Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir avant de faire un testament-partage : conditions, forme, biens partageables, bénéficiaires et révocabilité.
Ce qu'il faut savoir
- Le testament-partage est un acte d'autorité : il impose le partage de vos biens entre vos héritiers à votre décès.
- Les bénéficiaires doivent accepter le partage. S'ils le refusent, ils renoncent à la succession et ne peuvent pas réclamer un nouveau partage.
- Vous devez être sain d'esprit, majeur ou mineur de plus de 16 ans, et avoir la capacité juridique de gérer vos biens.
- Le testament-partage doit être écrit : olographe (écrit à la main, daté, signé) ou authentique (dicté à un notaire, assisté de 2 témoins ou d'un second notaire).
- Il ne peut porter que sur vos biens personnels ou indivis, jamais sur les biens communs avec votre époux.
- Le partage ne doit pas porter atteinte à la réserve héréditaire de vos héritiers.
- Vous pouvez modifier ou annuler votre testament-partage jusqu'à votre décès.
- Vous ne pouvez pas faire un testament-partage à plusieurs : chaque membre du couple doit rédiger le sien.
Conditions essentielles
- Être sain d'esprit : posséder des capacités mentales permettant un discernement et une volonté suffisamment éclairée.
- Être majeur ou mineur de plus de 16 ans (entre 16 et 18 ans, léguer uniquement la moitié de vos biens, sauf si vous êtes mineur émancipé).
- Avoir la capacité juridique de gérer vos biens.
- Le testament-partage ne doit pas être rédigé sous la contrainte.
- Pour les majeurs sous tutelle : autorisation du juge des tutelles ou du conseil de famille.
Les étapes
- Vérifier que vous remplissez les conditions (sain d'esprit, majeur ou mineur de plus de 16 ans, capacité juridique).
- Choisir la forme : testament olographe (rédigé seul) ou testament authentique (dicté à un notaire).
- Identifier les biens personnels ou indivis à partager (les biens communs avec l'époux sont exclus).
- Désigner les bénéficiaires : héritiers présomptifs ou descendants de degrés différents, sans porter atteinte à la réserve héréditaire.
- Rédiger le testament-partage en respectant le formalisme (écriture à la main, date, signature pour l'olographe).
- Éventuellement confier le testament à un notaire pour conservation et inscription au FCDDV.
- Le cas échéant, faire enregistrer le testament au fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) dans les 3 mois suivant le décès.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails sur la rédaction, les bénéficiaires, le coût et les cas d'annulation sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail des règles de rédaction (olographe ou authentique), des biens partageables et de la réserve héréditaire, voir les sections « Comment rédiger un testament-partage ? », « Quels biens peuvent être répartis ? » et « Quels sont les bénéficiaires ? ».
Qui peut faire un testament-partage ?
Pour faire un testament-partage, vous devez remplir 3 conditions cumulatives et ne pas être sous le coup d'une contrainte.
Pour faire un testament-partage, vous devez être sain d'esprit — c'est-à-dire posséder des capacités mentales permettant un discernement et une volonté suffisamment éclairée —, être majeur ou mineur de plus de 16 ans, et avoir la capacité juridique de gérer vos biens.
La condition d'insanité d'esprit est l'une des causes d'annulation les plus invoquées après le décès : si vous ne possédiez pas, au moment de la rédaction, des capacités mentales permettant un discernement et une volonté suffisamment éclairée, vos héritiers peuvent demander l'annulation. La condition d'âge admet une exception : entre 16 et 18 ans, vous pouvez léguer uniquement la moitié de vos biens, sauf si vous êtes mineur émancipé. Enfin, la capacité juridique de gérer vos biens est requise : elle exclut les personnes mises sous protection juridique qui n'ont pas cette capacité.
Règle
Pour être valable, votre testament-partage ne doit pas être rédigé sous la contrainte. Si vous êtes majeur sous tutelle, vous pouvez faire un testament-partage uniquement sur autorisation du juge des tutelles ou du conseil de famille. Si vous êtes majeur sous habilitation familiale, sous sauvegarde de justice ou sous curatelle, vous pouvez faire seul votre testament-partage.
