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Infractions liées à la prostitution : proxénétisme, recours à un prostitué et tourisme sexuel

En France, le fait de recourir aux services d'une personne qui se prostitue est puni par la loi, tout comme le proxénétisme et l'exploitation d'un lieu de prostitution. Le tourisme sexuel, c'est-à-dire le recours à la prostitution à l'étranger par une personne de nationalité française ou résidant habituellement en France, est également réprimé lorsque la personne prostituée présente une vulnérabilité particulière. Les personnes mineures qui se prostituent ne peuvent jamais être sanctionnées ; seuls les clients, les proxénètes et les tenanciers de lieux le sont.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut retenir sur les infractions liées à la prostitution : qui peut être sanctionné, quelles peines encourent les auteurs, comment signaler les faits et quelles aides existent pour sortir de la prostitution.

Ce qu'il faut savoir

  • La personne majeure qui se prostitue ne peut pas être punie par la loi française.
  • Le client d'un prostitué encourt une amende de 1 500 € pour recours à la prostitution en France ; en cas de récidive, le fait devient un délit puni de 3 750 €.
  • Le tourisme sexuel commis sur une personne vulnérable (maladie, handicap, grossesse) est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende, portés à 7 ans et 100 000 € dans certains cas aggravants.
  • Le proxénétisme est puni jusqu'à 7 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende, portés à 10 ans et 1 500 000 € en cas de circonstances aggravantes.
  • La personne qui détient, exploite ou finance un lieu de prostitution encourt 10 ans d'emprisonnement et 750 000 € d'amende.
  • Le parcours de sortie de la prostitution est ouvert à tout prostitué, qu'il ait ou non un titre de séjour en cours de validité.
  • Les victimes et témoins peuvent signaler des contenus illicites liés au proxénétisme sur internet via la plateforme PHAROS (internet-signalement.gouv.fr).
  • Le numéro national d'aide aux victimes est le 116 006, joignable tous les jours de l'année de 9 h à 20 h.

Conditions essentielles

  • Les faits doivent avoir été commis en France, ou à l'étranger par une personne de nationalité française ou vivant habituellement en France (tourisme sexuel ou proxénétisme commis à l'étranger).
  • Pour le tourisme sexuel, la personne prostituée doit présenter une vulnérabilité due à une maladie, un handicap ou un état de grossesse.
  • Pour le proxénétisme, l'auteur doit commettre l'un des actes listés par la loi : aider, assister ou protéger la prostitution, tirer profit, exercer une pression, servir d'intermédiaire, etc.
  • Les peines applicables varient selon que la victime est majeure ou mineure, et selon l'âge du mineur (moins de 15 ans ou 15 ans et plus).

Les étapes

  • Identifier la situation : recours à la prostitution, proxénétisme, tourisme sexuel ou exploitation d'un lieu.
  • En cas de cyberproxénétisme, signaler le contenu illicite à la plateforme PHAROS ou à l'hébergeur du site.
  • Pour les victimes, déposer plainte au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie, ou adresser un courrier au procureur de la République au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur.
  • Pour une personne souhaitant sortir de la prostitution, contacter la commission départementale de lutte contre la prostitution via la préfecture, ou saisir une association agréée.
  • Le préfet, après avis de la commission départementale, peut autoriser l'engagement dans un parcours de sortie de la prostitution.
  • Le parcours est défini selon les besoins sanitaires, professionnels et sociaux de la personne, pour une durée de 6 mois renouvelable dans la limite de 24 mois.
  • Les victimes peuvent appeler le 116 006 pour être orientées vers une association d'aide aux victimes.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche source. Les détails sur les peines exactes, les circonstances aggravantes, les conditions d'accès au parcours de sortie et les modalités de plainte sont développés dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les règles propres à la prostitution d'un mineur, aux peines du proxénétisme et aux modalités de plainte, voir les sections « Prostitution d'un mineur : règles applicables », « Peines applicables au proxénète et au tenancier » et « Porter plainte en cas d'infraction liée à la prostitution ».

