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Destruction, dégradation ou détérioration involontaire d'un bien (par incendie ou explosion)

Le fait de détruire, dégrader ou détériorer de façon involontaire un bien appartenant à autrui, en provoquant un incendie ou une explosion et en manquant à une obligation de prudence ou de sécurité, constitue un délit puni de prison et d'amende. Les peines varient selon la gravité des conséquences et selon qu'il s'agit d'une violation involontaire ou manifestement délibérée.

Vue d'ensemble

Ce qu'il faut retenir sur la destruction, dégradation ou détérioration involontaire d'un bien : définition, conditions, peines, délai de prescription et recours de la victime.

Ce qu'il faut savoir

  • Détruire, dégrader ou détériorer de façon involontaire un bien d'autrui, en provoquant un incendie ou une explosion et en manquant à une obligation de prudence ou de sécurité, constitue un délit.
  • L'infraction est involontaire : l'auteur n'a pas souhaité provoquer les conséquences ; il suffit qu'il ait agi par imprudence en enfreignant une règle de sécurité.
  • Les biens concernés peuvent être mobiliers (voiture, vélo, meubles) ou immobiliers (maison, usine, plantations, forêt).
  • Les peines dépendent de la gravité : jusqu'à 1 an de prison et 15 000 euros d'amende en cas de violation involontaire ; elles sont alourdies en cas de violation manifestement délibérée, et plus lourdes si l'incendie touche des forêts ou cause des dommages corporels.
  • Le délit se prescrit par 6 ans à compter de la commission des faits.
  • La victime peut porter plainte et, en cas de procès, se constituer partie civile pour obtenir réparation de ses préjudices.
  • La Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI) peut indemniser la victime sur présentation de justificatifs.

Conditions essentielles

  • Avoir détruit, dégradé ou détérioré involontairement un bien appartenant à autrui.
  • Avoir provoqué une explosion ou un incendie.
  • Avoir manqué à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement (décret, arrêté préfectoral, etc.).

Les étapes

  • Identifier si les trois éléments de l'infraction sont réunis (bien d'autrui, incendie ou explosion, manquement à une obligation de prudence ou de sécurité).
  • Pour la victime : constater les dommages et réunir les justificatifs (factures, certificat médical, attestations).
  • Pour la victime : porter plainte auprès des services de police ou de gendarmerie, ou utiliser la plainte en ligne si l'auteur est inconnu.
  • Pour la victime : se constituer partie civile pendant la procédure pour demander des dommages et intérêts.
  • Pour la victime : présenter sa demande d'indemnisation lors du procès ou auprès de la CIVI.
  • Agir dans le délai de prescription de 6 ans à compter des faits.

Cette synthèse reprend les éléments essentiels de la fiche. Les détails — éléments constitutifs, barème des peines selon les conséquences, prescription et recours — sont traités dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour la distinction entre violation involontaire et violation manifestement délibérée, voir la section « Peines en cas de violation manifestement délibérée ». Pour les démarches de la victime, voir les sections « Quels sont les recours de la victime ? » et « Comment la victime est-elle indemnisée ? ».

Qu'est-ce que la destruction, dégradation ou détérioration involontaire d'un bien ?

Il s'agit du fait de causer, sans volonté de le faire, un dommage à un bien d'autrui à la faveur d'un incendie ou d'une explosion, en violant une règle de prudence ou de sécurité.

Le fait de détruire, de dégrader ou de détériorer de façon involontaire un bien appartenant à autrui peut constituer un délit pénal, sanctionné par la prison et l'amende.

Le texte distingue trois niveaux de conséquences. La destruction du bien est l'acte le plus grave : le bien détruit ne peut plus être utilisé et doit être reconstruit, réparé ou remplacé. La dégradation est moins importante : elle abîme gravement le bien sans l'anéantir. La détérioration constitue le seuil le plus faible des conséquences : elle endommage le bien. Dans les trois cas, le caractère involontaire est central : l'auteur n'a pas souhaité provoquer les conséquences de l'infraction, et il n'est pas besoin de démontrer qu'il a voulu détruire, dégrader ou détériorer le bien pour que l'infraction existe.

