Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur la communauté de meubles et acquêts : conditions d'application, sort des biens mobiliers et immobiliers, biens propres et fin du régime.
Ce qu'il faut savoir
- La communauté de meubles et acquêts est un régime matrimonial : il détermine la répartition des biens entre les époux.
- Ce régime s'applique si vous vous êtes mariés après le 31 janvier 1966 et si vous avez signé un contrat de mariage en choisissant ce régime.
- Vos biens mobiliers appartiennent à tous les 2, quels que soient leur date et leur moyen d'acquisition, y compris ceux acquis avant le mariage ou reçus par succession ou donation (sauf volonté contraire du testateur ou du donateur).
- Les biens immobiliers possédés avant le mariage restent propres à l'époux concerné ; ceux acquis pendant le mariage sont communs, sauf s'ils ont été reçus par succession ou donation.
- Chacun gère et dispose seul de ses gains et salaires, à condition d'acquitter sa part des charges du mariage.
- Quand le mariage cesse (divorce ou décès), les biens sont partagés selon le régime : c'est la liquidation du régime matrimonial.
Conditions essentielles
- Vous vous êtes mariés après le 31 janvier 1966.
- Vous avez signé un contrat de mariage, avant ou après le mariage, en choisissant ce régime.
- Pour que chacun dispose seul de ses gains et salaires, chacun doit acquitter sa part des charges du mariage.
- Pour conserver un bien reçu par succession ou donation comme bien propre, le testateur ou le donateur ne doit pas avoir exprimé une volonté contraire.
- Faute de contrat de mariage après le 31 janvier 1966, c'est un autre régime qui s'applique automatiquement.
Les étapes
- Vérifier la date du mariage et l'existence d'un contrat de mariage choisissant ce régime.
- Identifier la nature de chaque bien : mobilier ou immobilier.
- Déterminer si le bien a été acquis avant ou pendant le mariage, par achat, succession ou donation.
- Repérer les biens propres éventuels (vêtements personnels, certaines créances et pensions, indemnité de préjudice, biens professionnels).
- En cas de fin du mariage, procéder au partage selon les règles du régime, chacun récupérant ses biens propres et sa part des biens communs.
Cette synthèse ne traite pas la déchéance des avantages du régime ni les situations de mariage avant 1966 ou sans contrat ; ces points font l'objet de sections dédiées.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail du sort des biens mobiliers et immobiliers, des biens propres et de la liquidation, voir les sections correspondantes.
Qu'est-ce qu'un régime matrimonial ?
La communauté de meubles et acquêts est un régime matrimonial. Le régime matrimonial organise la répartition des biens entre les époux et leur sort en cas de fin du mariage.
Le régime matrimonial détermine quels biens sont communs aux deux époux et quels biens restent propres à chacun. Dans le régime de la communauté de meubles et acquêts, les règles varient selon que vos biens sont mobiliers ou immobiliers.
Règle
Les règles diffèrent selon que le mariage a lieu depuis le 1ᵉʳ février 1966 ou avant. Cette fiche traite des règles applicables depuis le 1ᵉʳ février 1966.
Le choix d'un régime matrimonial résulte en principe d'un contrat de mariage. La communauté de meubles et acquêts suppose ainsi un contrat de mariage la choisissant.
À qui s'applique la communauté de meubles et acquêts ?
Le régime de la communauté de meubles et acquêts s'applique à vous si vous remplissez 2 conditions.
- Vous vous êtes mariés après le 31 janvier 1966.
- Vous avez signé un contrat de mariage (avant ou après le mariage) en choisissant ce régime.
Si vous êtes marié sans contrat de mariage après le 31 janvier 1966, vous relevez automatiquement du régime de la communauté réduite aux acquêts.
Le rôle du contrat de mariage
Le contrat de mariage est l'acte par lequel les époux choisissent leur régime matrimonial. C'est lui qui permet d'adopter la communauté de meubles et acquêts.
Le contrat de mariage peut être signé avant ou après le mariage. Pour bénéficier de la communauté de meubles et acquêts, il doit expressément choisir ce régime.
Règle
En l'absence de contrat de mariage après le 31 janvier 1966, le régime de la communauté réduite aux acquêts s'applique automatiquement. Le contrat est donc l'élément qui donne accès à la communauté de meubles et acquêts.
Le choix du régime matrimonial relève d'un acte volontaire des époux. La communauté de meubles et acquêts n'est pas le régime légal par défaut depuis le 1ᵉʳ février 1966.
