Mains empilées en signe de solidarité — social et entraide

Allocation de sécurisation professionnelle (ASP)

L'allocation de sécurisation professionnelle (ASP) est versée, sous conditions, au salarié bénéficiaire d'un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) après un licenciement pour motif économique. Son montant est au moins équivalent à l'allocation de retour à l'emploi (ARE) et elle est versée pendant 12 mois, sans différé d'indemnisation ni délai d'attente.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut savoir sur l'allocation de sécurisation professionnelle : conditions d'attribution, montant, dates et durée de versement, suspensions et cessations.

Ce qu'il faut savoir

  • L'ASP est versée au salarié qui accepte un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) après un licenciement pour motif économique.
  • Le montant de l'ASP est au moins équivalent au montant de l'allocation de retour à l'emploi (ARE) que le salarié aurait perçu en cas de licenciement sans CSP.
  • L'ASP est due dès le lendemain de la fin du contrat de travail : il n'y a ni différé d'indemnisation ni délai d'attente.
  • L'ASP est versée pendant une durée de 12 mois à compter de la prise d'effet du CSP, quelle que soit la durée d'affiliation du salarié.
  • Le versement n'est pas dégressif : le montant reste constant pendant toute la durée d'indemnisation.
  • L'ASP est versée à la fin de chaque mois, après actualisation de la situation auprès de France Travail.
  • L'ASP est soumise à la cotisation de retraite complémentaire et à l'impôt sur le revenu.
  • À la fin du CSP, si le salarié est toujours à la recherche d'un emploi, il peut percevoir l'ARE, sans différé ni délai d'attente, mais la durée d'indemnisation est réduite du nombre de jours d'ASP perçus.

Conditions essentielles

  • Être salarié licencié pour motif économique.
  • Accepter le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) proposé par l'employeur ou le conseiller France Travail.
  • Actualiser sa situation mensuelle auprès de France Travail pour maintenir ses droits.
  • Résider en métropole, dans les départements d'outre-mer (à l'exception de Mayotte), à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Saint-Barthélemy ou à Saint-Martin.

Les étapes

  • Le salarié licencié pour motif économique est informé du contrat de sécurisation professionnelle par l'employeur.
  • Le salarié dispose d'un délai de réflexion de 21 jours pour accepter ou refuser le CSP.
  • En cas d'adhésion, le salarié est orienté vers France Travail, qui met en œuvre les actions de reclassement prévues par le contrat.
  • L'ASP est versée à compter du lendemain de la fin du délai de réflexion de 21 jours (en cas d'adhésion sur proposition du conseiller France Travail).
  • Le salarié actualise sa situation mensuelle auprès de France Travail.
  • L'ASP est versée à la fin de chaque mois, pendant 12 mois.
  • À l'issue des 12 mois, si le salarié est toujours à la recherche d'un emploi, il bascule sur l'ARE.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les modalités précises de suspension, de cessation définitive et de transition vers l'ARE sont détaillées dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour les cas de suspension et de cessation définitive du versement, voir les sections « Le versement de l'ASP peut-il être suspendu ? » et « Le versement de l'ASP peut-il cesser définitivement ? ». Pour la transition vers l'allocation chômage, voir « Que se passe-t-il à la fin du contrat de sécurisation professionnelle ? ».

Qu'est-ce que l'allocation de sécurisation professionnelle ?

L'ASP est l'aide financière qui accompagne le salarié pendant l'exécution de son contrat de sécurisation professionnelle.

En cas de licenciement pour motif économique, lorsque le salarié accepte le contrat de sécurisation professionnelle (CSP), France Travail (anciennement Pôle emploi) lui verse une aide financière appelée allocation de sécurisation professionnelle (ASP).

Le contrat de sécurisation professionnelle est un dispositif de reclassement destiné aux salariés licenciés pour motif économique dans les entreprises d'au moins 1 000 salariés (ou les entreprises en difficulté). Il combine un accompagnement renforcé par un conseiller France Travail et le versement d'une allocation spéciale, plus favorable que l'allocation chômage classique. L'ASP constitue le volet financier de ce dispositif : elle remplace alors l'ARE pendant la durée du contrat, en offrant des garanties de montant et de délai de versement supérieures à celles de l'allocation chômage ordinaire.

