Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir avant de dissoudre un Pacs : initiatives possibles, dissolution automatique, démarche et conséquences patrimoniales.
Ce qu'il faut savoir
- Le Pacs peut être dissout à l'initiative des deux partenaires (déclaration conjointe) ou d'un seul partenaire (signification par commissaire de justice).
- La dissolution est automatique en cas de mariage (avec le partenaire ou avec une autre personne) et en cas de décès : aucune démarche n'est à effectuer.
- La démarche dépend de l'autorité qui a enregistré le Pacs : mairie, notaire, ambassade ou consulat, ou tribunal (pour les Pacs conclus avant novembre 2017).
- La demande conjointe utilise le formulaire CERFA n° 15789 et s'effectue par courrier recommandé ou sur place.
- La demande d'un seul partenaire nécessite le recours à un commissaire de justice : la démarche est payante.
- La dissolution est mentionnée en marge de l'acte de naissance de chaque partenaire (ou sur le registre du service central d'état civil pour les étrangers nés à l'étranger).
- Entre les partenaires, la dissolution prend effet à son enregistrement ; pour les tiers, à partir de l'accomplissement des formalités de publicité.
- En cas de désaccord sur les conséquences patrimoniales, le juge aux affaires familiales peut être saisi.
Conditions essentielles
- Être pacsé et vouloir mettre fin au Pacs (dissolution volontaire) ou être dans une situation de mariage ou de décès (dissolution automatique).
- Pour la demande conjointe : accord des deux partenaires et utilisation du formulaire CERFA n° 15789.
- Pour la demande d'un seul partenaire : mandat d'un commissaire de justice et copie du récépissé d'enregistrement du Pacs.
- Être majeur ou, si vous êtes sous tutelle ou curatelle, laisser le tuteur ou le curateur effectuer la démarche.
Les étapes
- Vérifier si la dissolution est automatique (mariage ou décès) : dans ce cas, aucune démarche n'est à effectuer.
- Pour une demande conjointe : télécharger le formulaire CERFA n° 15789 et le remplir ensemble.
- Joindre la photocopie d'un document d'identité en cours de validité de chaque partenaire.
- Envoyer le formulaire par courrier recommandé à l'autorité qui a enregistré le Pacs (mairie, notaire, consulat/ambassade), ou vous présenter sur place.
- Pour une demande d'un seul partenaire : mandater un commissaire de justice et lui fournir une copie du récépissé d'enregistrement du Pacs.
- Le commissaire de justice informe le partenaire de la décision par signification et informe l'autorité d'enregistrement.
- L'autorité d'enregistrement (officier d'état civil, notaire ou consulat) procède à l'enregistrement de la dissolution et informe les mairies de naissance.
- Recevoir la confirmation d'enregistrement et vérifier la mention en marge de l'acte de naissance.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — dissolution automatique, demande conjointe vs unilatérale, conséquences patrimoniales, autorités compétentes — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres à la demande conjointe, à la demande d'un seul partenaire et aux conséquences patrimoniales, voir les sections « La demande conjointe des deux partenaires », « La demande d'un seul partenaire » et « Les conséquences patrimoniales de la séparation ».
Qu'est-ce que la dissolution d'un Pacs ?
La dissolution est la procédure qui met fin au pacte civil de solidarité (Pacs). Elle peut être volontaire (à l'initiative d'un ou des deux partenaires) ou automatique (mariage ou décès).
Le Pacs est un contrat civil entre deux personnes majeures, célibataires ou divorcées, qui organise leur vie commune. La dissolution met fin à ce contrat et à ses effets personnels et patrimoniaux. Elle est distincte du divorce (qui concerne le mariage) et n'a aucune incidence sur le statut des enfants. La dissolution volontaire suppose soit l'accord des deux partenaires (déclaration conjointe), soit la décision unilatérale de l'un d'eux (signification par commissaire de justice).
