Vue d'ensemble
Ce qu'il faut savoir sur le remboursement des trop-perçus de rémunération dans la fonction publique : causes, délais de prescription, modalités de récupération et voies de contestation.
Ce qu'il faut savoir
- Une administration peut demander le remboursement d'une rémunération versée à tort : erreur matérielle de calcul ou décision irrégulière devenue définitive.
- L'émission du titre de recette doit intervenir dans un délai de 2 ans à partir du 1ᵉʳ jour du mois suivant le mois du paiement erroné (délai de prescription d'assiette).
- Une fois le titre de recette émis, l'administration dispose de 4 ans pour effectivement récupérer les sommes dues (délai de prescription de recouvrement).
- La récupération peut se faire par prélèvement direct sur la rémunération ou par émission d'un titre exécutoire.
- L'agent peut contester la demande : pour un agent de l'État, d'abord auprès du comptable public puis devant le tribunal administratif ; pour un agent territorial ou hospitalier, directement devant le tribunal administratif dans les 2 mois.
- Tant que le jugement du tribunal administratif n'est pas intervenu, l'administration ne peut pas exiger le remboursement.
- Une remise gracieuse peut être demandée, invoquant des motifs personnels (situation de ressources, charges de famille).
Conditions essentielles
- La rémunération doit avoir été versée à tort : l'agent n'y avait pas droit ou elle était supérieure à celle à laquelle il avait droit.
- La demande de remboursement doit intervenir dans les délais de prescription applicables (2 ans pour l'assiette, 4 ans pour le recouvrement).
- Le titre de recette doit mentionner la nature de la rémunération versée à tort, la référence du texte ou du fait générateur et le montant de la somme à rembourser.
- L'agent doit être informé par un avis des sommes à payer avant toute récupération.
Les étapes
- L'administration détecte le versement indu et vérifie qu'il n'est pas prescrit (délai de 2 ans).
- L'administration émet un titre de recette mentionnant la nature de la rémunération, la référence du texte et le montant.
- Un avis des sommes à payer est adressé à l'agent par courrier.
- L'agent peut contester dans les délais (2 mois pour un agent territorial ou hospitalier ; 2 mois après la réponse du comptable pour un agent de l'État).
- En l'absence de contestation, la récupération se fait par prélèvement direct sur la rémunération ou par titre exécutoire.
- L'agent peut demander un report, un échelonnement de la dette ou une remise gracieuse.
- En cas de contestation rejetée, saisine du tribunal administratif dans les 2 mois.
Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — causes du trop-perçu, exceptions à la prescription, procédure de contestation selon le statut — sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les causes du trop-perçu, les exceptions à la prescription de 2 ans et les voies de contestation selon le statut, voir les sections « Causes du trop-perçu », « Exceptions à la prescription de 2 ans » et « Contestation : agent de l'État ».
Causes du trop-perçu
Le versement indu d'une rémunération peut résulter d'une erreur matérielle de calcul ou d'une décision irrégulière devenue définitive.
Si l'administration vous verse à tort (ou indûment) une rémunération à laquelle vous n'avez pas droit ou une rémunération supérieure à celle à laquelle vous avez droit, elle vous en demande le remboursement.
Le versement indu peut résulter d'une erreur matérielle de calcul (ou erreur de liquidation) de votre rémunération. Cela peut par exemple se produire en cas d'erreur de codification informatique de votre échelon et de l'indice majoré correspondant, qui sert de base au calcul de votre traitement indiciaire. Le versement indu peut aussi résulter d'une décision irrégulière devenue définitive vous accordant une rémunération à laquelle vous n'avez en fait pas droit. Une décision irrégulière devient définitive si elle n'a pas été retirée par l'administration dans les 4 mois suivant sa notification. Cela peut par exemple se produire en cas de versement d'une nouvelle bonification indiciaire (NBI) alors que vous exercez des fonctions qui n'y donnent en fait pas droit.
