Vue d'ensemble
Ce qu'il faut retenir sur les aides financières auxquelles un proche peut prétendre après un décès, selon le lien avec la personne décédée et sa situation professionnelle.
Ce qu'il faut savoir
- Les aides disponibles dépendent à la fois du lien familial (époux, partenaire de Pacs, concubin, parent, enfant) et de la situation professionnelle de la personne décédée (salariée, fonctionnaire, retraitée, demandeur d'emploi).
- Les principales aides sont la pension de réversion, le capital décès, l'allocation veuvage, la pension d'invalidité de veuf ou de veuve, les rentes d'accident du travail et de maladie professionnelle, et les aides de la Caf (ASF, RSA, allocations logement).
- Le remboursement des frais de maladie encore dus à la personne décédée est demandable par ses héritiers dans presque toutes les situations.
- L'allocation de soutien familial (ASF), le RSA et les allocations logement restent accessibles sous conditions de ressources, notamment si vous élevez seul un enfant.
- La fiche présente les aides en cas de décès d'un enfant majeur ; le décès d'un enfant mineur relève de règles spécifiques.
Conditions essentielles
- Pour la pension de réversion du régime général : avoir au moins 55 ans et des ressources annuelles brutes inférieures à un certain montant.
- Pour la pension de réversion de la retraite complémentaire : ne pas s'être remarier (attribution sans condition de ressources, à hauteur de 60 % des droits du défunt).
- Pour l'allocation veuvage : avoir moins de 55 ans, que le défunt ait été affilié à l'assurance vieillesse au moins 3 mois (continus ou non) dans l'année précédant le décès, ressources plafonnées, et ne pas vivre en couple (remariage, concubinage, Pacs).
Les étapes
- Identifier le lien avec la personne décédée et sa situation professionnelle au moment du décès.
- Repérer les organismes compétents : caisses de retraite, CPAM ou MSA, Caf, France Travail, administration employeur.
- Vérifier les conditions propres à chaque aide (âge, ressources, affiliation, situation familiale).
- Constituer les demandes auprès de chaque organisme concerné : demande de pension de réversion, de capital décès, d'allocation veuvage, etc.
- Demander le remboursement des frais de maladie encore dus si vous êtes héritier.
- Solliciter les aides sociales de la Caf (ASF, RSA, allocations logement) si vos ressources le permettent.
Cette synthèse présente les principales aides. Le détail des conditions et des organismes compétents est développé dans les sections suivantes, par catégorie d'aide.
Cette synthèse ne remplace pas la fiche
Pour les règles propres aux rentes d'accident du travail et de maladie professionnelle, voir la section « Rentes accident du travail et maladie professionnelle ».
Le lien avec la personne décédée
Les aides financières dépendent en premier lieu du lien familial qui vous unissait à la personne décédée.
La fiche officielle distingue cinq catégories de liens : l'époux ou l'épouse, le partenaire de Pacs, le concubin ou la concubine, le père ou la mère, et l'enfant (majeur). Pour chacune de ces catégories, les aides disponibles diffèrent selon la situation professionnelle du défunt : à la retraite (salariée du secteur privé, fonctionnaire, agent contractuel), en activité (salariée, fonctionnaire, agent contractuel), ou inscrit(e) en tant que demandeur d'emploi.
- Époux ou épouse
- C'est la catégorie la mieux dotée : pension de réversion de base et complémentaire, pension d'invalidité de veuf ou de veuve, allocation veuvage, rentes d'accident du travail et de maladie professionnelle, capital décès, ASPA, aides de la Caf.
- Partenaire de Pacs et concubin
- Pas de pension de réversion ni d'allocation veuvage. Restent accessibles : le remboursement des frais de maladie encore dus, l'ASF, le RSA et les allocations logement sous conditions.
- Père ou mère
- Si vos deux parents sont décédés, vous pouvez demander la pension de réversion de la retraite complémentaire du parent qui vient de décéder : attribuée sans condition de ressources, elle correspond à 60 % des droits que percevait la personne décédée. Le remboursement des frais de maladie reste demandable en tant qu'héritier.
- Enfant majeur
- Cette fiche présente les aides en cas de décès d'un enfant majeur. Le remboursement des frais de maladie encore dus est demandable par les héritiers. Le décès d'un enfant mineur relève de règles spécifiques.
Règle
Le point de départ est toujours le même : identifier le lien et la situation du défunt, puis croiser ces deux informations pour déterminer les organismes à saisir et les aides à demander.
Les aides présentées dans les sections suivantes sont organisées par organisme (caisses de retraite, assurance maladie, Caf), car une même personne peut cumuler plusieurs aides provenant de sources différentes.
