Vue d’ensemble
Ce qu’il faut retenir lorsque un véhicule d’entreprise a été flashé : démarches à effectuer, délais, sanctions et infractions concernées.
Ce qu'il faut savoir
- En cas d’avis d’infraction pour un véhicule d’entreprise, ne payez pas immédiatement l’amende : vous devez d’abord désigner le conducteur ou contester l’avis.
- La démarche varie selon le titulaire de la carte grise : personne morale (représentant légal) ou personne physique ayant immatriculé le véhicule en tant que personne morale.
- Les éléments à fournir à l’autorité sont la désignation du conducteur, ou à défaut les preuves de vol, d’usurpation de plaque d’immatriculation ou de force majeure.
- La démarche doit être effectuée dans les 45 jours suivant l’envoi de l’avis d’infraction ou de contravention.
- Elle s’effectue en ligne sur le site de l’ANTAI ou par courrier recommandé avec le formulaire joint à l’avis.
- Le non-respect des obligations expose l’entreprise (personne morale) à une amende forfaitaire de 675 € en cas de contravention ou de 1 000 € en cas de délit.
Conditions essentielles
- Le véhicule professionnel est immatriculé au nom de l’entreprise, ou a été immatriculé en tant que personne morale par une personne physique.
- L’avis d’infraction mentionne l’autorité à qui répondre et un délai de 45 jours suivant l’envoi.
- La personne qui répond est le représentant légal de l’entreprise (personne morale) ou la personne physique ayant immatriculé le véhicule.
- Les preuves invoquées (vol, usurpation de plaque, force majeure) sont justifiées par un récépissé de plainte ou une déclaration motivée.
Les étapes
- Lire l’avis d’infraction et identifier le titulaire de la carte grise : personne morale ou personne physique ayant immatriculé le véhicule en personne morale.
- Identifier la personne qui conduisait le véhicule au moment du constat, ou rassembler les preuves de vol, d’usurpation de plaque ou de force majeure.
- Compléter le formulaire joint à l’avis ou se connecter au service en ligne de l’ANTAI avec les informations figurant sur l’avis.
- Envoyer la réponse par courrier recommandé avec avis de réception, ou finaliser la démarche en ligne et télécharger l’accusé d’enregistrement.
- Respecter le délai de 45 jours suivant l’envoi de l’avis d’infraction.
Cette synthèse couvre les deux cas de figure selon le titulaire de la carte grise. Les montants exacts des amendes diffèrent selon que le titulaire est une personne morale ou une personne physique ayant immatriculé le véhicule.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail des sanctions propres à chaque type de titulaire, des éléments à fournir et de la liste des infractions constatables par radar, voir les sections suivantes.
Ne pas payer immédiatement l’amende
Si vous avez reçu un avis d’infraction concernant un véhicule d’entreprise, vous ne devez pas payer immédiatement l’amende. La première démarche consiste à désigner le conducteur du véhicule ou à contester l’avis d’infraction.
L’avis d’infraction adressé au titulaire de la carte grise ne vaut pas paiement automatique de l’amende par l’entreprise. La loi impose au titulaire de désigner le conducteur ou de contester l’avis, avant tout paiement.
Règle
La démarche varie selon que le certificat d’immatriculation du véhicule est établi au nom de l’entreprise (personne morale) ou au nom de la personne qui a immatriculé le véhicule en tant que personne morale (personne physique). Les éléments à fournir et les sanctions diffèrent dans les deux cas.
À savoir
- Le non-paiement immédiat est la règle : désignation du conducteur ou contestation d’abord, paiement ensuite le cas échéant.
- Les deux cas de figure à distinguer : titulaire personne morale (l’entreprise) et titulaire personne physique ayant immatriculé le véhicule en personne morale.
- Le délai pour répondre est de 45 jours suivant l’envoi de l’avis, dans les deux cas.
Un paiement effectué avant la désignation du conducteur ne dispense pas de la démarche de désignation et n’efface pas les sanctions applicables en cas de non-réponse.
Le titulaire de la carte grise est une personne morale
Lorsque le titulaire de la carte grise est une personne morale, c’est-à-dire l’entreprise elle-même, c’est le représentant légal de la personne morale qui doit effectuer la démarche auprès de l’autorité mentionnée sur l’avis d’infraction.