Règle
La demande de remboursement doit intervenir dans un délai déterminé : passé ce délai, l'administration ne peut plus réclamer la rémunération indue (voir sections sur la prescription).
L'erreur matérielle de calcul est la cause la plus fréquente : elle est souvent détectée lors d'un contrôle de paie ou d'un changement de situation administrative (mutation, avancement, départ en retraite).
Éléments de rémunération remboursables
Tous les éléments de rémunération versés à tort peuvent donner lieu à demande de remboursement.
Tous les éléments de rémunération versés à tort peuvent donner lieu à demande de remboursement.
Les éléments concernés sont notamment : le traitement indiciaire ; l'indemnité de résidence ; le supplément familial de traitement (SFT) ; la nouvelle bonification indiciaire (NBI) ; les primes et indemnités (régime indemnitaire — Rifseep ou autres primes) ; les frais de déplacement, etc.
Règle
Le remboursement est limité au montant indûment versé : l'administration ne peut pas demander davantage que ce qu'elle a effectivement versé à tort.
Lorsque l'erreur de paiement se poursuit sur plusieurs mois, chaque paiement erroné constitue un nouveau point de départ du délai de prescription, ce qui permet à l'administration de récupérer les sommes month par month dans la limite des 2 ans pour chaque mois.
Modalités de récupération
La récupération des sommes dues peut se faire par prélèvement direct sur la rémunération ou par émission d'un titre exécutoire.
La récupération des sommes dues peut se faire par prélèvement direct sur votre rémunération, ou par l'émission d'un titre exécutoire.
Prélèvement direct : l'administration peut récupérer les sommes qu'elle vous a indûment versées en les déduisant directement sur votre rémunération, sans aucune forme de notification préalable (notamment en cas d'erreur matérielle régularisée sur la paie du mois suivant). Le comptable public effectue une retenue sur votre paye sur 1 ou plusieurs mois, selon la somme à récupérer. La retenue ne peut pas dépasser la portion saisissable. Titre exécutoire : la récupération peut aussi se faire par l'émission d'un titre exécutoire, après émission d'un titre de recette et envoi d'un avis des sommes à payer.
Règle
Une fois le titre de recette émis, un avis des sommes à payer vous est adressé par courrier pour vous inviter à payer. Ce document mentionne la nature de la rémunération versée à tort, la référence du texte (loi, décret, etc.) et/ou du fait générateur qui justifie la demande de remboursement, et le montant de la somme à rembourser.
Vous pouvez demander un report ou un échelonnement de votre dette au comptable public, si le remboursement en une seule fois est difficile pour votre budget.
Délai de prescription d'assiette (2 ans)
L'administration doit émettre le titre de recette dans un délai de 2 ans à partir du 1ᵉʳ jour du mois suivant le mois du paiement erroné.
Les rémunérations versées à tort peuvent donner lieu à demande de remboursement dans le délai de 2 ans à partir du 1ᵉʳ jour du mois suivant le mois du paiement erroné.
Il est d'usage de considérer que le paiement erroné est fixé au 30 de chaque mois et non à la date de mise en paiement figurant sur le bulletin de paye. Aussi, le délai de prescription d'assiette commence à courir le 1ᵉʳ du mois suivant. Exemple : pour une somme versée à tort en janvier 2026, le point de départ du délai de prescription est le 1ᵉʳ février 2026. Il prend fin le 31 janvier 2028. L'administration ne peut plus émettre de titre de recette à partir du 1ᵉʳ février 2028. Lorsque l'erreur de paiement se poursuit sur plusieurs mois, chaque paiement erroné constitue un nouveau point de départ du délai de prescription. Exemple : vous êtes passé à temps partiel à partir du 1ᵉʳ septembre 2025 et votre administration a continué de vous rémunérer à temps plein de septembre à décembre 2025. Le paiement erroné de septembre 2025 peut donner lieu à demande de remboursement jusqu'au 31 août 2027, le paiement erroné d'octobre 2025 jusqu'au 30 septembre 2027, etc.