Aides des caisses de retraite
Les caisses de retraite versent notamment la pension de réversion, l'allocation veuvage et l'ASPA, sous conditions d'âge et de ressources.
La pension de réversion correspond à une partie de la retraite dont bénéficiait (ou aurait bénéficié) la personne décédée. Elle est versée par la caisse de retraite de base (Assurance retraite, Cnav, MSA) et, le cas échéant, par la caisse de retraite complémentaire (Agirc-Arrco pour les salariés, IRCANTEC pour les agents non titulaires).
- Pension de réversion du régime général
- Si vous avez au moins 55 ans et que vos ressources annuelles brutes sont inférieures à un certain montant, vous pouvez demander la pension de réversion auprès des caisses de retraite. Un simulateur en ligne permet d'estimer votre droit et le montant de la pension.
- Pension de réversion de la retraite complémentaire
- Elle correspond à 60 % des droits que percevait la personne décédée. Elle est attribuée sans condition de ressources ; en revanche, vous ne devez pas vous remarier. Pour un parent dont les deux parents sont décédés, cette pension est également ouverte sans condition de ressources.
- Pension de réversion d'un fonctionnaire
- Pour percevoir la pension de réversion d'un fonctionnaire, il faut remplir au moins une des quatre conditions suivantes : avoir au moins un enfant issu du mariage (y compris les enfants nés avant le mariage, reconnus) ; que le mariage ait duré au moins 4 ans (pour les couples de même sexe mariés au plus tard le 31 décembre 2014, la durée du Pacs précédant le mariage est prise en compte) ; que le mariage ait été célébré au moins 2 ans avant la mise à la retraite de la personne décédée ; ou que la personne décédée touchait une pension d'invalidité et que le mariage ait eu lieu avant l'événement ayant entraîné sa mise à la retraite.
- Allocation veuvage
- Si vous avez moins de 55 ans, vous pouvez demander l'allocation veuvage si la personne décédée était affiliée à l'assurance vieillesse au moins 3 mois, continus ou non, durant l'année précédant le décès. Vos ressources ne doivent pas dépasser un certain montant et vous ne devez pas vivre en couple (remariage, concubinage, Pacs).
- ASPA (ex-minimum vieillesse)
- Si vous avez au moins 65 ans et de faibles ressources, vous pouvez demander l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), sous réserve que vos revenus ne dépassent pas un certain montant.
| Aide | Condition d'âge | Condition de ressources | Condition familiale |
|---|---|---|---|
| Pension de réversion (régime général) | Au moins 55 ans | Plafond de ressources | — |
| Réversion complémentaire | — | Aucune | Ne pas s'être remarier |
| Allocation veuvage | Moins de 55 ans | Plafond de ressources | Pas en couple ; défunt affilié au moins 3 mois |
| ASPA | Au moins 65 ans | Plafond de ressources | — |
Pension de réversion (régime général)
- Condition d'âge
- Au moins 55 ans
- Condition de ressources
- Plafond de ressources
- Condition familiale
- —
Réversion complémentaire
- Condition d'âge
- —
- Condition de ressources
- Aucune
- Condition familiale
- Ne pas s'être remarier
Allocation veuvage
- Condition d'âge
- Moins de 55 ans
- Condition de ressources
- Plafond de ressources
- Condition familiale
- Pas en couple ; défunt affilié au moins 3 mois
ASPA
- Condition d'âge
- Au moins 65 ans
- Condition de ressources
- Plafond de ressources
- Condition familiale
- —
Les plafonds de ressources et les simulateurs sont consultables auprès des caisses de retraite (Assurance retraite, Agirc-Arrco) et sur leurs sites officiels.
Aides de l'assurance maladie
L'assurance maladie (CPAM ou MSA) verse notamment le capital décès et rembourse les frais de maladie encore dus au défunt.
Deux aides principales sont versées par l'assurance maladie : le capital décès, somme forfaitaire, et le remboursement des frais de maladie encore dus à la personne décédée, demandable par ses héritiers.
- Capital décès
- Le capital décès est une somme forfaitaire versée sous certaines conditions au décès d'un salarié du secteur privé, d'un fonctionnaire (via l'administration employeur) ou, sous conditions, d'un demandeur d'emploi. Les demandes se font auprès de la CPAM ou de la MSA pour les salariés et demandeurs d'emploi, et auprès de l'administration employeur pour les fonctionnaires.
