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Qu’est-ce que l’assistance éducative en milieu ouvert (AEMO) ?

L’assistance éducative en milieu ouvert (AEMO) est une mesure ordonnée par le juge des enfants lorsque la santé, la sécurité ou l’éducation d’un mineur sont mises en danger. Elle permet d’accompagner la famille sans retirer l’enfant de son domicile. Des professionnels spécialisés interviennent auprès des parents et de l’enfant, pour une durée maximale de 2 ans, renouvelable si la situation l’exige.

Vue d’ensemble

Ce qu’il faut retenir sur l’assistance éducative en milieu ouvert : nature de la mesure, public concerné, mise en œuvre, durée et obligations des parents.

Ce qu'il faut savoir

  • L’AEMO est une mesure judiciaire ordonnée par le juge des enfants lorsque la santé, la sécurité ou l’éducation d’un mineur sont mises en danger.
  • Elle permet de protéger l’enfant sans le retirer de sa famille : l’enfant reste dans son lieu de vie habituel, sauf urgence.
  • La mesure est confiée par le juge à un service habilité, public ou associatif, spécialisé dans la protection de l’enfance.
  • La durée de l’AEMO est fixée pour une durée maximale de 2 ans, renouvelable si la situation l’exige.
  • La mesure est imposée par décision judiciaire : les parents ont l’obligation de collaborer avec le service chargé de la mesure.
  • L’autorité parentale reste exercée par les parents, sauf décision contraire du juge.

Conditions essentielles

  • La santé, la sécurité ou l’éducation du mineur sont mises en danger, ou ses conditions de vie ou d’éducation risquent de nuire à son développement.
  • Une requête écrite est adressée au juge des enfants du tribunal du domicile de la personne chez qui l’enfant réside — ou le juge se saisit d’office en cas de situation urgente ou extrêmement grave.
  • La demande peut être présentée par l’enfant lui-même, les parents (ensemble ou séparément), le tuteur ou la personne en charge de l’enfant, un service social ou le procureur de la République.
  • L’enfant capable de discernement doit être entendu par le juge, sauf exception.
  • La mesure s’applique pour la durée fixée par le juge, dans la limite de 2 ans, et peut être levée avant si la situation de l’enfant s’améliore.

Les étapes

  • Identifier la situation : danger pour l’enfant, troubles du comportement ou conditions de vie préjudiciables à son développement.
  • Rédiger une requête expliquant les faits, ou saisir un service social ou le procureur de la République.
  • Adresser la requête au juge des enfants du tribunal du domicile de la personne chez qui l’enfant réside.
  • Participer à l’audience : l’enfant capable de discernement est entendu par le juge.
  • Attendre la décision du juge des enfants, qui fixe la durée de la mesure et les éventuelles obligations.
  • Collaborer avec le service habilité chargé de la mesure (interventions au domicile, dans les établissements scolaires ou lors de rencontres régulières).

Cette synthèse reprend l’essentiel de la fiche. Les modalités d’appel, de modification de la mesure et les rapports avec l’autorité parentale sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail de la procédure d’appel, des conditions de modification de la mesure et de ses rapports avec l’autorité parentale, voir les sections « Peut-on faire appel de la décision du juge ? », « Comment modifier ou mettre fin à une mesure d’AEMO ? » et « Autorité parentale et placement possible ».

En quoi consiste l’AEMO ?

L’AEMO permet de protéger un enfant sans l’éloigner de sa famille. Elle consiste en une intervention éducative menée auprès des parents et de l’enfant par des professionnels spécialisés.

L’assistance éducative en milieu ouvert (AEMO) est une mesure ordonnée par le juge des enfants lorsque la santé, la sécurité ou l’éducation d’un mineur sont mises en danger. Elle permet d’accompagner la famille sans retirer l’enfant de son domicile.

L’intervention a pour objectif d’aider les parents à mieux exercer leur rôle éducatif et de veiller à ce que les besoins essentiels de l’enfant (santé, scolarité, bien-être émotionnel…) soient respectés. L’enfant reste au sein de sa famille pendant toute la durée de la mesure, sauf si une situation d’urgence conduit à un placement temporaire.

Le maintien du mineur dans son lieu de vie habituel peut être assorti de certaines obligations décidées par le juge des enfants, par exemple la fréquentation régulière d’un établissement scolaire, de soins ou d’un dispositif d’accompagnement éducatif ou thérapeutique.

