Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur la régularisation des étrangers victimes de traite des êtres humains ou de proxénétisme : conditions d'éligibilité cumulatives, procédure de dépôt sur internet, délai de réflexion de 30 jours, aides accessibles et suite possible vers la carte de résident de 10 ans.
Ce qu'il faut savoir
- Un étranger victime ou témoin de la traite des êtres humains ou de proxénétisme peut obtenir une carte de séjour temporaire vie privée et familiale à titre exceptionnel.
- La carte autorise à travailler et est gratuite.
- Les services de police ou de gendarmerie doivent entendre le demandeur avant sa demande d'admission au séjour et lui proposent un délai de réflexion de 30 jours.
- Pendant le délai de réflexion, un récépissé de 30 jours autorisant à travailler est remis et le demandeur ne peut pas être renvoyé de France.
- La carte est valable 1 an et est renouvelable pendant toute la durée de la procédure pénale, y compris les recours.
- En cas de condamnation définitive de la personne mise en cause, une demande de carte de résident de 10 ans peut être faite.
- Si vous avez été reconnu victime en tant que mineur, vous pouvez obtenir un titre de séjour à l'âge de 18 ans.
Conditions essentielles
- Vous êtes étranger (la procédure ne concerne pas les ressortissants d'un pays européen ni les membres de sa famille).
- Vous portez plainte ou vous témoignez dans une procédure pénale contre des personnes poursuivies pour proxénétisme ou traite des êtres humains (esclavage sexuel ou domestique, prélèvement forcé d'organes, etc.).
- Vous ne devez plus être en contact avec le ou les auteurs poursuivis.
- Vous ne devez pas représenter une menace pour l'ordre public.
Les étapes
- Être entendu par les services de police ou de gendarmerie enquêteurs avant la demande d'admission au séjour.
- Demander à bénéficier du délai de réflexion de 30 jours si vous souhaitez y réfléchir, et fournir une photo d'identité.
- Déposer la demande de carte de séjour sur internet via la téléprocédure ANEF.
- Obtenir immédiatement une attestation dématérialisée de dépôt lors du dépôt en ligne.
- Retirer la carte auprès de la préfecture ou de la sous-préfecture de votre domicile.
La carte de séjour temporaire vie privée et familiale est délivrée à titre exceptionnel et suppose une coopération effective avec la justice. Les détails de la procédure de dépôt, des documents requis et du délai de réflexion sont traités dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Cette synthèse ne traite pas le détail des aides juridiques et sociales accessibles pendant la procédure, ni les conditions de délivrance de la carte de résident de 10 ans. Pour le détail des documents à fournir et du délai de réflexion, voir les sections suivantes.
Vérifier si vous êtes concerné
Vous êtes concerné si vous remplissez l'ensemble des conditions suivantes. Toutes doivent être réunies cumulativement : le non-respect de l'une d'elles rend la procédure inapplicable.
- Vous êtes étranger.
- Vous portez plainte ou vous témoignez dans une procédure pénale contre une ou des personnes poursuivies pour proxénétisme ou traite des êtres humains (esclavage sexuel ou domestique, prélèvement forcé d'organes, etc.).
- Vous ne devez plus être en contact avec le ou les auteurs poursuivis.
- Vous ne devez pas représenter une menace pour l'ordre public.
À savoir
- Si vous avez été reconnu victime en tant que mineur, vous pouvez obtenir un titre de séjour à l'âge de 18 ans.
- Cette procédure ne concerne pas un étranger ressortissant d'un pays européen, ni les membres de sa famille vivant en France avec lui.
- Les faits de traite des êtres humains incluent l'esclavage sexuel ou domestique et le prélèvement forcé d'organes.
La coopération avec la justice (plainte ou témoignage) est une condition substantielle de la procédure : sans elle, la carte de séjour exceptionnelle ne peut pas être délivrée. La plainte ou le témoignage doit viser des personnes poursuivies pour proxénétisme ou traite des êtres humains.
Que se passe-t-il si la victime est un mineur ?
Le statut de mineur victime de traite des êtres humains ou de proxénétisme ouvre un droit spécifique : la possibilité d'obtenir un titre de séjour à la majorité.
Si vous avez été reconnu victime en tant que mineur, vous pouvez obtenir un titre de séjour à l'âge de 18 ans. Vous pouvez demander une carte de séjour temporaire vie privée et familiale, qui vous autorise à travailler.
Règle
La reconnaissance du statut de victime mineure intervient dans le cadre de la procédure pénale. Le titre de séjour est délivré à l'âge de 18 ans, sans que la victime ait à refaire une demande complète si le statut a déjà été reconnu.
