Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur la fiscalité de l'assurance-vie : imposition au rachat, régimes selon l'âge du contrat et la date des primes, abattements, dispenses et exonérations.
Ce qu'il faut savoir
- Vous n'êtes imposé sur les gains de votre assurance-vie qu'au moment d'un rachat, qu'il soit total ou partiel.
- Les gains tirés d'un contrat d'assurance-vie sont toujours soumis aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS) au taux de 17,2 %.
- L'imposition dépend de la date de souscription du contrat (avant ou depuis le 26 septembre 1997) et de la date de versement des primes.
- Pour les contrats récents avec primes versées depuis le 27 septembre 2017 : prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % (contrat de moins de 8 ans) ou 7,5 % (contrat d'au moins 8 ans, primes jusqu'à 150 000 €).
- Pour les contrats d'au moins 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) s'applique sur les gains déclarés.
- Les intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu si le rachat ou le dénouement résulte d'un licenciement, d'une mise à la retraite anticipée, d'une invalidité (2ᵉ ou 3ᵉ catégorie) ou d'une liquidation judiciaire.
- La dispense de prélèvement forfaitaire non libératoire est possible si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (célibataire) ou 50 000 € (couple).
Conditions essentielles
- Avoir effectué un rachat (total ou partiel) de son contrat d'assurance-vie pour être imposé sur les gains.
- Connaître la date de souscription du contrat et la date de versement des primes.
- Pour la dispense de prélèvement : disposer d'un revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année inférieur aux seuils (25 000 € / 50 000 €).
- Pour les exonérations : que le rachat ou le dénouement intervienne avant la fin de l'année qui suit l'événement (licenciement, retraite, invalidité, liquidation).
Les étapes
- Identifier la date de souscription du contrat et la date des primes versées.
- Déterminer l'âge du contrat (moins de 8 ans ou au moins 8 ans).
- Vérifier si le prélèvement forfaitaire non libératoire a été appliqué à la source lors du versement des intérêts.
- Le cas échéant, demander la dispense de prélèvement avant le 30 novembre de l'année précédant le paiement (formulaire d'attestation sur l'honneur).
- Déclarer les gains sur la déclaration de revenus (après abattement de 4 600 € ou 9 200 € pour les contrats d'au moins 8 ans).
- Optionner pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu si c'est plus favorable, ou conserver le taux forfaitaire.
- En cas d'exonération (licenciement, retraite, invalidité, liquidation), justifier du motif et respecter le délai de rachat.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Le détail des régimes applicables selon la date de souscription, la date des primes et l'âge du contrat est présenté dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le régime des contrats souscrits depuis le 26 septembre 1997, voir les sections « Contrats récents : primes versées depuis le 27 septembre 2017 » et « Contrats récents : primes versées avant le 27 septembre 2017 ». Pour les cas d'exonération, voir la section « Cas d'exonération d'impôt sur les gains ».
Principe : imposition au moment du rachat
Si vous possédez un contrat d'assurance-vie, vous n'êtes imposé sur les gains réalisés qu'au moment où vous effectuez un rachat, qu'il soit total (clôture du contrat) ou partiel (retrait d'une fraction de l'épargne). Tant que vous ne rachetez pas, aucun impôt sur le revenu n'est dû sur les gains.
Le rachat est le retrait par le souscripteur, avant l'échéance du contrat, de tout ou partie des sommes versées, majorées des intérêts ou gains produits. Seuls les gains (intérêts, plus-values) sont imposés, et non les primes versées, qui sont restituées en fiscalité intégrale. Les gains sont calculés comme la différence entre le montant du rachat et le montant des primes versées.
Règle
Les gains tirés d'un contrat d'assurance-vie sont toujours soumis aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS) au taux global de 17,2 %, quel que soit le régime d'imposition applicable à l'impôt sur le revenu. Ces prélèvements sociaux sont prélevés à la source lors du versement des gains.
- Rachat total : clôture du contrat, restitution de l'ensemble des sommes épargnées.
- Rachat partiel : retrait d'une fraction de l'épargne, le contrat restant en vigueur.
- Dénouement : fin du contrat (au terme, au décès de l'assuré, ou en cas d'événement ouvrant droit à exonération).
- Prélèvements sociaux : 17,2 % toujours dus sur les gains, quel que soit le régime.