Prostitution d'un majeur : qui peut être sanctionné ?

La loi française ne punit pas la personne majeure qui se prostitue. En revanche, les personnes qui recourent à ses services, qui la prostituent ou qui exploitent un lieu où des personnes se prostituent peuvent être sanctionnées.

La personne majeure qui se prostitue ne peut pas être punie par la loi. En revanche, les clients de prostitués, les proxénètes et les gérants d'un lieu dans lequel des personnes se livrent à la prostitution peuvent être sanctionnés.

Le droit français distingue nettement la personne prostituée, qui bénéficie d'une non-pénalisation, des auteurs d'infractions qui entourent la prostitution : celui qui recourt à un prostitué (le client), celui qui tire profit de la prostitution d'autrui ou qui la favorise (le proxénète), et celui qui détient ou gère un établissement tolérant la prostitution (le tenancier). Cette distinction vise à protéger la personne prostituée tout en réprimant ceux qui l'exploitent ou qui achètent des prestations sexuelles.

Règle

La non-pénalisation de la prostitution majeure ne signifie pas que l'ensemble des activités qui l'entourent sont autorisées : le recours, le proxénétisme et l'exploitation d'un lieu restent des infractions sanctionnées par le code pénal.

La personne majeure qui se prostitue peut toutefois être concernée par d'autres infractions de droit commun (par exemple, troubles à l'ordre public), mais ces infractions ne sont pas liées à la prostitution en elle-même.

Recours à la prostitution en France

Le recours à la prostitution est constitutif d'une infraction punie par la loi, qu'il s'agisse de solliciter, d'accepter ou d'obtenir des relations sexuelles en contrepartie d'une rémunération ou d'un avantage.

Une personne peut être sanctionnée dans 3 situations : elle sollicite des relations sexuelles de la part d'un prostitué en contrepartie d'une rémunération, d'une promesse de rémunération, d'un avantage en nature (par exemple un logement) ou de la promesse d'un tel avantage ; elle accepte de telles relations ; ou elle obtient des relations sexuelles avec un prostitué en contrepartie d'une rémunération, d'une promesse de rémunération, d'un avantage en nature ou de la promesse d'un tel avantage.

Le texte vise les trois modes de recours possibles — solliciter, accepter et obtenir — afin de couvrir l'ensemble des comportements constituant un achat de prestations sexuelles. La contrepartie peut être pécuniaire (rémunération) ou en nature (avantage tel qu'un logement, un emploi, etc.), et peut être immédiate ou promise. Le caractère habituel ou non du recours n'est pas une condition de l'infraction, mais il constitue une circonstance aggravante dans certains cas.

Règle

Le fait de recourir aux services d'une personne qui se prostitue est une contravention punie d'une amende de 1 500 €. En cas de récidive, le recours n'est plus considéré comme une contravention mais comme un délit, et l'amende encourue est égale à 3 750 €.

Si les faits ont été commis sur une personne vulnérable en raison d'une maladie, d'un handicap ou d'une grossesse, le client encourt une peine de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende (voir la section sur le tourisme sexuel et les peines applicables).

Tourisme sexuel

Le tourisme sexuel désigne le recours à la prostitution commis à l'étranger par une personne de nationalité française ou vivant habituellement en France. Il est condamné lorsque la personne prostituée présente une vulnérabilité particulière.

Une personne de nationalité française ou résidant habituellement en France peut être sanctionnée lorsqu'elle sollicite, accepte ou obtient des relations sexuelles à l'étranger, de la part d'un prostitué qui présente une vulnérabilité due à une maladie, à un handicap ou à un état de grossesse.

Le concept de tourisme sexuel vise à étendre la répression française au-delà du territoire national lorsque l'auteur est de nationalité française ou réside habituellement en France. La condition de vulnérabilité (maladie, handicap, grossesse) distingue ce régime du simple recours à la prostitution commis à l'étranger, qui n'est pas automatiquement réprimé par le droit français. La résidence habituelle en France s'entend de la situation de fait de la personne, indépendamment de sa nationalité.