- Remboursement des frais de maladie encore dus
- Si des remboursements de frais de santé n'ont pas été versés à l'assuré de son vivant et restent dus à la date de son décès, ses héritiers peuvent en obtenir le remboursement auprès de la caisse d'assurance maladie. Cette aide est valable dans toutes les situations présentées par la fiche : époux, partenaire de Pacs, concubin, parent, enfant, quel que soit le statut professionnel du défunt.
- Pension d'invalidité de veuf ou de veuve
- Si vous avez moins de 55 ans et que vous êtes atteint d'une invalidité réduisant d'au moins 2/3 votre capacité de travail, et que la personne décédée touchait une pension d'invalidité ou de retraite, vous pouvez demander cette pension. Elle correspond à un pourcentage du montant de la pension que touchait la personne décédée.
Règle
Le remboursement des frais de maladie encore dus est le droit le plus universel de la fiche : il accompagne systématiquement les héritiers, quel que soit le lien familial ou le statut du défunt. Le site Ameli présente les informations détaillées à ce sujet.
Le capital décès et la pension d'invalidité de veuf ou de veuve obéissent à des conditions propres (affiliation, invalidité, âge) qu'il convient de vérifier auprès de la CPAM ou de la MSA au cas par cas.
Rentes accident du travail et maladie professionnelle
Lorsque le décès est consécutif à un accident du travail, un accident de trajet ou une maladie professionnelle, une rente peut être versée au conjoint survivant.
Si la personne est décédée à l'occasion d'un accident du travail ou de trajet, ou à la suite d'une maladie professionnelle, vous pouvez demander, sous conditions, une aide financière de votre organisme de sécurité sociale, accordée sous forme de rente — c'est-à-dire une somme d'argent versée périodiquement.
- Décès à la suite d'un accident du travail ou de trajet
- Si vous avez eu au moins un enfant avec la personne décédée, vous pouvez demander la rente uniquement si vous n'avez pas été condamné pour un motif familial (abandon de famille, non-versement de la pension alimentaire, retrait total de l'autorité parentale). Si vous n'avez pas d'enfant avec le défunt, vous pouvez demander la rente si vous étiez marié avant la date de l'accident du travail ou de trajet.
- Décès à la suite d'une maladie professionnelle
- Vous pouvez demander la rente si vous êtes dans l'un des cas suivants : vous viviez en couple avec la personne décédée depuis plus de 2 ans à la date du décès ; ou vous avez au moins un enfant avec la personne décédée (sous la même réserve de l'absence de condamnation pour un motif familial).
Règle
Les conditions diffèrent donc légèrement selon que le décès résulte d'un accident du travail/trajet ou d'une maladie professionnelle : pour la maladie professionnelle, la vie en couple depuis plus de 2 ans ouvre droit à la rente même en l'absence d'enfant.
La condamnation pour un motif familial (abandon de famille, pension alimentaire impayée, retrait d'autorité parentale) constitue un obstacle au versement de la rente lorsqu'il existe au moins un enfant commun.
Aides de la Caf et de la MSA
La Caf et la MSA versent des aides sous conditions de ressources, notamment l'ASF, le RSA et les allocations logement.
Trois aides principales peuvent être demandées auprès de la Caisse d'allocations familiales (Caf) ou de la Mutualité sociale agricole (MSA), quel que soit le statut professionnel du défunt : l'allocation de soutien familial, le revenu de solidarité active et les allocations logement.
- Allocation de soutien familial (ASF)
- Si vous élevez seul un enfant, vous pouvez demander l'ASF sous certaines conditions. Cette aide s'adresse notamment au parent survivant qui assume seul la charge de l'enfant.
- Revenu de solidarité active (RSA)
- Si vous avez moins que l'âge légal de départ à la retraite et que vos ressources sont modestes, vous pouvez bénéficier, sous certaines conditions, du RSA. Il permet de bénéficier d'un niveau minimum de revenu et d'un programme d'accompagnement à l'insertion professionnelle. Un simulateur permet d'estimer son droit au RSA.
- Allocations logement (APL, ALF, ALS)
- Si vous êtes locataire et avez des revenus modestes, vous pouvez demander une allocation logement. Les différences entre APL, ALF et ALS, ainsi que les simulateurs de droit, sont présentés sur les sites officiels de la Caf.
Règle
Ces trois aides sont accessibles quel que soit le statut professionnel du défunt — salarié, fonctionnaire, retraité ou demandeur d'emploi — et quel que soit le lien familial (époux, partenaire de Pacs, concubin). Elles dépendent surtout de la situation personnelle et financière du demandeur au moment de la demande.
L'ASF, le RSA et les allocations logement ne sont pas liés au décès en soi : ce sont des aides sociales courantes auxquelles le veuvage ou la perte d'un proche peut ouvrir droit si les conditions de ressources sont remplies.
