Vue d’ensemble
Un cabinet de conseil vend des missions d’étude, d’audit, d’organisation, de stratégie, de gestion ou d’accompagnement. Le modèle économique repose sur des prestations facturées au forfait, au temps passé ou à la réussite. La structure doit être choisie en fonction du chiffre d’affaires prévu, du risque et du nombre d’associés.
Ce qu'il faut savoir
- L’activité de conseil est en principe non réglementée, sauf lorsqu’elle relève d’une profession protégée.
- Les formes possibles sont l’entreprise individuelle, la micro-entreprise, l’EURL, la SASU, la SARL ou la SAS.
- L’immatriculation se fait sur le guichet unique des formalités des entreprises.
- Le code APE le plus courant est le 70.22Z (conseil pour les affaires et autres conseils de gestion).
- Une assurance responsabilité civile professionnelle est fortement recommandée et parfois exigée par les clients.
- Le cabinet doit organiser ses contrats, ses devis, ses factures et sa comptabilité.
Conditions essentielles
- Définir précisément les prestations proposées et la clientèle visée.
- Vérifier que l’activité ne relève pas d’une profession réglementée.
- Choisir la structure adaptée au projet et au niveau de risque.
- Prévoir un budget de lancement et une trésorerie suffisante.
- Mettre en place des contrats et des conditions générales de vente.
Les étapes
- Définir l’offre et le modèle économique.
- Choisir la forme juridique et le régime fiscal.
- Immatriculer l’activité et obtenir les identifiants.
- Souscrire les assurances et ouvrir un compte bancaire dédié.
- Prospecter, contracter et facturer les premières missions.
Quelle activité de conseil ?
Le conseil peut porter sur la stratégie, l’organisation, la gestion, les ressources humaines, le marketing, la production ou la transformation numérique. La qualification de l’activité détermine le régime fiscal et social.
- Conseil en gestion et en organisation : prestations intellectuelles, généralement classées en activité libérale non réglementée.
- Conseil en stratégie ou en marketing : prestations de conseil aux entreprises.
- Conseil en ressources humaines : vigilance sur les prestations qui relèvent du droit du travail et de la représentation du personnel.
- Conseil juridique : réservé en principe aux avocats ou aux professions autorisées ; ne pas délivrer de consultations juridiques sans habilitation.
- Comptabilité : la tenue de comptabilité et l’établissement des comptes sont réservés aux experts-comptables, sauf exceptions.
- Formation : activité distincte, avec ses propres obligations déclaratives.
À savoir
- Une activité de conseil peut être libérale ou commerciale selon sa nature et son organisation.
- Le code APE est attribué par l’Insee lors de l’immatriculation.
- Un consultant peut cumuler plusieurs activités, sous réserve de les déclarer correctement.
Quel statut juridique choisir ?
Le choix de la structure dépend du nombre d’associés, du chiffre d’affaires prévu, du besoin de protection du patrimoine et des préférences fiscales et sociales.
Entreprise individuelle ou micro-entreprise
Formalités simples, pas de statuts ni de capital social. L’entrepreneur relève du régime des travailleurs non salariés. La micro-entreprise applique des seuils de chiffre d’affaires et une comptabilité allégée. Le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel sont séparés selon les règles de l’EI.
EURL
Société unipersonnelle à responsabilité limitée. Le gérant associé majoritaire relève en principe du régime des travailleurs non salariés. La société doit tenir une comptabilité, approuver ses comptes et les déposer.
SASU
Société par actions simplifiée unipersonnelle. Le président est en principe assimilé salarié. La structure est souple, mais elle impose des statuts, une comptabilité et des formalités de dépôt des comptes.
SARL ou SAS
Formes adaptées à un projet à plusieurs associés. Elles permettent de répartir le capital et les pouvoirs, mais elles supposent des statuts, des assemblées et une organisation comptable plus lourde.
À savoir
- La responsabilité est limitée aux apports dans les sociétés, sous réserve des règles propres à chaque forme.
- Le régime social du dirigeant dépend de la structure et de sa participation au capital.
- Le choix doit être étudié avec un expert-comptable ou un conseil juridique.
Comment immatriculer le cabinet ?
L’immatriculation se fait en ligne sur le guichet unique des formalités des entreprises. Elle donne une existence juridique à l’activité et permet d’obtenir les identifiants nécessaires à la facturation.
- 1
Choisir la dénomination et le siège
Le consultant peut exercer à domicile sous conditions, dans un espace de coworking ou dans des locaux dédiés. Vérifiez les règles de domiciliation et le bail applicable.
- 2
Rédiger les statuts si nécessaire
Une société doit rédiger des statuts, désigner un dirigeant et, le cas échéant, déposer un capital social. Une entreprise individuelle n’a pas de statuts.
- 3
Déposer la demande
La demande se fait sur le guichet unique. Elle précise l’activité, l’adresse, la forme juridique et les dirigeants. Les pièces justificatives sont jointes en ligne.
- 4
Recevoir les identifiants
L’Insee attribue le Siren, le Siret et le code APE. Ces identifiants doivent figurer sur les factures et les documents commerciaux.
À savoir
- Une société doit publier une annonce légale de constitution.
- Les statuts et les décisions doivent être conservés.
- Le compte bancaire dédié à l’activité est recommandé et peut être obligatoire.