Règle

L'ASP est versée sous conditions d'ancienneté du salarié, appréciées à des dates qui varient selon que la lettre de licenciement a été notifiée avant ou après l'expiration du délai de réflexion de 21 jours laissé au salarié pour accepter ou refuser le CSP.

L'ancienneté se calcule : soit à la date de présentation de la lettre de notification du licenciement, lorsque celle-ci est notifiée avant la fin du délai de réflexion de 21 jours ; soit au dernier jour du délai de réflexion de 21 jours, lorsque la lettre de licenciement n'a pas encore été notifiée.

Quelles conditions pour bénéficier de l'ASP ?

Le bénéfice de l'ASP suppose un licenciement pour motif économique, l'acceptation du CSP et le maintien de certaines obligations tout au long du versement.

Trois conditions cumulatives ouvrent droit à l'ASP : un licenciement pour motif économique, l'acceptation du contrat de sécurisation professionnelle et le respect des obligations de actualisation mensuelle auprès de France Travail.

La première condition est la nature même du licenciement : seule l'origine économique du licenciement ouvre droit au CSP, et donc à l'ASP. Le licenciement pour motif personnel ne permet pas de bénéficier de ce dispositif. La deuxième condition est l'adhésion expresse au CSP : le salarié dispose d'un délai de réflexion de 21 jours pour accepter ou refuser le contrat proposé par l'employeur. L'acceptation peut également intervenir sur proposition du conseiller France Travail. La troisième condition est la résidence : le bénéficiaire doit résider en métropole, dans les départements d'outre-mer (à l'exception de Mayotte), à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Saint-Barthélemy ou à Saint-Martin.

Règle

Le versement de l'ASP est subordonné à l'actualisation mensuelle de la situation du bénéficiaire auprès de France Travail. Une absence d'actualisation entraîne la suspension du versement pour la durée du manquement.

Si le salarié est toujours à la recherche d'un emploi à l'issue des 12 mois de CSP, il peut basculer sur l'ARE. Cette transition n'est possible que si le salarié a continué à actualiser sa situation et à remplir les obligations du contrat pendant toute sa durée.

Quel est le montant de l'ASP ?

Le montant de l'ASP est garanti au moins au niveau de l'allocation chômage que le salarié aurait perçue sans CSP.

Le montant de l'ASP est au moins équivalent au montant de l'allocation de retour à l'emploi (ARE) que le salarié aurait perçu en cas de licenciement sans CSP.

Ce principe de garantie signifie que l'ASP ne peut jamais être inférieure à ce qu'aurait produit le régime d'allocation chômage standard dans la même situation. Concrètement, le calcul de l'ASP suit les mêmes règles de détermination du salaire journalier de référence que l'ARE, avec un montant minimal garanti. Le salarié peut estimer le montant de son ASP en utilisant le simulateur officiel de France Travail, accessible depuis le guide des simulateurs d'allocations et aides de France Travail.

Règle

L'ASP est soumise à la cotisation de retraite complémentaire et à l'impôt sur le revenu. Le montant net perçu est donc légèrement inférieur au montant brut, en raison de ces prélèvements.

Le versement de l'ASP n'est pas dégressif : contrairement à certaines allocations chômage qui voient leur montant décroître avec le temps, l'ASP reste constante pendant toute sa durée de versement de 12 mois.

Quand l'ASP est-elle versée ?

L'ASP est due immédiatement après la fin du contrat de travail, sans période de carence.

L'ASP est due dès le lendemain de la fin du contrat de travail. Il n'y a ni différé d'indemnisation, ni délai d'attente.

Le différé d'indemnisation correspond à la période pendant laquelle l'indemnité de licenciement reporte le début de l'allocation chômage. Le délai d'attente est la période de non-indemnisation appliquée en début de droit. Pour l'ASP, ces deux mécanismes sont écartés : le salarié bénéficie d'une continuité financière complète entre la fin de son salaire et le début de l'allocation. En cas d'adhésion au CSP sur proposition du conseiller France Travail, le versement de l'ASP débute dès le lendemain de la fin du délai de réflexion de 21 jours.