Règle

Lorsque les faits ont lieu à l'étranger, le client de nationalité française ou vivant habituellement en France qui recourt à un prostitué vulnérable en raison d'une maladie, d'un handicap ou d'une grossesse encourt une peine de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.

  • Recours à la prostitution de façon habituelle ou avec plusieurs prostitués.
  • Mise en relation avec un prostitué par le biais d'un service de communication en ligne.
  • Abus de l'autorité que confèrent les fonctions de l'auteur des faits.
  • Mise en danger de la vie du prostitué ou violences infligées.

Dans les circonstances aggravantes listées, la peine est portée à 7 ans d'emprisonnement et 100 000 € d'amende. En parallèle de ces sanctions, le tribunal peut prononcer des peines complémentaires (par exemple un stage de sensibilisation à la lutte contre l'achat de prestations sexuelles).

Le proxénétisme : définition et actes incriminés

Le proxénétisme consiste à tirer profit de la prostitution d'une autre personne ou à la favoriser. La loi liste les actes constitutifs de cette infraction.

Le proxénétisme consiste à tirer profit de la prostitution d'une autre personne ou à la favoriser. Le proxénète est celui qui commet l'un des actes suivants : aider, assister ou protéger la prostitution d'une personne, même sans en tirer profit ; tirer profit de la prostitution d'une autre personne ; embaucher une personne en vue de la prostituer ou exercer sur elle une pression pour qu'elle se prostitue ou qu'elle continue à le faire ; servir d'intermédiaire entre un prostitué et ses clients ; aider un individu à donner une apparence légale aux ressources qu'il tire de la prostitution d'une autre personne ; vivre avec un prostitué sans pouvoir justifier des ressources qui permettent son train de vie ; empêcher l'action de prévention, de contrôle, d'assistance ou de rééducation entreprise par les organismes qualifiés pour aider les prostitués.

Le proxénétisme couvre un spectre large de comportements, depuis l'aide passive (protéger la prostitution même sans en tirer profit) jusqu'à l'exploitation active (pression, embauche en vue de la prostitution, intermédiation). La loi incrimine également le fait de vivre avec un prostitué sans pouvoir justifier de ressources suffisantes pour son train de vie, ainsi que le fait d'empêcher l'action des organismes qui accompagnent les personnes prostituées. Une personne de nationalité française ou vivant habituellement en France peut être poursuivie pour des faits de proxénétisme commis à l'étranger, même si les faits ne sont pas interdits par la loi du pays étranger.

Règle

Le proxénétisme est puni de peines pouvant aller jusqu'à 7 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende. Ces peines peuvent être portées à 10 ans d'emprisonnement et 1 500 000 € d'amende lorsque les faits sont commis sur une personne particulièrement vulnérable (âge, maladie, handicap mental, grossesse), sur plusieurs personnes, à l'égard d'une personne incitée à se prostituer à l'étranger ou en arrivant en France, par un ascendant ou une personne ayant une autorité sur elle (par exemple un employeur), par un membre d'un organisme de lutte contre la prostitution, par une personne portant une arme, sous la contrainte ou avec violence, par plusieurs personnes agissant en tant que co-auteurs ou complices, ou par le biais d'un service de communication en ligne.

Les peines sont encore plus aggravées lorsque le proxénétisme a été accompagné d'actes de torture ou qu'il a été commis en bande organisée. Le juge peut ajouter une peine complémentaire à la peine principale (par exemple l'interdiction temporaire ou définitive d'exercer une activité professionnelle ou sociale en relation avec la lutte contre la prostitution).

Tenancier d'un lieu de prostitution

La loi punit le fait pour un proxénète ou pour toute autre personne de détenir, gérer, exploiter ou financer un établissement qui tolère habituellement la prostitution, ainsi que le fait de fournir des véhicules servant à la prostitution.

