ARE ou ARCE : quelle aide choisir pour créer son entreprise ?
Un demandeur d’emploi indemnisé qui crée ou reprend une entreprise peut conserver une partie de son allocation chômage (ARE) ou demander le versement d’un capital correspondant à une fraction de ses droits restants (ARCE). Les deux aides ne sont pas cumulables. Le bon choix dépend de la trésorerie du projet et des revenus attendus.
Le choix entre ARE et ARCE est un arbitrage entre un revenu mensuel et un capital de démarrage. L’ARE est versée chaque mois en complément des revenus de l’activité, dans une limite. L’ARCE transforme une partie des droits restants en capital versé en deux fois.
- Le maintien de l’ARE permet de cumuler l’allocation avec les revenus de l’activité, dans la limite de 60 % des droits restants depuis le 1er avril 2025.
- L’ARCE verse 60 % des droits ARE restants sous forme de capital, en deux versements à six mois d’intervalle.
- L’ARCE suppose de bénéficier de l’ACRE et d’avoir créé ou repris une entreprise en France.
- L’ARE et l’ARCE ne peuvent pas être cumulées.
- Le second versement de l’ARCE est conditionné à la poursuite de l’activité et à l’absence de CDI à temps plein.
- Avoir créé ou repris une entreprise après la fin du contrat de travail pris en compte pour l’ouverture des droits.
- Bénéficier de l’ARE au moment de la demande.
- Bénéficier de l’ACRE pour l’ARCE.
- Respecter les règles de cumul entre allocation et revenus de l’activité.
- Ne pas créer ou reprendre une entreprise à l’étranger pour l’ARCE.
- Estimer le montant de l’ARE restant et le chiffre d’affaires prévisionnel de l’activité.
- Comparer le cumul mensuel ARE + revenus avec le capital ARCE.
- Vérifier l’éligibilité à l’ACRE.
- Déclarer le projet à France Travail et déposer la demande choisie.
- Actualiser sa situation et conserver les justificatifs.
Le maintien de l’ARE permet de continuer à percevoir une allocation mensuelle tout en développant l’activité. Le montant versé dépend des revenus de l’entreprise et du nombre de jours indemnisables.
- L’ARE est calculée à partir des droits restants au moment du démarrage de l’activité.
- Les revenus de l’activité non salariée sont pris en compte pour ajuster l’allocation.
- Le cumul est limité à 60 % des droits restants à la date de la création ou de la reprise depuis le 1er avril 2025.
- Lorsque le plafond de cumul est atteint, le versement de l’ARE cesse.
- Les droits restants peuvent être repris dans certaines situations après la fin de l’activité.
- Le maintien de l’ARE convient plutôt à un projet dont les revenus sont progressifs ou incertains au démarrage.
- Il faut actualiser sa situation chaque mois auprès de France Travail.
- Les revenus déclarés doivent correspondre aux revenus réels de l’activité.
L’Aide à la reprise et à la création d’entreprise (ARCE) permet de recevoir une partie des droits ARE restants sous forme de capital. Elle est destinée à financer le démarrage de l’activité.
- Montant : 60 % des droits ARE restants à la date d’attribution de l’aide.
- Une retenue de 3 % est appliquée pour la participation au financement des retraites complémentaires.
- Le capital est versé en deux fois, à six mois d’intervalle.
- Le premier versement intervient lorsque les conditions d’attribution sont réunies.
- Le second versement suppose que l’activité soit toujours exercée et qu’aucun CDI à temps plein n’ait été repris.
- L’ARCE est soumise à la CSG et à la CRDS et imposable à l’impôt sur le revenu.
- L’ARCE est adaptée à un besoin de trésorerie immédiat pour financer des investissements ou des charges de démarrage.
- Elle consomme une partie des droits à l’assurance chômage.
- Un projet qui échoue peut permettre de récupérer les droits non consommés, après réinscription et application d’un différé.
Il n’existe pas de réponse universelle. Le choix dépend du besoin de trésorerie, de la rapidité des premiers revenus et de la capacité du projet à supporter un remboursement ou une absence d’allocation.
- France Travail peut simuler les droits et comparer les deux options avec le demandeur.
- Un accompagnement par un conseiller ou un organisme de création aide à objectiver le choix.
- Le choix est en principe irréversible une fois l’aide attribuée.
L’ARE est souvent pertinente si les revenus démarrent lentement
Le cumul mensuel apporte un filet de sécurité pendant la montée en charge. Il faut toutefois tenir compte du plafond de 60 % des droits restants.
L’ARCE est souvent pertinente si un investissement est nécessaire
Le capital peut financer du matériel, un stock, un dépôt de garantie ou des frais de lancement. Il faut accepter de renoncer au versement mensuel de l’ARE.
Le calcul doit intégrer la fiscalité
L’ARCE est imposable et soumise aux prélèvements sociaux. L’ARE est également imposable. Comparez les montants nets et anticipez l’impôt.
Le calendrier du second versement compte
Le second versement de l’ARCE intervient six mois après le premier. Il ne faut pas compter sur ce montant pour financer des dépenses immédiates.
La demande se fait auprès de France Travail. L’ARCE nécessite notamment de justifier de l’ACRE et de la création ou reprise de l’entreprise.
- Déclarer le projet à France Travail : Informez votre conseiller du projet de création ou de reprise. France Travail vérifie l’éligibilité et les droits restants.