Règle

L'infraction est constituée lorsque le dommage au bien d'autrui résulte d'un incendie ou d'une explosion causé par un manquement à une obligation de prudence ou de sécurité. C'est l'imprudence de l'auteur, et non son intention, qui fonde la responsabilité pénale.

Les biens concernés peuvent être des biens mobiliers (voiture, vélo, meubles) ou des biens immobiliers (maison, usine, plantations, forêt). Par exemple, une personne jette de sa voiture une cigarette mal éteinte alors qu'elle circule à travers un bois, entraînant un incendie qui détruit des maisons proches de la forêt.

Quels sont les éléments constitutifs de l'infraction ?

Pour que l'infraction soit constituée, trois conditions doivent être réunies cumulativement.

L'infraction suppose un cumul de trois éléments : un bien d'autrui détruit, dégradé ou détérioré involontairement ; un incendie ou une explosion provoqué ; et un manquement à une obligation de prudence ou de sécurité.

Premier élément : l'auteur a détruit, dégradé ou détérioré involontairement un bien appartenant à autrui. Deuxième élément : il a provoqué une explosion ou un incendie. Troisième élément : il a manqué à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement (décret, arrêté préfectoral, etc.). Le moyen employé par l'auteur doit avoir effectivement provoqué un incendie ou une explosion, par exemple en faisant un barbecue qui dégénère. L'imprudence résulte du non-respect par l'auteur d'une interdiction ou d'une obligation prévue par la loi ou un règlement.

Règle

C'est parce que l'auteur a agi de manière imprudente qu'il commet cette infraction. L'absence d'intention de nuire n'exonère pas : la violation d'une obligation de prudence suffit, dès lors qu'elle cause un incendie ou une explosion dommageable.

  • Bien d'autrui : le bien appartient à une autre personne que l'auteur des faits.
  • Caractère involontaire : l'auteur n'a pas souhaité les conséquences dommageables.
  • Incendie ou explosion : le moyen employé a provoqué un incendie ou une explosion.
  • Manquement à une obligation de prudence ou de sécurité : l'auteur a enfreint une règle prévue par la loi ou le règlement.

Détruire, dégrader ou détériorer volontairement le bien d'autrui constitue un acte de vandalisme, qui relève d'un autre régime pénal. La présente fiche ne traite que des faits involontaires.

Quelles sont les peines prévues en cas de violation involontaire ?

En cas de violation involontaire d'une obligation de prudence ou de sécurité, les peines maximales dépendent de la nature du bien atteint et des conséquences sur les personnes.

Les peines de droit commun en cas de violation involontaire vont jusqu'à 1 an de prison et 15 000 euros d'amende.

Lorsque l'incendie touche des bois, forêts, landes, maquis, plantations ou reboisements d'autrui, les peines maximales sont portées à 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende. Si l'infraction a des conséquences sur les personnes, les peines sont alourdies selon la gravité du dommage. En cas d'incendie involontaire de nature à exposer des personnes à un dommage corporel ou à créer un dommage irréversible à l'environnement, les peines sont portées à 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende. En cas d'incendie involontaire provoquant des blessures ayant entraîné une incapacité totale de travail pendant au moins 8 jours, les peines sont portées à 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. En cas d'incendie causant la mort d'une ou plusieurs personnes, les peines sont portées à 7 ans de prison et 100 000 euros d'amende.

Règle

Le barème des peines en cas de violation involontaire est le suivant.

  • Violation involontaire (cas général)

    Prison maximale
    1 an
    Amende maximale
    15 000 euros
  • Incendie de bois, forêts, landes, maquis, plantations ou reboisements d'autrui

    Prison maximale
    2 ans
    Amende maximale
    30 000 euros
  • Exposition des personnes à un dommage corporel ou dommage irréversible à l'environnement

    Prison maximale
    3 ans
    Amende maximale
    45 000 euros
  • Blessures avec incapacité totale de travail d'au moins 8 jours

    Prison maximale
    5 ans
    Amende maximale
    75 000 euros
  • Mort d'une ou plusieurs personnes

    Prison maximale
    7 ans
    Amende maximale
    100 000 euros

Ces peines s'appliquent lorsque l'auteur n'a pas sciemment enfreint l'obligation de prudence ou de sécurité. La violation manifestement délibérée est sanctionnée plus lourdement (voir section dédiée).