Vous ne pouvez pas faire un testament-partage à plusieurs. Par exemple, il est interdit de rédiger un seul testament-partage pour vous et la personne avec laquelle vous vivez en couple. Chaque membre du couple doit exprimer ses dernières volontés dans son propre testament-partage. Par ailleurs, un testament-partage sous contrainte — qu'elle soit morale ou physique — est nul : le testateur doit avoir exprimé librement sa volonté. La preuve de la contrainte peut être rapportée par vos héritiers après votre décès, dans le cadre d'une action en annulation devant le tribunal judiciaire ou le tribunal de proximité.
Quels biens peuvent être répartis dans un testament-partage ?
Le testament-partage ne peut porter que sur vos biens personnels ou indivis, jamais sur les biens communs avec votre époux.
Le testament-partage doit inclure uniquement vos biens personnels. Les biens indivis peuvent en faire partie. En revanche, il ne peut pas concerner des biens communs à vous et votre époux — il s'agit des biens dont on ignore s'ils vous seront attribués ou non au moment du partage de la communauté.
Les biens personnels sont ceux qui vous appartiennent exclusivement (biens propres). Les biens indivis sont ceux que vous détenez en indivision avec d'autres personnes (par exemple des héritiers d'un précédent décès). Les biens communs au couple marié sous le régime de la communauté sont exclus parce que leur sort n'est pas encore déterminé au moment de la rédaction : ils dépendront du partage de la communauté conjugale, qui n'aura lieu qu'au moment du décès ou du divorce.
Règle
Vous pouvez choisir de ne partager qu'une partie de vos biens. Dans ce cas, les biens non mentionnés dans votre testament-partage sont attribués selon les règles de la dévolution légale. Vous ne pouvez pas, dans votre testament-partage, transmettre vos biens dans des conditions qui sont contraires à la loi ou aux mœurs.
Le testament-partage est un acte d'autorité qui impose le partage. Si vous y prévoyez uniquement des attributions facultatives pour vos héritiers, le caractère impératif du testament-partage n'est pas respecté : vos héritiers peuvent alors le contester devant les tribunaux. Cette nullité est invoquée lorsque le testateur s'est contenté d'exprimer des vœux sans imposer juridiquement le partage. Le caractère impératif est la caractéristique essentielle qui distingue le testament-partage d'un testament ordinaire avec attributions : il ne s'agit pas d'une simple recommandation, mais d'un acte qui s'impose aux bénéficiaires et à leurs ayants droit.
Quels sont les bénéficiaires d'un testament-partage ?
La désignation des bénéficiaires n'est pas libre : le testament-partage doit être fait au profit de vos héritiers présomptifs ou de descendants de degrés différents, sans porter atteinte à la réserve héréditaire.
Vous pouvez faire un testament-partage au profit de vos héritiers présomptifs. Vous pouvez aussi effectuer un testament-partage au profit de descendants de degrés différents, qu'ils soient ou non vos héritiers présomptifs. Par exemple, une grand-mère peut effectuer un testament-partage au profit d'enfants (qui sont ses héritiers présomptifs) et de petits-enfants (qui ne le sont pas, tant que leurs parents sont vivants).
Les héritiers présomptifs sont les personnes qui, à défaut de testament, seraient appelées à votre succession par la loi (vos enfants, à défaut vos petits-enfants, etc.). Les descendants de degrés différents permettent de franchir un degré : une grand-mère peut attribuer directement des biens à ses petits-enfants, en concurrence avec ses enfants. Le testament-partage est un acte d'autorité : les dispositions que vous y énoncez s'imposent aux bénéficiaires.
Règle
Le partage ne doit pas porter atteinte à la réserve héréditaire. Par exemple, le testateur qui a un enfant doit prévoir, dans son testament-partage, l'attribution de la moitié de ses biens à cet enfant. L'héritier qui n'a pas reçu un lot égal à sa part de réserve peut exercer une action en réduction devant le juge.
