Vue d’ensemble
Le règlement intérieur est un document unilatéral rédigé par l’employeur. Il ne remplace ni la convention collective ni le contrat de travail : il précise les règles générales et permanentes applicables dans l’entreprise, dans les limites fixées par la loi.
Ce qu'il faut savoir
- Le règlement intérieur est obligatoire dans les entreprises et établissements de 50 salariés et plus, après 12 mois consécutifs au-dessus du seuil.
- Il est facultatif en dessous de 50 salariés, mais peut toujours être adopté.
- Il ne peut traiter que de la santé et de la sécurité, de la discipline et des sanctions, ainsi que des rappels prévus par la loi.
- Il doit être soumis au CSE lorsqu’il existe, porté à la connaissance des salariés et transmis à l’inspection du travail.
- Il entre en vigueur au moins un mois après l’accomplissement des formalités de publicité.
- Les clauses contraires à la loi, aux accords collectifs ou aux libertés individuelles sont interdites.
Conditions essentielles
- L’employeur rédige le règlement en français.
- Le CSE est consulté pour avis avant la mise en place.
- Le règlement est publié et diffusé auprès des personnes ayant accès aux lieux de travail.
- L’inspection du travail reçoit le règlement et l’avis du CSE.
Les étapes
- Rédiger un projet limité aux matières autorisées.
- Consulter le CSE et recueillir son avis.
- Accomplir les formalités de publicité et de dépôt applicables.
- Transmettre le règlement à l’inspection du travail.
- Respecter le délai d’entrée en vigueur et informer les salariés.
Le règlement intérieur est-il obligatoire ?
L’obligation dépend de l’effectif. Le seuil de 50 salariés doit être atteint pendant 12 mois consécutifs.
- Entreprises et établissements de droit privé employant au moins 50 salariés.
- Établissements publics à caractère industriel et commercial employant au moins 50 salariés.
- L’obligation s’applique à la fin d’un délai de 12 mois à compter de la date à laquelle le seuil a été atteint.
- En dessous de 50 salariés, le règlement reste facultatif mais doit respecter les mêmes règles s’il est adopté.
- Un règlement peut être établi par établissement ou au niveau de l’entreprise.
À savoir
- L’effectif doit être apprécié selon les règles du Code du travail.
- Les notes de service comportant des obligations générales et permanentes de santé, de sécurité ou de discipline sont soumises aux mêmes règles.
- L’absence de règlement obligatoire peut être relevée par l’inspection du travail.
À qui s’applique-t-il ?
Le règlement s’impose à tous les salariés, qu’ils soient embauchés avant ou après son entrée en vigueur. Certaines catégories de personnes sont soumises à une partie de ses dispositions.
- Tous les salariés de l’entreprise ou de l’établissement concerné.
- Les stagiaires, travailleurs intérimaires et intervenants d’entreprises extérieures pour les règles d’hygiène, de sécurité et de discipline générale.
- Ces personnes ne sont pas soumises aux dispositions relatives à la nature et à l’échelle des sanctions ni à la procédure disciplinaire de l’entreprise d’accueil.
- Des dispositions spéciales peuvent être prévues pour une catégorie de personnel ou une division de l’entreprise.
- Le règlement doit être accessible à tous ceux qui ont accès aux lieux de travail.
À savoir
- Un salarié ne peut pas se voir appliquer une sanction non prévue par le règlement.
- Le règlement ne peut pas créer d’obligation contraire au contrat de travail ou à la convention collective.
- Les règles doivent être proportionnées et justifiées par la nature de la tâche.
Que peut contenir le règlement ?
Le contenu est limitativement encadré. Le règlement doit rester un document de règles générales, sans empiéter sur les libertés des salariés.
- Santé et sécurité : conditions d’utilisation des équipements de travail, des moyens de protection, des substances et préparations dangereuses.
- Participation au rétablissement de conditions de travail protectrices : conditions dans lesquelles les salariés peuvent être appelés à intervenir.
- Discipline : règles générales et permanentes, nature et échelle des sanctions.
- Droits de la défense : rappel des droits du salarié en cas de procédure disciplinaire.
- Harcèlement moral et sexuel : rappel des règles et des agissements sexistes.
- Protection des lanceurs d’alerte : rappel des dispositions applicables.
- Date d’entrée en vigueur du règlement.
À savoir
- Le règlement doit être rédigé en français. Une traduction peut être jointe.
- Il ne peut pas contenir de clause portant atteinte aux droits des salariés sans justification.
- Les règles de discipline doivent être précises et permettre de connaître les sanctions encourues.
Quelles clauses sont interdites ?
Le règlement intérieur ne peut pas tout régler. Certaines clauses sont nulles ou interdites.
- Clause contraire aux lois, aux règlements ou aux conventions et accords collectifs applicables.
- Clause restreignant les libertés individuelles ou collectives sans justification ni proportionnalité.
- Clause discriminatoire, notamment fondée sur l’apparence, l’état de santé, le handicap, le sexe ou l’origine.
- Clause portant atteinte au droit de grève ou à la liberté d’expression dans les limites prévues.
- Clause instaurant une sanction pécuniaire interdite.
- Clause qui ne relève pas des matières autorisées.
À savoir
- L’inspection du travail peut demander le retrait ou la modification d’une clause illégale.
- Le juge peut annuler une clause abusive ou disproportionnée.
- Une clause nulle ne rend pas nécessairement tout le règlement nul.
Documents à préparer
La mise en place ou la modification du règlement suppose de conserver les preuves de la consultation et de la publicité.
