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Plan d'épargne retraite (PER)

Le plan d'épargne retraite (PER) est un produit d'épargne retraite créé par la loi Pacte, disponible depuis le 1ᵉʳ octobre 2019. Il permet d'économiser pendant la vie active pour obtenir, à la retraite, un capital ou une rente. Le PER se décline sous 3 formes : un PER individuel (succédant au Perp et au contrat Madelin), un PER d'entreprise collectif (succédant au Perco) et un PER d'entreprise obligatoire (succédant au contrat article 83). Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond, et l'épargne est en principe bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir avant d'ouvrir un PER : les 3 formes du plan, l'âge minimum, l'avantage fiscal à l'entrée, les cas de déblocage anticipé et la fiscalité à la sortie.

Ce qu'il faut savoir

  • Le PER est un produit d'épargne retraite disponible depuis le 1ᵉʳ octobre 2019, qui remplace progressivement les autres plans d'épargne retraite (Perp, contrat Madelin, Perco, contrat article 83).
  • Il existe 3 formes de PER : le PER individuel (ouvert à tous), le PER d'entreprise collectif (ouvert à tous les salariés d'une entreprise, sans obligation de souscription) et le PER d'entreprise obligatoire (réservé à certaines catégories de salariés, souscription obligatoire).
  • Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, il faut avoir 18 ans pour ouvrir un PER individuel ; il n'est plus possible d'ouvrir un PER pour un enfant mineur.
  • Les versements volontaires effectués avant 70 ans sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond individuel (10 % des revenus professionnels de l'année précédente, dans la limite de 37 680 €, ou 4 710 € si ce montant est plus élevé).
  • L'épargne est en principe bloquée jusqu'à l'obtention de la pension de retraite ou l'atteinte de l'âge légal de départ, mais des cas de déblocage anticipé existent pour les accidents de la vie et pour l'achat de la résidence principale.
  • À la sortie, le régime fiscal dépend de si les versements ont été déduits ou non du revenu imposable, et du choix entre rente et capital.
  • En cas de décès, les sommes du PER individuel sont versées aux héritiers ou bénéficiaires désignés ; pour le PER d'assurance, la fiscalité est proche de celle de l'assurance-vie (abattement de 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans, 30 500 € après 70 ans).
  • L'épargne des anciens plans (Perp, Madelin, Préfon, Perco, Corem, CRH, article 83) peut être transférée sur un PER.

Conditions essentielles

  • Avoir 18 ans pour ouvrir un PER individuel (depuis le 1ᵉʳ janvier 2024).
  • Disposer de sa capacité juridique (un majeur protégé ne peut pas souscrire seul, l'ouverture du PER pour son compte est un acte de disposition nécessitant l'autorisation du juge).
  • Souscrire le PER auprès d'un établissement financier ou d'un organisme d'assurance, selon la forme choisie (bancaire ou assurance).
  • Choisir, à chaque versement, si les sommes sont déduites du revenu imposable (avantage fiscal à l'entrée) ou non (fiscalité atténuée à la sortie).

Les étapes

  • Choisir la forme de PER adaptée (individuel, collectif d'entreprise, obligatoire).
  • Souscrire le plan auprès d'un organisme habilité (établissement bancaire, entreprise d'assurance, mutuelle ou institution de prévoyance).
  • Effectuer des versements volontaires (libres, programmés ou ponctuels), ou bénéficier des versements de l'employeur et de l'épargne salariale dans les PER d'entreprise.
  • Suivre l'évolution de l'épargne, la performance, les frais et les conditions de transfert grâce aux informations annuelles du gestionnaire.
  • Au moment du départ à la retraite (ou de l'atteinte de l'âge légal), demander le versement de l'épargne en capital, en rente viagère, ou partiellement en capital et en rente.
  • Le cas échéant, demander un déblocage anticipé dans l'un des cas autorisés (accident de la vie, achat de la résidence principale).
  • En cas de besoin, transférer l'épargne vers un autre PER.

Cette synthèse présente l'essentiel du PER. Les règles détaillées (compartiments, gestion pilotée, fiscalité de la sortie, PER d'entreprise, transferts) sont traitées dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les règles propres à votre situation, voir les sections « PER individuel : souscription », « Fiscalité à l'entrée », « Fiscalité à la sortie » et « PER d'entreprise collectif et obligatoire ».