Qui peut demander une AEMO ?

La demande de mise en place d’une AEMO peut émaner de plusieurs acteurs, autour de l’enfant ou des institutions chargées de sa protection.

  • Enfant lui-même.
  • Parents, ensemble ou séparément.
  • Tuteur ou personne en charge de l’enfant.
  • Service social (par exemple, l’aide sociale à l’enfance).
  • Procureur de la République.

À savoir

  • En cas de situation urgente ou extrêmement grave, le juge peut se saisir d’office, sans requête d’un des acteurs listés.

La diversité des requérants permet d’agir rapidement lorsque l’enfant est en danger, que ce soit par la famille elle-même ou par les institutions.

Qui met en œuvre l’AEMO ?

La mesure n’est pas exécutée par l’administration judiciaire elle-même : elle est confiée à un acteur spécialisé de la protection de l’enfance.

La mesure est confiée par le juge des enfants à un service habilité, public ou associatif, spécialisé dans la protection de l’enfance.

  • L’équipe éducative (éducateurs spécialisés, assistants sociaux, psychologues…) intervient au domicile de l’enfant.
  • Elle intervient également dans les établissements scolaires.
  • Ou lors de rencontres régulières avec les parents et l’enfant.

Le choix du service habilité relève du juge des enfants : les familles n’ont pas à sélectionner elles-mêmes l’organisme chargé du suivi.

Dans quels cas l’AEMO peut-elle être ordonnée ?

Le juge des enfants peut ordonner une mesure d’AEMO dans l’un des cas suivants :

  • L’enfant est en danger (maltraitance, négligence, violences…).
  • L’enfant présente des troubles du comportement ou une souffrance psychologique liée à son environnement familial.
  • Les conditions de vie ou d’éducation risquent de nuire au développement de l’enfant.

Le « danger » au sens de l’AEMO ne suppose pas nécessairement une atteinte physique : il peut résulter de négligences, de violences éducatives, d’une souffrance psychologique ou de conditions d’existence préjudiciables au développement du mineur.

Ces situations sont appréciées souverainement par le juge des enfants, notamment sur la base des requêtes, rapports éducatifs et avis des services sociaux.

Comment demander une AEMO ?

La demande se fait par l’intermédiaire d’une requête, c’est-à-dire un document écrit formalisé permettant de saisir un tribunal en expliquant les faits.

La requête est un document écrit par lequel une personne ou une institution saisit le juge des enfants en exposant les faits justifiant la mesure. Elle est adressée au juge des enfants du tribunal du domicile de la personne chez qui l’enfant réside.

Comment adresser la requête

  • Adressez la requête au tribunal judiciaire ou tribunal de proximité du domicile de l’enfant, service du juge des enfants.
  • La requête peut être déposée ou envoyée en ligne via le téléservice « Requête au juge des enfants dans le cadre du suivi d’un dossier d’assistance éducative » (CERFA n° 15707).

À ne pas faire

Aucune voie orale n’est prévue : la saisine du juge des enfants suppose un support écrit formalisant les faits.

À savoir

  • La requête est à adresser au juge des enfants du tribunal du domicile de la personne chez qui l’enfant réside.

L’enfant est-il entendu par le juge ?

L’audition de l’enfant est une garantie procédurale prévue par la loi, sauf exceptions.

Oui. L’enfant capable de discernement doit être entendu par le juge, sauf exception.

  • L’enfant peut être assisté par un avocat.
  • Ou représenté par un administrateur ad hoc.
  • L’audition intervient avant toute décision du juge des enfants relative à la mesure.

La notion de discernement s’apprécie en fonction de l’âge et de la maturité de l’enfant ; le juge apprécie souverainement si l’enfant doit être entendu.

Quelle est la durée de l’AEMO ?

La durée de l’AEMO est fixée par le juge des enfants, dans le cadre d’une durée maximale légale.

Délai à retenir

La durée de l’AEMO est fixée pour une durée maximale de 2 ans. Elle est renouvelable si la situation l’exige. Le juge peut y mettre fin avant si la situation de l’enfant s’améliore.

Le renouvellement suppose une nouvelle décision du juge des enfants, qui réexamine la situation de l’enfant à l’issue de la mesure en cours.

Peut-on faire appel de la décision du juge ?

La décision du juge des enfants relative à l’AEMO peut être contestée par la voie de l’appel, dans un délai strict.