L'imposition dépend de deux dates : la date de souscription du contrat (avant ou depuis le 26 septembre 1997) et la date de versement des primes. Ces deux éléments déterminent le régime applicable.
Contrats récents : primes versées depuis le 27 septembre 2017
Pour les contrats souscrits depuis le 26 septembre 1997, les primes versées depuis le 27 septembre 2017 obéissent à un régime en deux temps, selon que le contrat a moins ou au moins 8 ans.
L'imposition dépend de l'âge du contrat au moment du rachat. Les intérêts sont d'abord soumis à un prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL) à la source, puis déclarés sur la déclaration de revenus pour être imposés définitivement.
Le prélèvement forfaitaire non libératoire est un prélèvement prélevé à la source par l'établissement financier, qui n'éteint pas l'impôt : les gains doivent ensuite être déclarés et l'impôt définitif est calculé lors du traitement de la déclaration. Si le prélèvement appliqué à la source excède l'impôt définitif, l'excédent vous est restitué.
Règle
Contrat de moins de 8 ans : (1) lors du versement des intérêts, prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % (sauf dispense pour faibles revenus) ; (2) les intérêts sont inscrits sur la déclaration de revenus et imposés soit au taux forfaitaire de 12,8 %, soit au barème progressif de l'impôt sur le revenu si vous choisissez cette option globale lors du dépôt de votre déclaration. Contrat d'au moins 8 ans : (1) prélèvement forfaitaire non libératoire de 7,5 % lors du versement ; (2) déclaration des gains après déduction d'un abattement de 4 600 € pour un célibataire ou 9 200 € pour un couple ; (3) imposition aux taux forfaitaires de 7,5 % pour les intérêts correspondant aux primes n'excédant pas 150 000 €, et de 12,8 % pour les intérêts correspondant aux primes excédant 150 000 €.
- Contrat de moins de 8 ans : PFNL 12,8 % à la source, puis taux forfaitaire 12,8 % ou barème progressif à l'option du contribuable.
- Contrat d'au moins 8 ans : PFNL 7,5 % à la source, abattement 4 600 € / 9 200 €, puis 7,5 % (primes au maximum 150 000 €) ou 12,8 % (primes > 150 000 €).
- Plafond 150 000 € : calculé pour l'ensemble de vos contrats d'assurance-vie, si vous en détenez plusieurs.
- Option barème progressif : possible lors du dépôt de la déclaration ; l'excédent de prélèvement éventuel est restitué.
- Abattement : accordé pour l'ensemble des contrats détenus par un même contribuable.
Le taux de 7,5 % est un taux réduit qui s'applique aux primes modestes ; au-delà de 150 000 € de primes cumulées, le taux de 12,8 % s'applique aux intérêts correspondants.
Contrats récents : primes versées avant le 27 septembre 2017
Les primes versées avant le 27 septembre 2017 sur des contrats souscrits depuis le 26 septembre 1997 obéissent à un régime antérieur, fondé sur le prélèvement forfaitaire libératoire ou le barème progressif.
Contrairement au prélèvement forfaitaire non libératoire, le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) éteint définitivement l'impôt : aucune déclaration complémentaire des gains n'est nécessaire si vous avez opté pour ce prélèvement. L'option pour le PFL est globale : elle s'applique à l'ensemble des intérêts perçus lors du versement.
Règle
Contrat de moins de 8 ans : les intérêts peuvent être imposés soit, au moment de leur versement, au prélèvement forfaitaire libératoire de 15 % (si vous choisissez cette option globale au moment du versement), soit, au moment du traitement de la déclaration de revenus, au barème progressif de l'impôt sur le revenu (si vous n'avez pas opté pour le taux forfaitaire lors du versement). Contrat d'au moins 8 ans : les intérêts peuvent être imposés soit au prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 % (option au moment du versement), soit au barème progressif lors du traitement de la déclaration. Dans les deux cas, vous bénéficiez d'un abattement de 4 600 € pour un célibataire ou 9 200 € pour un couple, accordé pour l'ensemble des contrats détenus.
- Moins de 8 ans (primes avant le 27/09/2017) : PFL 15 % ou barème progressif.
- Au moins 8 ans (primes avant le 27/09/2017) : PFL 7,5 % ou barème progressif, avec abattement 4 600 € / 9 200 €.
- Abattement : accordé pour l'ensemble des contrats d'assurance-vie détenus par un même contribuable.
