Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur la règle du silence vaut accord (SVA) : principe, délai, exceptions et possibilité d'annulation d'une décision implicite.
Ce qu'il faut savoir
- En principe, si vous ne recevez pas de réponse de l'administration au bout de 2 mois, cela signifie que votre demande est acceptée : c'est la règle du silence vaut accord (SVA).
- Le délai de 2 mois court à partir de la date de réception de la demande par l'administration compétente.
- Le silence gardé pendant 2 mois vaut refus dans plusieurs cas, notamment lorsque la demande présente un caractère financier ou concerne les relations entre l'administration et ses agents.
- Une décision implicite d'acceptation peut être abrogée ou retirée par l'administration dans certaines conditions.
- L'administration peut abroger ou retirer une décision légale sans condition de délai si deux conditions sont remplies.
- L'administration doit abroger ou retirer une décision illégale d'acceptation dans les 4 mois suivant la publication de la décision.
- La décision implicite d'acceptation ou de rejet peut intervenir dans un délai différent du délai de 2 mois en cas d'urgence ou de procédure complexe.
Conditions essentielles
- La demande a pour objet l'adoption d'une décision individuelle.
- La demande s'inscrit dans une procédure prévue par un texte législatif ou réglementaire.
- La demande ne présente pas le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif.
- La demande ne présente pas un caractère financier (sauf cas de sécurité sociale prévus par décret).
- La demande ne concerne pas les relations entre l'administration et ses agents.
- La demande n'est pas écartée de la règle par un décret en Conseil d'État et en Conseil des ministres.
Les étapes
- Identifier l'administration compétente pour la demande.
- Repérer la date de réception de la demande par cette administration.
- Décompter le délai de 2 mois à partir de cette date.
- Vérifier si votre demande entre dans l'un des cas de refus prévus.
- En cas de doute, utiliser le téléservice permettant de vérifier si la règle du SVA s'applique.
- En cas de décision implicite, apprécier la possibilité d'abrogation ou de retrait par l'administration.
Cette synthèse ne remplace pas la lecture des textes ; elle présente le principe, les exceptions et le régime d'abrogation ou de retrait tels que décrits par la fiche officielle.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail des exceptions et du régime d'abrogation ou de retrait, voir les sections « La liste des cas de refus », « Votre demande : la décision est illégale » et « Questions fréquentes ».
Le principe du silence vaut accord
La règle du silence vaut accord est la règle de principe posée par la fiche officielle.
En principe, si vous ne recevez pas de réponse de l'administration au bout de 2 mois, cela signifie que votre demande est acceptée. C'est ce qu'on appelle la règle du silence vaut acceptation (SVA).
La règle du silence vaut accord (SVA) désigne le mécanisme par lequel l'absence de réponse de l'administration dans le délai de 2 mois vaut acceptation de la demande.
Règle
Le principe joue au bénéfice du demandeur : le silence est interprété comme une acceptation, sauf dans les cas d'exception.
Un téléservice permet de vérifier si la règle du SVA s'applique à votre demande.
Le délai de 2 mois
Le délai constitue le cœur du mécanisme.
Le délai de 2 mois court à partir de la date de réception de la demande par l'administration compétente.
La décision implicite d'acceptation intervient à l'expiration de ce délai, en l'absence de réponse expresse.
Règle
Le point de départ est donc la date de réception de la demande, et non la date de son envoi.
La fiche officielle rappelle que le délai peut être différent en cas d'urgence ou de procédure complexe.
Le calcul du délai
La fiche officielle illustre le décompte du délai par un exemple daté.
Si l'administration compétente reçoit une demande complète le 1er juin 2026, la décision implicite d'acceptation intervient le 1er août 2026.
Le délai de 2 mois se décompte à partir de la date de réception de la demande par l'administration compétente.
Le même décompte s'applique au délai de rejet : si l'administration saisie reçoit un dossier complet le 1er juin 2026, la décision implicite de rejet intervient le 1er août 2026.
Les exceptions : quand le silence vaut refus
Dans plusieurs cas, le silence de l'administration ne vaut pas acceptation mais refus.
Le silence gardé par l'administration pendant 2 mois vaut refus (décision de rejet) dans plusieurs cas.
