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Un salarié peut-il être licencié en cas de retrait de son permis de conduire ou s’il est déclaré inapte à la conduite ?

Oui, dans certains cas, un salarié dont le permis de conduire est retiré peut être licencié. Les motifs du licenciement sont différents si l’infraction est commise pendant ou en dehors du temps de travail. Le licenciement peut aussi être décidé à la suite d’un avis d’inaptitude à la conduite prononcé par le médecin du travail, notamment si les fonctions du salarié nécessitent l’usage régulier d’un véhicule.

Vue d’ensemble

Ce qu’il faut retenir sur le licenciement d’un salarié dont le permis de conduire est retiré ou qui est déclaré inapte à la conduite : motifs, conditions et solutions de maintien du contrat.

Ce qu'il faut savoir

  • Oui, un salarié dont le permis de conduire est retiré peut être licencié, mais les motifs diffèrent selon que l’infraction est commise pendant ou en dehors du temps de travail.
  • Pour une infraction commise pendant le temps de travail, l’employeur peut licencier pour faute simple ou grave : la faute grave peut être reconnue, par exemple, si le retrait du permis d’un chauffeur routier fait suite à une conduite en état d’ivresse pendant les heures de travail.
  • Pour une infraction commise hors du temps de travail, le licenciement pour faute simple ou grave n’est pas possible : seul un licenciement pour motif personnel non disciplinaire est envisageable si les fonctions du salarié impliquent la conduite d’un véhicule.
  • Si le médecin du travail déclare le salarié inapte à la conduite d’un véhicule, l’employeur peut licencier pour inaptitude dans les cas prévus par le Code du travail.
  • L’employeur peut demander au salarié de présenter son permis pour vérifier qu’il n’est ni suspendu ni annulé, mais il ne peut pas connaître le solde de points.
  • Des dispositions conventionnelles peuvent prévoir une obligation de recherche de reclassement, notamment dans le secteur des transports routiers.

Conditions essentielles

  • Le retrait ou la suspension du permis est constaté et affecte les fonctions du salarié.
  • Pour le licenciement pour motif personnel non disciplinaire (infraction hors travail), les fonctions exercées impliquent la conduite d’un véhicule.
  • L’employeur doit établir la gêne occasionnée à l’entreprise dans son fonctionnement et l’impossibilité pour le salarié d’accomplir son travail.
  • En cas d’inaptitude, le licenciement suppose le refus du salarié d’un nouvel emploi proposé, l’impossibilité de proposer un autre emploi, ou une mention d’inaptitude dans l’avis du médecin du travail.
  • La convention collective applicable doit être vérifiée pour connaître les éventuelles obligations de reclassement.

Les étapes

  • Vérifier si l’infraction a été commise pendant ou en dehors du temps de travail.
  • Consulter la convention collective applicable à l’entreprise pour connaître les obligations de reclassement éventuelles.
  • En cas de retrait hors temps de travail, envisager en priorité les solutions de maintien du contrat : congés payés, congé sans solde, affectation temporaire.
  • En cas d’inaptitude prononcée par le médecin du travail, rechercher un reclassement adapté avant tout licenciement.
  • En cas de licenciement, respecter la procédure applicable au motif retenu : faute ou motif personnel non disciplinaire.
  • En cas de doute ou de litige, se rapprocher du ministère chargé du travail ou d’un conseiller juridique.

Cette synthèse reprend les trois cas de licenciement. Le détail des solutions de maintien du contrat, des mentions d’inaptitude et du rôle de la convention collective est traité dans les sections suivantes.

Cette synthèse ne remplace pas la fiche

Pour le détail des cas de licenciement pour inaptitude, des solutions de maintien du contrat et des informations que l’employeur peut demander, voir les sections suivantes.

Infraction commise pendant le temps de travail

Lorsque le retrait du permis de conduire résulte d’une infraction commise durant le temps de travail, l’employeur peut décider de licencier le salarié. Les circonstances peuvent justifier un licenciement pour faute simple ou grave.

