Vue d’ensemble
Ce qu’il faut retenir sur l’indemnité forfaitaire de conciliation : principe, auteurs de la proposition, barème selon l’ancienneté, effet de l’accord, cumul, imposition et exonérations.
Ce qu'il faut savoir
- En cas de litige entre l’employeur et le salarié portant sur la contestation du licenciement, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes.
- La conciliation est une première étape : l’accord prévoit le versement d’une indemnité forfaitaire de conciliation.
- L’accord conclu entre l’employeur et le salarié met fin au litige ; le procès-verbal constatant l’accord vaut renonciation à toutes réclamations et indemnités.
- Le montant de l’indemnité est déterminé par un barème qui tient compte de l’ancienneté du salarié.
- L’indemnité est cumulable avec les indemnités légales, conventionnelles ou contractuelles liées à la rupture du contrat de travail.
- L’indemnité n’est pas imposable lorsqu’elle est versée dans la limite du barème réglementaire.
- L’indemnité peut être exonérée de cotisations sociales, de CSG et de CRDS dans certaines conditions et dans la limite du barème réglementaire.
Conditions essentielles
- Un litige entre l’employeur et le salarié portant sur la contestation du licenciement.
- La saisine du conseil de prud’hommes par le salarié.
- La conclusion d’un accord de conciliation entre les parties.
- Pour l’exonération de cotisations, de CSG et de CRDS, l’indemnité doit être versée dans la limite du barème réglementaire.
Les étapes
- Saisir le conseil de prud’hommes en cas de litige portant sur la contestation du licenciement.
- Engager la phase de conciliation entre les parties.
- Conclure un accord de conciliation, proposé par l’employeur, le salarié ou le bureau de conciliation et d’orientation.
- Rédiger un procès-verbal constatant l’accord entre les parties.
- Déterminer le montant de l’indemnité selon le barème fondé sur l’ancienneté.
Cette synthèse reprend l’essentiel de la fiche. Le barème détaillé et les conditions d’exonération sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Cette synthèse ne détaille pas l’intégralité du barème par tranche d’ancienneté, ni les limites d’exonération de cotisations et de CSG-CRDS. Ces points sont traités dans les sections suivantes.
Principe de la conciliation
La conciliation est la première étape de la procédure prud’homale : elle vise à trouver un accord entre l’employeur et le salarié, en évitant la poursuite du litige.
En cas de litige entre l’employeur et le salarié portant sur la contestation du licenciement, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes. Une première étape dans la procédure prud’homale consiste à trouver un accord entre les 2 parties : c’est la conciliation. Cet accord prévoit le versement d’une indemnité forfaitaire de conciliation.
L’indemnité forfaitaire de conciliation est la somme prévue par l’accord de conciliation conclu entre l’employeur et le salarié. Son montant n’est pas libre : il est déterminé selon un barème qui tient compte de l’ancienneté du salarié.
Règle
L’accord de conciliation est matérialisé par un procès-verbal rédigé en cas d’accord entre les parties.
La conciliation se distingue du jugement : elle repose sur un accord des parties, dont le contenu est constaté par procès-verbal. C’est dans ce cadre que peut être prévu le versement de l’indemnité forfaitaire de conciliation.
Saisine du conseil de prud’hommes et procédure
La contestation d’un licenciement relève du conseil de prud’hommes, que le salarié peut saisir. La conciliation s’inscrit dans cette procédure.
En cas de litige entre l’employeur et le salarié portant sur la contestation du licenciement, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes. Une première étape dans la procédure prud’homale consiste à trouver un accord entre les 2 parties : c’est la conciliation.
- Saisir le conseil de prud’hommes en cas de litige portant sur la contestation du licenciement.
- Chercher un accord entre les parties, au stade de la conciliation.
- Formaliser l’accord, le cas échéant, qui prévoit le versement de l’indemnité forfaitaire de conciliation.
- Rédiger un procès-verbal constatant l’accord entre les parties.
Règle
La conciliation ne se confond pas avec la phase de jugement : elle vise à mettre fin au litige par un accord entre l’employeur et le salarié.
L’indemnité forfaitaire de conciliation n’existe que dans le cadre de l’accord de conciliation ; elle est donc liée à l’issue de cette étape.
Qui peut proposer l’accord de conciliation ?