La personne qui détient, gère, exploite ou finance un établissement qui tolère habituellement qu'une ou plusieurs personnes se livrent à la prostitution à l'intérieur ou y recherchent des clients en vue de la prostitution, ou qui vend, loue ou détient des véhicules de toute nature en sachant qu'ils serviront à la prostitution, commet une infraction punie de 10 ans d'emprisonnement et 750 000 € d'amende.

L'infraction de tenancier vise à réprimer l'exploitation matérielle de la prostitution, indépendamment du fait de tirer profit directement de la personne prostituée. Le texte couvre aussi bien l'établissement physique (bar, appartement, etc.) que la mise à disposition de véhicules destinés aux activités de prostitution. Le caractère habituel de la tolérance de la prostitution dans l'établissement est une condition de l'infraction.

Règle

La personne qui détient, exploite ou finance un lieu de prostitution encourt une peine de 10 ans d'emprisonnement et 750 000 € d'amende. Le juge peut ajouter une peine complémentaire, par exemple la fermeture totale ou partielle de l'établissement utilisé en vue de la prostitution.

Lorsque l'établissement met des mineurs à la disposition de personnes pour qu'ils se livrent à la prostitution, le fait constitue un délit et le délai pour déposer plainte est de 10 ans à compter de la majorité de la victime.

Signaler des faits de cyberproxénétisme

Un cas de cyberproxénétisme — c'est-à-dire de proxénétisme sur internet — peut être signalé aux forces de l'ordre via la plateforme PHAROS ou à l'hébergeur du site sur lequel le contenu illégal a été publié.

Les victimes et témoins de proxénétisme commis depuis internet peuvent signaler ces faits aux forces de l'ordre par le biais de la plateforme PHAROS (Plateforme d'harmonisation, d'analyse, de reorientation et de signalements), accessible sur le site internet-signalement.gouv.fr. Si les équipes de PHAROS estiment que le contenu est illicite, le signalement est transmis aux autorités compétentes (services d'enquête de la Police nationale ou de la Gendarmerie nationale).

La cyberproxénétisme recouvre les contenus et activités de proxénétisme publiés ou facilités sur internet. Les contenus propres au proxénétisme sont considérés comme des publications qui prônent la traite des êtres humains au sens de la plateforme PHAROS. Le dispositif a pour objectif de signaler un contenu illicite publié sur internet et de le transmettre aux autorités compétentes pour enquête.

Règle

Le signalement se fait sur le site https://internet-signalement.gouv.fr/. Il est également possible de signaler le contenu à l'hébergeur du site sur lequel le contenu illégal a été publié.

Le dispositif PHAROS est opéré par le ministère chargé de l'intérieur. Il complète les voies de recours judiciaires (dépôt de plainte) et ne s'y substitue pas : le signalement en ligne ne vaut pas plainte au sens pénal du terme.

Sortir de la prostitution : parcours et aides

La commission départementale de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains assiste les personnes souhaitant sortir de la prostitution et leur propose un parcours de sortie. Ce parcours est ouvert à tout prostitué, qu'il ait ou non un titre de séjour en cours de validité.

La commission départementale de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains doit apporter son assistance à la personne qui souhaite sortir de la prostitution, notamment en lui procurant une place dans un centre d'hébergement et de réinsertion sociale. Elle doit proposer à la personne un parcours de sortie de la prostitution, défini en fonction de ses besoins sanitaires, professionnels et sociaux.

Le parcours de sortie de la prostitution est un accompagnement global qui peut comprendre un hébergement (logement social, accueil en foyer, etc.), une autorisation provisoire de séjour pour une durée initiale de 6 mois, et le versement d'une aide financière à l'insertion sociale et professionnelle (AFIS) si la personne en a fait la demande. Le parcours est prévu pour une durée de 6 mois renouvelable 3 fois, dans la limite de 24 mois au total.