Le sort des biens mobiliers
Vos biens mobiliers vous appartiennent à tous les 2, quels que soient leur date et leur moyen d'acquisition.
C'est le cas pour ceux que vous avez acquis avant votre mariage. C'est aussi le cas pour ceux que vous avez acquis par succession ou donation (sauf volonté contraire du testateur ou du donateur).
Règle
Les revenus sont des biens communs. Le caractère commun des biens mobiliers ne dépend donc pas du moment de l'acquisition ni de son mode, sous la réserve de la volonté contraire du testateur ou du donateur pour les biens reçus à ce titre.
Les biens mobiliers incluent notamment l'argent et la voiture, cités par la fiche comme exemples de biens communs.
Le sort des biens immobiliers
Le sort des biens immobiliers dépend du moment et du mode d'acquisition.
- Les biens immobiliers possédés par chacun de vous avant le mariage restent la propriété personnelle de l'époux concerné.
- Les biens immobiliers acquis pendant le mariage sont communs.
- Les biens immobiliers reçus par succession ou donation pendant le mariage restent la propriété personnelle de l'époux concerné (sauf volonté contraire du testateur ou du donateur).
Règle
Si l'un de ces biens est vendu pour racheter un autre bien, celui-ci reste la propriété personnelle de l'époux concerné.
Le critère du moment (avant ou pendant le mariage) et le mode d'acquisition (achat, succession, donation) déterminent le caractère propre ou commun du bien immobilier.
Quels biens restent propres ?
Malgré le caractère commun des biens mobiliers, certains éléments constituent des biens propres.
- Vêtements personnels.
- Certaines créances et pensions, telles que pensions alimentaires ou d'invalidité.
- Indemnité réparant un préjudice corporel ou moral subi par un époux.
- Certains biens professionnels nécessaires à l'activité de l'un des époux.
Règle
Ces éléments demeurent des biens propres par exception au principe de communauté des biens mobiliers. La liste est présentée à titre d'illustration par la fiche officielle.
La nature propre de ces biens les distingue des biens mobiliers communs et s'apprécie au regard de leur origine ou de leur destination.
Gains, salaires et biens acquis
Chacun de vous 2 gère et dispose seul de ses gains et salaires. Cette règle s'applique quel que soit le régime matrimonial des époux, dès lors que chacun acquitte sa part des charges du mariage.
Si vous êtes marié sans contrat, vos gains et salaires sont toutefois considérés comme des biens communs. Les biens acquis avec des gains et salaires sont communs, de même que l'argent économisé par un époux.
Règle
Cette règle peut avoir des conséquences, par exemple en cas de séparation ou si un époux veut donner un bien sans l'accord de l'autre époux.
La gestion et la disposition libres des gains et salaires supposent que chacun acquitte sa part des charges du mariage ; à défaut de contrat de mariage, les gains et salaires sont communs.
Que se passe-t-il quand le mariage cesse ?
Le mariage cesse dans les cas suivants : divorce ou décès. Les biens sont alors partagés en fonction des règles prévues par votre régime matrimonial.
On parle de la liquidation du régime matrimonial. Chacun récupère ses biens propres et sa part des biens communs.
- Divorce : une des causes de fin du mariage, qui entraîne le partage selon le régime.
- Décès : l'autre cause de fin du mariage, avec des droits successoraux pour l'époux survivant.
- Biens propres : chacun récupère les siens lors de la liquidation.
- Biens communs : chacun récupère sa part lors de la liquidation.
Règle
En cas de décès de votre époux, vous avez droit à une partie de ses biens. Votre part dans la succession dépend notamment des dispositions éventuellement prises par le défunt (testament) et de la présence ou non d'enfants (nés de votre couple ou d'une autre union).
La liquidation suppose de distinguer, bien par bien, ce qui relève des biens propres de chaque époux et ce qui relève des biens communs à partager.
La déchéance des avantages du régime
Un époux peut être déchu des avantages que lui donne le régime matrimonial s'il a été condamné pour certains actes graves.
Un époux est automatiquement déchu des avantages que lui donnent le régime matrimonial s'il a été condamné (comme auteur ou complice) pour l'un des actes suivants : avoir volontairement donné ou tenté de donner la mort à son époux ; avoir volontairement commis des violences ayant entraîné la mort de son époux sans intention de la donner.
- Tortures, actes de barbarie, violences volontaires, viol ou agression sexuelle envers son époux.
