La réponse en bref
Perceval est le téléservice des forces de l'ordre qui permet de signaler en ligne l'usage frauduleux d'une carte bancaire sur internet. Il s'adresse aux victimes majeures, ou à leur représentant légal, qui sont toujours en possession de leur carte, qui ne sont pas à l'origine des achats et qui ont déjà fait opposition auprès de leur banque. Le signalement est gratuit et dure environ vingt minutes.
Le service ne remplace ni l'opposition bancaire, ni la demande de remboursement adressée à la banque, qui restent indispensables. Il produit un récépissé que la victime peut présenter à son établissement pour appuyer sa demande. Perceval alimente aussi les enquêtes de la police et de la gendarmerie, qui peuvent rapprocher les signalements et identifier les réseaux de fraude.
Les fraudes qui ne concernent pas une carte bancaire utilisée sur internet, notamment les fraudes au virement, les faux conseillers bancaires, les chèques falsifiés ou les escroqueries en ligne sans carte, relèvent d'un autre dispositif : la plateforme Thésée. Il faut choisir le bon service pour éviter les pertes de temps.
Qu'est-ce que Perceval ?
Perceval est une plateforme de signalement mise en place en 2018 par le ministère de l'Intérieur, avec la police nationale et la gendarmerie nationale, pour faciliter les démarches des victimes de fraude. Elle permet aux victimes de fraude à la carte bancaire sur internet de déclarer les opérations litigieuses sans se déplacer dans un commissariat ou une brigade.
Le nom fait référence au personnage de la légende arthurienne, mais l'outil est avant tout un formulaire en ligne sécurisé destiné au grand public. Il recueille les informations nécessaires à l'enquête : identité de la victime, coordonnées bancaires, numéro de carte, dates et montants des opérations, commerçant concerné, relevés bancaires. Ces données sont transmises aux services d'enquête compétents.
Perceval n'est pas un service de remboursement des sommes perdues par les victimes. Il ne se substitue pas à la banque, qui reste l'interlocuteur pour l'opposition, le remboursement et la contestation des opérations. Il ne se substitue pas non plus à une plainte pénale lorsque celle-ci est nécessaire. Il s'agit d'un canal de signalement, qui produit un récépissé et alimente les investigations.
Le service est accessible depuis le portail Ma Sécurité du ministère de l'Intérieur et depuis les sites de la police et de la gendarmerie. Il est disponible en ligne, sans rendez-vous, et peut être utilisé depuis un ordinateur ou un téléphone. Il ne nécessite pas de se rendre dans un commissariat. La victime doit pouvoir s'identifier, notamment via FranceConnect ou avec un titre d'identité, selon les modalités prévues.
Qui peut utiliser Perceval ?
Perceval s'adresse en premier lieu aux particuliers victimes d'une fraude à la carte bancaire sur internet. La victime doit être majeure ou représentée par son représentant légal. Les mineurs ne peuvent pas déposer seuls un signalement ; la situation doit être examinée avec un représentant légal ou les forces de l'ordre.
Le service suppose que la victime est toujours en possession de sa carte bancaire. Si la carte a été perdue ou volée, Perceval n'est pas adapté : il faut faire opposition immédiatement et se rapprocher des forces de l'ordre selon la procédure applicable. La perte ou le vol relève d'un autre cadre, même si une utilisation frauduleuse en ligne a eu lieu.
La victime ne doit pas être à l'origine des achats. Autrement dit, elle n'a pas communiqué volontairement ses données bancaires à l'auteur de la fraude, ou elle les a communiquées à la suite d'une manœuvre frauduleuse. La question de la responsabilité est appréciée par la banque et, le cas échéant, par le juge.
La victime doit avoir déjà fait opposition auprès de sa banque. Cette condition est essentielle : Perceval intervient après l'opposition, pas avant. L'opposition permet de bloquer la carte et de limiter les conséquences. Elle doit être faite sans délai dès que la fraude est constatée.
Les personnes morales, les associations et les professionnels peuvent également être victimes de fraude, mais le service est conçu pour les particuliers. Les victimes majeures peuvent l'utiliser seules ; les mineurs doivent être accompagnés. Les modalités applicables aux personnes morales doivent être vérifiées auprès de la banque et des forces de l'ordre.
Les conditions à remplir
La première condition est l'utilisation frauduleuse de la carte sur internet. Les achats en magasin, les retraits au distributeur et les paiements par d'autres moyens ne relèvent pas de Perceval. Pour ces situations, il faut se tourner vers les forces de l'ordre ou vers Thésée selon la nature de la fraude.
La deuxième condition est la possession de la carte. Si la carte est perdue ou volée, la procédure diffère. La possession de la carte permet de démontrer que la victime n'a pas pu effectuer elle-même les achats et que les données ont été usurpées à distance.