Les 3 formes de PER

Le PER se décline sous 3 formes : un PER individuel, un PER d'entreprise collectif et un PER d'entreprise obligatoire. Chacune répond à un besoin différent et obéit à des règles de souscription distinctes.

Le PER individuel (appelé aussi PERIN ou PERI) est ouvert à tous. Il succède au Perp et au contrat Madelin, qui ne sont plus proposés depuis le 1ᵉʳ octobre 2020. Le PER d'entreprise collectif (aussi appelé PERECO ou PERECOL) succède au Perco ; il est ouvert à tous les salariés d'une entreprise, sans obligation de souscription. Le PER d'entreprise obligatoire (appelé aussi PERO) succède au contrat article 83 ; il est réservé à certaines catégories de salariés, qui ont l'obligation de souscrire.

Chacun de ces plans donne droit à des avantages fiscaux et vos droits sont transférables vers les autres PER. L'échéance du plan est l'âge de la retraite, mais avec des cas de déblocage anticipé. Votre épargne accumulée sur le Perp, le Madelin ou le Perco peut être, à votre demande, transférée sur le nouveau PER correspondant.

Règle

La mise en place d'un PER d'entreprise (collectif ou obligatoire) par l'employeur est facultative ; en revanche, dès qu'il existe, le PER individuel reste ouvert à tous sans lien avec l'entreprise.

Les anciens plans ne sont plus commercialisés, mais les contrats déjà ouverts continuent de fonctionner ; leur transfert vers un PER est possible à tout moment, sous les conditions de frais et de délais décrites dans la section « Transferts entre PER et anciens plans ».

PER individuel : souscription

Le PER individuel est ouvert à tous depuis l'âge de 18 ans, sans condition liée à la situation professionnelle. Il se souscrit sous l'une des 2 formes suivantes : PER bancaire ou PER d'assurance.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, il faut avoir 18 ans pour pouvoir ouvrir un PER individuel. Il n'est plus possible d'ouvrir un PER individuel pour un enfant mineur depuis la mise sur le marché du plan épargne avenir climat ; les PER déjà ouverts avant le 1ᵉʳ janvier 2024 au nom d'un enfant mineur restent ouverts, mais il n'est plus possible d'y réaliser des versements jusqu'à ce que l'enfant atteigne ses 18 ans.

Pour ouvrir un PER individuel, il n'y a pas de condition liée à la situation professionnelle : tout particulier âgé de plus de 18 ans peut épargner sur un PER individuel (salarié, chef d'entreprise, travailleur non salarié, profession libérale, demandeur d'emploi, sans activité ou retraité). Il n'y a pas de limite d'âge, mais il faut disposer de sa capacité juridique. Un majeur protégé ne peut pas souscrire seul un PER individuel : selon la situation, il devra être assisté (s'il est placé sous curatelle) ou représenté (s'il est placé sous tutelle, sous habilitation familiale ou sous mandat de protection future). Le PER est un placement financier à long terme qui a des conséquences sur le patrimoine de la personne protégée : l'ouverture d'un PER pour le compte d'un majeur protégé est un acte de disposition qui doit être autorisé par le juge.

Règle

Le PER individuel peut être ouvert sous l'une des 2 formes suivantes. PER bancaire ou PER d'investissement : donne lieu à l'ouverture d'un compte titres ; il doit être souscrit par l'intermédiaire d'une société spécialisée, prestataire agréé pour exercer l'activité de conseil en investissement (établissement bancaire, entreprise d'investissement financier). PER d'assurance : donne lieu à l'adhésion à un contrat d'assurance de groupe ; il permet des supports d'investissement en fonds euros et en unités de compte, avec un fonctionnement proche de l'assurance-vie ; il doit être souscrit par l'intermédiaire d'une association souscriptrice de contrats d'assurance groupe sur la vie (ouverts auprès d'une entreprise d'assurance, d'une mutuelle ou d'une institution de prévoyance), ou auprès d'un fonds de retraite professionnel supplémentaire.

Le PER d'assurance permet de désigner des bénéficiaires en cas de décès et bénéficie d'une fiscalité proche de l'assurance-vie, ce qui n'est pas le cas du PER bancaire (compte titres), dont les sommes sont intégrées à l'actif successoral.

Fonctionnement du PER

Chaque PER est organisé en 3 compartiments selon l'origine des fonds, est géré par défaut en gestion pilotée à horizon retraite, et fait l'objet d'une information annuelle du titulaire.