Règle

L'ASP est versée à la fin de chaque mois au bénéficiaire ayant actualisé sa situation auprès de France Travail. Le versement est conditionné à cette actualisation : sans actualisation, le paiement du mois concerné n'est pas déclenché.

L'ASP étant due dès le lendemain de la fin du contrat, le salarié ne connaît pas de rupture de revenu entre son salaire et l'allocation, ce qui constitue l'un des principaux avantages du CSP par rapport à une indemnisation chômage classique.

Quelle est la durée de versement de l'ASP ?

La durée de versement de l'ASP est fixe et indépendante de l'historique d'affiliation du salarié.

L'ASP est versée pour une durée de 12 mois à compter de la prise d'effet du contrat de sécurisation professionnelle (CSP), quelle que soit la durée d'affiliation dont bénéficie le salarié.

Ce point distingue favorablement l'ASP de l'ARE, dont la durée dépend du nombre de mois travaillés au cours des 36 derniers mois. Pour l'ASP, la durée est uniforme : tous les bénéficiaires perçoivent l'allocation pendant exactement 12 mois, sans modulation. Le salarié peut estimer la durée de versement de son ASP en utilisant le simulateur de calcul de France Travail, mais dans la quasi-totalité des cas, la réponse sera de 12 mois.

Règle

La durée de 12 mois court à compter de la prise d'effet du CSP, et non de la date de fin du contrat de travail. La prise d'effet intervient à l'issue du délai de réflexion de 21 jours, sauf proposition ultérieure du conseiller France Travail.

À l'issue des 12 mois, si le salarié est toujours à la recherche d'un emploi, il peut percevoir l'ARE. La durée de l'indemnisation ARE est réduite du nombre de jours durant lesquels le salarié a perçu l'ASP, afin d'éviter un cumul de droits supérieur à la durée totale d'affiliation.

Le versement de l'ASP peut-il être suspendu ?

Plusieurs situations entraînent une suspension temporaire du versement de l'ASP, sans remise en cause définitive des droits.

Le versement de l'ASP est suspendu en cas de reprise d'activité salariée courte, de perception d'indemnités journalières de sécurité sociale, de versement de certaines prestations familiales ou de congés, de changement de résidence hors des territoires éligibles, d'engagement de service civique ou d'absence d'actualisation.

Les cas de suspension sont les suivants : reprise d'une activité professionnelle salariée sous forme de CDD ou de contrat de travail temporaire d'au moins 3 jours (le cumul total de ces périodes ne peut dépasser 6 mois) ; prise en charge du bénéficiaire par la sécurité sociale avec perception d'indemnités journalières (par exemple en cas de maladie ou d'accident) ; versement d'une prestation parmi les suivantes : complément du libre choix d'activité de la prestation d'accueil du jeune enfant ou prestation partagée d'éducation de l'enfant (congé parental d'éducation), allocation journalière de proche aidant (congé de proche aidant), allocation journalière pour un congé de solidarité familiale, allocation journalière de présence parentale ; bénéficiaire ne résidant plus en métropole, dans les départements d'outre-mer (à l'exception de Mayotte), à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Saint-Barthélemy ou à Saint-Martin ; engagement de service civique ; absence d'actualisation mensuelle de la situation.

Règle

Le versement est suspendu pendant la durée de l'événement. Une fois l'événement terminé et les conditions de reprise remplies (actualisation effectuée, résidence rétablie, etc.), le versement peut reprendre pour la durée restant à courir.

La suspension ne prolonge pas la durée totale de 12 mois : les jours de suspension ne sont pas reportés en fin de droit. La durée de versement reste fixée à 12 mois à compter de la prise d'effet du CSP.

Le versement de l'ASP peut-il cesser définitivement ?

Certains événements mettent fin définitivement au versement de l'ASP, en raison d'une incompatibilité avec le maintien des droits.

Le versement de l'ASP cesse définitivement en cas de reprise d'emploi durable, de cessation du bénéfice du CSP, de création ou reprise d'entreprise, de départ définitif à l'étranger, de reprise d'activité non salariée, d'atteinte de l'âge de départ à la retraite à taux plein ou de prise d'une retraite anticipée.