Règle
Si vous souhaitez vous pacser avec une autre personne, vous devez au préalable dissoudre votre Pacs actuel : la dissolution n'est pas automatique en cas de nouveau Pacs. La dissolution du Pacs est formalisée par un enregistrement auprès de l'autorité compétente (mairie, notaire, ambassade ou consulat, ou tribunal pour les Pacs conclus avant novembre 2017).
La dissolution n'a pas d'effet rétroactif : elle prend effet à la date de son enregistrement (entre les partenaires) ou à la date du mariage ou du décès (dissolution automatique). Les actes accomplis avant la dissolution restent valables.
La dissolution automatique : mariage ou décès
En cas de mariage (avec le partenaire ou avec une autre personne) ou de décès, la dissolution du Pacs est automatique. Vous n'avez pas de démarche à effectuer.
En cas de mariage avec le partenaire, le Pacs se transforme en mariage : la dissolution prend effet à la date du mariage. En cas de mariage avec une autre personne, le Pacs est dissout automatiquement à la date du mariage. En cas de décès du partenaire, la dissolution prend effet à la date du décès. Dans les trois cas, l'officier d'état civil de la mairie (ou le notaire si le Pacs est notarié) enregistre la dissolution et informe les mairies de naissance des deux partenaires. La dissolution est indiquée en marge de l'acte de naissance de chaque partenaire (ou sur le registre du service central d'état civil pour les étrangers nés à l'étranger). L'officier d'état civil ou le notaire informe les deux partenaires (ou le partenaire survivant) par lettre simple après l'enregistrement.
Règle
Le partenaire de Pacs survivant n'a pas de démarche à effectuer. Le partenaire pacsé ne peut être héritier que si un testament est fait en sa faveur : le Pacs ne confère pas de droit successoral automatique, contrairement au mariage.
La dissolution automatique par mariage ou décès est une conséquence légale du changement de situation familiale. Elle ne nécessite ni formulaire, ni déplacement, ni frais. La seule formalité est l'enregistrement par l'officier d'état civil ou le notaire, effectué d'office.
La demande conjointe des deux partenaires
Lorsque les deux partenaires sont d'accord pour se séparer, ils doivent adresser une déclaration conjointe de dissolution de Pacs, en utilisant le formulaire CERFA n° 15789.
La démarche dépend de l'autorité qui a enregistré le Pacs et de la date de sa conclusion. Pour un Pacs conclu depuis novembre 2017, la démarche se fait auprès de la mairie, du notaire ou du consulat/ambassade qui a enregistré le Pacs. Pour un Pacs conclu avant novembre 2017 et enregistré au tribunal, la démarche se fait auprès de l'officier d'état civil de la commune où est situé le greffe du tribunal (par exemple, pour un Pacs enregistré au tribunal de Dijon, il faut s'adresser à la mairie de Dijon). Dans les deux cas, la démarche peut s'effectuer par courrier recommandé ou sur place (seul ou accompagné du partenaire).
Règle
Le formulaire CERFA n° 15789 doit être rempli par les deux partenaires. Chaque partenaire doit joindre la photocopie d'un document d'identité en cours de validité. Pour l'envoi par courrier, le formulaire est adressé à l'autorité d'enregistrement par lettre recommandée avec avis de réception. Pour la remise sur place, les documents d'identité des deux partenaires sont présentés en original ou en copie.
La déclaration conjointe est un acte de volonté partagé : elle ne peut pas être imposée par l'un des partenaires à l'autre. En cas de désaccord, seule la voie de la demande unilatérale (signification par commissaire de justice) est ouverte.
La demande d'un seul partenaire
Lorsqu'un seul partenaire souhaite mettre fin au Pacs, la démarche nécessite le recours à un commissaire de justice. Elle est payante.
Le partenaire qui souhaite dissoudre le Pacs doit mandater un commissaire de justice (anciennement huissier de justice ou commissaire-priseur judiciaire) et lui fournir une copie du récépissé d'enregistrement du Pacs. Le commissaire de justice informe le partenaire de la décision par signification (acte officiel remis en main propre ou à domicile). Il informe également l'autorité qui a enregistré le Pacs : la mairie (Pacs enregistré en mairie), le tribunal ou la mairie du lieu du greffe (Pacs enregistré au tribunal), le notaire (Pacs enregistré par un notaire), ou le consulat ou l'ambassade (Pacs enregistré à l'étranger). L'autorité d'enregistrement procède ensuite à l'enregistrement de la dissolution et informe les deux partenaires ainsi que les mairies de naissance.