Les mineurs victimes de traite sont particulièrement vulnérables : l'accompagnement par des associations spécialisées est vivement recommandé pour le suivi de la procédure pénale et de la demande de séjour.
Comment demander la carte de séjour ?
Vous pouvez demander une carte de séjour temporaire vie privée et familiale. Elle vous autorise à travailler. Les services de police ou de gendarmerie enquêteurs doivent vous entendre avant votre demande d'admission au séjour : cette audition préalable est une étape obligatoire.
- Être entendu par les services de police ou de gendarmerie enquêteurs avant votre demande d'admission au séjour.
- Décider si vous souhaitez bénéficier du délai de réflexion de 30 jours ou collaborer immédiatement avec la justice.
- Déposer votre demande de titre de séjour sur internet : vous obtenez immédiatement une attestation dématérialisée de dépôt.
- Fournir les documents demandés (voir la section « Quels documents fournir ? »).
- Retirer la carte auprès de la préfecture ou de la sous-préfecture de votre domicile.
Téléprocédure disponible
- ANEF — Faire une demande sur internet pour un titre de séjour, un changement de situation, un titre de voyage, une demande de naturalisation.
À savoir
- Les services de police ou de gendarmerie enquêteurs doivent vous entendre avant votre demande d'admission au séjour.
- Le dépôt de la demande se fait sur internet via la téléprocédure ANEF.
- Vous obtenez immédiatement, lors du dépôt de votre demande, une attestation dématérialisée de dépôt.
L'attestation dématérialisée de dépôt remise immédiatement constitue une preuve de votre demande et vous permet de justifier de votre situation administrative pendant l'instruction.
Quels documents fournir ?
Vous devez constituer un dossier comprenant les documents suivants. Chaque pièce répond à une exigence précise de la procédure : état civil, identité, domicile, coopération avec la justice et engagement républicain.
- Copie intégrale d'acte de naissance (sauf si le demandeur est déjà titulaire d'une carte de séjour) comportant les mentions les plus récentes, accompagnée si nécessaire de la décision judiciaire ordonnant sa transcription.
- Passeport (pages concernant l'état civil, les dates de validité, les cachets d'entrée et les visas), ou attestation consulaire avec photo, ou carte d'identité avec photo, ou carte consulaire avec photo, ou certificat de nationalité de moins de 6 mois avec photo.
- Justificatif de domicile datant de moins de 6 mois.
- Récépissé du dépôt de plainte ou référence à la procédure judiciaire engagée (avec votre témoignage).
- Exemplaire signé de l'engagement à respecter les principes de la République.
- e-photo : indiquez le code de la e-photo (fourni par le photographe ou la cabine agréée sur la planche photo).
Si vous n'avez pas encore de e-photo, vous pouvez localiser un service photo et signature numérique auprès des photographes habilités ou des cabines agréées. Le justificatif de domicile doit dater de moins de 6 mois à la date du dépôt.
Qu'est-ce que le délai de réflexion de 30 jours ?
Les services de police ou de gendarmerie enquêteurs doivent vous entendre avant votre demande d'admission au séjour. Ils vous proposent un délai de réflexion de 30 jours pour accepter ou non de collaborer avec la justice et de bénéficier d'un titre de séjour.
Si vous demandez à bénéficier du délai de réflexion, un récépissé de 30 jours autorisant à travailler vous est remis. Vous devez fournir une photo d'identité. Pendant le délai de réflexion, vous ne pouvez pas être renvoyé de France.
Règle
Si vous ne demandez pas à bénéficier du délai de réflexion, vous pouvez décider de collaborer immédiatement avec la justice. Dans les deux cas, la coopération avec la justice reste la condition d'accès au titre de séjour.
| Option choisie | Document remis | Garantie |
|---|---|---|
| Demande du délai de réflexion | Récépissé de 30 jours autorisant à travailler (avec photo d'identité) | Pas de renvoi de France pendant le délai |
| Collaboration immédiate avec la justice | Pas de récépissé spécifique de délai de réflexion | Procédure de demande de séjour en cours |
Demande du délai de réflexion
- Document remis
- Récépissé de 30 jours autorisant à travailler (avec photo d'identité)
- Garantie
- Pas de renvoi de France pendant le délai
Collaboration immédiate avec la justice
- Document remis
- Pas de récépissé spécifique de délai de réflexion
- Garantie
- Procédure de demande de séjour en cours
Le délai de réflexion est une garantie procédurale : il permet à la victime de prendre sa décision sans pression et sans risque d'éloignement du territoire. La photo d'identité est requise pour la remise du récépissé.
