Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur la demande de remise gracieuse : impôts concernés, motifs, justificatifs, délais et recours.
Ce qu'il faut savoir
- Si vous ne pouvez pas payer tout ou partie de vos impôts, vous pouvez demander une réduction de la somme due : c'est une demande de remise gracieuse.
- Cette remise peut être partielle ou totale.
- Elle peut concerner l'impôt sur le revenu, la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et la taxe foncière, ainsi que les pénalités et intérêts de retard d'un de ces impôts.
- Aucune demande de remise gracieuse n'est possible pour l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) et pour les droits de succession.
- L'administration fiscale dispose d'un délai de 2 mois pour vous répondre ; si elle ne répond pas dans ce délai, votre demande est considérée comme rejetée.
- Vous ne devez pas vous être mis volontairement en difficultés financières.
- Votre demande ne vous dispense pas de payer : les services fiscaux peuvent vous réclamer le paiement des impôts dus.
Conditions essentielles
- Vous avez des difficultés financières et vous ne pouvez pas payer tout ou partie de vos impôts.
- La demande porte sur un impôt éligible (impôt sur le revenu, taxe d'habitation sur les résidences secondaires, taxe foncière) ou sur des pénalités et intérêts de retard.
- Vous justifiez votre demande en exposant votre situation personnelle et la raison de vos difficultés financières.
- Vous ne vous êtes pas mis volontairement en difficultés financières.
Les étapes
- Préparer votre demande en rassemblant les justificatifs de votre situation (revenus, charges).
- Effectuer la demande en ligne depuis votre espace Finances publiques ou au guichet de votre centre des impôts.
- Exposer la raison de vos difficultés financières.
- Attendre la réponse de l'administration, qui dispose d'un délai de 2 mois, porté à 4 mois dans certains cas.
- Prendre connaissance de la décision : remise accordée, remise accordée sous conditions, ou rejet.
- En cas de rejet, tenter un autre recours amiable ou contester devant le tribunal administratif dans les 2 mois.
Cette synthèse ne détaille pas les voies de recours ni les motifs de complexité allongeant le délai ; ces points sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour connaître le déroulé de la demande et les recours, voir les sections « Comment effectuer la demande » et « Quels recours en cas de refus ».
Le principe de la remise gracieuse
Vous avez des difficultés financières et vous ne pouvez pas payer tout ou partie de vos impôts. Vous pouvez demander une réduction de la somme due (impôt sur le revenu ou impôts locaux). On parle de demande de remise gracieuse.
La remise gracieuse consiste à demander à l'administration fiscale de renoncer, en tout ou partie, au paiement d'un impôt éligible, au vu de la situation personnelle du contribuable. Elle suppose d'exposer et de justifier ses difficultés.
La remise gracieuse se distingue de la réclamation contentieuse : elle repose sur une appréciation de la situation du contribuable, et non sur la contestation du bien-fondé de l'impôt. Elle peut être partielle ou totale.
- Demande : elle est formée auprès des services des impôts, en ligne ou au guichet.
- Examen : l'administration apprécie la situation personnelle et le comportement fiscal habituel.
- Décision : elle peut accorder une remise, une remise sous conditions, ou rejeter la demande.
La remise gracieuse ne suspend pas l'obligation de payer : elle peut seulement en réduire le montant si elle est accordée.
Pour quels impôts demander une remise gracieuse ?
Si vous avez des problèmes financiers et que vous ne pouvez pas payer vos impôts, vous pouvez demander une remise de la somme à payer. Cette remise peut être partielle ou totale.
- Impôt sur le revenu.
- Taxe d'habitation sur les résidences secondaires.
- Taxe foncière.
La demande de remise peut aussi porter sur les pénalités et intérêts de retard d'un de ces impôts, ou de tout autre impôt.
À savoir
- Aucune demande de remise gracieuse n'est possible pour l'impôt sur la fortune immobilière (IFI).
- Aucune demande de remise gracieuse n'est possible pour les droits de succession.
- La remise peut être partielle ou totale selon la décision de l'administration.
Le périmètre des impôts éligibles est donc limité : les pénalités et intérêts de retard de tout impôt restent, en revanche, concernés par la demande.