Règle

Pour engager le parcours, une association peut entamer des démarches pour que la personne accède au parcours de sortie de la prostitution. La personne concernée et l'association qui la suit doivent préciser dans un document toutes les actions prévues pour permettre une sortie de la prostitution (par exemple un projet professionnel). Ce document doit être signé par la personne, qui a l'obligation de s'engager à arrêter la prostitution, et doit être transmis à la préfecture du département dans lequel les faits ont lieu. Une copie de la pièce d'identité (passeport, titre de séjour) doit être fournie. La situation de la personne est ensuite analysée par la commission départementale, et le préfet peut autoriser l'engagement dans le parcours.

  • Hébergement (logement social, accueil en foyer, etc.).
  • Autorisation provisoire de séjour pour une durée initiale de 6 mois.
  • Aide financière à l'insertion sociale et professionnelle (AFIS), sous conditions.

L'AFIS est versée par la MSA (Mutualité sociale agricole) pendant une durée de 6 mois, renouvelable dans la limite de 24 mois. Le montant mensuel varie en fonction des enfants à charge et du lieu de résidence. Pour l'obtenir, il faut être majeur, être engagé dans le parcours de sortie de la prostitution, et être français, ressortissant d'un État de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou d'un autre État éligible. Pour les personnes mineures, la commission départementale assiste également le mineur souhaitant sortir de la prostitution, et le parcours est adapté à sa situation spécifique (voir la section prostitution d'un mineur).

Peines applicables au client d'un prostitué adulte

Les peines diffèrent en fonction de l'endroit où les faits ont eu lieu (France ou étranger) et de la vulnérabilité de la personne prostituée.

Le recours à la prostitution d'un majeur est une contravention punie de 1 500 € d'amende en cas de premier fait. En cas de récidive, le recours devient un délit et l'amende est de 3 750 €. Lorsque les faits ont été commis sur une personne vulnérable en raison d'une maladie, d'un handicap ou d'une grossesse, le client encourt 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende.

La peine est portée à 7 ans d'emprisonnement et 100 000 € d'amende lorsque le recours a été commis de façon habituelle ou avec plusieurs prostitués, lorsque la mise en relation s'est faite par le biais d'un service de communication en ligne, lorsque le client abuse de l'autorité que lui confèrent ses fonctions, ou lorsque le client met la vie du prostitué en danger ou lui inflige des violences. Le tribunal peut prononcer des peines complémentaires (par exemple un stage de sensibilisation à la lutte contre l'achat de prestations sexuelles).

Règle

Les peines applicables au client d'un prostitué adulte sont les suivantes : recours en France — contravention de 1 500 € (délit de 3 750 € en cas de récidive) ; recours sur personne vulnérable en France — 5 ans et 75 000 € (portés à 7 ans et 100 000 € en cas de circonstances aggravantes) ; tourisme sexuel sur personne vulnérable à l'étranger — mêmes peines que pour le recours en France sur personne vulnérable.

La distinction entre contravention et délit en cas de récidive est importante : elle entraîne des conséquences différentes en termes de casier judiciaire et de peines encourues. Information à vérifier auprès de l'organisme compétent pour les modalités précises d'inscription au fichier des récidivistes.

Peines applicables au proxénète et au tenancier

Le proxénétisme et l'exploitation d'un lieu de prostitution sont punis de peines lourdes, aggravées en fonction des circonstances.

Le proxénétisme est puni de peines pouvant aller jusqu'à 7 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende. Ces peines peuvent être portées à 10 ans d'emprisonnement et 1 500 000 € d'amende lorsque les faits sont commis sur une personne particulièrement vulnérable, sur plusieurs personnes, par un ascendant ou une personne ayant une autorité sur la victime, sous la contrainte ou avec violence, par plusieurs co-auteurs ou complices, ou par le biais d'un service de communication en ligne.