Règle
Ces cas constituent des exceptions à la règle du silence vaut accord : le silence y produit l'effet inverse.
L'effet de refus s'apprécie sur la même durée de 2 mois, à compter de la date de réception de la demande par l'administration initialement saisie.
La liste des cas de refus
La fiche officielle énumère les cas dans lesquels le silence vaut refus.
- La demande n'a pas pour objet l'adoption d'une décision individuelle.
- La demande ne s'inscrit pas dans une procédure prévue par un texte législatif ou réglementaire.
- La demande présente le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif.
- La demande présente un caractère financier (par exemple, une demande d'indemnisation), à l'exception des cas de sécurité sociale prévus par décret.
- La demande concerne les relations entre l'administration et ses agents.
- La demande est écartée de la règle « silence vaut accord » par décret en Conseil d'État et en Conseil des ministres.
- Une acceptation implicite ne serait pas compatible avec le respect des engagements internationaux et européens de la France, la protection de la sécurité nationale, la protection des libertés et des principes à valeur constitutionnelle et la sauvegarde de l'ordre public.
Ces sept cas sont ceux énumérés par la fiche officielle comme faisant produire un refus au silence.
Un délai différent en cas d'urgence ou de complexité
Le délai de 2 mois n'est pas toujours le délai applicable.
La décision implicite d'acceptation ou de rejet peut intervenir dans un délai différent du délai de 2 mois en cas d'urgence ou de procédure complexe.
L'urgence et la procédure complexe sont les deux situations citées par la fiche officielle comme pouvant modifier le délai.
Cette précision figure dans la fiche officielle sous forme de point à connaître.
Une décision implicite peut-elle être annulée ?
La fiche officielle traite de la possibilité d'abroger ou de retirer une décision implicite.
La situation varie selon qu'il s'agit de votre demande ou de celle de l'administration.
Règle
L'administration peut, dans certaines conditions, abroger ou retirer une décision d'acceptation, selon que la décision est légale ou illégale et selon l'origine de la demande.
Deux séries de situations sont distinguées : la demande à votre initiative, et l'initiative de l'administration ou d'un tiers.
Votre demande : la décision est légale
Lorsque la décision est légale, l'administration peut agir sans condition de délai.
L'administration peut abroger ou retirer une décision légale, sans condition de délai, si les 2 conditions suivantes sont remplies.
- Le retrait ou l'abrogation de la décision respecte les droits des autres personnes.
- La décision retirée ou abrogée est remplacée par une décision qui vous est plus favorable.
Ces deux conditions sont cumulatives.
Votre demande : la décision est illégale
Lorsque la décision est illégale, un délai de 4 mois s'applique en principe.
L'administration doit abroger ou retirer une décision illégale d'acceptation dans les 4 mois suivant la publication de la décision.
Règle
Si vous faites un recours contentieux après un recours administratif obligatoire (Rapo), le délai est prolongé jusqu'à la fin du délai accordé à l'administration pour se prononcer sur le Rapo.
- Le retrait ou l'abrogation de la décision respecte les droits des autres personnes.
- La décision retirée ou abrogée est remplacée par une décision plus favorable au bénéficiaire.
L'administration n'a pas de délai à respecter lorsque ces deux conditions sont réunies.
À l'initiative de l'administration ou d'un tiers
Lorsque l'initiative vient de l'administration ou d'un tiers, deux conditions s'appliquent.
L'administration peut abroger ou retirer une décision d'acceptation si les 2 conditions suivantes sont remplies.
- La décision est illégale.
- Le retrait ou l'abrogation intervient dans les 4 mois suivant la prise de cette décision.
Ces deux conditions sont cumulatives.
Les cas où le délai n'est pas exigé
Dans certains cas, la condition de délai n'est pas requise.
La condition de délai n'est pas exigée dans les cas suivants.
- La décision dépend d'une condition qui n'est plus remplie (par exemple, une condition d'âge du demandeur).
- La décision attribuant une subvention ne respecte pas les conditions prévues pour son attribution.
Ces deux situations sont citées par la fiche officielle comme dispensées de la condition de délai.
Vérifier si la règle s'applique à votre demande
Un téléservice permet de vérifier le régime applicable.
Un téléservice permet de vérifier si la règle du SVA s'applique à votre demande.