- Témoignage mensonger porté contre son époux dans une procédure criminelle.
- Abstention volontaire d'empêcher un crime ou un délit contre l'intégrité corporelle de son époux qui en est décédé.
- Dénonciation calomnieuse contre son époux concernant des faits criminels.
Règle
L'époux peut aussi être déchu des avantages liés à son régime matrimonial s'il a été condamné pour l'un des faits énumérés ci-dessus. La déchéance doit être prononcée par le tribunal judiciaire.
La déchéance automatique s'attache à deux actes particulièrement graves ; pour les autres faits énumérés, la déchéance est une possibilité soumise au prononcé du tribunal judiciaire.
Mariage avant 1966 ou sans contrat
Deux situations particulières méritent d'être distinguées : le mariage sans contrat de mariage avant le 1ᵉʳ février 1966, et le mariage sans contrat après le 31 janvier 1966.
Si vous vous êtes marié sans contrat de mariage avant le 1ᵉʳ février 1966, vous êtes marié sous le régime de la communauté des meubles et acquêts, à condition de ne pas avoir opté pour un autre régime au cours de votre mariage.
Règle
Si vous êtes marié sans contrat de mariage après le 31 janvier 1966, vous relevez automatiquement du régime de la communauté réduite aux acquêts.
Cette fiche traite des règles applicables depuis le 1ᵉʳ février 1966. Les mariages antérieurs sans contrat relèvent de la communauté des meubles et acquêts sauf option contraire.
Communauté de meubles et acquêts ou communauté réduite aux acquêts ?
La communauté de meubles et acquêts ne doit pas être confondue avec la communauté réduite aux acquêts, qui est le régime applicable par défaut depuis le 1ᵉʳ février 1966.
Le régime de la communauté réduite aux acquêts s'applique automatiquement lorsque les époux se sont mariés sans contrat de mariage après le 31 janvier 1966. La communauté de meubles et acquêts, à l'inverse, suppose un contrat de mariage la choisissant.
Règle
La différence d'accès au régime est nette : la communauté de meubles et acquêts est un régime choisi, tandis que la communauté réduite aux acquêts est le régime par défaut depuis 1966 à défaut de contrat.
Une même date charnière, le 31 janvier 1966, structure les deux régimes : au-delà de cette date, le mariage sans contrat relève de la communauté réduite aux acquêts.
Le vocabulaire utile
Quelques termes employés par la fiche officielle aident à comprendre le régime de la communauté de meubles et acquêts.
- Régime matrimonial
- Ensemble des règles qui organisent la répartition des biens entre les époux et leur sort à la fin du mariage.
- Communauté de meubles et acquêts
- Régime dans lequel les biens mobiliers sont communs, les biens immobiliers acquis pendant le mariage le sont également, sous réserve de biens propres.
- Acquêts
- Biens acquis pendant le mariage ; leur traitement diffère selon qu'ils sont mobiliers ou immobiliers et selon leur mode d'acquisition.
- Biens propres
- Biens qui restent la propriété personnelle d'un époux, par exemple les vêtements personnels, certaines créances et pensions, l'indemnité de préjudice corporel ou certains biens professionnels.
- Liquidation du régime
- Opération de partage des biens en cas de fin du mariage (divorce ou décès), chacun récupérant ses biens propres et sa part des biens communs.
- Déchéance des avantages
- Perte, automatique ou prononcée par le tribunal judiciaire, des avantages du régime lorsqu'un époux a été condamné pour certains actes graves.
Ces définitions reprennent les notions de la fiche officielle et n'ajoutent aucune règle qui ne s'y trouve déjà.
Où s'adresser ?
Pour toute question sur votre régime matrimonial, le notaire est l'interlocuteur naturel, notamment pour la rédaction d'un contrat de mariage ou la liquidation.
- Notaire : conseil sur le régime matrimonial, rédaction du contrat de mariage et opérations de liquidation.
- Contrat de mariage : acte par lequel un régime matrimonial est choisi, y compris la communauté de meubles et acquêts.
- Tribunal judiciaire : autorité qui prononce la déchéance des avantages du régime dans les cas prévus par la loi.
La liquidation du régime matrimonial, en cas de divorce ou de décès, suppose de répartir les biens propres et les biens communs selon les règles du régime choisi.
Textes applicables
- Code civil : articles 1498 à 1501Texte légal
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Régime matrimonial : qu'est-ce-que la communauté de meubles et acquêts ?
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l'organisme compétent.