La troisième condition est l'absence d'origine volontaire des achats. La victime ne doit pas avoir validé les opérations. Elle peut avoir été victime d'un phishing, d'un faux site marchand, d'un logiciel malveillant ou d'une autre technique d'usurpation.
La quatrième condition est l'opposition préalable. La banque doit avoir été informée et la carte bloquée. L'opposition peut être faite par téléphone, par internet ou en agence, selon les modalités prévues par la banque. Il est recommandé de conserver la preuve de l'opposition et le numéro d'enregistrement.
La cinquième condition est la capacité de fournir les informations demandées : identité, coordonnées bancaires, numéro de carte, dates et montants des opérations, relevés bancaires. Sans ces éléments, le signalement peut être incomplet ou rejeté. Il est donc préférable de préparer les documents avant de commencer la saisie.
Première étape : faire opposition
L'opposition est la première mesure à prendre. Elle permet de bloquer la carte et d'éviter de nouvelles opérations frauduleuses. La victime doit contacter sa banque dès qu'elle constate une opération qu'elle n'a pas autorisée. La banque dispose d'un service d'opposition accessible par téléphone, souvent vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
L'opposition doit être confirmée par écrit dans les conditions prévues par la banque. Elle peut être faite par téléphone, par courrier, par internet ou en agence. La banque délivre un numéro d'opposition et, le cas échéant, une attestation. Ces éléments sont utiles pour la suite.
Il faut distinguer l'opposition de la contestation des opérations. L'opposition bloque la carte ; la contestation demande le remboursement des opérations déjà réalisées. Les deux démarches sont complémentaires. La banque peut demander une déclaration sur l'honneur et les justificatifs des opérations contestées.
La victime doit conserver les preuves : captures d'écran, courriels, SMS, relevés bancaires, numéro d'opposition, échanges avec la banque. Ces éléments peuvent être demandés par la banque, par les forces de l'ordre ou par le juge.
Deuxième étape : préparer les informations
Avant de commencer le signalement, il faut rassembler les informations demandées. La victime doit avoir sous la main sa carte bancaire, ses relevés bancaires et les justificatifs des opérations litigieuses. Elle doit également pouvoir s'identifier.
Les informations utiles comprennent l'IBAN du compte débité, le numéro de carte, la date et l'heure des opérations, le montant, le libellé du commerçant, le pays de l'opération et, le cas échéant, le numéro de transaction. Plus les informations sont précises, plus le signalement est exploitable.
Il est recommandé de préparer une liste chronologique des opérations contestées. Cette liste permet de ne rien oublier et de répondre aux questions du formulaire. Elle peut être conservée avec les autres pièces.
La victime doit vérifier qu'elle n'a pas communiqué ses codes ou validé les opérations. Si elle a été victime d'une manœuvre frauduleuse, elle doit pouvoir l'expliquer clairement : courriel de phishing, faux site, appel téléphonique, message, etc.
Troisième étape : le signalement en ligne
Le signalement se fait sur le portail Ma Sécurité ou sur le site dédié de la police ou de la gendarmerie. La victime clique sur « Signaler une fraude à la carte bancaire », puis suit les étapes du formulaire. Elle s'identifie via FranceConnect ou avec un titre d'identité.
Le formulaire demande les informations personnelles, les coordonnées bancaires, les opérations contestées et les pièces justificatives. Il peut demander de télécharger des relevés ou des captures d'écran. Il faut veiller à la qualité des fichiers et à la lisibilité des informations.
À la fin, la victime valide le signalement. Un récépissé est généré. Il peut être consulté dans l'espace personnel, téléchargé ou imprimé selon les modalités prévues. Ce récépissé est la preuve que le signalement a été effectué.
Le signalement peut être complété ou modifié dans certains cas. La victime doit vérifier les informations avant de valider. Une erreur sur le numéro de carte ou sur le montant peut compliquer l'exploitation du signalement.
Le récépissé et la demande de remboursement
Le récépissé de signalement est un document utile pour la banque. Il montre que la victime a déclaré les faits aux forces de l'ordre. Il ne garantit pas le remboursement, mais il appuie la demande et permet à la banque de traiter le dossier.
La demande de remboursement doit être adressée à la banque selon les modalités prévues. La banque peut demander une déclaration sur l'honneur, le récépissé, les relevés bancaires et les justificatifs. Elle dispose d'un délai pour instruire la demande et répondre.
En cas de refus, la victime peut contester auprès du service client, puis du médiateur de la banque. Elle peut aussi saisir le juge. Les frais et les délais varient selon la situation.
Le récépissé ne remplace pas une plainte. Si la victime souhaite déposer plainte, elle peut le faire auprès d'un commissariat ou d'une brigade de gendarmerie, ou par voie électronique selon les modalités prévues. La plainte peut être utile pour les fraudes complexes ou les montants importants.