- Option : le choix entre PFL et barème progressif est déterminant — le barème progressif peut être plus favorable pour les contribuables modestement imposés.
Attention : l'abattement annuel de 4 600 € / 9 200 € est accordé pour l'ensemble des contrats d'assurance-vie détenus par un même contribuable, et non par contrat.
Dispense de prélèvement forfaitaire selon le revenu fiscal
Vous pouvez demander à être dispensé du prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL) si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € si vous êtes célibataire, ou à 50 000 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune.
La dispense de PFNL évite le prélèvement de 12,8 % (contrat de moins de 8 ans) ou 7,5 % (contrat d'au moins 8 ans) à la source. Les gains restent ensuite imposables lors du traitement de la déclaration, selon le régime applicable. Pour les revenus perçus en 2026, c'est le revenu fiscal de référence de 2024 qui est pris en compte (l'avant-dernière année par rapport à l'année de perception).
Règle
La demande est à adresser à l'établissement financier qui vous verse les revenus au plus tard le 30 novembre de l'année précédant celle du paiement : par exemple, le 30 novembre 2026 pour une dispense applicable aux versements effectués en 2027. En général, l'établissement vous envoie un formulaire d'attestation sur l'honneur à lui retourner complété si vous remplissez les conditions.
- Seuil célibataire : revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année inférieur à 25 000 €.
- Seuil couple : revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année inférieur à 50 000 € (marié ou pacsé, imposition commune).
- Délai de demande : au plus tard le 30 novembre de l'année précédant celle du paiement.
- Formulaire : attestation sur l'honneur fournie par l'établissement financier.
La dispense ne supprime pas l'obligation de déclarer les gains. Elle évite seulement le prélèvement à la source, dont l'excédent éventuel serait de toute façon restitué après déclaration.
Contrats anciens : souscrits avant le 26 septembre 1997
Les contrats souscrits avant le 26 septembre 1997 bénéficient de régimes plus favorables, voire d'exonérations totales pour les primes les plus anciennes. L'imposition dépend alors de la date de souscription et de la date de versement des primes.
Deux catégories de contrats anciens sont distinguées : les contrats souscrits du 1ᵉʳ janvier 1983 au 25 septembre 1997 et les contrats souscrits avant le 1ᵉʳ janvier 1983. Pour chacune, c'est la date de versement des primes qui détermine si les intérêts sont imposés ou exonérés.
Règle
Contrat souscrit du 1ᵉʳ janvier 1983 au 25 septembre 1997 : les intérêts perçus en 2026 sont imposés au taux de 7,5 % s'ils résultent de primes versées depuis le 1ᵉʳ janvier 1998 (après déduction de l'abattement de 4 600 € / 9 200 €) ; ils sont exonérés d'impôt sur le revenu, sous certaines conditions, uniquement s'ils résultent de primes versées avant le 1ᵉʳ janvier 1998. Contrat souscrit avant le 1ᵉʳ janvier 1983 : les intérêts perçus en 2026 sont imposés au taux de 7,5 % s'ils résultent de primes versées depuis le 10 octobre 2019 (après abattement) ; ils sont exonérés s'ils résultent de primes versées avant le 10 octobre 2019.
- Contrats 1983-1997, primes depuis le 1ᵉʳ janvier 1998 : imposition à 7,5 % avec abattement 4 600 € / 9 200 €.
- Contrats 1983-1997, primes avant le 1ᵉʳ janvier 1998 : exonération sous conditions.
- Contrats avant 1983, primes depuis le 10 octobre 2019 : imposition à 7,5 % avec abattement.
- Contrats avant 1983, primes avant le 10 octobre 2019 : exonération.
Les exonérations liées aux contrats anciens ne concernent que l'impôt sur le revenu ; les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur les gains imposables. Information à vérifier auprès du service des impôts en cas de situation complexe (contrats alimentés par des primes de dates multiples).
Cas d'exonération d'impôt sur les gains
Les intérêts d'une assurance-vie sont exonérés d'impôt sur le revenu si le rachat ou le dénouement du contrat résulte de l'un des quatre motifs suivants : licenciement, mise à la retraite anticipée, invalidité (2ᵉ ou 3ᵉ catégorie) ou liquidation judiciaire.