Les biens seront partagés à votre décès dans le respect des dispositions du testament-partage. Les bénéficiaires peuvent accepter le partage ou y renoncer. Mais s'ils le refusent, ils ne peuvent pas réclamer un nouveau partage de votre succession : le refus équivaut à une renonciation.
Quel est le coût d'un testament-partage ?
Le testament-partage est gratuit si vous le rédigez seul (olographe). Des frais sont dus si vous le faites établir ou conserver chez un notaire.
Le testament-partage est gratuit si vous le rédigez seul (testament dit *olographe*). Toutefois, si vous déposez le document chez un notaire, vous devrez payer des frais de garde. Si vous faites établir votre testament-partage devant notaire (testament authentique), vous devrez lui payer des frais de rédaction.
Les émoluments notariés dépendent du type de testament. Depuis janvier 2021, pour un testament olographe, il n'y a pas de frais de rédaction ; les frais d'ouverture et de description sont de 26,41 € HT (31,69 € TTC) et les frais de garde avant le décès sont de 26,41 € HT (31,69 € TTC). Pour un testament authentique ou mystique, les frais de rédaction sont de 113,19 € HT (135,83 € TTC) ; il n'y a pas de frais d'ouverture et de description ni de frais de garde avant le décès.
Règle
Ces tarifs s'appliquent aux prestations suivantes : prestation effectuée avant janvier 2021 et qui n'a pas encore été réglée ; prestation qui a donné lieu au versement par le client d'un acompte ou d'une provision avant mars 2020 ; prestation qui a donné lieu à des frais engagés par le notaire avant mars 2020. Pour ces cas, les émoluments entre le 1ᵉʳ mai 2016 et le 31 décembre 2020 étaient : testament olographe — 26,92 € HT (32,30 € TTC) pour l'ouverture et la description, 26,92 € HT (32,30 € TTC) pour la garde ; testament authentique ou mystique — 115,39 € HT (138,47 € TTC) pour la rédaction.
Le notaire peut aussi vous facturer des frais pour l'inscription de votre testament olographe au fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV). Ces frais d'inscription sont distincts des émoluments de rédaction ou de garde. Le choix entre testament olographe et testament authentique n'est donc pas uniquement une question de coût : l'olographe est gratuit à la rédaction mais expose au risque de perte ou d'oubli du dépôt, tandis que l'authentique est plus coûteux mais assure la conservation par le notaire et la sécurité juridique de la rédaction (lecture par le notaire, témoins, signature). Pour un testament-partage, dont les enjeux patrimoniaux sont souvent importants, la consultation d'un notaire est fréquemment recommandée afin d'éviter les nullités de forme.
Comment modifier ou annuler un testament-partage ?
Vous pouvez, jusqu'à votre décès, modifier ou annuler votre testament-partage. Après votre décès, vos héritiers peuvent, dans certains cas, demander en justice l'annulation.
Vous pouvez, jusqu'à votre décès, modifier ou annuler votre testament-partage. Selon l'importance des modifications à établir, vous pouvez : faire un acte de déclaration de changement de volonté devant notaire, faire un nouveau testament-partage annulant le précédent, ou détruire votre testament olographe (en le déchirant par exemple).
La révocation du testament-partage est libre jusqu'au décès : le testateur garde toujours la maîtrise de ses dispositions. L'acte de déclaration de changement de volonté est adapté aux modifications ponctuelles ; le nouveau testament-partage permet de refaire entièrement le partage en annulant le précédent ; la destruction du testament olographe (déchirure) est la forme la plus simple pour un testament rédigé de sa main.