Les cas de cessation définitive sont les suivants : reprise d'emploi en CDI, en CDD ou contrat de travail temporaire d'une durée d'au moins 6 mois (l'intéressé cesse alors de bénéficier du CSP) ; cessation du bénéfice du CSP (par exemple refus d'une action de reclassement ou de formation) ; création ou reprise d'entreprise ; départ définitif du bénéficiaire à l'étranger ; reprise d'une activité professionnelle non salariée en France ou à l'étranger ; âge de départ à la retraite à taux plein atteint ; retraite anticipée prise par le bénéficiaire.

Règle

En cas de rupture du contrat de travail pendant la période d'essai d'un nouvel emploi, le contrat de sécurisation professionnelle peut être repris pour la durée restant à courir. Cette faculté de reprise protège le salarié qui s'engage dans une nouvelle activité mais dont la période d'essai se solde par un échec.

La cessation définitive met fin au droit à l'ASP, mais elle n'éteint pas nécessairement les droits à l'allocation chômage classique. Le salarié qui cesse de bénéficier du CSP peut, sous conditions, être orienté vers l'ARE dans le cadre du régime d'allocation chômage standard.

L'ASP est-elle imposable et soumise à cotisations ?

L'ASP n'est pas exonérée de prélèvements : elle est soumise à la cotisation de retraite complémentaire et à l'impôt sur le revenu.

L'ASP est soumise à la cotisation de retraite complémentaire et à l'impôt sur le revenu.

La cotisation de retraite complémentaire prélevée sur l'ASP permet de continuer à alimenter les droits à la retraite complémentaire du bénéficiaire pendant la période d'inactivité, ce qui limite l'impact du chômage sur le niveau de pension futur. L'impôt sur le revenu s'applique de la même manière que pour les autres allocations chômage : le montant imposable est intégré au revenu imposable de l'année de perception, sous réserve du prélèvement à la source.

Règle

Le prélèvement de la cotisation retraite complémentaire est effectué à la source, au moment du versement mensuel de l'allocation. Le bénéficiaire perçoit donc un montant net, après déduction de cette cotisation.

Le simulateur de France Travail estime le montant brut de l'ASP. Le montant effectivement versé sera légèrement inférieur, en raison de la cotisation retraite complémentaire et, le cas échéant, du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu.

Que se passe-t-il à la fin du contrat de sécurisation professionnelle ?

À l'issue des 12 mois de CSP, le salarié toujours en recherche d'emploi bascule sur l'allocation chômage classique.

Si, à la fin du contrat de sécurisation professionnelle, le salarié est toujours à la recherche d'un emploi, il peut percevoir l'allocation chômage d'aide au retour à l'emploi (ARE).

La transition vers l'ARE s'effectue sans différé d'indemnisation ni délai d'attente : le versement de l'ARE débute sans interruption par rapport à la fin de l'ASP. En revanche, la durée de l'indemnisation ARE est réduite du nombre de jours durant lesquels le salarié a perçu l'ASP. Cette réduction évite un cumul de droits supérieur à la durée totale d'affiliation du salarié, tout en garantissant une continuité financière. Le salarié doit se réinscrire comme demandeur d'emploi et actualiser sa situation pour en bénéficier.

Règle

L'ARE versée après un CSP suit les règles du régime d'allocation chômage en vigueur à la date de fin du contrat. Le salarié doit remplir les conditions d'affiliation et d'activité requises pour l'ARE, sous réserve de la réduction de durée mentionnée ci-dessus.

Le passage du CSP à l'ARE est automatique pour le salarié qui a rempli ses obligations pendant les 12 mois de CSP. Il est important de se réinscrire à France Travail et d'actualiser sa situation dès l'approche de la fin du contrat, afin d'éviter toute interruption de versement.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Allocation de sécurisation professionnelle (ASP)

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les règles de l'ASP (durée de 12 mois, absence de dégressivité, conditions de suspension et de cessation) sont fixées par le code du travail (articles L.1233-65 à L.1233-70) et la convention Unédic. Vérifier les dernières évolutions auprès de votre conseiller France Travail (www.francetravail.fr) ou d'un conseiller juridique.

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