  • Parent(s) ou avocat.
  • Tuteur de l’enfant (s’il en a été nommé un).
  • Enfant lui-même (s’il est capable de discernement), généralement avec l’assistance d’un avocat ou d’un administrateur ad hoc.
  • Personne ou service à qui l’enfant a été confié.
  • Procureur de la République.

Délai à retenir

La décision du juge des enfants peut faire l’objet d’un appel dans les 15 jours qui suivent sa notification. L’appel doit être présenté devant la chambre des mineurs de la cour d’appel compétente.

Forme de l’appel

  • L’appel se fait par une déclaration écrite remise ou envoyée au greffe de la cour d’appel compétente.
  • La déclaration doit contenir les coordonnées complètes de la personne qui fait appel (nom, prénom, adresse).
  • Elle doit indiquer la référence de la décision contestée (date et contenu) et les motifs de l’appel : pourquoi la personne qui fait appel estime que la décision doit être revue.

À ne pas faire

La représentation par un avocat n’est pas obligatoire, mais elle est vivement recommandée pour formuler une argumentation devant la cour d’appel.

L’AEMO est-elle obligatoire pour les parents ?

Même si l’enfant reste dans sa famille, la mesure d’AEMO s’impose aux parents.

Oui. La mesure, bien qu’elle s’effectue avec le maintien de l’enfant dans sa famille, est imposée par décision judiciaire. Les parents ont l’obligation de collaborer avec le service chargé de la mesure.

Refus de collaboration des parents

Si les parents refusent cette collaboration, ou si la situation de l’enfant l’exige, le juge peut décider de modifier la mesure, par exemple en renforçant l’accompagnement éducatif ou en imposant de nouvelles obligations (suivi médical, accompagnement psychologique, scolarisation obligatoire…).

Exemple

Le juge peut également décider de placer l’enfant temporairement dans un service ou un lieu d’accueil.

Le refus de collaboration expose donc les parents à un renforcement de l’intervention judiciaire, jusqu’au placement temporaire de l’enfant.

Comment modifier ou mettre fin à une mesure d’AEMO ?

La mesure d’AEMO peut être modifiée ou levée à tout moment, à l’initiative des parties ou du juge.

  • Enfant lui-même (s’il est capable de discernement).
  • Parents, ensemble ou séparément.
  • Tuteur ou la personne en charge de l’enfant.
  • Service social (par exemple, l’aide sociale à l’enfance).
  • Procureur de la République.
  • Ou à l’initiative du juge.

Avant toute modification, le juge doit entendre l’enfant et consulter les parties concernées.

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    Saisir le juge

    Une fois qu’une mesure d’AEMO est en place, la situation de l’enfant peut évoluer. Le juge des enfants peut être saisi à nouveau pour adapter la mesure : changement de service éducatif, interdiction de sortie du territoire, modification des droits de visite, demande de fin de mesure…

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    Utiliser le formulaire

    Cette demande s’effectue à l’aide d’un formulaire (requête au juge des enfants, CERFA n° 15707), accompagné des documents justifiant la demande (par exemple, rapports éducatifs, attestations).

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    Adresser au greffe

    Le formulaire et ses justificatifs sont adressés au greffe du tribunal judiciaire où le dossier est ouvert. Ce formulaire sert à demander au juge de modifier la mesure, de la prolonger ou d’y mettre fin en fonction de la situation de l’enfant.

Autorité parentale et placement possible

L’AEMO se distingue du placement judiciaire : elle maintient l’enfant dans sa famille et laisse l’autorité parentale entre les mains des parents.

À savoir

  • L’AEMO n’entraîne pas une perte de l’autorité parentale : l’autorité parentale (droits et devoirs vis-à-vis de l’enfant) reste exercée par les parents, sauf décision contraire du juge.
  • Si la situation se dégrade ou si la mesure d’AEMO ne permet pas de garantir la sécurité de l’enfant, un placement peut être envisagé.

Le placement sur décision judiciaire est une mesure distincte de l’AEMO : il retire l’enfant de son domicile, contrairement à l’assistance éducative en milieu ouvert.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Qu'est-ce que l'assistance éducative en milieu ouvert (AEMO) ?

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Formulaire

Requête au juge des enfants dans le cadre du suivi d’un dossier d’assistance éducative (CERFA n° 15707)Formulaire à adresser au greffe du tribunal judiciaire pour demander la modification, la prolongation ou la fin d’une mesure d’AEMO.

Voir aussi

    Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.

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