L’accord de conciliation peut être proposé par différentes parties à la procédure.
Pendant la conciliation, l’accord peut être proposé soit par l’employeur, soit par le salarié, soit par le bureau de conciliation et d’orientation du conseil de prud’hommes lui-même.
Le bureau de conciliation et d’orientation est l’organe du conseil de prud’hommes qui intervient au stade de la conciliation : il peut lui-même proposer un accord aux parties.
- L’employeur : peut proposer l’accord de conciliation.
- Le salarié : peut proposer l’accord de conciliation.
- Le bureau de conciliation et d’orientation du conseil de prud’hommes : peut également proposer l’accord.
Règle
L’accord suppose l’acceptation des deux parties ; le procès-verbal est rédigé en cas d’accord entre les parties.
La pluralité des auteurs possibles de la proposition montre que la conciliation n’est pas réservée à l’une des parties : employeur, salarié et bureau de conciliation peuvent en être à l’origine. Quelle que soit l’origine de la proposition, l’accord doit être accepté par les deux parties et constaté par procès-verbal.
Quel est le montant de l’indemnité ?
Le montant de l’indemnité forfaitaire de conciliation est déterminé en fonction d’un barème qui tient compte de l’ancienneté du salarié.
| Ancienneté du salarié | Montant de l’indemnité |
|---|---|
| Inférieure à 1 an | 2 mois de salaire |
| Entre 1 an et moins de 8 ans | 3 mois de salaire pour 1 an, auxquels s’ajoutent 1 mois supplémentaire par année d’ancienneté |
| Entre 8 ans et moins de 12 ans | 10 mois de salaire |
| Entre 12 ans et moins de 15 ans | 12 mois de salaire |
| Entre 15 ans et moins de 19 ans | 14 mois de salaire |
| Entre 19 ans et moins de 23 ans | 16 mois de salaire |
| Entre 23 ans et moins de 26 ans | 18 mois de salaire |
| Entre 26 ans et moins de 30 ans | 20 mois de salaire |
| 30 ans ou plus | 24 mois de salaire |
Règle
Le montant est exprimé en mois de salaire et varie par tranche d’ancienneté. Pour la tranche allant de 1 an à moins de 8 ans, le barème prévoit 3 mois de salaire pour 1 an, auxquels s’ajoute 1 mois supplémentaire par année d’ancienneté.
Ce barème sert également de référence pour l’imposition et pour l’exonération de cotisations, de CSG et de CRDS : ces avantages s’apprécient dans la limite du barème réglementaire.
Quel est l’effet de l’accord ?
L’accord de conciliation produit un effet déterminant : il met fin au litige entre les parties et emporte renonciation à certaines réclamations.
L’accord conclu entre l’employeur et le salarié met fin au litige entre les parties. Le procès-verbal constatant l’accord vaut renonciation à toutes réclamations et indemnités pouvant être octroyées en cas de licenciement nul, injustifié ou irrégulier.
La renonciation signifie que, du fait de l’accord, les parties ne peuvent plus réclamer les indemnités qui auraient pu être octroyées en cas de licenciement nul, injustifié ou irrégulier. L’accord clôt donc le litige sur ce point.
Règle
Le procès-verbal constatant l’accord vaut renonciation à toutes réclamations et indemnités pouvant être octroyées en cas de licenciement nul, injustifié ou irrégulier.
Cet effet explique l’importance de l’accord : en le concluant, les parties renoncent aux réclamations et indemnités liées au licenciement contesté.
Le procès-verbal de conciliation
Le procès-verbal matérialise l’accord des parties et en précise la portée. Sa rédaction est prévue en cas d’accord.
Un procès-verbal est rédigé en cas d’accord entre les parties. Le procès-verbal constatant l’accord vaut renonciation à toutes réclamations et indemnités pouvant être octroyées en cas de licenciement nul, injustifié ou irrégulier.
Le procès-verbal est le document qui constate l’accord de conciliation. Il atteste de l’existence de l’accord et de son contenu, notamment le versement de l’indemnité forfaitaire de conciliation.
Règle
Le procès-verbal constatant l’accord vaut renonciation à toutes réclamations et indemnités pouvant être octroyées en cas de licenciement nul, injustifié ou irrégulier.