Quels motifs justifient la demande ?
Vous devez justifier votre demande en exposant votre situation personnelle. Précisez la raison de vos difficultés financières.
L'exposé des difficultés ne suffit pas à lui seul : il doit être cohérent avec les justificatifs produits et avec le comportement fiscal habituel du contribuable.
- Perte imprévisible des revenus (chômage).
- Circonstances exceptionnelles (décès du conjoint, séparation, invalidité) ou ayant occasionné des dépenses particulièrement élevées (maladie).
- Disproportion entre votre dette fiscale et vos revenus, du fait d'arriérés ou de rappels suite à contrôle.
À savoir
- Vous ne devez pas vous être mis volontairement en difficultés financières.
- Le motif doit être exposé dans la demande et étayé par des justificatifs.
- L'administration tient également compte de votre comportement fiscal habituel (déclaration, paiement).
La demande repose sur l'exposé circonstancié de votre situation personnelle, et non sur une simple déclaration d'impossibilité.
Quels justificatifs préparer ?
Vous devez préparer votre demande en rassemblant les justificatifs de votre situation.
- Vos revenus (bulletins de salaire, etc.).
- Vos charges (loyers, etc.).
- Si vous êtes en couple marié ou pacsé, les revenus et les charges de la personne avec laquelle vous vivez.
Au guichet, il convient d'apporter les documents justificatifs de votre situation : l'administration examine les ressources comme les charges, y compris celles de la personne avec laquelle vous vivez en couple marié ou pacsé.
Comment effectuer la demande ?
Vous pouvez effectuer votre demande de remise gracieuse par l'un des moyens suivants.
- En ligne
- La demande peut être faite à partir de votre espace Finances publiques, avec connexion via l'identifiant fiscal du contribuable ou via FranceConnect, puis double authentification avec réception d'un code à 6 chiffres par mail.
- Au guichet
- La demande peut être faite au guichet de votre centre des impôts, en apportant les documents justificatifs de votre situation.
Le choix du canal n'affecte pas les conditions d'examen de la demande, mais le dépôt au guichet permet de remettre directement les justificatifs de votre situation.
Comment l'administration examine-t-elle la demande ?
L'administration fiscale examine votre situation personnelle. Elle tient aussi compte de votre comportement fiscal habituel (déclaration, paiement).
L'examen porte sur l'ensemble de la situation : ressources, charges indispensables, événements subis et montant de la dette fiscale. L'administration apprécie ensuite le caractère justifié de la remise demandée.
- Patrimoine et ressources : les vôtres et ceux des personnes avec lesquelles vous vivez.
- Dépenses indispensables : alimentation, logement, frais de transport, etc.
- Événements particuliers que vous subissez.
- Montant de votre dette fiscale.
À savoir
- L'administration apprécie la situation dans son ensemble, ressources et charges compris.
- Le comportement fiscal habituel (déclaration, paiement) est également pris en compte.
- L'administration dispose d'un délai de 2 mois pour vous répondre.
L'examen est global : il ne porte pas uniquement sur le montant de la dette, mais sur l'ensemble des ressources et des charges du foyer.
Dans quel délai l'administration répond-elle ?
L'administration dispose d'un délai pour répondre à votre demande.
L'administration dispose d'un délai de 2 mois pour vous répondre. Si l'administration ne vous a pas répondu dans un délai de 2 mois, votre demande est considérée comme rejetée.
Règle
Ce délai passe à 4 mois dans les cas suivants : demande de remise particulièrement complexe (l'administration doit vous en avertir avant la fin du délai de 2 mois) et demande de transaction.
Délai à retenir
Délai de réponse : 2 mois, porté à 4 mois en cas de demande particulièrement complexe ou de demande de transaction.
Le silence de l'administration pendant 2 mois vaut donc rejet implicite de la demande ; la complexité particulière doit être signalée avant la fin de ce premier délai.
Quelle décision peut être rendue ?
Après l'examen de votre demande, les impôts vous font part de leur décision.
- Remise accordée.
- Remise accordée sous conditions (précisées dans la décision).
- Rejet de votre demande.
À savoir
- L'administration n'est pas obligée d'expliquer les raisons de son choix.
- En cas de rejet, des voies de recours existent.
