Vue d’ensemble
Ce qu’il faut retenir sur l’assurance habitation en colocation : obligation, formes du contrat, attestation au propriétaire, responsabilité et sinistres.
Ce qu'il faut savoir
- Chaque colocataire doit être couvert par une assurance habitation, au minimum pour les risques locatifs (incendie, dégâts des eaux, explosion).
- L’obligation peut être remplie par une assurance individuelle ou par une assurance commune souscrite au nom de tous les colocataires ; si un seul colocataire souscrit au nom de tous, tous doivent être mentionnés dans le contrat.
- Si un colocataire n’est pas mentionné dans le contrat, il ne sera pas indemnisé en cas de sinistre.
- Les colocataires doivent fournir au propriétaire une attestation d’assurance au début de la location, puis chaque année.
- Chaque colocataire est responsable des dommages qu’il cause personnellement ; en cas d’assurance commune, les colocataires sont solidairement responsables vis-à-vis de l’assureur.
- En cas d’absence d’attestation, le propriétaire peut faire une mise en demeure par lettre recommandée, puis souscrire lui-même une assurance si l’attestation n’est pas transmise dans un délai d’1 mois, en ajoutant au loyer 1/12ᵉ de la cotisation annuelle assorti éventuellement d’une majoration ne dépassant pas 10 %.
- Ces règles vous concernent quelle que soit votre nationalité et quelle que soit la durée de votre séjour en France.
Conditions essentielles
- Vous êtes colocataire d’un logement loué en vertu d’un contrat de location (bail).
- Vous disposez d’un contrat d’assurance individuelle ou vous êtes mentionné dans un contrat commun au nom de tous les colocataires.
- L’assurance couvre au minimum les risques locatifs : incendie, dégâts des eaux, explosion.
- Une attestation d’assurance est remise au propriétaire au début de la location puis chaque année.
Les étapes
- Vérifier la nature du contrat de location : un seul bail signé par tous les colocataires, ou plusieurs contrats individuels.
- Choisir entre une assurance individuelle auprès de l’assureur de votre choix ou une assurance commune souscrite au nom de tous les colocataires (tous doivent être nommément mentionnés dans le contrat).
- Souscrire l’assurance avant l’entrée dans le logement ou dès que la colocation est constituée.
- Fournir au propriétaire une attestation d’assurance au début de la location, puis chaque année.
- En cas de départ ou d’arrivée d’un colocataire, prévenir le propriétaire pour qu’il mette à jour le bail ou établisse un avenant, et informer l’assureur si le contrat est collectif.
Cette synthèse couvre l’essentiel de l’assurance habitation en colocation. Les modalités de déclaration et d’indemnisation des sinistres, ainsi que les conséquences d’un changement de colocataires, sont traitées dans les sections suivantes.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour le détail des délais de déclaration des sinistres et des modalités d’indemnisation selon le type de contrat, voir les sections « Comment déclarer un sinistre ? » et « Quels délais pour déclarer un sinistre et être indemnisé ? ».
L’assurance habitation est-elle obligatoire en colocation ?
Oui, chaque colocataire doit être couvert par une assurance habitation, au minimum pour les risques locatifs (incendie, dégâts des eaux, explosion). Cette obligation vous concerne quelle que soit votre nationalité et quelle que soit la durée de votre séjour en France.
L’obligation d’assurance découle de la qualité de locataire : chaque personne qui occupe le logement en vertu du bail est tenue de s’assurer contre les risques locatifs, c’est-à-dire les dommages causés à l’immeuble. La colocation n’y fait pas exception : la responsabilité de chaque colocataire est engagée.
Les risques locatifs sont les dommages causés à l’immeuble par le locataire : incendie, dégâts des eaux, explosion. L’assurance minimum couvre ces risques ; une assurance multirisques habitation peut être souscrite en complément pour couvrir les biens personnels et la responsabilité civile vis-à-vis des tiers.
À savoir
- Cette obligation concerne chaque colocataire individuellement : chacun doit être assuré, que ce soit via un contrat propre ou un contrat commun le mentionnant.
- L’assurance peut être individuelle ou commune : les deux formes remplissent l’obligation légale.
- Une assurance multirisques habitation peut être souscrite en complément pour protéger les biens personnels et les dommages causés à des tiers.
L’assurance souscrite par le propriétaire pour le compte des colocataires, si elle est prévue au bail, couvre uniquement les risques locatifs et ne protège pas les biens personnels.
Comment souscrire un contrat d’assurance en colocation ?
La démarche dépend de la nature du contrat de location : si tous les colocataires ont signé un seul contrat de bail, ils peuvent souscrire un contrat d’assurance unique en commun ; sinon, chaque colocataire peut souscrire un contrat individuel.
Le principe est la liberté de choix : assurance commune ou assurance individuelle, assureur au choix. La seule exigence est que tous les colocataires soient couverts et, pour l’assurance commune, mentionnés nommément dans le contrat.