En tant que représentant légal de la personne morale, vous devez indiquer à l’autorité mentionnée sur l’avis d’infraction l’un des éléments suivants : l’identité et l’adresse de la personne qui conduisait (désignation), ou les preuves de vol, d’usurpation de plaque ou de force majeure.
- La carte grise du véhicule est établie au nom de l’entreprise (personne morale).
- La démarche est effectuée par le représentant légal de la personne morale.
- Si vous étiez vous-même le conducteur au moment des faits, vous devez procéder à la désignation en vous désignant vous-même comme conducteur.
- La réponse est adressée dans les 45 jours suivant l’envoi de l’avis d’infraction.
La désignation de soi-même comme conducteur est possible : le représentant légal qui conduisait le véhicule au moment du constat doit se désigner lui-même.
Les éléments à fournir pour une personne morale
Le représentant légal de la personne morale doit fournir à l’autorité, soit l’un des éléments suivants : la désignation du conducteur, ou les preuves d’un événement justifiant l’absence de désignation.
- L’identité et l’adresse de la personne qui conduisait lors du constat de l’infraction (désignation). Si vous étiez le conducteur au moment des faits, vous devez vous désigner vous-même comme conducteur.
- Les preuves de l’existence d’un vol : copie du récépissé du dépôt de plainte pour vol.
- Les preuves d’une usurpation de plaque d’immatriculation : copie du récépissé du dépôt de plainte pour le délit d’usurpation de plaque d’immatriculation.
- Les preuves de tout autre événement de force majeure : déclaration motivée expliquant l’événement de force majeure et les éventuels justificatifs.
Ces éléments sont alternatifs : vous devez fournir la désignation du conducteur ou, à défaut, l’une des trois catégories de preuves (vol, usurpation de plaque, force majeure). La simple absence de réponse entraîne les sanctions prévues par le Code de la route.
Le récépissé du dépôt de plainte est la preuve exigée en cas de vol ou d’usurpation de plaque. La force majeure doit être expliquée par une déclaration motivée, accompagnée des justificatifs disponibles.
Les sanctions en cas de non-réponse pour une personne morale
Si le représentant légal de la personne morale ne respecte pas ses obligations (désignation ou preuves, dans le délai de 45 jours), l’entreprise en tant que personne morale est sanctionnée.
L’amende dépend de la nature de l’infraction initialement constatée : contravention ou délit. En cas de contestation devant le juge, les amendes maximales encourues sont supérieures.
| Situation | Infraction initiale : contravention | Infraction initiale : délit |
|---|---|---|
| Amende forfaitaire (non-réponse) | 675 € | 1 000 € |
| Amende maximale encourue en cas de contestation (personne morale) | 3 750 € | 7 500 € |
| Amende maximale du représentant légal en cas de contestation | 750 € | 1 500 € |
Amende forfaitaire (non-réponse)
- Infraction initiale : contravention
- 675 €
- Infraction initiale : délit
- 1 000 €
Amende maximale encourue en cas de contestation (personne morale)
- Infraction initiale : contravention
- 3 750 €
- Infraction initiale : délit
- 7 500 €
Amende maximale du représentant légal en cas de contestation
- Infraction initiale : contravention
- 750 €
- Infraction initiale : délit
- 1 500 €
La contravention et le délit qualifient la gravité de l’infraction routière initialement constatée par le radar. Une même procédure de désignation s’applique, mais les montants des amendes diffèrent selon la qualification retenue.
Règle
Le juge peut prononcer, en cas de contestation, une amende maximale de 3 750 € (contravention) ou 7 500 € (délit) à l’encontre de la personne morale, et décider de sanctionner le représentant légal d’une amende maximale de 750 € (contravention) ou 1 500 € (délit).
À savoir
- L’amende forfaitaire de non-réponse est de 675 € (contravention) ou 1 000 € (délit) pour la personne morale.
- En cas de contestation, le juge peut prononcer jusqu’à 3 750 € (contravention) ou 7 500 € (délit) contre la personne morale.
- Le représentant légal peut être sanctionné personnellement jusqu’à 750 € (contravention) ou 1 500 € (délit).
Ces montants sont ceux prévus par le Code de la route pour la procédure de désignation appliquée aux personnes morales titulaires de la carte grise.
Le titulaire est une personne physique ayant immatriculé le véhicule en personne morale
Si vous avez immatriculé le véhicule professionnel en tant que personne morale, tout en étant une personne physique, la démarche est similaire à celle de la personne morale, mais les éléments à fournir et les sanctions diffèrent.