Chaque PER, qu'il soit individuel ou collectif, est organisé en 3 compartiments distincts selon l'origine des fonds qui l'alimentent : le compartiment n°1 (individuel) reçoit les versements volontaires du titulaire (à l'intérieur duquel les organismes distinguent les versements déductibles du revenu imposable et ceux pour lesquels le titulaire renonce à la déduction) ; le compartiment n°2 (collectif) est alimenté par les versements de l'employeur (sommes issues de l'épargne salariale) ; le compartiment n°3 (catégoriel) recueille les cotisations obligatoires de l'employeur, éventuellement complétées des cotisations obligatoires du salarié si l'accord d'entreprise le prévoit.

Dans le PER individuel, le compartiment n°1 est alimenté par les versements volontaires du titulaire ; les compartiments n°2 et n°3 ne sont alimentés qu'exceptionnellement, en cas de transfert d'épargne déjà constituée sur un autre dispositif (par exemple transfert d'un PER d'entreprise sur un PER individuel, ou transfert d'un ancien Perco). Gestion pilotée : sauf mention contraire de votre part, la gestion des sommes versées sur le PER se fait suivant le principe de la gestion pilotée : lorsque le départ en retraite est lointain, l'épargne peut être investie sur des actifs plus risqués et plus rémunérateurs ; à l'approche de l'âge de la retraite, l'épargne est progressivement orientée vers des supports moins risqués. Il existe 4 profils d'investissement à « horizon retraite » : prudent, équilibré, dynamique ou offensif ; sauf indication contraire, c'est le profil « équilibré horizon retraite » qui est appliqué.

Règle

Information du titulaire : l'organisme gestionnaire doit vous donner, au moment de l'ouverture du PER, une information sur les caractéristiques du plan, son mode de gestion et sa fiscalité. Chaque année, il doit vous donner les informations suivantes : évolution du compte, performance financière des investissements, montant des frais prélevés, conditions de transfert du plan. À partir de la 5ᵉ année précédant l'année de votre départ à la retraite, vous pouvez interroger le gestionnaire du PER sur les possibilités de sortie adaptées à votre situation.

Versements : le PER individuel est d'abord alimenté par les versements volontaires que vous effectuez (libres, programmés ou ponctuels). À condition d'être effectués avant vos 70 ans, les versements sont déductibles du revenu imposable par principe et non déductibles sur option ; l'option doit être déclarée au gestionnaire du plan au moment de chaque versement. Il n'y a pas de plafond pour les versements volontaires en numéraire, mais le montant pour lequel vous pouvez bénéficier d'un avantage fiscal est plafonné.

Déblocage du PER

En principe, le PER est bloqué jusqu'à la retraite. Mais il existe des cas de déblocage anticipé pour les « accidents de la vie » et pour l'achat de la résidence principale.

Vous pouvez débloquer votre PER au plus tôt à la date d'obtention de votre pension de retraite ou quand vous avez atteint l'âge légal de départ à la retraite (selon votre année de naissance). Vous avez alors le choix de demander que l'épargne accumulée soit versée en capital, en rente viagère, ou partiellement en capital et en rente. Le capital peut être versé en une ou plusieurs fois. Toutefois, le versement en capital ne sera pas possible si vous avez déjà opté définitivement, à l'ouverture du plan, pour un versement en rente viagère.

Vous pouvez demander à récupérer votre épargne, sous forme d'un versement unique, de façon anticipée dans les seuls cas suivants : décès de l'époux ou épouse ou du partenaire de Pacs du titulaire ; invalidité (2ᵉ ou 3ᵉ catégorie) du titulaire, de ses enfants, de son époux ou épouse, ou de son partenaire de Pacs ; affection grave, handicap ou survenue d'un accident d'une particulière gravité chez l'enfant à la charge du titulaire ; surendettement du titulaire (dans ce cas, c'est la commission de surendettement qui doit écrire à l'organisme gestionnaire) ; expiration des droits à l'assurance chômage du titulaire ou cessation de la fonction de mandataire social depuis au moins 2 ans sans contrat de travail et sans liquidation de pension dans un régime obligatoire d'assurance vieillesse ; cessation d'activité non salariée du titulaire à la suite d'un jugement de liquidation judiciaire ; achat de la résidence principale (dans ce cas, les droits issus de versements obligatoires restent bloqués).