Règle
Passé ce délai de 2 ans, l'administration ne peut plus émettre de titre de recette : la dette est éteinte par prescription.
Le délai de 2 ans s'applique en principe, mais des exceptions existent pour certaines situations (changement de situation non déclaré, information inexacte, etc.) — voir la section dédiée.
Délai de prescription de recouvrement (4 ans)
Une fois le titre de recette émis, l'administration dispose de 4 ans pour effectivement récupérer les sommes dues.
Une fois le titre de recette émis, l'administration a 4 ans pour effectivement récupérer les sommes dues. Au-delà de 4 ans, l'administration ne peut plus réclamer la rémunération indue.
Ce délai de 4 ans est appelé délai de prescription de recouvrement. Il court à compter de l'émission du titre de recette. Passé ce délai, le titre de recette devient caduc et l'agent n'est plus tenu de rembourser la somme. Le délai de recouvrement est distinct du délai de prescription d'assiette (2 ans) : le premier concerne l'émission du titre, le second la récupération effective des sommes.
Règle
Le non-respect du délai de prescription de recouvrement entraîne l'extinction de la dette : l'administration ne peut plus engager de poursuites ni de prélèvements pour recouvrer la somme.
Il est important de vérifier la date d'émission du titre de recette : si elle est antérieure de plus de 4 ans, la dette est prescrite et le remboursement ne peut plus être exigé.
Exceptions à la prescription de 2 ans
Le délai de prescription de 2 ans ne s'applique pas dans quatre cas : changement de situation non déclaré, information inexacte, disposition annulée, décision irrégulière de nomination.
Le délai de prescription de 2 ans ne s'applique pas dans les 4 cas suivants : changement de situation non déclaré ; information inexacte transmise à l'administration ; disposition réglementaire annulée par le Conseil d'État ; décision irrégulière devenue définitive de nomination dans un grade.
Changement de situation non déclaré : le délai d'émission du titre de recette est de 5 ans si vous n'avez pas informé l'administration d'un changement dans votre situation personnelle ou familiale ayant un effet sur votre rémunération. Ce délai de 5 ans débute le jour où l'administration a connaissance des faits justifiant la demande de remboursement. Information inexacte : si vous transmettez une information inexacte à l'administration, celle-ci peut vous demander le remboursement de la rémunération indue correspondante à tout moment. Disposition réglementaire annulée : l'administration ne peut pas vous demander le remboursement de rémunérations versées à tort sur la base d'une disposition réglementaire ayant fait l'objet d'une annulation par le Conseil d'État. Décision irrégulière de nomination : l'administration ne peut pas non plus demander le remboursement sur la base d'une décision irrégulière devenue définitive de nomination dans un grade (avancement, promotion interne, titularisation prononcée en votre faveur alors que vous ne remplissez pas les conditions). Une telle décision créatrice de droits devient définitive si l'administration ne la retire pas dans le délai de 4 mois.
Règle
Dans le cas des décisions irrégulières de nomination devenues définitives, une demande de reversement conduirait à vous demander de reverser un trop-perçu alors que vous exercez effectivement les fonctions pour lesquelles vous avez été nommé : la loi interdit cette situation.
Les exceptions d'information inexacte et de changement de situation non déclaré sanctionnent le défaut de déclaration de l'agent. Il est donc essentiel de déclarer tout changement (mariage, naissance, départ en retraite, changement d'adresse) dans les meilleurs délais.
Contestation : agent de l'État
Un agent de l'État qui conteste une demande de remboursement doit d'abord adresser sa contestation au comptable public, puis éventuellement saisir le tribunal administratif.
Si vous êtes agent de l'État, avant de saisir le tribunal administratif, vous devez adresser votre contestation au comptable public dont les coordonnées figurent sur l'avis des sommes à payer. Votre courrier de contestation doit être accompagné des pièces ou justifications utiles.