Vous devez indiquer à l’autorité mentionnée sur l’avis de contravention l’un des éléments suivants : la désignation du conducteur, la preuve que le véhicule est immatriculé à votre nom, ou les preuves de vol, d’usurpation de plaque ou de force majeure.
- Le véhicule a été immatriculé en tant que personne morale par une personne physique.
- La démarche est effectuée par la personne physique qui a procédé à l’immatriculation.
- Si vous étiez le conducteur au moment des faits, vous devez procéder à la désignation en vous désignant vous-même.
- La réponse est adressée dans les 45 jours suivant l’envoi de l’avis de contravention.
Ce cas de figure concerne notamment les entrepreneurs individuels et dirigeants ayant immatriculé un véhicule professionnel au nom de leur structure, en tant que personne physique.
Les éléments à fournir pour l’immatriculant
La personne physique ayant immatriculé le véhicule en personne morale dispose d’un élément supplémentaire par rapport à la personne morale : elle peut prouver que le véhicule est immatriculé à son nom.
- L’identité et l’adresse de la personne qui conduisait lors du constat de l’infraction (désignation). Si vous étiez le conducteur au moment des faits, vous devez vous désigner vous-même comme conducteur.
- La preuve que le véhicule est immatriculé à votre nom : copie de la carte grise du véhicule établie à votre nom.
- Les preuves de l’existence d’un vol : copie du récépissé du dépôt de plainte pour vol.
- Les preuves d’une usurpation de plaque d’immatriculation : copie du récépissé du dépôt de plainte pour le délit d’usurpation de plaque d’immatriculation.
- Les preuves de tout autre événement de force majeure : déclaration motivée expliquant l’événement de force majeure et les éventuels justificatifs.
Le justificatif d’immatriculation à votre nom (copie de la carte grise) constitue une preuve spécifique à ce cas de figure : il permet d’établir que le véhicule est régulièrement immatriculé à votre nom, malgré l’immatriculation en personne morale.
Comme pour la personne morale, ces éléments sont alternatifs : vous devez fournir la désignation du conducteur ou l’une des preuves prévues.
Les sanctions en cas de non-réponse pour l’immatriculant
Si vous ne respectez pas vos obligations de désignation ou de fourniture de preuves dans le délai de 45 jours, vous risquez une amende forfaitaire, dont les montants sont inférieurs à ceux applicables aux personnes morales.
L’amende dépend de la nature de l’infraction initialement constatée : contravention ou délit. En cas de contestation devant le juge, les amendes maximales encourues sont supérieures.
| Situation | Infraction initiale : contravention | Infraction initiale : délit |
|---|---|---|
| Amende forfaitaire (non-réponse) | 135 € | 200 € |
| Amende maximale encourue en cas de contestation | 750 € | 1 500 € |
Amende forfaitaire (non-réponse)
- Infraction initiale : contravention
- 135 €
- Infraction initiale : délit
- 200 €
Amende maximale encourue en cas de contestation
- Infraction initiale : contravention
- 750 €
- Infraction initiale : délit
- 1 500 €
Règle
En cas de contestation, le juge peut prononcer une amende maximale de 750 € si l’infraction initialement constatée est une contravention, ou de 1 500 € si elle est un délit.
À savoir
- L’amende forfaitaire de non-réponse est de 135 € (contravention) ou 200 € (délit) pour la personne physique ayant immatriculé le véhicule.
- En cas de contestation, le juge peut prononcer jusqu’à 750 € (contravention) ou 1 500 € (délit).
- Les montants applicables à l’immatriculant personne physique sont donc inférieurs à ceux applicables à la personne morale.
Ces montants sont ceux prévus par le Code de la route pour la procédure de désignation applicable à la personne physique ayant immatriculé le véhicule en personne morale.
Comment effectuer la démarche ?
La démarche de désignation ou de contestation s’effectue par l’un des deux moyens suivants : en ligne sur le site de l’ANTAI, ou par courrier recommandé avec le formulaire joint à l’avis.
Les deux modes de réponse
- En ligne sur le site de l’ANTAI (Agence nationale de traitement automatisé des infractions), en utilisant les informations figurant sur l’avis d’infraction. Un accusé d’enregistrement peut être téléchargé ou imprimé à la fin de la démarche.
- Par courrier recommandé avec avis de réception, en utilisant le formulaire joint à l’avis d’infraction.