Les peines sont encore plus aggravées lorsque le proxénétisme a été accompagné d'actes de torture ou qu'il a été commis en bande organisée. Le juge peut ajouter une peine complémentaire à la peine principale, par exemple l'interdiction temporaire ou définitive d'exercer une activité professionnelle ou sociale en relation avec la lutte contre la prostitution. Le tenancier d'un lieu de prostitution encourt 10 ans d'emprisonnement et 750 000 € d'amende, avec la possibilité d'une fermeture totale ou partielle de l'établissement.

Règle

Tableau récapitulatif des peines principales : client recours en France — 1 500 € (contravention) ou 3 750 € (récidive) ; client recours sur personne vulnérable — 5 ans / 75 000 € (7 ans / 100 000 € en cas d'aggravation) ; proxénétisme majeur — 7 ans / 150 000 € (10 ans / 1 500 000 € en cas d'aggravation) ; tenancier de lieu — 10 ans / 750 000 € ; proxénétisme sur mineur de 15 à 17 ans — 10 ans / 1,5 million € ; proxénétisme sur mineur de moins de 15 ans ou en bande organisée — 20 ans / 3 millions € ; proxénétisme avec actes de torture ou de barbarie — réclusion criminelle à perpétuité / 4,5 millions €.

Les peines complémentaires peuvent inclure l'interdiction des droits civiques, l'interdiction d'exercer une activité professionnelle, la fermeture de l'établissement, ou la confiscation des biens. Les peines exactes dépendent de l'appréciation souveraine du tribunal.

Prostitution d'un mineur : règles applicables

La personne mineure qui se prostitue ne peut pas être punie par la loi. Les clients, les proxénètes et les gérants de lieux peuvent l'être, avec des peines plus sévères que pour les faits commis sur des majeurs.

La personne mineure qui se prostitue ne peut pas être punie par la loi. En revanche, les clients de prostitués mineurs et les proxénètes peuvent être sanctionnés, tout comme le gérant d'un lieu dans lequel des personnes se livrent à la prostitution. Le mineur qui souhaite sortir de la prostitution peut prendre contact avec la commission départementale de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains via la préfecture.

Le mineur souhaitant sortir de la prostitution bénéficie d'un parcours adapté à ses besoins sanitaires, professionnels et sociaux. La commission départementale doit apporter son assistance, notamment en lui procurant une place dans un centre d'hébergement et de réinsertion sociale. Le parcours de sortie de la prostitution est prévu pour une durée de 6 mois renouvelable 3 fois, dans la limite de 24 mois. Pour signaler une situation de mineur en danger, le numéro national 119 (Enfance en danger) est accessible par téléphone, sur le site www.allo119.gouv.fr, ou par courriel.

Règle

Les délais pour déposer plainte diffèrent selon la nature de l'infraction et l'âge de la victime : plainte contre un client — le recours à la prostitution et le tourisme sexuel sont des délits, la plainte peut être déposée dans un délai de 10 ans à compter de la majorité de la victime ; plainte contre un proxénète — lorsque les faits sont commis sur un mineur de 15 ans ou plus, le proxénétisme constitue un délit (plainte dans un délai de 10 ans à compter de la majorité) ; lorsqu'ils sont commis sur un mineur de moins de 15 ans, le proxénétisme est un crime (plainte dans un délai de 30 ans à compter de la majorité) ; plainte contre un gérant d'établissement — le fait de mettre un établissement à la disposition de mineurs pour qu'ils se livrent à la prostitution est un délit, avec un délai de plainte de 10 ans à compter de la majorité.

Les associations de plus de 5 ans d'ancienneté (par exemple associations de défense des enfants victimes de maltraitances ou de lutte contre la traite des êtres humains) peuvent se constituer partie civile au nom d'un ou plusieurs prostitués, mineurs ou majeurs. Les agents du 119 peuvent prévenir les secours (Police secours, Samu, etc.) ; la CRIP (Cellule de recueil, d'information et de protection) est alors informée.

Sanctions liées à la prostitution d'un mineur

Les peines applicables au client et au proxénète d'un mineur sont nettement plus sévères que celles applicables aux faits commis sur un majeur, en particulier lorsque le mineur a moins de 15 ans.