Règle

Pour demander le déblocage anticipé, vous devez envoyer une lettre, de préférence recommandée, à l'organisme gestionnaire, accompagnée des éléments suivants : justificatif d'identité, relevé d'identité bancaire du compte sur lequel vous souhaitez obtenir le versement, et justificatif de la situation exceptionnelle de déblocage anticipé que vous invoquez.

Fiscalité du déblocage anticipé : le mode d'imposition du capital dépend du motif du déblocage et de l'origine des sommes. Si le déblocage est fondé sur un des cas d'accident de la vie, la part du capital correspondant aux versements est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ; la part correspondant aux gains est soumise aux prélèvements sociaux. Si le déblocage est motivé par l'achat de la résidence principale, si vous avez déduit fiscalement les versements, la part correspondant aux versements est imposée à l'impôt sur le revenu sans abattement de 10 % mais exonérée de prélèvements sociaux, et la part correspondant aux gains subit le prélèvement forfaitaire unique (PFU) (taux forfaitaire de 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux) ; si vous n'avez pas déduit fiscalement les versements, la part correspondant aux versements est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, et la part correspondant aux gains subit le PFU.

Fiscalité à l'entrée (déduction des versements)

Jusqu'à 70 ans, l'alimentation du PER individuel permet de bénéficier d'un avantage fiscal : la déduction des versements du revenu imposable. Cette déduction est plafonnée et dépend de vos revenus professionnels.

Jusqu'à vos 70 ans, vous pouvez déduire de vos revenus imposables d'une année les sommes que vous avez versées sur votre PER au cours de la même année, dans la limite d'un plafond individuel déterminé chaque année pour chaque membre de votre foyer fiscal. À condition d'être réalisés avant vos 70 ans, les versements volontaires sont déductibles par principe et non déductibles sur option.

Vous êtes salarié : le plafond de déduction des cotisations retraite est égal à 10 % de vos revenus d'activité (nets de frais professionnels) de l'année précédente, avec un maximum de 37 680 €, ou à 4 710 € si ce montant est plus élevé. Ce montant est réduit des éléments suivants : cotisations aux régimes de retraite supplémentaire rendus obligatoires dans l'entreprise (part patronale pour son montant non imposable et part salariale pour son montant déductible du salaire) ; abondement de l'employeur au Perco, au Pereco ou au PERO dans la limite du montant exonéré d'impôt sur le revenu ; droits inscrits sur un compte épargne temps (CET) ou, en l'absence de CET, des jours de congé monétisés, exonérés (dans la limite de 10 jours), affectés par le salarié à un Perco, à un régime de retraite supplémentaire d'entreprise ou à un Pereco. Vous êtes sans profession ou retraité sans revenus professionnels : le plafond est de 4 710 €. Des règles particulières s'appliquent pour les travailleurs indépendants.

Règle

Le plafond est majoré du plafond de déduction (ou de la fraction du plafond) non utilisé au cours des 5 années précédentes, du plus ancien au plus récent. Toutefois, la part non utilisée des plafonds des années 2024 et 2025 peut être utilisée uniquement dans un délai de 3 ans (jusqu'en 2027 pour la part de 2024 et jusqu'en 2028 pour la part de 2025) ; la part non utilisée du plafond de 2026 (et des années suivantes) pourra être utilisée dans un délai de 5 ans. Le plafond personnalisé applicable à vos cotisations versées en 2026 sera indiqué sur votre avis d'impôt 2026 (sur les revenus 2025).

Exemple : vous n'avez pas utilisé tout votre plafond de déduction en 2024 et en 2025 ; vos cotisations de 2026 sont déduites en priorité de votre plafond de 2026, puis le montant qui dépasse ce plafond est déduit de la part restante de votre plafond de 2024, puis de la part restante de votre plafond de 2025. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les versements effectués sur votre PER après vos 70 ans sont toujours possibles mais ne sont plus déductibles.

Fiscalité à la sortie (rente ou capital)

Le régime fiscal de la rente ou du capital dépend du fait que vous ayez déduit ou non les versements volontaires de vos revenus imposables, et du choix entre rente et capital.