À ne pas faire
Le délai de 45 jours suivant l’envoi de l’avis s’applique quel que soit le mode choisi. Passé ce délai, les sanctions pour non-réponse deviennent applicables.
Le formulaire joint à l’avis d’infraction doit être complété et retourné dans le délai de 45 jours. L’accusé d’enregistrement téléchargeable en ligne constitue la preuve de la bonne fin de la démarche.
À savoir
- Le site de l’ANTAI permet d’effectuer la démarche en ligne, avec les informations de l’avis d’infraction.
- Un accusé d’enregistrement est téléchargeable ou imprimable à l’issue de la démarche en ligne.
- Le courrier recommandé avec avis de réception constitue le mode alternatif, avec le formulaire joint à l’avis.
La date de réception du courrier recommandé ou la date d’enregistrement de la démarche en ligne doit se situer dans le délai de 45 jours suivant l’envoi de l’avis d’infraction.
Les infractions constatables par radar
La procédure de désignation du conducteur s’applique aux infractions constatables par ou à partir d’un appareil de contrôle automatique homologué (radar fixe ou mobile). Certaines infractions sont déjà constatables par radar, d’autres le sont dès que les appareils seront homologués.
Les infractions actuellement constatables par ou à partir d’un appareil de contrôle automatique homologué sont les suivantes : le non-respect des signalisations imposant l’arrêt des véhicules (feu rouge, stop…) et le non-respect des vitesses maximales autorisées.
- Non-respect des signalisations imposant l’arrêt des véhicules : feu rouge, stop, etc.
- Non-respect des vitesses maximales autorisées.
- Absence de port de la ceinture de sécurité (dès homologation des appareils).
- Usage du téléphone portable tenu en main (dès homologation).
- Usage de voies et chaussées réservées à certaines catégories de véhicules comme les bus et les taxis (dès homologation).
- Circulation, arrêt et stationnement sur les bandes d’arrêt d’urgence (dès homologation).
- Non-respect des distances de sécurité entre les véhicules (dès homologation).
- Chevauchement et franchissement des lignes continues (dès homologation).
- Circulation en sens interdit (dès homologation).
- Demi-tour ou marche arrière sur une autoroute (dès homologation).
- Non-respect de certaines règles de dépassement (dès homologation).
- Engagement dans une intersection risquant d’empêcher le passage d’un véhicule circulant sur l’autre voie (dès homologation).
- Absence de port du casque à deux-roues motorisé (dès homologation).
- Non-respect du niveau d’émissions sonores d’un véhicule circulant à l’intérieur d’une agglomération sur une voie où la vitesse maximale autorisée ne dépasse pas 50 km/h (dès homologation).
- Non-respect des règles concernant les limites de poids de certains véhicules ou ensembles de véhicules (dès homologation).
- Circulation, en marche normale, sur la partie gauche d’une chaussée à double sens de circulation (dès homologation).
Le détail des radars fixes et mobiles est consultable sur le site de la Sécurité routière.
Où s’adresser ?
La réponse à l’avis d’infraction (désignation ou contestation) est adressée à l’autorité mentionnée sur l’avis. L’organisme en charge du traitement automatisé des infractions est l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI).
L’ANTAI reçoit les réponses par courrier recommandé avec avis de réception, ou traite les démarches effectuées en ligne via son service sécurisé. Les informations nécessaires à la démarche figurent sur l’avis d’infraction lui-même.
- Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) : réception des désignations et contestations, traitement des démarches en ligne.
L’autorité compétente pour recevoir la réponse est celle mentionnée sur votre avis d’infraction. Conservez l’accusé d’enregistrement ou l’avis de réception du courrier recommandé comme preuve de la démarche.
Textes applicables
- Code de la route — articles L121-1 à L121-6Textes légaux
- Code de la route — articles L130-1 à L130-9-2Textes légaux
- Code de la route — articles R121-1 à R121-6Textes légaux
- Code de la route — article R130-11Textes légaux
- Décret n° 2025-1269 du 22 décembre 2025 — délit d’excès de vitesseTextes légaux
- Réponse ministérielle du 3 mars 2020 — avis de contravention au représentant de l’entrepriseDoctrine administrative
- Code de la route : articles A121-1 à 121-3Légifrance
- Réponse ministérielle du 15 février 2018 relative à la responsabilité pécuniaire en cas de contravention au code de la routeSénat
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Comment faire si un véhicule d'entreprise a été flashé par un radar ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.