Un seul bail signé par tous les colocataires
Ils peuvent souscrire un contrat d’assurance unique en commun. Chaque colocataire devra être nommé dans le contrat. Il est également possible que chaque colocataire souscrive un contrat individuel auprès de l’assureur de son choix ; si tous les contrats sont souscrits auprès du même assureur, cela peut faciliter la gestion des sinistres.
Assurance souscrite par le propriétaire
Dans certains cas, le propriétaire peut souscrire une assurance pour le compte des colocataires. Cette clause doit alors figurer dans le contrat de bail. Le coût de l’assurance est réparti entre les colocataires et inclus dans les loyers. Cette assurance couvre uniquement les risques locatifs (dommages causés à l’immeuble), mais ne protège pas les biens personnels ni les dommages causés à des tiers.
À savoir
- Certains assureurs proposent des contrats spécifiquement adaptés à la colocation.
- Si un colocataire souscrit un contrat au nom de tous, tous les colocataires doivent être mentionnés dans le contrat pour bénéficier de la couverture.
- En l’absence de mention dans le contrat, le colocataire non désigné ne sera pas indemnisé en cas de sinistre.
Le choix entre assurance commune et individuelle dépend de l’organisation de la colocation et de la nature du bail : un bail unique facilite l’assurance commune, des bails séparés imposent des assurances individuelles.
Faut-il remettre une attestation au propriétaire ?
Oui, les colocataires doivent fournir au propriétaire une attestation d’assurance au début de la location, puis chaque année. Cette attestation prouve que le logement est toujours assuré.
L’attestation d’assurance est un justificatif périodique que le locataire remet au propriétaire pour démontrer le maintien de la couverture. En colocation, l’attestation peut être commune (si assurance commune) ou individuelle (si assurances séparées).
Règle
Si les colocataires ne transmettent pas l’attestation, le propriétaire peut leur adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Si l’attestation ne lui est pas transmise dans un délai d’1 mois, il peut souscrire lui-même une assurance pour le compte des colocataires.
Délai à retenir
L’attestation est fournie au début de la location, puis chaque année. En cas de mise en demeure, le locataire dispose d’1 mois pour transmettre l’attestation avant que le propriétaire ne puisse souscrire lui-même une assurance.
À savoir
- L’assurance souscrite par le propriétaire en cas de défaut d’attestation couvre uniquement les risques locatifs.
- Le propriétaire ajoutera alors au montant du loyer 1/12ᵉ de la cotisation annuelle d’assurance, assorti éventuellement d’une majoration ne dépassant pas 10 %.
- La mise en demeure doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception : la preuve de l’envoi et de la réception est indispensable.
L’obligation d’attestation est donc distincte de l’obligation d’assurance elle-même : même si vous êtes assuré, l’absence d’attestation expose le locataire à une assurance imposée par le propriétaire.
Qui est responsable en cas de sinistre ?
Chaque colocataire est responsable des dommages qu’il cause personnellement. En cas d’assurance commune, les colocataires sont solidairement responsables vis-à-vis de l’assureur. Par exemple, si une franchise est appliquée après un sinistre, elle peut être répartie en fonction de la part de loyer de chacun.
Deux régimes de responsabilité coexistent : la responsabilité individuelle (chacun répond de ses propres dommages) et la responsabilité solidaire (en assurance commune, l’assureur peut se retourner contre n’importe lequel des colocataires). La solidarité vise à simplifier la gestion pour l’assureur.
Règle
Chaque colocataire est responsable des dommages qu’il cause personnellement. En cas d’assurance commune, les colocataires sont solidairement responsables vis-à-vis de l’assureur.
À savoir
- La franchise appliquée après un sinistre peut être répartie en fonction de la part de loyer de chacun, en assurance commune.
- Si le contrat est uniquement au nom d’un colocataire, seuls ses biens peuvent être pris en charge ; les autres colocataires devront, s’ils ne sont pas couverts, se tourner vers leur propre assurance ou envisager un recours.
- Dans le cas où chaque colocataire possède une assurance individuelle, chacun est indemnisé par son propre assureur, selon les garanties prévues dans son contrat.
La distinction entre responsabilité individuelle et solidarité vis-à-vis de l’assureur est essentielle pour comprendre qui supporte financièrement les conséquences d’un sinistre en colocation.
Comment déclarer un sinistre ?
La déclaration du sinistre dépend du contrat d’assurance : si un seul colocataire a souscrit un contrat au nom de tous, c’est en principe à lui de faire la déclaration ; si le contrat est individuel, chacun fait sa propre déclaration.
Le régime de déclaration suit le régime du contrat : contrat commun (une seule déclaration, englobant tous les assurés) ou contrats individuels (déclarations séparées). La déclaration peut être envoyée par courrier recommandé, par téléphone ou via l’espace client en ligne, selon les modalités prévues dans le contrat.