- Une demande de transaction peut, sous de strictes conditions, permettre d'obtenir une réduction des pénalités et intérêts de retard dus.
Le caractère conditionnel d'une remise accordée est précisé dans la décision notifiée ; lorsque des conditions sont posées, elles lient le bénéficiaire.
Le cas de la demande de transaction
En cas de contestation ou de litige avec l'administration fiscale, une demande de transaction peut être envisagée.
En cas de contestation ou de litige avec l'administration fiscale (par exemple, à la suite d'un contrôle fiscal), une demande de transaction peut, sous de strictes conditions, permettre d'obtenir une réduction des pénalités et intérêts de retard dus.
Règle
La demande de transaction fait partie des cas dans lesquels le délai de réponse de l'administration passe de 2 mois à 4 mois.
La transaction relève de conditions strictes et se distingue de la remise gracieuse, même si les deux mécanismes peuvent se rejoindre sur la réduction des pénalités.
Quels recours en cas de refus ?
En cas de rejet de votre demande de remise, vous pouvez tenter un autre recours amiable, en vous adressant à l'une des autorités suivantes.
- Conciliateur fiscal départemental.
- Médiateur des ministères économiques et financiers.
Vous pouvez aussi contester la décision de rejet devant le tribunal administratif. Vous devez saisir le tribunal du lieu d'imposition (en règle générale, celui de votre domicile). Vous devez agir dans les 2 mois de la notification de la décision de rejet.
Règle
Vous devez déposer une requête introductive auprès du tribunal, sur papier libre. Le recours à un avocat n'est pas obligatoire.
En cas de contestation ou de litige avec l'administration fiscale, notamment à la suite d'un contrôle fiscal, la demande de transaction relève de conditions strictes et allonge le délai de réponse.
Qui peut vous aider ?
Le service en charge des impôts est votre interlocuteur de référence.
- Service en charge des impôts (trésorerie, service des impôts...)
- Le service des impôts répond à vos questions et traite votre demande ; son site officiel propose un point de contact.
En cas de rejet, le conciliateur fiscal départemental et le médiateur des ministères économiques et financiers peuvent également être saisis.
Le vocabulaire de la remise gracieuse
Quelques notions structurent la démarche. Les préciser facilite la lecture.
- Remise gracieuse
- Réduction, totale ou partielle, de la somme due au titre d'un impôt éligible, accordée au vu de la situation personnelle du contribuable.
- Remise partielle
- Réduction d'une partie seulement de la somme due.
- Remise totale
- Réduction de la totalité de la somme due.
- Rejet implicite
- Décision résultant de l'absence de réponse de l'administration dans le délai de 2 mois : la demande est alors considérée comme rejetée.
- Transaction
- Procédure qui, sous de strictes conditions, permet d'obtenir une réduction des pénalités et intérêts de retard dus ; elle allonge le délai de réponse à 4 mois.
- Requête introductive
- Acte introductif d'instance devant le tribunal administratif, déposé sur papier libre, pour contester une décision de rejet.
Ces définitions reprennent les notions employées dans la fiche officielle.
Points de vigilance
Quelques règles méritent une attention particulière.
À savoir
- La remise gracieuse n'est pas possible pour l'IFI ni pour les droits de succession.
- Le silence de l'administration pendant 2 mois vaut rejet de la demande.
- Vous ne devez pas vous être mis volontairement en difficultés financières.
- La demande ne dispense pas de payer : les services fiscaux peuvent réclamer le paiement des impôts dus.
- L'administration n'est pas obligée d'expliquer les raisons de sa décision.
- En cas de rejet, le recours contentieux devant le tribunal administratif doit être formé dans les 2 mois de la notification.
Ces éléments découlent de la fiche officielle et des textes applicables ; ils ne dispensent pas de vérifier votre situation auprès du service des impôts.
Textes applicables
- Livre des procédures fiscales : article L247Textes légaux
- Livre des procédures fiscales : articles R*247-1 à R*247 A-1Textes légaux
- Décret n° 2025-366 du 22 avril 2025 — mesures de simplification en matière de remises et transactionsTextes légaux
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Impossibilité de payer son impôt : demande de remise gracieuse
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
