Vue d'ensemble
Les revenus de l'épargne et des placements sont imposés de manière différenciée selon leur nature. Livrets réglementés exonérés, PFU ou barème progressif, régimes dérogatoires du PEA et de l'assurance-vie : voici les règles applicables à vos revenus de placements.
Ce qu'il faut savoir
- Les livrets d'épargne réglementés (Livret A, LEP, LDDS, livret Jeune) sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
- Pour les autres placements imposables, deux régimes s'offrent à vous : le prélèvement forfaitaire unique (PFU, « flat tax ») ou le barème progressif de l'impôt sur le revenu.
- Le PFU est constitué d'un impôt sur le revenu de 12,8 % et des prélèvements sociaux ; si vous ne spécifiez pas votre choix, vos revenus sont soumis au PFU par défaut.
- Le PEA est exonéré d'impôt sur le revenu en l'absence de retrait pendant 5 ans (sous réserve d'une limitation pour les titres non cotés), mais reste soumis aux prélèvements sociaux.
- Les sommes versées par votre employeur sur un plan d'épargne salariale (PEE) sont exonérées d'impôt sur le revenu.
- Le plan d'épargne avenir climat (PEAC), réservé aux moins de 21 ans, offre une exonération totale d'impôt et de prélèvements sociaux sur les gains.
- L'imposition de l'assurance-vie et de l'épargne retraite dépend de l'âge du contrat, de la date de versement des primes et du type de sortie (rente ou capital).
Conditions essentielles
- Pour le PFU ou le barème progressif : l'option s'applique à l'ensemble de vos revenus mobiliers et plus-values de cessions de valeurs mobilières.
- Pour le PEA : l'exonération s'applique en l'absence de retrait ou de rachat dans les 5 ans suivant le 1er versement.
- Pour le PEAC : vous devez avoir moins de 21 ans et résider en France.
- Pour la dispense de prélèvement forfaitaire non libératoire : revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année inférieur à 50 000 € (célibataire) ou 75 000 € (couple marié ou pacsé).
Les étapes
- Identifier la nature de vos placements (livret réglementé, placement à revenu fixe, actions, PEA, assurance-vie, épargne retraite, épargne salariale).
- Vérifier si vos revenus sont exonérés (livrets réglementés, PEAC, PEA après 5 ans, épargne salariale).
- Pour les revenus imposables, choisir entre le PFU et le barème progressif en fonction de votre taux d'imposition.
- Consulter les justificatifs remis par les établissements payeurs (formulaire IFU).
- Déclarer vos revenus de placements lors de votre déclaration annuelle de revenus, en corrigeant les montants pré-remplis si nécessaire.
- Le cas échéant, demander la dispense de prélèvement forfaitaire non libératoire si vous remplissez les conditions de revenu fiscal.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — PEL et CEL selon la date d'ouverture, assurance-vie, épargne retraite — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres au PEA, à l'assurance-vie et à l'épargne retraite, voir les sections « Plan d'épargne en actions (PEA) », « Assurance-vie et épargne retraite » et « Épargne salariale et plan d'épargne avenir climat ».
Livrets d'épargne réglementés : exonération totale
Les revenus procurés par les livrets d'épargne réglementés sont exonérés d'impôt sur le revenu. Il s'agit du Livret A, du livret jeune, du livret d'épargne populaire (LEP) et du livret de développement durable (LDD).
Ces livrets bénéficient d'un régime fiscal particulier instauré par le législateur pour favoriser l'épargne des ménages. L'exonération porte à la fois sur l'impôt sur le revenu et sur les prélèvements sociaux (CSG, CRDS) : vous n'avez donc rien à déclarer au titre des revenus de ces livrets.
Règle
Vous n'avez pas à déclarer les revenus de vos livrets d'épargne réglementés dans votre déclaration de revenus. Cette exonération est totale et ne nécessite aucune option particulière : elle s'applique de plein droit à tous les titulaires.