Versements déduits — sortie en rente : la rente provenant des versements volontaires déjà déduits est imposable à l'impôt sur le revenu, selon les règles applicables aux pensions de retraite ; elle s'ajoute à vos revenus taxables dans la catégorie des pensions, retraites et rentes, sur laquelle l'administration applique automatiquement un abattement de 10 % (dans la limite d'un plafond annuel par foyer fiscal). Des prélèvements sociaux s'appliquent sur une fraction de la rente, qui varie en fonction de votre âge à la date du 1ᵉʳ versement : 70 % si vous aviez moins de 50 ans, 50 % si vous aviez entre 50 et 59 ans, 40 % si vous aviez entre 60 et 69 ans, 30 % si vous aviez plus de 69 ans. Le taux des prélèvements sociaux est de 17,2 % pour les rentes versées en 2025 et de 18,6 % à compter du 1ᵉʳ janvier 2026.

Versements déduits — sortie en capital : la part de capital correspondant au cumul des versements volontaires est imposée au barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux (elle s'ajoute à vos revenus taxables dans la catégorie des pensions de retraite, sans l'abattement de 10 %) ; la part de capital correspondant aux intérêts générés par le contrat subit le prélèvement forfaitaire unique (PFU) effectué par la banque avant le versement : taux global de 30 % (12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu + 17,2 % au titre des prélèvements sociaux) pour les intérêts perçus jusqu'au 31 décembre 2025, et 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. Versements non déduits — sortie en rente : la rente est imposable selon les règles applicables aux rentes viagères à titre onéreux, c'est-à-dire sur seulement une fraction de la rente, déterminée par votre âge à la date du 1ᵉʳ versement (70 % si moins de 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % si plus de 69 ans) ; cette fraction imposable est soumise aux prélèvements sociaux au taux de 18,6 %. Versements non déduits — sortie en capital : la part de capital correspondant au cumul de vos versements volontaires non déduits est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ; seule la part correspondant aux intérêts générés par le contrat est imposée au titre des produits de placement, via le PFU (30 % jusqu'au 31 décembre 2025, 31,4 % à compter du 1ᵉʳ janvier 2026).

Règle

Le prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % est acquitté au titre de l'impôt sur le revenu au moment du versement des intérêts. Vous pouvez demander à être dispensé du prélèvement forfaitaire si votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € si vous êtes célibataire, ou 50 000 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Pour une demande de dispense faite en 2026, c'est votre revenu fiscal de référence de 2024 qui doit être pris en compte ; la demande est à adresser à l'établissement financier qui vous verse les intérêts au plus tard au moment de leur encaissement (formulaire d'attestation sur l'honneur ou espace électronique du gestionnaire).

Le choix entre déduction à l'entrée et fiscalité atténuée à la sortie est un arbitrage : déduire les versements réduit l'impôt immédiat mais impose la rente ou le capital à la sortie ; renoncer à la déduction exonère les versements à la sortie (sous réserve de l'imposition des gains). Vérifier les derniers taux applicables sur le site impots.gouv.fr.

Décès du titulaire et transmission

En cas de décès du titulaire, le PER est clôturé (PER individuel) et les sommes épargnées sont versées aux héritiers ou aux bénéficiaires désignés. La fiscalité dépend de la nature du plan (bancaire ou assurance).

Si vous décédez avant d'avoir débloqué votre PER individuel, le plan sera clôturé. Les sommes épargnées doivent être versées à vos héritiers ou aux bénéficiaires que vous avez désignés dans le contrat, sous forme de capital ou de rente. Si vous décédez alors que le PER était déjà débloqué et que vous receviez une rente viagère, les sommes qui n'ont pas encore été versées à votre profit peuvent être transmises à condition d'avoir prévu la réversion de la rente à un bénéficiaire déjà désigné ; si la rente viagère n'est pas réversible, l'épargne restante ne sera pas distribuée.

À la suite de votre décès, l'imposition des sommes qui seront transmises dépend de la nature du plan. PER bancaire ou PER d'investissement (compte titres) : les sommes épargnées et transmises sont intégrées dans l'actif successoral et taxées selon la fiscalité des successions. PER d'assurance (contrat d'assurance de groupe) : les sommes épargnées et transmises sont taxées selon des règles proches de l'assurance-vie. La situation varie suivant que le décès du titulaire est intervenu avant ou après 70 ans : en cas de décès avant 70 ans, un abattement de 152 500 € est appliqué sur les sommes revenant à chaque bénéficiaire ; le solde est soumis à un prélèvement de 20 % par quote-part taxable inférieure ou égale à 700 000 €, et la quote-part taxable supérieure à 700 000 € est soumise à un prélèvement de 31,25 % ; en cas de décès après 70 ans, les sommes versées par l'assureur (épargne et gains) sont soumises aux droits de succession après application d'un abattement de 30 500 €, abattement global devant être partagé entre les bénéficiaires et réparti en fonction de leur part dans les sommes taxables ; les droits de succession sont calculés en fonction du lien de parenté existant entre chaque bénéficiaire et le titulaire décédé.