L’employeur peut licencier le salarié si l’infraction commise durant le temps de travail entraîne le retrait de son permis de conduire. Les circonstances de l’infraction permettent de qualifier la faute : simple, grave ou lourde selon les cas.

La faute grave peut être reconnue, par exemple, si le retrait du permis d’un chauffeur routier est décidé à la suite d’une conduite en état d’ivresse pendant les heures de travail. Dans ce cas, les faits sont commis dans le cadre du travail et affectent directement l’activité de l’entreprise.

Conduite en état d’ivresse pendant les heures de travail

Le retrait du permis d’un chauffeur routier décidé à la suite d’une conduite en état d’ivresse pendant les heures de travail peut justifier un licenciement pour faute grave.

Exemple

Un chauffeur routier dont le permis est retiré pour conduite en état d’ivresse pendant une tournée de livraison : l’infraction est commise dans le cadre du travail, et les circonstances peuvent justifier la qualification de faute grave.

Autres infractions commises pendant le travail

Toute infraction entraînant le retrait du permis et commise durant le temps de travail peut justifier un licenciement pour faute simple ou grave, selon les circonstances appréciées par l’employeur.

Exemple

L’employeur apprécie les circonstances de l’infraction (nature de l’infraction, moment, conséquences sur l’activité) pour déterminer le caractère simple ou grave de la faute.

À savoir

  • L’employeur peut demander au salarié qui conduit un véhicule dans le cadre de ses fonctions de lui présenter son permis de conduire pour s’assurer qu’il n’est ni suspendu, ni annulé.
  • Il ne peut pas demander à connaître le solde de points du permis de conduire du salarié.
  • Il existe d’autres possibilités permettant de maintenir le contrat de travail, en dehors du licenciement.

Le licenciement pour faute suppose une appréciation des circonstances par l’employeur. Le salarié peut contester la qualification de la faute devant le conseil de prud’hommes.

Infraction commise en dehors du temps de travail

Lorsque le salarié perd son permis de conduire pour une infraction commise en dehors du temps de travail, le licenciement pour faute simple ou grave n’est pas possible. Un licenciement pour motif personnel non disciplinaire reste possible dans certains cas.

Un licenciement pour motif personnel non disciplinaire est possible si les fonctions exercées par le salarié impliquent la conduite d’un véhicule. L’employeur doit alors faire état de la gêne occasionnée à l’entreprise dans son fonctionnement et de l’impossibilité pour le salarié d’accomplir son travail.

Le licenciement pour motif personnel non disciplinaire ne repose pas sur une faute, mais sur une raison personnelle objective liée à l’aptitude du salarié à remplir ses fonctions. La perte du permis hors travail ne constitue pas une faute, mais peut rendre impossible l’exécution du contrat lorsque les fonctions exigent la conduite.

Fonctions impliquant la conduite d’un véhicule

Pour un salarié exerçant les fonctions de livreur, le retrait de permis de conduire pour une durée de 6 mois peut constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement.

Exemple

Un livreur dont le permis est retiré 6 mois pour une infraction commise hors du travail : l’impossibilité d’exercer ses fonctions de conduite constitue une cause réelle et sérieuse de licenciement pour motif personnel non disciplinaire.

Dissimulation du retrait et conduite poursuivie

Le fait de dissimuler le retrait du permis de conduire survenu en dehors du travail, tout en continuant de conduire un véhicule de l’entreprise, peut justifier un licenciement pour faute.

Exemple

Un salarié qui dissimule son retrait de permis et continue d’utiliser un véhicule de l’entreprise commet une faute distincte de l’infraction initiale, susceptible de justifier un licenciement pour faute.

Règle

L’employeur doit établir la gêne occasionnée à l’entreprise et l’impossibilité pour le salarié d’accomplir son travail. Sans ces éléments, le motif personnel non disciplinaire ne peut être justifié.

