'auteur supposé si vous le connaissez (sinon la plainte sera déposée contre X), le nom et l'adresse des éventuels témoins, la description et l'estimation provisoire ou définitive du préjudice, et vos documents de preuve (certificats médicaux, arrêts de travail, photographies, vidéos, factures diverses, constats).

  • Au commissariat ou en gendarmerie : les services sont obligés d'enregistrer votre plainte si vous êtes victime d'une infraction.
  • En ligne : possible si vous ne connaissez pas l'auteur des faits ; votre déclaration est examinée par un agent et peut donner lieu à un procès-verbal de plainte numérique.
  • Par courrier : courrier adressé au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur, avec les éléments obligatoires (état civil, récit des faits, témoins, préjudice, preuves).
  • Suite de la plainte : c'est le procureur de la République qui décide de la suite à donner (enquête, classement sans suite).

Après le dépôt de plainte, un service de police ou de gendarmerie est chargé d'enquêter. Vous pouvez être assisté par un avocat si vous le souhaitez. Si vous avez de faibles ressources, vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour payer les frais d'un avocat en totalité ou en partie.

Restitution auprès de l'auteur du recel

Si l'objet volé a été retrouvé chez le receleur pendant l'enquête, la victime peut en demander la restitution.

Si l'objet a été retrouvé au cours de l'enquête de police ou de gendarmerie chez l'auteur du recel, vous pouvez demander sa restitution pendant l'enquête.

La restitution auprès de l'auteur du recel est la voie la plus directe lorsque l'objet volé a été identifié et saisi chez le receleur. La demande peut être formulée dès l'enquête, sans attendre l'issue du procès.

Règle

Le bien peut se trouver chez le receleur ou avoir été vendu par le receleur. En fonction de la bonne ou de la mauvaise foi de l'acheteur, la démarche à effectuer pour obtenir la restitution de l'objet est différente. Seule la victime à qui l'objet a été volé peut demander la restitution.

Pour une demande de restitution d'un objet placé sous main de justice, un formulaire CERFA est disponible (voir les téléprocédures en fin de fiche).

Restitution auprès d'un acheteur de bonne foi

L'acheteur de bonne foi est celui qui prouve qu'il ignorait l'origine illégale du bien : la victime dispose de 3 ans pour réclamer son objet.

Une personne ayant acheté un objet qui a été volé peut être considérée de bonne foi si elle prouve qu'elle ignorait l'origine illégale du bien. Par exemple, c'est le cas si le produit était emballé et que le vendeur a présenté des factures.

La bonne foi de l'acheteur suppose que celui-ci ignorait le caractère volé de l'objet au moment de l'achat. Cette ignorance peut être établie par des indices concrets : emballage d'origine, factures présentées par le vendeur, contexte d'achat régulier. La bonne foi est examinée au cours de l'enquête ou du procès.

Règle

Vous pouvez réclamer votre objet à l'acheteur, pendant 3 ans à partir du jour du vol. Si l'achat a été fait dans une foire, un marché, une vente publique ou chez un marchand vendant ce type d'objet, vous devrez rembourser à l'acheteur le prix qu'il a payé.

En cas de litige, vous pouvez engager une action en justice pour réclamer la restitution de votre bien et faire évaluer le montant du remboursement pour l'acheteur. La juridiction compétente dépend des sommes en jeu : pour un litige inférieur ou égal à 10 000 €, c'est le tribunal de proximité ou le tribunal judiciaire ; pour un litige supérieur à 10 000 €, c'est le tribunal judiciaire.

Restitution auprès d'un acheteur de mauvaise foi

L'acheteur de mauvaise foi connaît l'origine douteuse du bien : la restitution peut être demandée à tout moment.

Si l'acheteur est de mauvaise foi, c'est-à-dire qu'il connaît l'origine douteuse du bien, vous pouvez demander la restitution de votre bien.

La mauvaise foi suppose que l'acheteur savait, ou ne pouvait ignorer, que l'objet provenait d'un vol. Dans cette hypothèse, la protection de l'acheteur s'efface au profit de celle de la victime : la restitution du bien volé peut être obtenue sans condition de délai liée à l'achat.

Règle

Vous pouvez demander la restitution à tout moment, que ce soit au cours de l'enquête de police ou de gendarmerie ou lors du procès au tribunal s'il y a des poursuites engagées. Le tribunal peut refuser la restitution judiciaire lorsque celle-ci présente un danger pour les personnes, les biens, ou lorsque le bien saisi a servi à commettre l'infraction.

Vous pouvez demander des dommages-intérêts au revendeur du bien, si vous prouvez que le revendeur était au courant de son origine douteuse. Pour formuler une demande de restitution d'un objet placé sous main de justice, un formulaire CERFA est à adresser au tribunal.

Indemnisation et aide aux victimes

La victime peut obtenir réparation en se constituant partie civile et bénéficier de l'aide juridictionnelle ou du service d'aide aux victimes.

Vous pouvez demander des dommages-intérêts pour la réparation du préjudice causé en vous constituant partie civile à la suite du dépôt de plainte.

Le préjudice à réparer concerne aussi bien l'objet du vol (par exemple s'il ne peut pas être restitué) que d'autres dommages (porte fracturée, préjudice moral). La constitution de partie civile permet à la victime de participer à l'instance et d'obtenir réparation sur le plan civil, parallèlement aux poursuites pénales engagées contre le receleur.

Règle

Le receleur peut être condamné à réparer le préjudice subi par la victime, tout comme le voleur. Si le voleur n'a pas été identifié ou trouvé, le receleur peut tout de même être condamné pour recel et à réparation du préjudice.

Si vous avez de faibles ressources, vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour payer les frais d'un avocat en totalité ou en partie. Le service national d'aide aux victimes (116 006) est joignable gratuitement tous les jours de l'année, de 9 h à 20 h, en France métropolitaine ; depuis l'étranger ou hors métropole, le numéro +33 (0)1 80 52 33 76 (appel gratuit, même horaire, heure de Paris). Le service est également joignable par mail à l'adresse victimes@116006.fr.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Qu'est-ce que le recel de vol ?

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les peines, délais de prescription et règles de restitution du recel de vol sont fixés par le code pénal et le code de procédure pénale. En cas de litige, adressez-vous à un avocat ou au service national d'aide aux victimes (116 006). Vérifier les dernières évolutions auprès de l'organisme compétent.

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