Ce que Perceval ne fait pas
Perceval ne rembourse pas les victimes. Il ne bloque pas les cartes. Il ne se substitue pas à l'opposition bancaire. Il ne garantit pas l'identification des auteurs. Il ne traite pas les litiges commerciaux, les défauts de livraison ou les désaccords avec un marchand.
Perceval ne traite pas les fraudes au virement, les faux conseillers bancaires, les chèques falsifiés, les escroqueries sentimentales ou les arnaques à la location. Ces situations relèvent de Thésée ou des forces de l'ordre selon la nature des faits.
Perceval ne remplace pas le médiateur bancaire. En cas de litige avec la banque sur le remboursement, la victime doit utiliser les voies de recours prévues par la convention de compte et le code monétaire et financier.
Perceval ne garantit pas la confidentialité absolue des informations transmises. Les données sont traitées par les services d'enquête dans le cadre de la procédure pénale. La victime doit veiller à ne pas transmettre de données inutiles. Le service est entièrement gratuit et ne demande aucun paiement.
Thésée : l'autre plateforme
Thésée est la plateforme de signalement des escroqueries et des arnaques qui ne concernent pas la carte bancaire sur internet. Elle permet de signaler les fraudes au virement, les faux conseillers bancaires, les chèques falsifiés, les arnaques à la location, les faux sites de vente et d'autres escroqueries.
Le choix entre Perceval et Thésée dépend de la nature exacte de la fraude. Cela est important. Si la carte bancaire a été utilisée sur internet sans autorisation, Perceval est adapté. Si le paiement a été effectué par virement ou si l'arnaque ne concerne pas une carte, Thésée est plus approprié.
Les deux plateformes sont complémentaires. Une même affaire peut nécessiter un signalement sur les deux plateformes si elle comporte plusieurs volets. Il faut éviter les doublons inutiles et privilégier le service correspondant aux faits principaux.
Le cadre juridique de la fraude à la carte
La fraude à la carte bancaire est encadrée par le Code monétaire et financier. Les articles L133-18 et suivants organisent la responsabilité du prestataire de services de paiement en cas d'opération non autorisée. La banque doit rembourser le montant de l'opération non autorisée, dans les conditions et délais prévus par la loi, sauf si elle établit que le payeur a agi frauduleusement ou avec une négligence grave.
Avant la notification de l'opération, la responsabilité du payeur peut être limitée dans les cas de perte ou de vol de la carte, selon les plafonds prévus par la loi. Après la notification, le payeur ne supporte en principe plus les conséquences des opérations non autorisées, sauf fraude de sa part. Ces règles doivent être vérifiées à la date des faits, car le droit des services de paiement évolue.
La banque peut demander des justificatifs et mener une enquête. Elle doit répondre à la demande de remboursement dans les délais prévus. En cas de refus, le client peut saisir le médiateur de la banque ou le juge. Le récépissé Perceval fait partie des éléments que le client peut produire.
Le signalement aux forces de l'ordre ne détermine pas à lui seul la responsabilité. Il peut toutefois faciliter l'identification des auteurs et appuyer la bonne foi de la victime. Il ne dispense pas de respecter les obligations contractuelles envers la banque, notamment l'opposition et la contestation dans les délais.
Prévenir les fraudes à la carte
La prévention repose sur quelques réflexes simples. Il faut vérifier régulièrement ses relevés bancaires et signaler toute opération suspecte. Il faut activer les notifications de paiement proposées par la banque, afin de détecter rapidement une utilisation non autorisée.
Il ne faut jamais communiquer ses codes, son cryptogramme ou ses identifiants à un tiers, même si l'interlocuteur se présente comme un conseiller bancaire. Les banques ne demandent pas ces informations par téléphone, par courriel ou par SMS. Un message qui demande de cliquer sur un lien pour « sécuriser » un compte est souvent frauduleux.
Il faut privilégier les sites sécurisés et vérifier l'adresse avant de payer. Les achats sur des sites inconnus, les offres trop attractives et les demandes de paiement par virement direct doivent inciter à la prudence. L'authentification forte, lorsqu'elle est proposée, renforce la sécurité.
En cas de doute, il faut contacter sa banque par le numéro figurant sur le site officiel ou sur le contrat, et non par le numéro indiqué dans un message suspect. Il est également possible de vérifier les alertes publiées par la Banque de France et les autorités.
Cas particuliers
La carte a été perdue ou volée
Si la carte a été perdue ou volée, Perceval n'est pas adapté. Il faut faire opposition immédiatement et déclarer la perte ou le vol aux forces de l'ordre. Les opérations frauduleuses peuvent ensuite être contestées auprès de la banque.