Règle
Si vous êtes sous tutelle ou sous curatelle, c'est votre tuteur ou curateur qui effectue la démarche à votre place. Le commissaire de justice conserve la copie de la signification, et l'autorité d'enregistrement (mairie, notaire ou consulat) conserve également cette copie. La démarche est payante : les frais de signification sont à la charge du partenaire qui initie la dissolution.
La signification par commissaire de justice est la seule voie pour dissoudre un Pacs sans l'accord du partenaire. Elle garantit la preuve légale de la décision et de sa notification. Information à vérifier auprès du commissaire de justice compétent pour le coût exact de la signification.
L'enregistrement et ses effets
La dissolution du Pacs est enregistrée par l'autorité compétente (officier d'état civil, notaire ou consulat) et indiquée en marge de l'acte de naissance de chaque partenaire (ou sur le registre du service central d'état civil du ministère des affaires étrangères si vous êtes étranger né à l'étranger).
L'autorité d'enregistrement informe vos mairies de naissance et vous adresse une confirmation d'enregistrement (par courrier ou en main propre). Elle conserve votre déclaration écrite conjointe de dissolution (ou la copie de la signification pour la dissolution unilatérale). La dissolution du Pacs prend effet dans les délais suivants : entre les partenaires, à partir de son enregistrement ; pour les tiers, à partir du jour où les formalités de publicité ont été accomplies. Cette distinction est essentielle : elle permet aux tiers (créanciers, administrations) de connaître la date à laquelle le Pacs a pris fin.
Règle
La mention en marge de l'acte de naissance est la preuve officielle de la dissolution. Pour les étrangers nés à l'étranger, la mention est apposée sur le registre du service central d'état civil de Nantes. Le service central d'état civil est joignable par courrier à l'adresse suivante : Service central d'état civil — Ministère chargé des affaires étrangères, Département « Exploitation », Section Pacs, 11 rue de la Maison Blanche, 44941 Nantes Cedex 09 ; et par téléphone au 01 41 86 42 47.
La confirmation d'enregistrement remise par la mairie ou le notaire est un document utile pour justifier de la dissolution auprès des administrations, des banques ou de tout tiers. Conservez-le précieusement.
Les conséquences patrimoniales de la séparation
À la dissolution du Pacs, chaque partenaire reprend ses biens personnels. Les biens communs sont partagés en fonction des règles fixées par le Pacs.
Le Pacs organise le régime patrimonial des partenaires : en principe, chaque partenaire reste propriétaire de ses biens acquis avant et pendant le Pacs, sauf achat en indivision (biens communs). À la séparation, chacun reprend ses biens personnels et peut prouver sa propriété par tout moyen (facture à son nom, attestation, etc.). Les biens communs sont partagés selon les règles du Pacs (partage à parts égales en principe, ou selon les stipulations du contrat de Pacs).
Règle
En cas de désaccord sur les conséquences patrimoniales de la rupture ou la réparation des préjudices qui en découlent, vous pouvez saisir le juge aux affaires familiales auprès du tribunal compétent au niveau territorial. Le juge statue sur le partage des biens communs et, le cas échéant, sur les dommages-intérêts.
Le Pacs ne prévoit pas de pension alimentaire entre les partenaires, contrairement au divorce. En revanche, le juge aux affaires familiales peut être saisi pour régler les questions de partage des biens et de réparation des préjudices. Information à vérifier auprès d'un avocat ou du tribunal compétent.
Les étrangers nés à l'étranger et le service central d'état civil
Si vous êtes étranger né à l'étranger, la mention de la dissolution du Pacs est portée non pas en marge de l'acte de naissance, mais sur le registre du service central d'état civil du ministère des affaires étrangères.