Le livret jeune (réservé aux moins de 25 ans), le LEP (sous conditions de ressources) et le LDD (aide à la transition écologique) obéissent aux mêmes règles d'exonération que le Livret A. Aucune déclaration n'est requise, contrairement aux autres placements.
Le PFU et le barème progressif : les deux régimes d'imposition
Pour vos placements imposables (obligations, livrets bancaires, dividendes…), vous pouvez opter pour l'un des deux dispositifs suivants : le prélèvement forfaitaire unique (PFU), également appelé *flat tax*, ou le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Si vous ne spécifiez pas votre choix, vos revenus sont soumis au PFU par défaut.
Le PFU est constitué de deux composantes : un impôt sur le revenu de 12,8 % et des prélèvements sociaux (CSG, CRDS). Le barème progressif applique en revanche votre tranche marginale d'imposition à vos revenus mobiliers, en plus des prélèvements sociaux.
Règle
Si vous optez pour le PFU, vous ne pouvez pas bénéficier des avantages suivants : abattement de 40 % sur les dividendes, déductibilité d'une partie de la CSG, déductibilité des frais et charges. Si vous choisissez le barème progressif, vous bénéficiez au contraire de ces trois avantages. L'option s'applique à l'ensemble de vos revenus mobiliers et de vos plus-values de cessions de valeurs mobilières.
- Si vous êtes non imposable ou imposé à 11 %, le barème progressif est plus favorable que le PFU (12,8 %).
- Si vous êtes imposé à 30 % ou plus, le PFU (12,8 %) est plus favorable.
- Le choix entre les deux régimes dépend donc directement de votre tranche marginale d'imposition.
Placements à revenu fixe (obligations, livrets bancaires…)
Les revenus procurés par les placements suivants sont imposables : obligations et emprunts d'État, obligations émises par des personnes morales de droit public (département, commune…), comptes de dépôt et comptes à terme, livrets bancaires fiscalisés, bons du Trésor et bons de caisse, titres de créances négociables (billet de trésorerie, certificat de dépôt…) et parts de fonds communs de créance.
Ces placements, dits à revenu fixe, versent des intérêts prédéterminés. Les intérêts perçus constituent des revenus de capitaux mobiliers, soumis au PFU (par défaut) ou au barème progressif, selon votre option. Les prélèvements sociaux s'ajoutent à l'impôt dans les deux cas.
Règle
L'option pour le barème progressif vous permet de bénéficier de la déductibilité d'une partie de la CSG et de la déductibilité des frais et charges, avantage refusé en cas de PFU. En revanche, l'abattement de 40 % n'est pas applicable aux intérêts des placements à revenu fixe : il est réservé aux dividendes.
Les établissements payeurs prélèvent généralement le PFU à la source lors du versement des intérêts. Le complément d'impôt, le cas échéant, est régularisé lors de votre déclaration annuelle.
Dividendes et produits d'actions
Les revenus procurés par actions et parts de sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés sont imposables. Ces revenus sont appelés, selon les cas, dividendes ou revenus distribués. Les dividendes sont soumis à l'impôt, pour leur valeur, selon le régime du PFU ou du barème progressif.
L'abattement de 40 % sur les dividendes est un avantage fiscal réservé aux contribuables ayant opté pour le barème progressif : il permet de réduire de 40 % le montant des dividendes imposables. Cet abattement n'est pas cumulable avec le PFU, qui applique un taux fixe de 12,8 % sans abattement.
Règle
Si vous optez pour le barème progressif, vos dividendes sont imposés selon votre tranche marginale d'imposition, après application de l'abattement de 40 %. Les prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas. La comparaison entre les deux régimes doit intégrer le montant de vos dividendes, votre tranche marginale et les avantages de déduction de la CSG et des frais.
PEL et CEL : fiscalité selon la date d'ouverture
La fiscalité du plan d'épargne logement (PEL) et du compte épargne logement (CEL) dépend de la date d'ouverture du plan. Les intérêts d'un PEL ouvert depuis 2018 sont imposables ; les intérêts d'un PEL ouvert avant 2018 sont exonérés jusqu'à 12 ans, puis imposables au-delà.