Le montant est faible
Perceval peut être utilisé même pour un montant faible. Le signalement aide à identifier les réseaux de fraude, indépendamment du montant. La banque peut toutefois appliquer des règles de remboursement différentes selon les cas.
La fraude concerne un virement
Une fraude au virement relève de Thésée, pas de Perceval. Il faut contacter la banque immédiatement pour tenter de récupérer les fonds et signaler les faits. Les délais sont souvent très courts.
La victime est une personne morale
Les personnes morales peuvent être victimes de fraude, mais les modalités de signalement peuvent différer. Il faut se rapprocher de la banque et des forces de l'ordre. Perceval est conçu pour les particuliers.
La victime est mineure
Un mineur ne peut pas déposer seul un signalement. Le représentant légal doit accompagner la démarche. Les forces de l'ordre peuvent préciser la procédure applicable.
La victime réside à l'étranger
Une victime résidant à l'étranger peut signaler une fraude liée à une carte française, selon les modalités prévues. Il faut vérifier l'accès au service et les règles de compétence.
Le signalement dans la procédure pénale
Le signalement Perceval est enregistré par les forces de l'ordre et peut être rattaché à une enquête. Il ne constitue pas nécessairement une plainte au sens strict, mais il permet de conserver une trace des faits et de faciliter les recoupements. Les enquêteurs peuvent exploiter les données pour identifier des séries de fraudes.
La victime peut compléter son signalement par une plainte si les faits le justifient. La plainte peut être déposée dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie, ou par voie électronique selon les modalités prévues. Elle permet d'ouvrir une procédure et de demander réparation.
Le récépissé de signalement peut être joint à la plainte. Il peut aussi être transmis à la banque. Il ne remplace pas les autres pièces, mais il atteste de la démarche de la victime. C'est une preuve utile, à conserver soigneusement.
Erreurs fréquentes
La première erreur est de signaler la fraude avant d'avoir fait opposition. L'opposition est une condition préalable. La deuxième est de confondre Perceval et la demande de remboursement. Le signalement ne remplace pas la demande auprès de la banque.
La troisième erreur est d'utiliser Perceval pour une carte perdue ou volée. Ce n'est pas le bon service. La quatrième est de signaler une fraude au virement sur Perceval au lieu de Thésée. La cinquième est de ne pas conserver le récépissé.
La sixième erreur est de fournir des informations inexactes ou incomplètes. Cela peut retarder l'exploitation du signalement. La septième est de ne pas conserver les preuves des échanges avec la banque. La huitième est de croire que le signalement garantit le remboursement.
Questions fréquentes
Perceval est-il gratuit ?
Oui. Le signalement est gratuit. Il ne faut payer aucun frais pour déposer un dossier sur la plateforme.
Faut-il faire opposition avant de signaler ?
Oui. Perceval suppose que la victime a déjà fait opposition auprès de sa banque. L'opposition bloque la carte et limite les conséquences.
Quel est le délai pour signaler ?
Il n'existe pas de délai unique, mais il faut agir rapidement. Le signalement peut être effectué dès que l'opposition a été faite et que les opérations frauduleuses ont été identifiées. Les opérations frauduleuses peuvent être contestées dans les délais prévus par la banque et la loi. Plus le signalement est fait tôt, plus il est utile.
Perceval remplace-t-il une plainte ?
Non. Le signalement est un canal de déclaration aux forces de l'ordre, mais il ne remplace pas nécessairement une plainte. Une plainte peut être utile pour les fraudes complexes.
Que faire si la carte a été volée ?
Il faut faire opposition immédiatement et déclarer le vol aux forces de l'ordre. Perceval n'est pas adapté si la carte n'est plus en possession de la victime.
Quelles informations faut-il préparer ?
L'IBAN, le numéro de carte, les dates et montants des opérations, les relevés bancaires et les justificatifs. Il faut pouvoir s'identifier.
Perceval garantit-il le remboursement ?
Non. Le récépissé appuie la demande, mais la décision de remboursement appartient à la banque. En cas de refus, la victime peut contester.
Où trouver le récépissé ?
Le récépissé est disponible dans l'espace personnel de la plateforme, selon les modalités prévues. Il peut être téléchargé ou imprimé. Si la victime ne le retrouve pas, elle peut se rapprocher du service d'assistance indiqué sur le site ou des forces de l'ordre qui ont enregistré le signalement.
Sources
- Perceval — signaler une fraude à la carte bancaire — Ma Sécurité
- Perceval, le téléservice pour signaler une fraude à la carte bancaire — Ministère de l'Intérieur
- Fraude aux moyens de paiement — Banque de France
- Perceval (F35460) — Service-Public.gouv.fr
- Code monétaire et financier, articles L133-18 et suivants — Legifrance