C’est le procès-verbal qui donne à l’accord son effet définitif : il matérialise la fin du litige entre les parties.
L’indemnité se cumule-t-elle avec d’autres indemnités ?
L’indemnité forfaitaire de conciliation n’est pas exclusive : elle peut se cumuler avec d’autres indemnités liées à la rupture du contrat.
L’indemnité de conciliation est cumulable avec les indemnités légales, conventionnelles ou contractuelles liées à la rupture du contrat de travail.
Le cumul signifie que l’indemnité forfaitaire de conciliation s’ajoute à ces autres indemnités et ne s’y substitue pas. Elle ne les remplace donc pas et n’en réduit pas le montant.
- Indemnité de licenciement.
- Indemnité compensatrice de congés payés.
- Indemnité compensatrice de préavis.
- Indemnité de non-concurrence.
Règle
Le cumul porte sur les indemnités liées à la rupture du contrat de travail, qu’elles soient légales, conventionnelles ou contractuelles.
Cette cumulabilité distingue l’indemnité forfaitaire de conciliation des indemnités qu’elle ne remplace pas.
L’indemnité est-elle imposable ?
Le régime fiscal de l’indemnité dépend de la limite dans laquelle elle est versée.
L’indemnité forfaitaire de conciliation n’est pas imposable lorsqu’elle est versée dans la limite du barème réglementaire.
Le barème réglementaire est celui qui figure dans la section « Quel est le montant de l’indemnité ? » : il détermine, selon l’ancienneté du salarié, le nombre de mois de salaire servant de référence à la non-imposition.
Règle
L’exonération d’impôt s’apprécie dans la limite du barème réglementaire : c’est cette limite qui détermine la fraction non imposable.
Le barème réglementaire auquel il est fait référence est celui qui figure dans la section « Quel est le montant de l’indemnité ? ».
L’indemnité est-elle exonérée de CSG et de CRDS ?
L’indemnité forfaitaire de conciliation peut également être exonérée de CSG et de CRDS, dans une limite tenant compte d’autres indemnités.
L’indemnité versée dans le cadre de la conciliation et dans la limite du barème réglementaire est exonérée de CSG et de CRDS dans la limite du montant total exclu de l’assiette des cotisations. Ce montant tient compte de l’indemnité de licenciement et de l’indemnité octroyée par le juge.
Règle
La fraction excédentaire est soumise à la CSG et à la CRDS.
La limite de l’exonération de CSG et de CRDS tient donc compte d’autres sommes (indemnité de licenciement, indemnité octroyée par le juge), ce qui la distingue de la limite applicable pour les cotisations sociales. C’est ce montant total exclu de l’assiette qui détermine la part exonérée.
Points de vigilance
Le régime de l’indemnité forfaitaire de conciliation combine un barème, un effet définitif sur le litige et plusieurs limites d’exonération qu’il est utile d’avoir présentes à l’esprit.
- Barème : le montant dépend de l’ancienneté du salarié, par tranches allant de 2 mois à 24 mois de salaire.
- Effet de l’accord : l’accord met fin au litige et le procès-verbal vaut renonciation à toutes réclamations et indemnités.
- Imposition : l’indemnité n’est pas imposable dans la limite du barème réglementaire.
- Cotisations sociales : exonération dans la limite de 2 fois le plafond annuel de la sécurité sociale, soit 96 120 €.
- CSG et CRDS : exonération dans la limite du montant total exclu de l’assiette des cotisations, ce montant tenant compte de l’indemnité de licenciement et de l’indemnité octroyée par le juge ; la fraction excédentaire est soumise.
- Cumul : l’indemnité est cumulable avec les indemnités légales, conventionnelles ou contractuelles liées à la rupture du contrat de travail.
Règle
Ces limites s’apprécient dans le cadre du barème réglementaire : c’est le respect de ce barème qui conditionne la non-imposition et les exonérations.
Le montant réellement versé peut donc se situer au-delà du barème, mais seule la fraction prévue par le barème bénéficie du régime de faveur ; la fraction excédentaire reste soumise à la CSG et à la CRDS.
Textes applicables
- Code du travail : article L1235-1Texte légal
- Code du travail : article D1235-21Texte réglementaire
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Prud'hommes : qu'est-ce que l'indemnité forfaitaire de conciliation ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.