Règle

Le PER d'assurance permet de désigner des bénéficiaires dans le contrat ; c'est cette désignation qui détermine la répartition des sommes en cas de décès, indépendamment de la succession (sous réserve de la fiscalité décrite ci-dessus).

Le PER d'entreprise collectif n'est pas automatiquement clôturé en cas de décès : les sommes sont reversées aux héritiers ou bénéficiaires désignés, selon les mêmes distinctions entre plan bancaire (actif successoral) et plan d'assurance (règles proches de l'assurance-vie).

Transferts entre PER et anciens plans

L'épargne des anciens plans d'épargne retraite peut être transférée vers un PER, et l'épargne d'un PER peut être transférée vers un autre PER. Des frais et des délais s'appliquent selon l'ancienneté du produit.

Transfert d'anciens produits vers le PER individuel : vous pouvez transférer les produits d'épargne retraite qui existaient avant le 1ᵉʳ octobre 2019 : Perp, contrat Madelin, Préfon, Perco, Corem, CRH, contrat article 83. Si vous avez détenu le produit moins de 10 ans, les frais de transfert peuvent être facturés dans la limite de 5 % de l'épargne accumulée. Le transfert doit se faire dans un délai maximal de 4 mois. En cas de retard, vous pouvez saisir le Médiateur de l'Autorité des marchés financiers (AMF).

Transfert du PER individuel vers un autre PER : vous pouvez transférer l'épargne accumulée sur le PER individuel sur tous les autres PER. Le transfert est gratuit si vous avez détenu le produit pendant au moins 5 ans ou si le transfert intervient après l'échéance du plan. Si vous avez détenu le produit moins de 5 ans, les frais de transfert peuvent être facturés, dans la limite de 1 % de l'épargne accumulée. À compter de la réception de la demande de transfert et des justificatifs, le gestionnaire du plan a un délai de 2 mois pour transmettre au nouveau gestionnaire les informations nécessaires à la réalisation du transfert. En cas de retard, vous pouvez saisir le Médiateur de l'AMF.

Règle

Médiateur de l'AMF : si vous rencontrez une difficulté avec un intermédiaire financier ou une société cotée, vous pouvez saisir le Médiateur de l'AMF (17 place de la Bourse, 75082 PARIS CEDEX 02 ; téléphone 01 53 45 60 00 ; formulaire de contact en ligne). Attention : avant d'adresser votre réclamation, assurez-vous que votre demande relève du champ de compétence de l'AMF.

L'avantage fiscal lié au transfert d'un contrat d'assurance de plus de 8 ans vers un PER (doublement des abattements liés à la détention) a cessé le 31 décembre 2022. En cas de transfert des sommes issues d'un Perco vers un PER d'entreprise collectif, les taux des prélèvements sociaux en vigueur au moment des dépôts sont conservés.

PER d'entreprise collectif et obligatoire

Le PER d'entreprise collectif (PERECO) est ouvert à tous les salariés d'une entreprise sans obligation de souscription ; le PER d'entreprise obligatoire (PERO) est réservé à certaines catégories de salariés, qui doivent obligatoirement y souscrire.

PER d'entreprise collectif : toutes les entreprises peuvent proposer un PERECO à leurs salariés, même sans PEE ; le plan doit être ouvert à tous les salariés, mais une condition d'ancienneté peut être exigée (3 mois maximum) ; l'adhésion est facultative, mais le règlement peut prévoir l'adhésion automatique (vous êtes alors informé et disposez de 15 jours pour refuser). Dans une entreprise de moins de 250 salariés, l'époux, l'épouse ou le partenaire de Pacs du chef d'entreprise ayant le statut de collaborateur peut également en bénéficier. Si vous changez d'entreprise, vous pouvez transférer votre PERECO dans le PER de votre nouvelle société ou dans un PER individuel. PER d'entreprise obligatoire : le PERO peut être ouvert pour la totalité des salariés ou pour certaines catégories de salariés, définies à partir de critères objectifs ; si vous faites partie de ces salariés, vous devez obligatoirement souscrire au plan. Il est mis en place par décision du chef d'entreprise, ou ratification d'un accord par la majorité des salariés, ou accord collectif.