Le service central d'état civil (Scec) est le service du ministère chargé des affaires étrangères qui centralise les actes d'état civil des Français et des étrangers nés à l'étranger relevant des formalités françaises. Lorsqu'un Pacs est enregistré à l'ambassade ou au consulat, ou lorsque les partenaires sont étrangers nés à l'étranger, c'est le Scec qui assure la publicité de la dissolution. L'autorité d'enregistrement (mairie, notaire ou consulat) informe le Scec, qui appose la mention de dissolution sur le registre correspondant.
Règle
Le service central d'état civil est joignable par courrier à l'adresse suivante : Service central d'état civil — Ministère chargé des affaires étrangères, Département « Exploitation », Section Pacs, 11 rue de la Maison Blanche, 44941 Nantes Cedex 09. Il est également joignable par téléphone au 01 41 86 42 47. Pour toute question relative à l'état civil à l'étranger, cette adresse et ce numéro sont les points de contact officiels.
La mention sur le registre du Scec produit les mêmes effets que la mention en marge de l'acte de naissance : elle constitue la preuve officielle de la dissolution et permet aux tiers d'en avoir connaissance. La distinction du lieu de mention dépend uniquement du lieu de naissance ou d'enregistrement, et non de la nationalité des partenaires.
Où faire sa demande selon l'autorité d'enregistrement
L'autorité compétente pour enregistrer la dissolution dépend de l'autorité qui a enregistré le Pacs et de la date de sa conclusion.
Pour un Pacs conclu depuis novembre 2017 et enregistré en mairie, la démarche se fait auprès de cette mairie. Pour un Pacs enregistré chez un notaire, la démarche se fait auprès de ce notaire. Pour un Pacs enregistré à l'ambassade ou au consulat, la démarche se fait auprès de cette représentation diplomatique. Pour un Pacs conclu avant novembre 2017 et enregistré au tribunal, la démarche se fait auprès de l'officier d'état civil de la commune où est situé le greffe du tribunal (la mairie du lieu du tribunal).
Règle
Dans tous les cas, la démarche conjointe s'effectue par courrier recommandé avec avis de réception ou sur place. La démarche unilatérale passe par un commissaire de justice, qui informe l'autorité d'enregistrement. L'autorité d'enregistrement procède ensuite à la mention en marge de l'acte de naissance et à l'information des mairies de naissance.
| Situation du Pacs | Autorité compétente pour la dissolution |
|---|---|
| Pacs conclu depuis nov. 2017, enregistré en mairie | Mairie qui a enregistré le Pacs |
| Pacs conclu depuis nov. 2017, enregistré chez le notaire | Notaire qui a enregistré le Pacs |
| Pacs conclu depuis nov. 2017, enregistré à l'ambassade/consulat | Ambassade ou consulat qui a enregistré le Pacs |
| Pacs conclu avant nov. 2017, enregistré au tribunal | Officier d'état civil de la commune du greffe du tribunal |
La distinction entre Pacs conclus avant et depuis novembre 2017 tient à la réforme du Pacs qui a transféré les compétences d'enregistrement des tribunaux aux mairies. Pour les Pacs anciens, il faut donc identifier le tribunal d'enregistrement pour déterminer la mairie compétente.
Textes applicables
- Code civil : articles 515-1 à 515-7-1Légifrance
- Décret n°2006-1806 du 23 décembre 2006 relatif à la déclaration, la modification, la dissolution et la publicité du PacsLégifrance
- Décret n°2012-966 du 20 août 2012 sur l'enregistrement de la déclaration, modification et dissolution du Pacs reçu par notaireLégifrance
- Circulaire du 10 mai 2017 relative au transfert des Pacs aux officiers d'état civiltextes.justice.gouv.fr
- Code civil : articles 34 à 54Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Dissoudre un Pacs
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Les règles de dissolution du Pacs sont fixées par le code civil. Vérifier les dernières évolutions auprès de la mairie ou du notaire compétent, ou sur la fiche officielle F1620 de Service-Public.gouv.fr.