Documents à préparer
La création du cabinet et le démarrage des missions supposent de réunir les documents juridiques, comptables et commerciaux.
- Pièce d’identité et justificatif de domicile.
- Déclaration sur l’honneur de non-condamnation et de filiation, si demandée.
- Statuts de la société et nomination du dirigeant, pour une société.
- Justificatif de domiciliation du siège social.
- Annonce légale de constitution, pour une société.
- Contrat d’assurance responsabilité civile professionnelle.
- Modèles de contrats de prestation et conditions générales de vente.
- Modèles de devis et de factures.
- Justificatif de compte bancaire dédié.
- Business plan et budget prévisionnel.
À savoir
- Les contrats doivent préciser le périmètre, les livrables, les délais et le prix.
- Les conditions générales de vente doivent être communiquées avant la conclusion du contrat.
- Conservez les justificatifs de création et les contrats signés.
Organiser son activité
Un cabinet de conseil fonctionne avec des missions, des clients et des livrables. L’organisation contractuelle et comptable est essentielle.
- Contrat de prestation : objet, périmètre, livrables, calendrier, prix, modalités de paiement, confidentialité et propriété intellectuelle.
- Devis : recommandé pour les missions importantes, il permet de formaliser le périmètre et le prix.
- Facturation : numérotation, mentions obligatoires, TVA et délais de paiement.
- Comptabilité : tenue des recettes et dépenses, conservation des justificatifs.
- Prospection : respect des règles de démarchage et de protection des données.
- Sous-traitance : encadrer les relations avec les partenaires et vérifier leurs assurances.
À savoir
- Les missions de conseil peuvent être facturées au temps passé, au forfait ou à la réussite.
- Les honoraires de réussite doivent être encadrés par une clause claire.
- La propriété intellectuelle des livrables doit être précisée dans le contrat.
Financer le lancement
Le lancement d’un cabinet de conseil demande peu d’investissements matériels, mais il faut financer la trésorerie, les assurances et la prospection.
- Apport personnel.
- Prêt bancaire ou prêt d’honneur.
- Aides à la création d’entreprise et exonérations de cotisations.
- Maintien ou reprise de l’allocation chômage, selon les dispositifs applicables.
- Financement participatif ou love money, avec un cadre juridique adapté.
- Subventions locales ou régionales pour l’innovation ou le conseil.
À savoir
- Le business plan doit présenter l’offre, le marché, les clients cibles et les prévisions financières.
- Les aides doivent être étudiées avant l’immatriculation, car certaines conditions dépendent de la date de création.
- Un budget de trésorerie sur 12 mois est recommandé.
Assurance et gestion des risques
Les missions de conseil peuvent engager la responsabilité du cabinet en cas d’erreur, de retard ou de perte de données.
- Responsabilité civile professionnelle : couvre les dommages causés aux clients dans l’exécution de la mission.
- Cyberassurance : utile si le cabinet traite des données sensibles ou travaille à distance.
- Confidentialité : clause de confidentialité et mesures de sécurité des données.
- Protection des données : respect du RGPD et des obligations d’information.
- Assurance des locaux : si le cabinet reçoit des clients ou stocke du matériel.
- Prévoyance : protection du dirigeant en cas d’arrêt de travail.
À savoir
- Certains clients exigent une attestation d’assurance avant de signer.
- Les assurances doivent couvrir les activités réellement exercées.
- Un contrat mal rédigé peut créer un risque juridique important.
Questions fréquentes
Faut-il un diplôme pour créer un cabinet de conseil ?
En principe non, si l’activité n’est pas réglementée. En revanche, certaines prestations, comme le conseil juridique ou la comptabilité, sont réservées à des professions habilitées.
Peut-on commencer en micro-entreprise ?
Oui, si le chiffre d’affaires reste sous les seuils du régime micro-entreprise et si l’activité est éligible. La micro-entreprise est adaptée à un démarrage progressif.
Quel code APE choisir ?
Le code 70.22Z correspond au conseil pour les affaires et autres conseils de gestion. Il ne couvre pas le conseil juridique, la comptabilité ou l’ingénierie, qui ont leurs propres codes.
Une assurance responsabilité civile est-elle obligatoire ?
Elle n’est pas toujours imposée par la loi, mais elle est fortement recommandée et souvent exigée par les clients. Certaines activités réglementées l’imposent.
Textes applicables
- Code APE 70.22Z — Conseil pour les affaires et autres conseils de gestionNomenclature officielle
Sources officielles
- OuvrirService-Public.fr
Création d'entreprise : choisir la forme juridique — Entreprendre Service Public
Vérifiée le 2026-11-04
- OuvrirService-Public.fr
Entrepreneur individuel (EI) : ce qu’il faut savoir
Vérifiée le 2026-11-04
- OuvrirService-Public.fr
Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU)
Vérifiée le 2026-11-04
- OuvrirService-Public.fr
Création d’entreprise : déterminer la nature de l’activité
Vérifiée le 2026-11-04
- Ouvrir
Code APE 70.22Z — Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion
Vérifiée le 2026-11-04
Voir aussi
- Comment rédiger un business plan ?
- Salaire, primes et avantages
- Cotisations patronales : mode d’emploi
Sources officielles consultées le 5 novembre 2026. Information à vérifier auprès de l’organisme compétent.