Pour un PEL ouvert depuis 2018, vous pouvez opter pour le PFU ou le barème progressif. Si vous ne spécifiez pas votre choix, vos intérêts sont soumis au PFU. Pour un PEL ouvert avant 2018, les intérêts sont exonérés tant que le plan n'a pas plus de 12 ans ; au-delà de 12 ans, ils deviennent imposables selon le régime du PFU ou du barème progressif.
Règle
Pour un CEL ouvert depuis 2018, les intérêts sont imposables selon le régime du PFU (par défaut) ou du barème progressif. En revanche, les intérêts d'un CEL ouvert avant le 1er janvier 2018 sont exonérés d'impôt sur le revenu.
| Plan | Date d'ouverture | Régime fiscal des intérêts |
|---|---|---|
| PEL | Depuis 2018 | Imposables (PFU par défaut ou barème progressif). |
| PEL | Avant 2018, moins de 12 ans | Exonérés. |
| PEL | Avant 2018, plus de 12 ans | Imposables (PFU par défaut ou barème progressif). |
| CEL | Depuis 2018 | Imposables (PFU par défaut ou barème progressif). |
| CEL | Avant 2018 | Exonérés. |
PEL
- Date d'ouverture
- Depuis 2018
- Régime fiscal des intérêts
- Imposables (PFU par défaut ou barème progressif).
PEL
- Date d'ouverture
- Avant 2018, moins de 12 ans
- Régime fiscal des intérêts
- Exonérés.
PEL
- Date d'ouverture
- Avant 2018, plus de 12 ans
- Régime fiscal des intérêts
- Imposables (PFU par défaut ou barème progressif).
CEL
- Date d'ouverture
- Depuis 2018
- Régime fiscal des intérêts
- Imposables (PFU par défaut ou barème progressif).
CEL
- Date d'ouverture
- Avant 2018
- Régime fiscal des intérêts
- Exonérés.
Plan d'épargne en actions (PEA)
En l'absence de retrait ou de rachat dans les 5 ans suivant votre 1er versement, vous êtes exonéré d'impôt sur le revenu sur les gains du PEA. Toutefois, l'exonération des revenus des titres non cotés détenus dans un PEA est limitée chaque année à 10 % du montant de ces titres.
Les revenus du PEA sont toutefois soumis aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS), même en cas d'exonération d'impôt sur le revenu. Le PEA constitue ainsi un dispositif d'épargne de moyen terme à long terme, avec un avantage fiscal significatif après cinq ans de détention.
Règle
Si vous effectuez un retrait ou un rachat avant les 5 ans de votre PEA, le gain net réalisé depuis l'ouverture du plan est imposé. Le gain net correspond à la différence entre les montants retirés et les versements effectués. La sortie en rente viagère après l'expiration de la 5e année du PEA est exonérée d'impôt sur le revenu (mais soumise aux prélèvements sociaux).
Assurance-vie et épargne retraite
L'imposition des contrats d'assurance-vie dépend de l'âge du contrat au moment du retrait et de la date de versement des primes. Les gains de l'assurance-vie sont soumis aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS).
Pour l'épargne retraite, l'imposition à la sortie dépend du type de contrat souscrit : plan d'épargne retraite (PER) individuel, plan d'épargne retraite d'entreprise (Pere), plan d'épargne retraite d'entreprise collectif (Pereco), plan d'épargne retraite d'entreprise obligatoire (Pero), plan d'épargne retraite populaire (Perp), plan d'épargne pour la retraite collectif (Perco), ou régimes facultatifs Préfon, Corem et CGOS.
Règle
L'imposition de l'épargne retraite dépend aussi des éléments suivants : versement en rente ou en capital, sortie au moment du départ en retraite ou sortie anticipée, déduction fiscale des cotisations versées ou absence de déduction fiscale. Les cotisations déduites du revenu imposable à l'entrée sont en principe imposées à la sortie.