Le client qui recourt aux services d'un prostitué de moins de 15 ans encourt une peine de 10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende. Le fait de recourir aux services d'un prostitué mineur de 15 ans ou plus est puni de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende, peines portées à 7 ans et 100 000 € lorsque l'infraction a été commise de façon habituelle, à l'égard de plusieurs mineurs, lorsque le mineur a été mis en contact par internet, par une personne abusant de l'autorité de ses fonctions, ou lorsque l'auteur a mis la vie du mineur en danger ou a commis des violences.

Le proxénétisme sur mineur est puni de : 10 ans d'emprisonnement et 1,5 million € d'amende si le mineur est âgé de 15 à 17 ans inclus ; 20 ans d'emprisonnement et 3 millions € d'amende si le mineur a moins de 15 ans ou si les faits sont commis en bande organisée ; réclusion criminelle à perpétuité et 4,5 millions € d'amende en cas d'actes de torture ou de barbarie. Le tenancier d'un lieu où des mineurs se livrent à la prostitution encourt 10 ans d'emprisonnement et 750 000 € d'amende.

Règle

En parallèle de ces peines, le juge peut prononcer des peines complémentaires, par exemple l'interdiction d'exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs.

Les peines complémentaires sont particulièrement pertinentes en cas de proxénétisme sur mineur, où le risque de récidive et la protection des autres mineurs justifient des interdictions d'exercer large. Information à vérifier auprès de l'organisme compétent pour l'application concrète de ces mesures dans chaque cas d'espèce.

Porter plainte en cas d'infraction liée à la prostitution

La plainte peut être déposée auprès d'un commissariat de police ou d'une brigade de gendarmerie, ou adressée par courrier au procureur de la République.

Pour déposer plainte, la victime peut se rendre au commissariat de police ou à la gendarmerie de son choix. Les services de police ou de gendarmerie sont obligés d'enregistrer la plainte si la personne est victime d'une infraction. La plainte est ensuite transmise au procureur de la République qui décide de la suite à donner (enquête, classement sans suite, etc.).

La plainte peut également être adressée par courrier au procureur de la République, au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur de l'infraction. Le courrier doit préciser l'état civil et les coordonnées complètes de la victime, un récit détaillé des faits avec date et lieu de l'infraction, le nom de l'auteur supposé (sinon la plainte est déposée contre X), le nom et l'adresse des éventuels témoins, une description et estimation provisoire ou définitive du préjudice, et les documents de preuve (certificats médicaux, arrêts de travail, photographies, vidéos, factures, constats). Un modèle de courrier est disponible pour déposer plainte auprès du procureur de la République.

Règle

La plainte peut être transmise par lettre recommandée avec accusé de réception (de préférence), par lettre simple ou par lettre suivie. Dans tous les cas, un récépissé est transmis à la personne qui a porté plainte, dès que les services du procureur de la République ont reçu la plainte. Dès le dépôt de plainte et jusqu'à la fin du procès, la victime dispose d'un statut de partie civile qui lui permet d'être informée de l'avancée de la procédure.

Le délai pour déposer plainte varie selon l'infraction et l'âge de la victime : 10 ans pour les délits (recours à la prostitution, tourisme sexuel, proxénétisme sur mineur de 15 ans ou plus, gérance de lieu) ; 30 ans pour le proxénétisme commis sur un mineur de moins de 15 ans (crime). Ces délais courent à compter de la majorité de la victime. Les associations de plus de 5 ans d'ancienneté peuvent se constituer partie civile.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Infractions liées à la prostitution : proxénétisme, recours à un prostitué et tourisme sexuel

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les peines et délais mentionnés dans cet article sont ceux prévus par le code pénal et par la fiche source Service-Public (F2532). Les conditions d'accès au parcours de sortie de la prostitution et au versement de l'AFIS peuvent évoluer. Information à vérifier auprès de l'organisme compétent (préfecture, commission départementale, association agréée) pour les modalités actualisées.

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