Le téléservice cité par la fiche officielle est « Consulter les démarches pour lesquelles le silence vaut accord ».
Cet outil aide à déterminer si votre demande relève de l'acceptation ou du rejet implicite.
Définitions utiles
Quelques termes employés par la fiche officielle méritent d'être précisés.
- Silence vaut accord (SVA)
- Règle selon laquelle l'absence de réponse de l'administration au bout de 2 mois vaut acceptation de la demande.
- Décision implicite d'acceptation
- Décision qui naît de l'absence de réponse de l'administration dans le délai de 2 mois.
- Décision implicite de rejet
- Décision qui naît du silence de l'administration dans les cas où le silence vaut refus.
- Abrogation
- Suppression d'une décision pour l'avenir ; citée avec le retrait dans le régime d'annulation décrit par la fiche officielle.
- Retrait
- Suppression d'une décision ; l'administration peut retirer une décision d'acceptation sous conditions et délais précis.
- Rapo
- Recours administratif préalable obligatoire ; sa mise en œuvre prolonge le délai dans l'hypothèse décrite par la fiche officielle.
Où s'adresser
Un interlocuteur est identifié par la fiche officielle.
- Maison de justice et du droit : structure d'accueil, d'information et d'orientation.
- Annuaire des lieux d'accès aux droits : annuaires.justice.gouv.fr.
- Trouver votre interlocuteur près de chez vous via le service en ligne de Service-Public.gouv.fr.
Points de vigilance
Plusieurs points méritent l'attention.
- Le silence ne vaut pas toujours acceptation : plusieurs cas produisent un refus.
- Le délai peut être différent de 2 mois en cas d'urgence ou de procédure complexe.
- Une décision implicite d'acceptation peut être abrogée ou retirée par l'administration, sous conditions et délais précis.
- Le régime diffère selon l'origine de la demande : la vôtre, ou l'initiative de l'administration ou d'un tiers.
Ces points découlent des distinctions entre principe, exceptions et régime d'abrogation ou de retrait.
Questions fréquentes
Quelques questions courantes sur la règle du silence vaut accord.
- Qu'est-ce que la règle du silence vaut accord ?
- Si vous ne recevez pas de réponse de l'administration au bout de 2 mois, votre demande est acceptée. C'est ce qu'on appelle la règle du silence vaut acceptation (SVA).
- À partir de quand court le délai ?
- Le délai de 2 mois court à partir de la date de réception de la demande par l'administration compétente.
- Y a-t-il des exceptions ?
- Oui. Le silence vaut refus dans plusieurs cas, notamment lorsque la demande présente un caractère financier, concerne les relations entre l'administration et ses agents, ou constitue une réclamation ou un recours administratif.
- Le délai est-il toujours de 2 mois ?
- Non : la décision implicite d'acceptation ou de rejet peut intervenir dans un délai différent en cas d'urgence ou de procédure complexe.
- Une décision implicite d'acceptation peut-elle être retirée ?
- Oui, dans certaines conditions. Une décision légale peut être abrogée ou retirée sans condition de délai sous deux conditions ; une décision illégale d'acceptation doit l'être dans les 4 mois suivant sa publication, sauf exceptions.
Textes applicables
- Code des relations entre le public et l'administration — articles L231-1 à D231-3Textes légaux
- Décret n°2014-1292 du 23 octobre 2014 relatif aux exceptions au principe « silence vaut acceptation »Textes réglementaires
- Code des relations entre le public et l'administration : articles L231-4 à L231-5Légifrance
- Code des relations entre le public et l'administration : article L231-6Légifrance
- Code des relations entre le public et l'administration : articles L232-1 à L232-3Légifrance
- Code des relations entre le public et l'administration : articles L242-1 à L242-2Légifrance
- Code des relations entre le public et l'administration : article R*311-12Légifrance
- Arrêt de la Cour de cassation - chambre commerciale financière et économique - n°22-19.952 du 15 novembre 2023Légifrance
- Réponse ministérielle du 13 février 2020 relative à l'application du principe "silence vaut accord"Sénat
- Code des relations entre le public et l'administration : articles L240-1 à L243-4Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Règle du silence vaut accord (SVA) : quelles sont les demandes concernées ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