À savoir

  • Le licenciement pour faute simple ou grave n’est pas possible lorsque l’infraction est commise en dehors du temps de travail.
  • Le licenciement pour motif personnel non disciplinaire est possible si les fonctions impliquent la conduite d’un véhicule.
  • L’employeur doit prouver la gêne occasionnée à l’entreprise et l’impossibilité d’accomplir le travail.
  • La dissimulation du retrait, tout en continuant de conduire un véhicule de l’entreprise, peut justifier un licenciement pour faute.

L’appréciation de la gêne et de l’impossibilité d’accomplir le travail est laissée à l’employeur, sous le contrôle du juge prud’homal en cas de contestation.

Licenciement pour inaptitude à la conduite

Le salarié peut être reconnu inapte à la conduite d’un véhicule par le médecin du travail. Dans ce cas, l’employeur peut licencier le salarié pour inaptitude, dans les conditions prévues par le Code du travail.

L’employeur peut licencier le salarié pour inaptitude dans les cas suivants : refus par le salarié du nouvel emploi proposé par l’employeur, justification par l’employeur de l’impossibilité de proposer un autre emploi, mention dans l’avis du médecin du travail que le maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable pour la santé du salarié, ou mention que l’état de santé du salarié rend impossible tout reclassement dans un emploi.

  • Le médecin du travail a prononcé un avis d’inaptitude à la conduite d’un véhicule.
  • L’employeur a recherché un éventuel reclassement : refus du salarié du nouvel emploi proposé, ou impossibilité de proposer un autre emploi.
  • L’avis du médecin du travail mentionne que le maintien dans un emploi serait gravement préjudiciable pour la santé du salarié, ou que l’état de santé rend impossible tout reclassement.

L’inaptitude est prononcée par le médecin du travail à l’issue d’un examen médical. Elle constate l’incapacité du salarié à occuper son emploi actuel, et éventuellement tout emploi, au regard de son état de santé. L’inaptitude à la conduite d’un véhicule peut résulter d’un avis du médecin du travail constatant l’impossibilité pour le salarié de conduire en sécurité.

À savoir

  • C’est le médecin du travail qui déclare le salarié inapte à la conduite d’un véhicule.
  • Le licenciement pour inaptitude suppose, en principe, une recherche de reclassement préalable.
  • L’avis du médecin du travail peut dispenser de reclassement s’il mentionne que le maintien dans un emploi est gravement préjudiciable ou que tout reclassement est impossible.

Les dispositions conventionnelles peuvent prévoir une obligation de recherche de reclassement plus protectrice que le Code du travail, notamment dans le secteur des transports routiers. Dans ce cas, le licenciement ne peut être justifié qu’en l’absence de reclassement possible.

Les solutions pour éviter le licenciement

À la suite du retrait du permis de conduire d’un salarié, l’employeur peut proposer des solutions pour maintenir le contrat de travail, en lieu et place du licenciement.

Deux familles de solutions permettent de maintenir le contrat de travail : la suspension temporaire du contrat par la prise de congés payés ou d’un congé sans solde, et l’affectation temporaire sur un autre poste ou un travail en binôme avec un salarié possédant le permis.

  • Suspension temporaire du contrat par la prise de congés payés : le salarié utilise ses congés acquis pendant la durée du retrait de son permis.
  • Congé sans solde : le salarié suspend temporairement son contrat de travail sans rémunération, avec l’accord de l’employeur.
  • Affectation temporaire sur un autre poste : l’employeur propose un poste ne nécessitant pas la conduite d’un véhicule, pour la durée du retrait.
  • Travail en binôme avec un salarié possédant le permis : le salarié privé de permis continue de travailler en accompagnement d’un collègue habilité à conduire.

Règle

Ces solutions sont proposées par l’employeur : elles ne sont pas automatiques. Elles permettent d’éviter le licenciement en maintenant le lien contractuel pendant la durée du retrait du permis.

À savoir

  • L’employeur peut proposer des solutions de maintien : elles ne sont pas obligatoires.
  • La suspension par congés payés ou congé sans solde permet de couvrir la durée du retrait.
  • L’affectation temporaire ou le binôme permet de continuer à travailler sans conduire.

La mise en œuvre de ces solutions dépend de l’accord de l’employeur et, pour le congé sans solde, de la convention collective applicable.