Peines en cas de violation manifestement délibérée d'une obligation de prudence ou de sécurité

Lorsque l'auteur sait qu'il ne respecte pas une obligation de prudence ou de sécurité et agit en connaissance de cause, les peines maximales sont alourdies.

La violation manifestement délibérée d'une obligation de prudence ou de sécurité est plus sévèrement sanctionnée que la simple imprudence, car l'auteur agit en connaissance de cause.

Dans le cas d'une violation manifestement délibérée, l'auteur des faits sait qu'il ne respecte pas une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi. Il agit en connaissance de cause. Par exemple, une personne brûle ses déchets végétaux dans sa propriété alors qu'elle sait qu'un arrêté interdit strictement les feux dans les jardins par mesure de sécurité. Le caractère délibéré de la violation aggrave la responsabilité pénale, indépendamment de l'intention de détruire le bien.

Règle

En cas de violation manifestement délibérée, les peines peuvent aller jusqu'à 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende (contre 1 an et 15 000 euros en cas de violation involontaire).

  • Violation manifestement délibérée (cas général)

    Prison maximale
    2 ans
    Amende maximale
    30 000 euros
  • Incendie de bois, forêts, landes, maquis, plantations ou reboisements d'autrui

    Prison maximale
    3 ans
    Amende maximale
    45 000 euros
  • Exposition des personnes à un dommage corporel ou dommage irréversible à l'environnement

    Prison maximale
    5 ans
    Amende maximale
    100 000 euros
  • Blessures avec incapacité totale de travail d'au moins 8 jours

    Prison maximale
    7 ans
    Amende maximale
    100 000 euros
  • Mort d'une ou plusieurs personnes

    Prison maximale
    10 ans
    Amende maximale
    150 000 euros

La distinction entre violation involontaire et violation manifestement délibérée est essentielle : elle détermine le niveau de peine applicable. L'auteur qui ignorait l'existence de la règle relève du premier régime ; celui qui la connaissait et l'a enfreinte sciemment relève du second.

Quel est le délai de prescription en cas de destruction, dégradation ou détérioration involontaire d'un bien ?

Le délit se prescrit par 6 ans à compter de la commission des faits.

Passé un délai de 6 ans à compter de la commission des faits, la justice ne peut plus être saisie pour ces faits.

La prescription est le délai au-delà duquel l'action publique devient irrecevable. En matière de destruction, dégradation ou détérioration involontaire d'un bien, ce délai est de 6 ans, couru à compter du jour où les faits ont été commis. Ce délai concerne la possibilité de poursuivre l'auteur devant la justice pénale.

Règle

Le délit se prescrit par 6 ans à compter de la commission des faits. Passé ce délai, la justice ne peut plus être saisie pour ces faits.

La victime qui souhaite obtenir réparation de ses préjudices doit agir dans les délais applicables à l'action civile, qui peut différer de la prescription de l'action publique. En cas de doute, il est recommandé de se rapprocher d'un conseiller juridique ou de la CIVI.

Quels sont les recours de la victime en cas de destruction, dégradation ou détérioration involontaire d'un bien ?

La victime dont le bien a été détruit, dégradé ou détérioré peut porter plainte et, en cas de procès, se constituer partie civile pour obtenir réparation.

La victime dispose de plusieurs recours : porter plainte pour déclencher l'action publique, et se constituer partie civile pour demander réparation de ses préjudices devant la juridiction pénale.