L'assurance-vie et l'épargne retraite obéissent à des régimes fiscaux distincts et complexes, évoluant avec la législation. Il est recommandé de consulter la documentation officielle de l'administration fiscale ou un conseiller pour déterminer le régime applicable à votre situation.
Épargne salariale et plan d'épargne avenir climat
Les sommes versées par votre employeur en application d'un plan d'épargne salariale (plan d'épargne d'entreprise — PEE, plan d'épargne pour la retraite collective — Perco) sont exonérées d'impôt sur le revenu. Les revenus mobiliers restent soumis aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS), sauf exceptions.
Le plan d'épargne avenir climat (PEAC) est réservé aux jeunes de moins de 21 ans résidant en France. Il permet d'investir dans des titres financiers de sociétés ou d'organismes qui financent des projets dans le domaine de la transition écologique. Les gains générés par le PEAC sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Règle
Vous devez indiquer le montant de vos gains exonérés sur votre déclaration de revenus, même si ces gains ne sont pas imposés. Cette déclaration permet à l'administration fiscale de suivre le montant des exonérations accordées au titre du dispositif.
Déclaration des revenus de placements
Pour faire votre déclaration de revenus, vous pouvez consulter plusieurs documents : la notice explicative (en particulier celle relative aux revenus des valeurs et capitaux mobiliers), la brochure pratique de l'impôt sur le revenu disponible sur impots.gouv.fr, et les justificatifs remis par les établissements payeurs (formulaire IFU — déclaration récapitulative des opérations sur valeurs mobilières et revenus de capitaux mobiliers).
Si un montant pré-rempli est inexact, vous devez le corriger ou le compléter. Les montants pré-remplis proviennent des déclarations transmises par les établissements financiers à l'administration fiscale ; des erreurs peuvent survenir en cas de changement de situation, de double comptabilité ou de non-déclaration d'un placement.
Règle
Les livrets réglementés (Livret A, LEP, LDDS, livret Jeune) ne figurent pas dans la déclaration : ils sont exonérés. En revanche, les intérêts des PEL et CEL imposables, les dividendes, les intérêts des placements à revenu fixe et les gains du PEA (avant 5 ans) doivent être déclarés dans les cases correspondantes de votre déclaration.
La déclaration se fait en ligne (service « impots.gouv.fr — votre espace particulier ») ou sur papier. Les délais de déclaration sont fixés chaque année par l'administration fiscale ; un retard ou une omission peut entraîner des majorations.
Qui peut m'aider ?
Pour toute question relative à l'imposition de vos revenus de placements, vous pouvez vous adresser au service en charge des impôts (trésorerie, service des impôts des particuliers).
- Service en charge des impôts (trésorerie, service des impôts…)
- Contacts : [impots.gouv.fr — contacts](https://www.impots.gouv.fr/portail/contacts).
La brochure pratique de l'impôt sur le revenu et les notices explicatives sont disponibles sur [impots.gouv.fr](https://www.impots.gouv.fr/www2/fichiers/documentation/brochure/ir_2026/accueil.htm). Le simulateur de calcul de l'impôt permet d'estimer votre imposition avant la déclaration.
Textes applicables
- Code général des impôts : article 117 quaterLégifrance
- Code général des impôts : articles 119 bis à 119 quinquiesLégifrance
- Code général des impôts : article 125 ALégifrance
- Code général des impôts : article 242 quaterLégifrance
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026Légifrance
- Bofip-Impôts n°BOI-RPPM-RCM relatif à la fiscalité des revenus de capitaux mobiliersbofip.impots.gouv.fr
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Impôt sur le revenu - Revenus d'épargne et de placement
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
- Code général des impôts — article 117 quater (PFU)
- Brochure pratique de l'impôt sur le revenu (impots.gouv.fr)
- Bofip-Impôts — fiscalité des revenus de capitaux mobiliers
Les taux du PFU, les exonérations et les abattements applicables aux revenus de placements sont fixés par le Code général des impôts et les lois de finances. Vérifier les dernières évolutions auprès du service des impôts ou sur impots.gouv.fr.