Les informations que l’employeur peut demander

L’employeur peut demander au salarié qui conduit un véhicule dans le cadre de ses fonctions de lui présenter son permis de conduire, pour s’assurer que celui-ci n’est ni suspendu, ni annulé. En revanche, il ne peut pas connaître le solde de points.

La présentation du permis de conduire vise uniquement à vérifier la validité du titre (absence de suspension ou d’annulation). Le solde de points relève de la vie privée du salarié et ne peut pas être demandé par l’employeur.

Règle

L’employeur ne peut pas demander à connaître le solde de points du permis de conduire du salarié. Cette information est protégée : elle ne peut être communiquée qu’au titulaire du permis, dans les conditions prévues par la réglementation.

À savoir

  • L’employeur peut demander la présentation du permis de conduire pour vérifier qu’il n’est ni suspendu, ni annulé.
  • Il ne peut pas demander à connaître le solde de points du permis du salarié.
  • Cette limitation s’applique aux salariés qui conduisent un véhicule dans le cadre de leurs fonctions.

La demande de présentation du permis doit rester proportionnée : elle est justifiée uniquement lorsque les fonctions du salarié impliquent la conduite d’un véhicule.

Le rôle de la convention collective

Des dispositions conventionnelles peuvent prévoir une obligation de recherche de reclassement avant tout licenciement pour inaptitude, notamment dans le secteur des transports routiers. Dans ce cas, le licenciement ne peut être justifié qu’en l’absence de reclassement possible.

La convention collective applicable à l’entreprise peut imposer des obligations complémentaires au Code du travail, notamment une obligation de recherche de reclassement en cas d’inaptitude du salarié à la conduite. Le licenciement n’est alors possible qu’après échec de cette recherche.

  • La convention collective de l’entreprise prévoit une obligation de recherche de reclassement.
  • Le secteur des transports routiers est notamment concerné par cette obligation conventionnelle.
  • Le licenciement ne peut être justifié qu’en l’absence de reclassement possible.

Un simulateur permet de rechercher la convention collective applicable avec le nom de l’entreprise ou son numéro SIRET : consulter le site code.travail.gouv.fr.

La convention collective applicable est celle dont relève l’activité principale de l’entreprise. Vérifiez systématiquement les dispositions conventionnelles avant tout licenciement pour inaptitude.

Que faire concrètement ?

En cas de retrait de permis ou d’inaptitude à la conduite, quelques étapes permettent de sécuriser la situation du salarié et les décisions de l’employeur.

  • Vérifier si l’infraction a été commise pendant ou en dehors du temps de travail, ce qui détermine le régime applicable.
  • Consulter la convention collective applicable (simulateur code.travail.gouv.fr) pour connaître les obligations de reclassement éventuelles.
  • En cas de retrait hors temps de travail, envisager en priorité les solutions de maintien du contrat : congés payés, congé sans solde, affectation temporaire ou binôme.
  • En cas d’inaptitude prononcée par le médecin du travail, effectuer la recherche de reclassement préalable au licenciement.
  • Respecter la procédure de licenciement applicable au motif retenu : licenciement pour faute ou pour motif personnel non disciplinaire.
  • En cas de doute ou de litige, se rapprocher du ministère chargé du travail ou d’un conseiller juridique.

À savoir

  • La distinction pendant / hors temps de travail conditionne le régime du licenciement : faute d’un côté, motif personnel non disciplinaire de l’autre.
  • La convention collective peut imposer une recherche de reclassement avant tout licenciement pour inaptitude.
  • En cas de litige, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes ou se faire assister par un conseiller du salarié.

Les solutions de maintien du contrat (congés payés, congé sans solde, affectation temporaire) sont proposées par l’employeur et ne constituent pas un droit automatique du salarié.

Textes applicables

Sources officielles

  • Service-Public.fr

    Un salarié peut-il être licencié en cas de retrait de son permis de conduire ou s’il est déclaré inapte à la conduite ?

    Vérifiée le 2026-10-04

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