L'exonération bénéficie au souscripteur du contrat ou à son époux ou partenaire de Pacs. Elle suppose que le rachat ou le dénouement intervienne avant la fin de l'année qui suit celle de l'événement (licenciement, mise à la retraite, reconnaissance d'invalidité ou liquidation). L'exonération porte sur l'impôt sur le revenu ; les prélèvements sociaux de 17,2 % restent applicables.
Règle
Licenciement : l'exonération ne s'applique pas en cas de rupture conventionnelle ni de fin d'un contrat à durée déterminée (CDD) — seul le licenciement ouvre droit à l'exonération. Mise à la retraite anticipée : exonération si le rachat ou le dénouement intervient avant la fin de l'année suivant la mise à la retraite. Invalidité : exonération en cas de reconnaissance d'invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie. Liquidation judiciaire : exonération si le dénouement résulte de la liquidation judiciaire du souscripteur (ou de son conjoint / partenaire de Pacs).
- Licenciement : souscripteur ou conjoint / partenaire de Pacs ; pas de rupture conventionnelle ni de fin de CDD ; rachat avant le 31 décembre de l'année suivante.
- Mise à la retraite anticipée : souscripteur ou conjoint / partenaire de Pacs ; rachat avant le 31 décembre de l'année suivante.
- Invalidité (2ᵉ ou 3ᵉ catégorie) : souscripteur ou conjoint / partenaire de Pacs ; rachat avant le 31 décembre de l'année suivante.
- Liquidation judiciaire : souscripteur ou conjoint / partenaire de Pacs ; rachat avant le 31 décembre de l'année suivante.
Exemple chiffré : vous êtes licencié le 5 mai 2026. Le rachat ou le dénouement du contrat doit intervenir au plus tard le 31 décembre 2027 pour bénéficier de l'exonération. Le même calendrier s'applique pour la mise à la retraite anticipée, l'invalidité et la liquidation judiciaire (ex. reconnaissance d'invalidité le 5 mai 2026 → rachat au plus tard le 31 décembre 2027).
Comment déclarer les gains de son assurance-vie ?
Pour faire votre déclaration de revenus, vous pouvez consulter plusieurs documents officiels : la notice explicative (en particulier celle relative aux revenus des valeurs et capitaux mobiliers), la brochure pratique de l'impôt sur le revenu disponible sur impots.gouv.fr, et les justificatifs remis par les établissements payeurs (formulaire IFU, imprimé fiscal unique).
Le formulaire IFU (imprimé fiscal unique) récapitule les opérations sur valeurs mobilières et revenus de capitaux mobiliers perçus au cours de l'année : intérêts d'assurance-vie, dividendes, intérêts de comptes, etc. Les montants figurant sur la déclaration pré-remplie proviennent de ces justificatifs.
Règle
Si un montant pré-rempli est inexact, vous devez le corriger ou le compléter sur votre déclaration de revenus (en ligne ou papier). Les gains d'assurance-vie sont déclarés dans la rubrique dédiée aux revenus des valeurs et capitaux mobiliers. L'option pour le barème progressif (plutôt que le taux forfaitaire) s'exerce globalement lors du dépôt de la déclaration.
- Notice explicative de la déclaration de revenus (rubrique revenus des valeurs et capitaux mobiliers).
- Brochure pratique de l'impôt sur le revenu : https://www.impots.gouv.fr/www2/fichiers/documentation/brochure/ir_2026/accueil.htm
- Formulaire IFU remis par l'établissement payeur (récapitulatif des gains).
- Correction : tout montant pré-rempli inexact doit être corrigé ou complété.
En cas de doute sur le régime applicable (date de souscription, date des primes, abattement, exonération), il est conseillé de contacter le centre des impôts ou de se faire accompagner par un conseiller fiscal. Information à vérifier auprès du service des impôts pour les situations complexes.
Textes applicables
- Code général des impôts : article 125-0 ATexte légal — fiscalité assurance-vie
- Bofip-Impôts n° BOI-RPPM-RCM — fiscalité des revenus de capitaux mobiliersDoctrine administrative
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Impôt sur le revenu - Comment sont imposés les revenus d'un contrat d'assurance-vie ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Les taux de prélèvement (12,8 %, 7,5 %, 15 %), les abattements (4 600 € / 9 200 €), le plafond de primes (150 000 €) et les seuils de dispense (25 000 € / 50 000 €) sont fixés par le Code général des impôts. Vérifier les dernières évolutions lors de chaque loi de finances.