Quelles aides sont accessibles ?
La victime de traite des êtres humains ou de proxénétisme peut bénéficier de plusieurs aides pendant la procédure, qu'elle soit ou non admise au séjour. Ces aides visent à couvrir les besoins juridiques, médicaux, sociaux et matériels de la victime.
- Aide juridique : notamment aide juridictionnelle et réparation devant la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (Civi).
- Accompagnement social et accueil en centre d'hébergement.
- Aide médicale d'État (AME) ou protection universelle maladie (Puma).
- Allocation pour demandeur d'asile (Ada).
- Si besoin, protection policière et logement sécurisé.
Aides selon la situation de la victime
- Réparation du préjudice : la Civi permet d'obtenir réparation des dommages subis du fait de l'infraction.
- Couverture médicale : l'AME ou la Puma couvrent les frais de santé de la victime.
- Hébergement : l'accueil en centre d'hébergement et, si besoin, le logement sécurisé sont accessibles.
- Protection : la protection policière est prévue pour les victimes menacées.
Ces aides sont accessibles pendant la procédure pénale, y compris pendant le délai de réflexion de 30 jours. Les conditions exactes de chaque aide relèvent des organismes concernés.
Qui peut accompagner la victime dans ses démarches ?
Vous pouvez être accompagné dans vos démarches par la ou les associations spécialisées qui vous suivent. L'accompagnement est particulièrement utile pour le dépôt de la demande de séjour et le suivi de la procédure pénale.
Les associations spécialisées dans la lutte contre la traite des êtres humains et le proxénétisme accompagnent les victimes dans leurs démarches administratives et judiciaires. Leur intervention est indépendante de la procédure de régularisation.
À savoir
- Vous pouvez être accompagné par des associations spécialisées qui vous suivent.
- Les services de police ou de gendarmerie enquêteurs doivent vous entendre avant votre demande d'admission au séjour.
- L'accompagnement social et l'accueil en centre d'hébergement sont accessibles pendant la procédure.
L'accompagnement par une association spécialisée n'est pas une condition de la procédure de régularisation, mais il facilite considérablement le dépôt de la demande et le suivi du dossier.
Quel est le coût et la durée de validité de la carte ?
La carte de séjour temporaire vie privée et familiale délivrée à titre exceptionnel est gratuite et est remise par la préfecture ou la sous-préfecture du domicile du demandeur. La gratuité est une caractéristique propre à cette procédure exceptionnelle de régularisation.
Cette carte est valable 1 an. Elle est renouvelable pendant toute la durée de la procédure pénale, y compris les recours.
La gratuité de la carte signifie qu'aucun droit de timbre ni frais de délit ne sont exigés du demandeur. Le renouvellement est automatiquement possible tant que la procédure pénale n'est pas définitivement close.
Règle
La durée de renouvellement est directement liée à la durée de la procédure pénale : tant que celle-ci n'est pas définitivement close, la carte peut être renouvelée. Chaque renouvellement porte sur une durée d'un an.
Le retrait de la carte se fait auprès de la préfecture ou de la sous-préfecture du domicile du demandeur. La carte autorise expressément son titulaire à travailler pendant toute sa durée de validité.
Que se passe-t-il à l'issue de la procédure pénale ?
À l'issue de la procédure pénale, la situation du demandeur dépend de l'issue du jugement des personnes poursuivies. La condamnation définitive des auteurs ouvre un droit spécifique à la carte de résident.
En cas de condamnation définitive de la personne mise en cause, vous pouvez faire une demande de carte de résident de 10 ans.
Selon l'issue de la procédure
- Condamnation définitive des auteurs : possibilité de demander une carte de résident de 10 ans.
- Poursuites en cours : la carte de séjour temporaire vie privée et familiale reste renouvelable pendant toute la durée de la procédure, y compris les recours.
- Victime reconnue mineure : possibilité d'obtenir un titre de séjour à l'âge de 18 ans.
La carte de résident de 10 ans est un titre de séjour de longue durée, distinct de la carte de séjour temporaire vie privée et familiale. Ses conditions de délivrance relèvent du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La procédure de demande de carte de résident est distincte de la procédure décrite dans cet article.
Textes applicables
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles L425-1 à L425-10Textes légaux
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles L432-1 à L432-15Textes légaux
- Circulaire du 19 mai 2015 relative aux conditions d'admission au séjour des étrangers victimes de la traiteCirculaire
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles L412-7 à L412-10Légifrance
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles L436-1 à L436-13Légifrance
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles R425-1 à R425-10Légifrance
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Un étranger victime de traite des êtres humains ou de proxénétisme peut-il être régularisé ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.