- Obtenir l’ACRE : L’ARCE suppose de bénéficier de l’ACRE. Déposez la demande d’ACRE auprès de l’Urssaf dans les délais prévus.
- Constituer le dossier ARCE : Remplissez le formulaire de demande d’ARCE et joignez les justificatifs de création ou de reprise : extrait Kbis, justificatif d’immatriculation ou document remis par le guichet unique.
- Remettre le dossier : Transmettez le dossier à France Travail selon les modalités indiquées par votre conseiller. Conservez une copie de chaque pièce.
- Attendre la décision et le versement : Après accord, le premier versement intervient lorsque les conditions sont réunies. Le second est versé six mois plus tard sous conditions.
Les pièces servent à justifier l’éligibilité, la création de l’entreprise et le bénéfice de l’ACRE.
- Justificatif d’identité et de situation auprès de France Travail.
- Notification d’ouverture de droits ou relevé de droits ARE.
- Justificatif de création ou de reprise d’entreprise.
- Extrait Kbis ou justificatif d’immatriculation.
- Document remis par le guichet des formalités des entreprises.
- Justificatif d’obtention de l’ACRE.
- Formulaire de demande d’ARCE complété.
- Relevé d’identité bancaire pour le versement.
- Le cas échéant, statuts et justificatif de détention du capital.
- Un dossier incomplet retarde l’instruction et le versement.
- Les justificatifs doivent être à jour au moment du dépôt.
- Conservez les preuves de dépôt et les échanges avec France Travail.
Les deux aides n’ont pas le même rythme. L’ARE est mensuelle et ajustée ; l’ARCE est versée en deux capitaux.
- Le premier versement de l’ARCE peut être différé par les délais d’indemnisation applicables.
- Le second versement n’est pas garanti : il dépend de la situation à l’échéance.
- L’ARE et l’ARCE sont imposables : anticipez l’impact fiscal.
| Aide | Rythme et conditions |
|---|---|
| Maintien de l’ARE | Versement mensuel, ajusté selon les revenus, dans la limite de 60 % des droits restants |
| ARCE — premier versement | À la date où les conditions d’attribution sont réunies |
| ARCE — second versement | Six mois après le premier, si l’activité est toujours exercée et hors CDI à temps plein |
| Retenue retraite complémentaire | 3 % appliqués au capital ARCE |
| Frais de dossier | Aucun frais spécifique connu |
Reprise d’un CDI à temps plein avant le second versement
Le second versement de l’ARCE n’est pas dû si le bénéficiaire exerce un CDI à temps plein. Cette condition s’applique aux créations ou reprises à compter du 1er avril 2025, sauf exception prévue pour les SCOP.
Cessation de l’activité
En cas de cessation, les droits ARE non consommés peuvent être repris après réinscription, sous conditions et après application d’un différé. Les 40 % non versés au titre de l’ARCE ne sont pas automatiquement perdus.
Création d’une entreprise à l’étranger
L’ARCE ne peut pas être attribuée pour une création ou une reprise d’entreprise à l’étranger. Vérifiez les règles applicables à votre situation.
Travailleur indépendant sans ACRE
L’ARCE suppose de bénéficier de l’ACRE. Si l’ACRE est refusée, l’ARCE ne peut pas être accordée. Une demande d’ACRE doit donc être examinée en amont.
Micro-entrepreneur
Le micro-entrepreneur peut demander l’ARCE s’il remplit les conditions. Il doit avoir obtenu l’ACRE et fournir les justificatifs de création.
France Travail est l’interlocuteur de l’ARE et de l’ARCE. L’Urssaf instruit l’ACRE.
- France Travail : information, simulation des droits, demande d’ARCE et suivi des versements.
- Urssaf : demande et instruction de l’ACRE.
- Guichet des formalités des entreprises : création ou reprise et justificatif d’immatriculation.
- Bpifrance Création et réseaux d’accompagnement : aide au montage du projet et au choix du financement.
Peut-on cumuler l’ARE et l’ARCE ?
Non. Les deux aides ne sont pas cumulables. Le choix de l’ARCE met fin au versement mensuel de l’ARE.
Quel est le montant de l’ARCE ?
L’ARCE correspond à 60 % des droits ARE restants, après retenue de 3 % pour la retraite complémentaire. Le montant exact dépend de la situation individuelle.
Quand reçoit-on le second versement ?
Six mois après le premier versement, si l’activité est toujours exercée et si le bénéficiaire n’a pas repris un CDI à temps plein.
Que se passe-t-il si l’entreprise ferme ?
Le bénéficiaire peut demander la reprise de ses droits ARE non consommés après réinscription, sous conditions et après application d’un différé.
L’ARCE est-elle imposable ?
Oui, elle est imposable à l’impôt sur le revenu et soumise à la CSG et à la CRDS. Anticipez la fiscalité dans le plan de trésorerie.
Sources officielles
- Aide à la reprise et à la création d’entreprise (ARCE) — France Travail
- ARE, ARCE, ACRE : créer son entreprise quand on est demandeur d’emploi — France Travail
- L’ARCE, le versement de vos allocations chômage sous forme de capital
- Assurance chômage — Arce et ARE : des modifications au 1er avril 2025 — Service-Public.fr
Dernière vérification : 4 novembre 2026