Pour déclencher les poursuites, la victime doit porter plainte auprès des services de police ou de gendarmerie. Si elle ne connaît pas l'auteur de l'infraction, elle peut utiliser la plainte en ligne. Une fois la procédure engagée, la victime peut se constituer partie civile : c'est la démarche qui lui permet de demander des dommages et intérêts au pénal, en qualité de victime du délit. La constitution de partie civile ouvre le droit à réparation des préjudices subis du fait des faits reprochés à l'accusé.

Règle

La victime doit se constituer partie civile pour pouvoir obtenir des dommages et intérêts. Sans cette démarche, elle ne peut pas prétendre à une indemnisation dans le cadre du procès pénal.

La plainte permet de déclencher l'action publique, tandis que la constitution de partie civile permet d'obtenir réparation. Les deux démarches sont complémentaires : la première vise la sanction de l'infraction, la seconde l'indemnisation de la victime.

Comment la victime est-elle indemnisée en cas de destruction, dégradation ou détérioration involontaire d'un bien ?

La victime peut obtenir réparation de ses préjudices lors du procès ou auprès de la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI), sur présentation de justificatifs.

En cas de procès, la victime peut obtenir réparation de ses préjudices. La demande d'indemnisation peut être présentée soit lors du procès au tribunal, soit auprès de la CIVI.

La partie civile doit faire sa demande d'indemnisation soit lors du procès au tribunal, soit auprès de la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI), en présentant ses justificatifs (factures, certificat médical, attestations, etc.). Plusieurs catégories de préjudices peuvent être reconnues. Le préjudice matériel peut être réparé financièrement en tenant compte de la valeur du bien détruit ou du montant des réparations effectuées. Le préjudice moral peut aussi être indemnisé, par exemple pour la valeur sentimentale de l'objet détruit ou le décès d'un membre de la famille. D'autres préjudices peuvent être reconnus, comme le préjudice corporel en cas de blessures (par exemple une cicatrice) ou le préjudice économique (par exemple les frais liés à un nouvel hébergement suite à l'incendie de la maison).

Règle

L'indemnisation suppose la présentation de justificatifs : factures, certificat médical, attestations. La CIVI peut intervenir lorsque l'auteur est insolvable ou lorsque la réparation ne peut être obtenue autrement.

  • Préjudice matériel : valeur du bien détruit ou montant des réparations.
  • Préjudice moral : valeur sentimentale de l'objet détruit, préjudice d'affection lié au décès d'un proche.
  • Préjudice corporel : blessures, cicatrices, atteintes physiques.
  • Préjudice économique : frais liés à un nouvel hébergement, perte de revenus, etc.

La réparation vise à replacer la victime dans l'état où elle se serait trouvée si l'infraction n'avait pas eu lieu, dans la mesure du possible. La CIVI peut indemniser la victime même en l'absence de condamnation définitive, sous certaines conditions.

Qui peut m'aider ?

Le service d'aide aux victimes est joignable gratuitement en France métropolitaine et depuis l'étranger.

Un service d'aide aux victimes est disponible pour informer, orienter et accompagner les personnes qui ont subi un dommage du fait d'une infraction.

En France métropolitaine, le numéro 116 006 est un appel gratuit, joignable tous les jours de l'année, de 9h à 20h. Hors métropole ou depuis l'étranger, le numéro est le +33 (0)1 80 52 33 76, également un appel gratuit, joignable tous les jours de l'année, de 9h à 20h (heure de Paris). Le service peut également être contacté par mail à l'adresse victimes@116006.fr.

Règle

Ces coordonnées permettent d'obtenir une aide gratuite, confidentielle et accessible, sans condition de ressources.

Ce service d'aide aux victimes complète les recours judiciaires (plainte, constitution de partie civile, CIVI) en fournissant un accompagnement personnalisé dans les démarches.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Destruction, dégradation ou détérioration involontaire d'un bien (par incendie ou explosion)

    Vérifiée le 2026-10-04

    Ouvrir

Voir aussi

Les peines et le délai de prescription en matière de destruction, dégradation ou détérioration involontaire d'un bien sont fixés par le Code pénal. Vérifier les dernières évolutions auprès d'un conseiller juridique ou du service d'aide aux victimes (116 006).

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