Versements PERECO : vous pouvez alimenter le plan avec des versements volontaires, les sommes issues de l'intéressement, de la participation, de tout ou partie de la prime de partage de la valeur (PPV) ou de la prime du PPVE, et des droits inscrits sur un compte épargne temps (CET) (ou, en l'absence de CET, sommes correspondant à des jours de repos non pris, dans la limite de 10 par an). L'employeur peut effectuer des abondements, qui ne peuvent pas dépasser 3 fois le montant que le salarié a lui-même versé, ni être supérieurs à 7 690 €. Tant que vous travaillez dans l'entreprise, les frais liés à la gestion du PER collectif sont pris en charge par votre employeur. Versements PERO : versements volontaires, versements obligatoires de votre part, participation et intéressement (si plan bénéficiant à tous les salariés), transferts d'autres plans, CET ou jours de repos non pris (10/an), PPV/PPVE ; l'entreprise peut effectuer des versements obligatoires. Déblocage anticipé : les mêmes 7 cas de déblocage anticipé que pour le PER individuel s'appliquent (décès du conjoint ou partenaire de Pacs, invalidité 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie, affection grave/handicap/accident de l'enfant à charge, surendettement, expiration des droits au chômage ou cessation de fonction de mandataire social depuis 2 ans, liquidation judiciaire de l'activité non salariée, achat de la résidence principale — droits issus de versements obligatoires restant bloqués).

Règle

Sortie : à l'échéance (date d'obtention de la pension ou âge légal), l'épargne issue des versements volontaires et de l'épargne salariale peut être versée en capital, en rente viagère, ou partiellement en capital et en rente ; les retraits en capital peuvent être fractionnés. En revanche, l'épargne issue des versements obligatoires n'est versée que sous forme de rente ; toutefois, si le montant mensuel de la rente ne dépasse pas 110 €, la rente peut être convertie en capital, d'un commun accord entre l'assureur et le bénéficiaire (possibilité existant au moment du déblocage ou, pour les faibles rentes, même en cours de versement). Transferts : le transfert du PERECO vers un autre PER est possible à tout moment lorsque vous avez quitté l'entreprise, ou, si vous y êtes encore, dans la limite d'un transfert tous les 3 ans ; il est gratuit si vous avez détenu le produit au moins 5 ans, et les frais éventuels sont plafonnés à 1 % de l'encours ; le transfert doit se faire dans un délai maximal de 3 mois. Le transfert du PERO est possible lorsque vous n'avez plus l'obligation d'adhérer (départ de l'entreprise par exemple), gratuit si détenu au moins 5 ans (frais plafonnés à 1 % sinon), dans un délai de 3 mois.

Fiscalité : pour le PERECO et le PERO, les versements volontaires (et, pour le PERO, les versements obligatoires) effectués avant 70 ans sont déductibles dans les mêmes conditions de plafond que pour le PER individuel (10 % des revenus professionnels de l'année précédente dans la limite de 37 680 €, ou 4 710 € si plus élevé, pour l'année 2026). Les sommes et droits issus de l'épargne salariale affectés au PER d'entreprise sont exonérés d'impôt sur le revenu. La fiscalité à la sortie suit les mêmes distinctions (versements déduits ou non déduits, épargne salariale, versements obligatoires) que celles décrites dans la section « Fiscalité à la sortie ». En cas de décès du titulaire d'un PERO, le plan est clôturé et les sommes reversées selon les règles de l'actif successoral (bancaire) ou de l'assurance-vie (assurance).

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Plan d'épargne retraite (PER)

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Le plan d'épargne retraite est régi par le Code monétaire et financier (articles L224-1 et suivants) et par les dispositions fiscales du code général des impôts. Les plafonds de déduction, taux de prélèvements sociaux et conditions de transfert peuvent évoluer : vérifier les dernières informations auprès de votre organisme gestionnaire, sur impots.gouv.fr ou auprès d'un conseiller financier.

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