Règle
Après votre décès, vos héritiers peuvent demander en justice l'annulation de votre testament-partage. Cette demande doit être faite par assignation devant le tribunal judiciaire ou le tribunal de proximité. L'annulation peut être demandée dans les cas suivants : inexécution des obligations prévues par le testament-partage (délai de 5 ans à partir du jour où le bénéficiaire a arrêté d'accomplir ses charges) ; non-respect du formalisme (testament olographe non daté, non signé — délai de 5 ans à partir du décès ou du jour où les héritiers prennent connaissance du testament) ; non-respect du caractère impératif (uniquement des attributions facultatives — délai de 5 ans à partir du décès ou du jour où ils prennent connaissance du testament) ; insanité d'esprit du testateur au moment de la rédaction (délai de 5 ans à partir du décès ou du jour où ils prennent connaissance du testament) ; incapacité du bénéficiaire du partage (délai de 5 ans à partir du décès ou du jour où ils prennent connaissance du testament).
L'inexécution des obligations peut conduire à l'annulation si les juges estiment que les faits reprochés sont suffisamment graves. Vous ne pouvez pas transmettre vos biens à certaines personnes : par exemple, vous ne pouvez pas léguer une part de votre héritage au médecin qui vous a soigné pendant la maladie dont vous êtes décédé, ni à votre tuteur ou à votre curateur. Pour retrouver l'existence d'un testament-partage, vos héritiers peuvent interroger le fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV).
Textes applicables
- Code civil : articles 901 à 911Légifrance
- Code civil : articles 967 à 980Légifrance
- Code civil : articles 1075 à 1075-5Légifrance
- Code civil : articles 1079 à 1080Légifrance
- Code civil : article 1145Légifrance
- Code civil : articles 1002 à 1002-1Légifrance
- Code civil : articles 912 à 917Légifrance
- Code civil : articles 921 à 928Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Faire un testament-partage
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Code civil : articles 901 à 911 (capacité de disposer)
- Code civil : articles 967 à 980 (testament)
- Code civil : articles 1075 à 1075-5 (partage d'ascendant)
- Code civil : articles 1079 à 1080 (testament-partage)
- Code civil : article 1145 (interdiction de léguer au médecin)
- Code civil : articles 912 à 917 (réserve héréditaire)
- Fiche officielle Service-Public.fr
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.


Comment rédiger un testament-partage ?
Votre testament-partage doit être écrit. Vous pouvez le faire seul (testament olographe) ou devant un notaire (testament authentique).
Votre testament-partage doit être écrit. Deux formes sont possibles : le testament olographe, que vous rédigez seul, et le testament authentique, que vous faites établir devant un notaire.
Le testament olographe est entièrement écrit à la main. Pour qu'il soit valable, il doit remplir 3 conditions cumulatives : être écrit en entier à la main (il ne doit jamais être tapé à la machine, même en partie), être daté précisément (l'indication du jour, du mois et de l'année sont indispensables), et être signé. Vous pouvez rédiger votre testament-partage dans une langue étrangère. Afin d'éviter tout risque d'annulation ou de mauvaise interprétation (ambiguïté, etc.), vous pouvez demander conseil à un notaire. Vous pouvez également confier le testament-partage à un notaire pour qu'il le conserve : vous évitez le risque qu'il soit perdu, endommagé, volé ou pas retrouvé au moment du décès.
Règle
Le testament authentique est dicté à un notaire assisté de 2 témoins ou d'un second notaire. Vos témoins ne peuvent pas être vos parents, vos légataires ou les clercs du notaire que vous avez choisi ; les témoins qui assistent le notaire ne peuvent pas être choisis parmi les bénéficiaires du testament-partage. Si vous ne parlez pas français et que le notaire ne comprend pas votre langue, vous pouvez vous faire assister par un interprète. Si vous êtes sourd ou muet et ne savez pas lire et écrire, vous pouvez être assisté d'un interprète en langue des signes. Une fois rédigé, le testament-partage est lu par le notaire ; vous devez signer le document, et les témoins ou le second notaire doivent aussi signer. Le notaire conserve votre testament-partage et s'occupe de le faire enregistrer au fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) dans les 3 mois suivant le décès.
Vous pouvez confier un testament olographe à un notaire pour conservation : dans ce cas, le notaire doit le faire enregistrer au FCDDV dans les 3 mois suivant votre décès. Pour retrouver l'existence d'un testament-partage, vos héritiers peuvent interroger le FCDDV.