Décès d'un demandeur d'emploi
Le décès d'une personne inscrite comme demandeur d'emploi ouvre des droits spécifiques auprès de France Travail et de l'assurance maladie.
Si la personne décédée était inscrite en tant que demandeur d'emploi, plusieurs aides peuvent être demandées, notamment auprès de France Travail (anciennement Pôle emploi).
- Allocation décès (France Travail)
- Si la personne décédée était en cours d'indemnisation, ou en période de différé d'indemnisation ou de délai d'attente, vous pouvez demander l'allocation décès, somme versée aux ayants droit dans ces situations particulières.
- Allocations chômage restant dues
- Si vous êtes héritier, vous pouvez demander le versement des allocations chômage qui restent dues au jour du décès.
- Capital décès (CPAM/MSA)
- Sous certaines conditions, vous pouvez également demander le versement du capital décès auprès de la CPAM ou de la MSA, comme pour un salarié du secteur privé.
- Remboursement des frais de maladie
- En tant qu'héritier, vous pouvez demander le remboursement des frais de maladie encore dus à la personne décédée, auprès de la caisse d'assurance maladie.
- Pension de réversion et allocation veuvage
- Si vous avez au moins 55 ans et que le défunt a cotisé pour la retraite du régime général de la Sécurité sociale ou de la MSA, et si vos ressources ne dépassent pas un certain montant, vous pouvez demander la pension de réversion. Si le défunt a été affilié à l'assurance vieillesse au moins 3 mois durant l'année précédant le décès, vous pouvez demander l'allocation veuvage (moins de 55 ans, ressources plafonnées, pas en couple).
Les aides de la Caf (ASF, RSA, allocations logement) restent également accessibles en cas de décès d'un demandeur d'emploi, comme dans les autres situations.
Où s'adresser
Chaque aide est demandée auprès d'un organisme spécifique, identifié par la fiche officielle.
Les principaux organismes compétents pour les aides liées au décès d'un proche sont les caisses de retraite, l'assurance maladie, la Caf et France Travail.
- Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM)
- Capital décès, remboursement des frais de maladie encore dus, pension d'invalidité de veuf ou de veuve, rentes d'accident du travail et de maladie professionnelle.
- Mutualité sociale agricole (MSA)
- Mêmes prestations que la CPAM, pour les affiliés du régime agricole.
- Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) et caisses de retraite complémentaire
- Pension de réversion de base et complémentaire, allocation veuvage.
- Caisse d'allocations familiales (Caf)
- Allocation de soutien familial (ASF), RSA, allocations logement (APL, ALF, ALS).
- France Travail
- Allocation décès et versement des allocations chômage restant dues, en cas de décès d'un demandeur d'emploi.
- Administration employeur
- Capital décès en cas de décès d'un fonctionnaire.
- Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'État et des collectivités publiques (IRCANTEC)
- Retraite complémentaire des agents non titulaires de la fonction publique.
Règle
Dans la pratique, il est recommandé de commencer par identifier les organismes dont dépendait la personne décédée (régime général ou agricole, secteur privé ou public, France Travail), puis de déposer les demandes d'aide auprès de chacun d'entre eux dans les meilleurs délais. Plusieurs demandes peuvent être cumulées : par exemple, une pension de réversion auprès de la caisse de retraite, un capital décès auprès de la CPAM et des allocations logement auprès de la Caf.
Le cumul des aides est la règle : chaque organisme instruit sa propre demande selon ses propres critères. Le décès d'un proche ne supprime pas les droits sociaux du survivant — il ouvre au contraire de nouveaux droits (réversion, veuvage) tout en conservant l'accès aux aides sociales courantes (RSA, allocations logement, ASF).
Les informations de cette fiche sont vérifiées et datées (vérification du 5 octobre 2026). Les montants, plafonds de ressources et conditions évoluant régulièrement, il convient de se référer aux sites officiels des organismes mentionnés (Ameli, Caf, Assurance retraite, France Travail) pour les données les plus récentes. Un simulateur de pension de réversion et un simulateur de droit au RSA sont disponibles en ligne pour estimer ses droits avant de déposer les demandes.
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Un proche est décédé : aides financières
Vérifiée le 2026-10-04
Voir aussi
Les aides financières liées au décès d'un proche sont versées par des organismes multiples (caisses de retraite, CPAM, MSA, Caf, France Travail) selon des conditions d'âge, de ressources et de situation familiale. Vérifier les plafonds et montants en vigueur auprès des organismes compétents avant tout dépôt de demande.