- Projet de règlement intérieur daté et signé.
- Convention collective et accords applicables.
- Avis du CSE ou procès-verbal de consultation.
- Preuve de la consultation du CSE.
- Preuve de la publicité auprès des salariés.
- Preuve de la transmission à l’inspection du travail.
- Preuve du dépôt au greffe du conseil de prud’hommes, lorsque cette formalité est encore exigée.
- Accusé de réception ou courrier de transmission.
- Notes de service et documents annexes.
À savoir
- Conservez les preuves de publicité en cas de litige.
- L’avis du CSE doit être joint au règlement transmis à l’inspection du travail.
- Les modifications suivent la même procédure que le règlement initial.
Comment le mettre en place ?
La procédure combine consultation, publicité et transmission à l’administration. La loi du 26 mai 2026 a supprimé le dépôt au greffe du conseil de prud’hommes ; les autres formalités demeurent.
- 1
Rédiger le projet
L’employeur rédige le règlement en français, en se limitant aux matières autorisées. Le document précise sa date d’entrée en vigueur.
- 2
Consulter le CSE
Lorsqu’un CSE existe, l’employeur lui soumet le projet pour avis. Le règlement peut s’appliquer même si le CSE n’a pas approuvé, mais la consultation est nécessaire pour le rendre opposable aux salariés.
- 3
Publier et diffuser
Le règlement est porté à la connaissance de toutes les personnes ayant accès aux lieux de travail, par affichage, intranet ou tout autre moyen. La publicité doit être prouvée.
- 4
Transmettre à l’inspection du travail
L’employeur transmet le règlement en deux exemplaires, accompagné de l’avis du CSE, à l’inspection du travail compétente.
- 5
Respecter le délai d’entrée en vigueur
Le règlement entre en vigueur au moins un mois après l’accomplissement des formalités de publicité. Ce délai permet aux salariés d’en prendre connaissance.
À savoir
- Le dépôt au greffe du conseil de prud’hommes a été supprimé par la loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026.
- Les modalités pratiques peuvent évoluer : vérifiez les instructions de l’administration.
- Une modification du règlement suit la même procédure.
Sanctions et procédure disciplinaire
Le règlement peut prévoir les sanctions applicables, mais la procédure disciplinaire reste encadrée par la loi et la convention collective.
- Les sanctions doivent être proportionnées à la faute.
- Le salarié doit être informé des griefs qui lui sont reprochés.
- Le salarié peut se faire assister dans les conditions prévues.
- Les sanctions pécuniaires sont interdites.
- Une sanction disciplinaire ne peut pas être prononcée pour un motif discriminatoire.
- La sanction doit être motivée et notifiée dans les délais applicables.
À savoir
- Le règlement ne peut pas créer de sanction plus lourde que celles prévues par la loi ou la convention collective.
- L’employeur doit respecter le principe du contradictoire.
- Le salarié peut contester une sanction devant le conseil de prud’hommes.
Contrôle de l’inspection du travail
L’inspection du travail peut contrôler la conformité du règlement et exiger des modifications.
- L’inspecteur du travail peut demander le retrait ou la modification des clauses contraires à la loi.
- L’employeur peut demander à l’inspection du travail de contrôler la conformité du règlement.
- L’inspecteur notifie sa décision à l’employeur et au CSE dans un délai de deux mois.
- Le règlement reste applicable à la date prévue, même si l’inspection n’a pas encore répondu.
- Les recours contre les décisions de l’inspection du travail suivent les règles du contentieux administratif.
À savoir
- Un règlement non conforme peut être contesté devant le juge.
- Les clauses illégales sont nulles et ne peuvent pas fonder une sanction.
- La consultation du CSE et la publicité conditionnent l’opposabilité du règlement.
Questions fréquentes
Le règlement intérieur est-il obligatoire dans toutes les entreprises ?
Non. Il est obligatoire à partir de 50 salariés pendant 12 mois consécutifs. En dessous, il reste facultatif mais doit respecter les mêmes règles s’il est adopté.
Le règlement peut-il interdire le téléphone portable au travail ?
Une restriction n’est possible que si elle est justifiée par la sécurité ou le bon fonctionnement de l’entreprise et proportionnée au but recherché. Une interdiction générale et absolue peut être jugée disproportionnée.
Le CSE doit-il approuver le règlement ?
Non. Le CSE est consulté pour avis. Le règlement peut s’appliquer même sans approbation, mais la consultation est nécessaire pour qu’il soit opposable aux salariés.
Le dépôt au greffe des prud’hommes est-il toujours obligatoire ?
La loi de simplification de la vie économique du 26 mai 2026 a supprimé cette formalité. La publicité et la transmission à l’inspection du travail demeurent. Vérifiez les modalités pratiques applicables.
Textes applicables
- Code du travail : article L1311-2Texte légal
- Code du travail — partie législativeTexte légal
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Règlement intérieur d'une entreprise
Vérifiée le 2026-10-04
- OuvrirService-Public.fr
Loi de simplification de la vie économique — les modalités de dépôt du règlement intérieur évoluent
Vérifiée le 2026-11-04
- Ouvrir
Code du travail : article L1311-2
Vérifiée le 2026-11-04
- OuvrirLégifrance
Code du travail — partie législative
Vérifiée le 2026-11-04
Voir aussi
- Règlement intérieur d'une entreprise
- Sanctions disciplinaires d'un salarié du secteur privé
- Quelles sont les obligations d'affichage dans une entreprise ?
Sources officielles consultées le 5 novembre 2026. Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.