Contrat souscrit par un seul colocataire au nom de tous
C’est en principe à lui de faire la déclaration. Il doit alors indiquer les noms des autres colocataires concernés et mentionner leurs biens éventuellement endommagés.
Contrat souscrit au nom de plusieurs colocataires
L’un d’eux peut effectuer la déclaration, à condition de signaler tous les assurés.
Contrats individuels pour chaque colocataire
Chacun doit faire sa propre déclaration auprès de son assureur. Cette situation peut rendre la gestion du sinistre plus complexe, notamment pour déterminer les responsabilités et la nature des biens touchés.
À savoir
- La déclaration peut être envoyée par courrier recommandé, par téléphone ou via l’espace client en ligne, selon les modalités prévues dans le contrat.
- En cas de contrat commun, la déclaration doit mentionner tous les assurés et leurs biens endommagés.
- L’indemnisation dépend des garanties prévues dans le contrat : l’attestation d’assurance ne suffit pas, c’est le contrat qui détermine ce qui est couvert.
La gestion du sinistre est plus simple avec un contrat commun ou un assureur unique : elle devient plus complexe lorsque chaque colocataire a son propre contrat, notamment pour répartir les responsabilités.
Quels délais pour déclarer un sinistre et être indemnisé ?
Les colocataires doivent déclarer le sinistre dans des délais stricts selon la nature du sinistre : 2 jours ouvrés pour les vols et vandalisme, 5 jours ouvrés pour les autres sinistres, 10 jours pour la catastrophe naturelle. L’indemnisation dépend du contrat souscrit.
Le non-respect des délais de déclaration peut compromettre l’indemnisation. Ces délais courent à partir de la découverte du sinistre et sont indiqués dans le contrat d’assurance.
| Type de sinistre | Délai de déclaration |
|---|---|
| Vols et actes de vandalisme | 2 jours ouvrés |
| Autres sinistres (incendie, dégât des eaux, bris de glace…) | 5 jours ouvrés |
| Catastrophe naturelle | 10 jours à partir de la publication de l’arrêté de catastrophe naturelle |
À savoir
- Si le contrat est commun et que tous les colocataires sont nommément désignés, chacun peut être indemnisé selon les pertes qu’il a subies ; il est alors nécessaire de fournir des justificatifs (factures, photos, liste des biens endommagés…).
- Si le contrat est uniquement au nom d’un colocataire, seuls ses biens peuvent être pris en charge ; les autres colocataires devront, s’ils ne sont pas couverts, se tourner vers leur propre assurance ou envisager un recours.
- Dans le cas où chaque colocataire possède une assurance individuelle, chacun est indemnisé par son propre assureur, selon les garanties prévues dans son contrat ; il est important de pouvoir prouver la propriété des biens personnels.
Le respect des délais de déclaration et la constitution d’un dossier de justificatifs (factures, photos, liste des biens) conditionnent la qualité et la rapidité de l’indemnisation.
Quelles conséquences en cas de changement de colocataires ?
En cas de départ ou d’arrivée d’un colocataire, le propriétaire doit être prévenu pour qu’il mette à jour le bail ou établisse un avenant. Si un contrat d’assurance a été souscrit collectivement, il faut également informer l’assureur pour que le nouveau colocataire soit inclus dans le contrat.
Le changement de colocataire affecte à la fois le bail (identité des locataires) et l’assurance (identité des assurés). Sans mise à jour, le nouveau colocataire risque de ne pas être couvert, et le locataire parti peut rester lié au contrat collectif.
- 1
Prévenir le propriétaire
Le propriétaire doit être prévenu du départ ou de l’arrivée d’un colocataire, pour qu’il mette à jour le bail ou établisse un avenant.
- 2
Informer l’assureur
Si un contrat d’assurance a été souscrit collectivement, il faut également informer l’assureur pour que le nouveau colocataire soit inclus dans le contrat. Un avenant pourra être nécessaire.
- 3
Vérifier la couverture du nouveau colocataire
En l’absence de mise à jour, le nouveau colocataire pourrait ne pas être couvert en cas de sinistre.
À savoir
- En l’absence de mise à jour du contrat d’assurance, le nouveau colocataire pourrait ne pas être couvert en cas de sinistre.
- Un avenant au contrat d’assurance peut être nécessaire pour intégrer le nouveau colocataire au contrat collectif.
- Certains assureurs proposent des contrats spécifiquement adaptés à la colocation, ce qui peut faciliter les changements de composition.
La vigilance sur les formalités de changement (bail et assurance) protège aussi bien le colocataire entrant que ceux qui restent, et évite les mauvaises surprises en cas de sinistre.
Textes applicables
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs — article 7Textes légaux
- Code des assurances — articles L121-1 à L121-17Textes légaux
- Décret du 30 mars 2016 — majoration de la prime d’assurance pour compte du locataireTexte réglementaire
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Colocation et assurance habitation
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.