Ce courrier doit être adressé au comptable public dans les 2 mois suivant la réception de l'avis des sommes à payer. Le comptable public accuse réception de votre contestation et la transmet à votre administration employeur, qui dispose d'un délai de 6 mois à partir de la date de réception de votre contestation par le comptable pour vous répondre. En l'absence de réponse de votre administration employeur à la fin de ce délai de 6 mois, votre contestation est considérée comme rejetée. En cas de rejet de votre administration employeur, vous pouvez saisir le tribunal administratif dans les 2 mois. Ce délai de 2 mois débute à partir de la date de notification de la décision de rejet ou à partir de la date de fin du délai de 6 mois.
Règle
Tant que le jugement du tribunal administratif n'est pas intervenu, l'administration ne peut pas exiger le remboursement de la somme qu'elle réclame.
Si l'administration a commis une faute par négligence, vous pouvez demander une indemnité en réparation du préjudice. C'est par exemple le cas si elle a continué à verser, sur une longue période, une somme alors que vous étiez de bonne foi ou que vous l'aviez informée que vous n'y aviez plus droit.
Contestation : agent territorial ou hospitalier
Un agent territorial ou hospitalier peut saisir directement le tribunal administratif dans les 2 mois suivant la notification du titre de recette.
Si vous êtes agent territorial ou hospitalier, vous pouvez saisir le tribunal administratif dans les 2 mois suivant la notification du titre de recette.
Contrairement à l'agent de l'État, l'agent territorial ou hospitalier n'a pas d'étape préalable de contestation auprès du comptable public : il peut saisir directement le juge administratif. Tant que le jugement du tribunal administratif n'est pas intervenu, l'administration ne peut pas exiger le remboursement de la somme qu'elle réclame.
Règle
Si l'administration a commis une faute par négligence, vous pouvez demander une indemnité en réparation du préjudice, comme pour un agent de l'État.
La saisine directe du tribunal administratif est une voie de recours plus rapide pour les agents territoriaux et hospitaliers, car elle évite l'étape de contestation auprès du comptable public.
Recouvrement forcé et remise gracieuse
En cas de non-paiement, le recouvrement peut être forcé via un titre exécutoire. Une remise gracieuse peut être demandée en invoquant des motifs personnels.
La récupération des sommes dues peut se faire par prélèvement direct sur la rémunération ou par émission d'un titre exécutoire. Vous pouvez demander un report ou un échelonnement de votre dette au comptable public.
Vous pouvez adresser à votre administration employeur une demande de remise gracieuse en invoquant tout motif plaidant en votre faveur : situation de ressources, charges de famille, etc. L'administration peut rejeter ou admettre dans sa totalité ou partiellement votre demande de remise gracieuse. En cas d'acceptation, vous êtes dispensé de rembourser totalement ou partiellement les sommes indûment perçues.
Règle
La remise gracieuse est une faveur accordée par l'administration : elle n'est jamais un droit. L'agent doit motiver sa demande et fournir les justificatifs de sa situation.
Il est conseillé de demander la remise gracieuse avant que le recouvrement forcé ne soit engagé. Une fois le titre exécutoire émis, la procédure est plus difficile à contourner. L'assistance d'un syndicat ou d'un conseiller juridique peut être utile.
Textes applicables
- Code général de la fonction publique : article L711-6Légifrance
- Loi n°2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations : article 37-1Légifrance
- Code civil : article 2224Légifrance
- Décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publiqueLégifrance
- Circulaire du 11 avril 2013 relative au délai de prescription des créances résultant de paiements indus en matière de rémunération des agents de l'ÉtatLégifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Dans quel cas un agent public doit-il rembourser un trop-perçu de rémunération ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Les délais de prescription et les modalités de recouvrement des trop-perçus sont fixés par le code général des collectivités territoriales et la loi du 9 août 2018. Vérifier les dernières évolutions auprès de votre administration ou d'un conseiller juridique.

